‹ Manuel BibliqueChapitre 96 sur 126 · PASSION DE NOTRE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

PASSION DE NOTRE SEIGNEUR

366. — La Passion de Notre Seigneur n’a-t-elle pas été prédite et figurée dans l’Ancien Testament ?

Comme il n’est pas de mystère que l'Esprit saint nous ait retracé avec plus de soin, il n’en est pas non plus qui ait êté prédit avec plus de détail, ni figuré d’une manière plus frappante *.

1° Outre les passages de l’Ancien Testament cités dans l’histoire même de la Passion, les Apôtres et les saints Docteurs nous ont fait remarquer une foule de prédictions relatives aux derniers moments du Sauveur. On y voit annoncés : les ignominies qu’il eut à subir *; — l’excès de ses douleurs *; — l’acceptation qu'il fit de ses souffrances pour notre rédemption ‘; — la haine dont il fut l’objet $; — son agonie *; — la trahison et la mort de Judas ; — la dispersion

tions. Rom., xv, 4. Consulter Bossuet, Médit,, et Duguct, Trailé de la Croix, etc.

1 Croix du Sauveur, d'après une pierre du musée Barberini, publiée par Didron. Par sa traverse supérieure, unie au monogramme, elle rappelle le Labarum. Le serpent représente l'ennemi vaincu, ou peut-être Celui dont le serpent d’airain était la figure. L'alpha et l’oméga diraient son nom; les deux colombes figureraient les âmes fidèles qui tournent vers lui leurs espérances et leur regard, et le mot salus indiquerait le but et le résultat de tout ce mystère. — 2 Luc., xxiv, 26, 21; Act., 1, 18. — 3 Ps, Lxvin, 10; Is., Lit, 14; Lux, 2-4. — # Ps. Lxvut, 2-3, 21; LxxxvIT, 13 Is., Lin, 4-19, — 5 Ps. Lxvint, 8-10; Is., zut, 6-12, — 6 Sap., 11, 12-20. — 7 Ps. Lx, 2; LxxXxX VII, 3-11. — 8 Ps. xx, 7-12; Liv, 13-16; Lxvin, 26; avi, 2, 5-19; Zac., x1, 12, 13.

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de tous ses Apôtres ! ; — son arrestation *; — sa comparution devant les juges *; — les faux témoignages auxquels il fut en butte‘; — les cris des Juifs contre lui *; — son silence‘; — sa flagellation et son couronnement d’épines *; — son assimilation à deux scélérats ; — son crucifiement ? ; — sa prière du haut de la croix !‘; — les dérisions dont il fut l'objet !!; — ses vêtements partagés et sa robe tirés au sort *?; — les ténèbres qui se répandirent au moment de sa mort! ; — sa sépulture ‘*; — l’époque à laquelle il devait être renié par le peuple et immolé *.

2% Comme figures du Sauveur souffrant et mourant, les saints Pères nous montrent : Abel, Isaac , Joseph ‘#, Moïse sur la montagne ‘, Jérémie persécuté ?, l’Agneau pascal ?!, le serpent d’airain *, le bouc émissaire **; mais par-dessus tout, les sacrifices sanglants que le Seigneur se faisait offrir au temple ?*. Tous ces faits, aussi remarquables par leur singularité que par les rapports qu’ils ont entre eux, avaient un sens prophétique. Les sacrifices surtout, sans valeur et sans efficacité par eux-mêmes, étaient évidemment significatifs : Innuebant aliquid; indicare volebant aliquid. Mais que pouvaient-ils signifier? Qu'est-ce que Dieu a pu se proposer en les ordonnant? C’est dans la Passion du Sauveur et dans son immolation qu’on trouve l’éclaircissement de ce mystère °°.

1 Ps. Lxvin, 21; LxxxvVI, 9; CxLt, 55 Zac., x, 1. — 2 Sap., 11, 12, 48. — 3 Ps. xonxr, 21, — # Ps: exxi, AT; xxvI, 12 ;xxiv, Al 2x6; CV, 4 — PPS EXT, AS TXT MON VIT, SSI UNI Job rt 1 PSV MO ER EVIL M8 IS EN 67 AUTS Arr oS PS. xx A0 Ex vIIr, 22; US, our, 125 0Jer.. xTr, 1902 ac ET MIUE xur,,6. — 10 Ps. vu, 4; Is, mi 12 1 Psoxxr, 19 x vi; 12,43, 22; avi, 25. — 12 Ps. xx1, 19. — 13 Amos, vin, 9; Zac., x1v, 1, 6. — 14 Ps. LxxxVI, 5; Is, x1, 10. — 15 Dan., 1x, 24-27. Cf. Act., xxvi, 22, 23. 4. T., 851, 852. —.16 Gen., 1v, 2, 15. — 17 Gen., xxur, 1-18. — 18 Gen., xxxvIx,

XLIX-L. — 19 Ex., xyrr, 11-13. — 20 Jer., xx, 2; xxVI, 8-11 ; — 21 Ex., x1r. — 22 Num, xx1, 9. — 23 Levit., xvi, 20. —2# Lovit., xxvir, 11. — 25 Heb., 1x, 9-28; Apoc., x, 8. Illa omnia figuræ nostræ erant, sicut Apostolus dicit, quia uni Deo exhibebantur, non tanquam indigenti talibus, sed tempora distinguenti, et jubenti præsentia per quæ significaret futura. S. Aug, Cont. Faust., xvr, 10. Prophetiam celebrabant futuræ victimæ quam Christus obtulit, xx1, 18. In eo autem populo hæc rite celebrata sunt,

ch 2

ARTICLE T

Préludes de la Passion.

$ [. — CONSPIRATION CONTRE LE SAUVEUR. Matth., xxvi, 3-5; Joan., xt, 46-56.

361. — L'assemblée dont parle S. Matthieu, xxvi, 3, est-elle la même que celle dont il est question en S. Jean, x1, 47?

Dans $. Matthieu, comme dans $. Jean, il s’agit du Sanhédrin ! : c’est donc le même Conseil, mais ce n’est pas la même séance. S. Jean parle d’une réunion qui eut lieu immédiatement après la résurrection de Lazare. Sur la proposition du grand-prêtre, on y prit la résolution de mettre Jésus-Christ à mort; il restait à s'entendre sur le temps, le lieu, les moyens. On eut d’abord l’intention de laisser passer les fêtes de Pâques, pour ne pas s’exposer à soulever les Galiléens, venus en grand nombre à cette solennité?. L'offre de Judas fit hâter l’exécution, et l’immolation de l’Agneau divin s’accomplit précisément au jour qui avait été fixé dans la Loi, quinze siècles auparavant *.

368. — Que signifient ces mots de S. Jean sur Caiphe : Cum essel Ponlifex anni illius, etc., Joan., xr, 49?

I. Les interprètes se divisent dans l’explication de ce passage. Suivant un certain nombre, par ces mots, Pontifex anni illius, répétés encore plus loin *, $. Jean voudrait indiquer que c'était la première année du pontificat de Caïphe, le Sadducéen. Suivant d’autres, son intention serait de faire sentir l’avilissement du pontificat juif, sujet à passer, presque chaque année, d’une personne à une autre, au gré

cujus et regnnm et sacerdotium prophetia erat venturi regis et sacerdotis, xxur, 41. Cf. S. Th., p. 3, q. 48, a. 3; Thomassin, de Incarn., x. CL "AT.., n::392,:393, Abe

1 Supra, n. 124. — 2 Matth., xxvi, 5. — 3 Ex., xur, 6. Divino intelligimus dispositum fuisse consilio ut sacrilegi Judæorum principes, qui sæviendi in Christum occasiones sæpe quæsiverant, nonnisi in solemnitate paschali exercendi furoris acciperent potestatem. S. Leo, Serm.Lvi, 1. — # Joan., xvirt, 13.

520 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 368

des gouverneurs romains, et perdant à la fois l’inamovibilité, la considération et la sainteté ‘. Plusieurs croient qu'il signale cette année entre les autres parce qu’elle a été marquée par des événements d’une suprême importance, surtout par la substitution du sacerdoce de sésus-Christ à celui d’Aaron ?. Ces deux dernières interprétations sont assez plausibles, mais la première est sans fondement *. Quant à la supposition qu'Anne et Caïphe auraient exercé le pontificat alternativement d'année en année ‘, elle n’est autorisée par aucun exemple. S'il est dit dans les Actes qu’Anne était prince des prêtres *, cela signifie seulement qu’il était à la tête d’une famille sacerdotale; ear $S. Luc distingue parfaitement en cet endroit le grand-prêtre des princes des prêtres °.

IL. Quant à la liaison qu’établit $S. Jean entre la prophétie de Caïphe et son titre de grand-prêtre : Cum esset pontifex anni illius, prophetarit T, il ne pouvait en être assuré que par révélation. C’était bien l'usage de recourir aux grandsprêtres dans les cas difficiles pour connaître la volonté de Dieu *, et l’Ecriture en certains endroits semble leur attribuer des lumières surnaturelles *. Mais rien n’autorise à dire que le don de prophétie fût une de leurs attributions. D’ailleurs ce mot de $. Jean, prophetavit, ne doit pas se prendre à la lettre, dit S. Thomas !°: Non egit, sed actum est in illa'. Ce qui résulte des paroles de l'Evangile, c’est que l’immola-

LCPMACE,, XXI, 0° Joseph 4 VITE ET 2 EX NV AT XVI ET Re 1; V, 33; vi; XX, 1x, 1, 4. Caïphe était le cinquième Pontife intronisé depuis onze ans. Le gouverneur romain, Valerius Gratus, avait déposé successivement les quatre précédents. Supra, n. 123. Infra, n. 491, 803. — 2 Cf. Luc., 1v, 19. — 3 Supra, n. 133. — + Cf. S. Aug., in Joan. GX, D. — 9 ACt., IV, 6. 6 Cf. Act., v, 24; 27. Supra, n. 133 "Moan., x1, 90, 51. — 8 I Reg., xiv, 18-20; xx, 9, etc. —9,Cf' Ex., xxvur, 30: Num., xxvir, 17-23; [ Reg., xxvur, 6; Joseph., B., Ill, vur, 3. Infra, n. 445. — 10 Cum aliquis cognoscit se moveri a Spiritu sancto ad aliquid æstimandum vel significandum verbo vel facto, hoc proprie ad prophetiam pertinct. Cum autem movetur, sed non cognoscit, non est perfecta prophetia, sed instinctus propheticus. 22-22, q. 113, a. 4, Spiritus sanctus Caiphæ nec mentem illuminavit, nec intentionem... Unde patet quod non magis possit dici propheta quam asina Balaam. In Joan., xt, lect. 2. Cf. Num., xxiv, 11. — 11 $. Aug., Serm. cccxv, 2.

y Ë N° 369] SA VIE SOUFFRANTE. — PRÉLUDES. 521

tion du Sauveur à été décidée par celui qui avait charge d'offrir chaque année le sacrifice d’expiation pour le peuple. Le grand-prêtre désigne bien ici et immole en quelque façon la victime divine qui va satisfaire pour les péchés du monde entier ‘. En cela, il est sans le savoir l'instrument du ciel et Porgane de l'Esprit de Dieu.

$ IL. — Repas À BÉTHANIE, Matth., xxvi, 6-13.

* 369. — Le repas décrit par S. Jean, xn, 2, est-il différent de celui qui eut lieu chez Simon le lépreux, Matth., xxvI, 6, et de celui que decrit S. Luc, vir, 36?

[. Ilest probable que le repas décrit par S. Jean est le même que S. Matthieu nous dit avoir eu lieu chez Simon. Les deux Evangélistes placent la scène à Béthanie ; les récits présentent les mêmes circonstances et se rapportent à la même époque. Le Sauveur revint dans ce bourg six jours avant Pâques, comme le dit S. Jean, le samedi soir par conséquent, un peu avant le repas, ou le vendredi si l’on compte les six jours à partir du jeudi soir où la fête commençait. SiS. Matthieu parle de deux jours avant Pâques, quelques versets plus haut ?, c’est à propos d’un autre fait, de la résolution prise par le Sanhédrin de faire mourir Jésus; et cette anticipation n’empêche pas qu’il ne décrive ensuite très naturellement ce repas de Béthanie, qui a fourni à Judas l’occasion de quitter son Maitre et de le vendre aux Juifs. Que Lazarre et ses sœurs assistent au festin, ce n’est pas une preuve qu’il eut lieu chez eux. Celui qui l’offrait ne pouvaitil pas être de leurs parents ou de leurs amis? C’est même probablement parce qu’on n’était pas chez eux que S. Jean croit devoir signaler leur présence et surtout le zèle de Marthe à servir les convives. Ici comme ailleurs, le dernier évangile complète les précédents, en ajoutant à leur récit.de nouveaux traits. S. Matthieu et S. Marc disent : une femme; S. Jean dit : Marie, sœur de Lazare. Ils parlent de

4 Non tantum pro gente, sed ut filios Dei qui erant dispersi in mundo, congregaret in unum. Joan., x1, 52, Cf. Pet., 11, 10, — 2? Matth., xxvr, 2,

l’onction de la tête seulement ; lui signale Fonction des pieds.

IL. Le repas mentionné par $S. Luc eut lieu assez longtemps auparavant, en Galilée, et selon toute apparence à Naïm !. On ne peut donc pas le confondre avec celui qui eut lieu à Béthanie six jours avantla Pâque, où Notre Seigneureut à reprendre les sentiments de Judas, et non ceux de Simon. Seulement on peut demander si ce n’est pas le même Simon qui les a donnés l’un et l’autre. La plupart distinguent Simon le pharisien ? de Simon le lépreux*. Ils ne semblent pas, disent-ils, avoir le même domicile, ni le même caractère, ni les mêmes dispositions envers le Sauveur *. Ce n’est pas là pourtant une démonstration. Il n’est pas sûr que Simon fût de Naïm, ni même de Galilée : S. Luc ne le dit pas; et quoique pharisien, il avait pu être guéri de la lèpre par Notre Seigneur et changer de sentiment à son égard.

* 310. — Est-ce la mème personne qui, dans ces deux circonstances,

Luc., vi, 38; Joan., xu, 3, a versé des parfums sur les pieds du Sauveur ? à

Le sentiment commun est qu’il n’y a point de distinction à faire entre la pécheresse de S. Luc, Marie-Madeleine, délivrée de sept démons , Marie, sœur de Marthe 7, et Marie de Béthanie$. Ce sentiment paraît bien fondé. En effet :

1° Tel est l’avis des docteurs et des Pères les plus anciens, celui que l'Eglise romaine à toujours suivi dans sa liturgie °. S'il s'agissait, dans ces passages, de personnes différentes, serait-il possible que les Apôtres n’en eussent pas instruit les premiers fidèles ou qu'il se fût établi dès les premiers temps une tradition opposée à leur enseignement ?

2° Lorsqu'on lit simplement l'Evangile, l’idée de ces disüinctions ne s'offre pas à l’esprit. — Après avoir rapporté la conversion de la pécheresse chez Simon, $. Luc parle

1 Luc., vu, 11. — 2 Luc., vi, 36. — 3 Matth., xx1v, 6. — * Si potest unus homo habere duo nomina, dit à ce sujet S. Augustin, multo magis possunt duo homines habere unum nomen. De Cons. Evang., m1, 69. — 5 Luc., vit, 86-50. — 6 Luc., vin, 2. — 7 Luc., x, 38-42. — 8 Joan., xir. 3. — ? Cf. S. Aug., De consensu evang., 11, 154. S. Greg. M., In Evang., Hom. xxv, 10 et xxx.

+: kde

aussitôt de plusieurs femmes qui avaient été guéries ou délivrées du démon par le Sauveur, et qui l’assistaient de leurs biens : or, la première de toutes est Marie, surnommée Madeleine. — Quand S. Jean parle de Marie, sœur de Lazare et de Marthe !, il ajoute, pour la faire connaître, que c'est la personne qui a essuyé de ses cheveux les pieds du Sauveur. À qui peut-on penser, sinon à la pécheresse qu’on sait avoir fait à Naïm cet acte d’humilité et de religion ? ? — On ne peut pas la méconnaître davantage chez Simon, où cette action est renouvelée * ni aux pieds du Sauveur, à la maison de Marthe *, ni au pied de la croix 5, ni au tombeau, où elle paraît sous le nom de Marie-Madeleine ©. Si ce n'était pas là, en effet, Marie de Béthanie, comment s’expliquer son absence, l’absence de la sœur de Lazare, en pareille circonstance ? D'ailleurs, ce sont les mêmes habitudes qui se manifestent partout, et l'identité du caractère indique lidentité de la personne”. Mais si Marie de Béthanie est Marie-Madeleine, délivrée des sept démons, peut-on douter que ce ne soit la pécheresse de Naïm, celle qui a témoigné à Notre Seigneur tant de repentir et d’amour ?

3° On ne peut opposer à ce sentiment aucune difficulté réelle. — Une même personne ne peut-elle pas s'être trouvée en Galilée, chez Simon le pharisien, avoir possédé un bien à Magdala *, et être venue chez sa sœur à Béthanie ? — Il est des esprits qui répugnent à croire que le Sauveur ait témoigné tant de bonté à une pécheresse”, même après sa conversion. Mais n’a-t-il pas dit lui-même à Simon ce qu’on

1 Joan., xr, 2. — 2 Luc., vir, 31. —*3 Matth., xxvi, 7. — 4 Luc, x, 39; Joan., x1, 32; x11, 3. — 5 Matth., xxvir, 56; xx vaux, À ; Joan., x1x, 25. — 6 Matth., xxvu, 61. Cf. Joan., x, 7; xx, 1. — 7 «Il y a des choses qui peuvent être répétées par l'âme qui les a conçues, mais qui ne peuvent être imitées par une autre. Deux fois une personne se jeta aux pieds du Sauveur; deux fois elle y répandit la liqueur d'un parfum de grand prix et les essuya de ses cheveux. Quand même l'Evangile ne nous l'insinucrait pas, quand la tradition se tairait, nous serions assurés qu'il n'y eut là qu'une seule inspiration, et que si l'onction fut double, il n'y eut qu'un cœur pour la concevoir et qu'une main pour la faire, comme il n'y eut qu'un Dieu pour la recevoir. » Lacordaire, Ste Madel, — 8 Matth., xxvir, 56. — 9 Apsaprodoc, Luc, vi, 31.

524 JÉSUS-CHRIST SELON L’ÉVANGILE. [no 371

doit penser d’un tel sentiment? N'est-ce pas pour les pécheurs qu’il est venu sur la terre et ne voulait-il pas qu'on connût ses dispositions? Ce qu’il a fait pour Madeleine, ne l’a-t-il pas fait pour la Samaritaine et pour une infinité d’autres ? N’était-ce pas un présage, une figure de la grâce qu’il destinait à toute la gentilité ?? Ne l’a-t-il pas aussi convertie ? Ne l’a-1-il pas régénérée, honorée du nom d’épouse et mise à la place de la synagogue infidèle ? — Enfin, si Marie, sœur de Marthe, u’était pas Marie-Madeleine, ne faudrait-il pas dire que l'Eglise est loin de remplir les intentions du Sauveur, qu’elle ne comprend même pas la prédiction qu’il a faite au repas de Béthanie, puisqu'elle attribue à sainte Madeleine et qu’elle honore particulièrement en sa personne l'acte de religion qu’il a signalé en Marie comme devant être pour elle la source de tant de gloire ?

Le caractère de Madeleine contraste admirablement avec celui de Judas à Béthanie, comme il contraste avec celui de Simon à Naïm.

S IT. — Entrée DE NOTRE SEIGNEUR A JÉRUSALEM. Matth., xxt, 4-11; Joan , xu, 12-43.

(Dimanche 29 mars 83.)

Dessein du Sauveur. — Gentils qui demandent à le voir. — Conséquences de sa mort.

* 311. — Pourquoi le Sauveur veut-il entrer à Jérusalem, quelques jours

avant sa Passion, au milieu des acclamations populaires ?

En faisant ainsi son entrée à Jérusalem, Notre Seigneur a un double but : — 4° Celui de vérifier les prophéties, citées par S. Matthieu *. Elle n’ont jamais eu d’autre accomplissement, dit $. Chrysostome. — Celui d’imiter, à sa manière, selon qu’il convient à son caractère et à ses desseins, entrée des rois dans leur capitale, afin de rendre sensibles pour ses disciples ces vérités : qu’il est vraiment le roi d’Is-

1 Luc., vr, 40. — ? Matth., 1x, 12, 13; xvinr, 12; Luc., xv; xix, A0.

Jésus-Christ, comme Diéu, préfère les innocents, dit Bossuet; comme Sauveur, il recherche les pécheurs. — 3 Matth., xx, 4, 5, 4. T., n. 112.

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