TOBIE
ARTICLE I
Introduction au livre de Tobie.
Texte original. — Manuscrits. — Nom de Tobie. — Caractère historique du livre. — Date de la composition ; auteur.
* 522. — Du texte original de Tobie.
1" Le livre de Tobie a été composé en chaldéen, d'après S. Jérôme (1); il Ta été en hébreu, d'après un certain nombre de critiques; en grec, d'après quelques autres. Cette dernière opinion est fausse. Quant aux deux premières, on n'apporte aucun argument décisif en faveur de Tune ni de l'autre; les savants modernes penchent cependant plus • communément pour l'original hébreu.
2° Quoi qu'il en soit, le texte primitif est perdu. Un texte chaldéen, découvert en 1877, et publié en 1878, n'est certai nement pas le texte original (2). Les anciennes versions de ce livre sont sensiblement différentes les unes des autres; les noms propres ne se ressemblent pas toujours entre eux, et la critique ne peut réussir, en plus d'un cas, à découvrir quelle était la leçon authentique. La plupart des objections qu'on fait contre cette histoire n'ont pas d'autre fondement que les altérations provenant de la variété des leçons ou des négligences des copistes.
* 523. — Des manuscrits du livre de Tobie. 1° On connaît quatre manuscrits grecs, plus ou moins com-
(1) Praefatio in Tobiam, t. XXix, col. 23.
(2) The book of Tobit ; a Chaldee text from a unique MS. in the Bodleian Library, with other rabbinical texts, English translations and the Itaia, edited by Ad. Neubauer, Oxford, 1878.
i32 cnAP. Vf. — TOB E. [523]
plets, en lettres onciales, du livre de Tobie, le codex Vaticanus, le Sinaiticus (1), VAlexandrinus, et le Venetus-Marcianus. Les manuscrits grecs en lettres minuscules sont plus nombreux (2). Outre les traductions grecques, nous avons la version syriaque et l'arménienne, l'ancienne Italique, en trois recensions différentes, et la Vulgate de S. Jérôme. Il existe enfin deux versions hébraïques de Tobie, l'une dite de Fagius, et l'autre de Sébastien Munster. Ces différents textes ou traductions forment quatre groupes principaux, tous plus ou moins différents les uns des autres par des additions ou des retranchements et des variations dans les noms propres et les chiffres. Voici la classification de ces quatre groupes. Le premier comprend le Codex Vaticanus, le Codex Alexandrinus, le Codex Venetus, la version syriaque ou Peschito, i-vii, 9, la version arménienne et la version hébraïque de Fagius. — Le second renferme le Codex Sinaïticus, l'ancienne Italique et l'hébreu de Sébastien Munster. — Le troisième, les manuscrits minuscules grecs, 4i, 106, 407, et la dernière partie de la version syriaque ou Peschito, vu, 10-xiv. — Le quatrième est formé par la Vulgate.
2" Les critiques sont très partagés sur la valeur relative de ces quatre textes divers du livre de Tobie. Les savants catholiques donnent généralement la préférence à la Vulgate. Le plus récent commentateur catholique de Tobie, M. Gutberlet, est porté cependant à croire que S. Jérôme a résumé le texte original. 11 se fonde surteut sur ce que, dans les textes grecs, le vieux Tobie parle à la première personne, tandis que dans notre Vulgate le récit est à la troisième personne. On comprend, dit-il, qu'un abréviateur change la personne; on ne comprendrait pas que celui qui traduit simplement ou amplifie l'original eût imagiaé un pareil changement. Il conclut en disant : a Sous le rapport littéral, le texte du Codex sinaitieus et la version italique méritent la préférence; sous le rap-
(1) Libellus Tobit e codice Sinaïtico editus et recensitus a Fr.-IL Reusch, Fribourg, 1870.
(2) Ils sont cotés 44, 52, 55, 58, 64, 71, 74, 76, 106, 107, 108, 236, 243, 248, 249.