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Ve section : Retour de Tobie à Ninive, x-xt

L'ange enso.igna au jeune Tobie, pendant le retour, le moyen de guérir son père de sa cécité, à l'aide du fiel du poisson. Sara était partie avec lui, après avoir reçu de Raguel de sages conseils sur les devoirs d'une mère de famille. En chemin, son jeune époux prit les devants, pour calmer les inquiétudes des siens; en arrivant (I), il guérit le vieillard aveugle par les moyens que l'ange lui avait indiqués.

533. — VI^ section : Conclusion; manifestation da Raphaël; dernières années do Tobie, xii-xiv.

Raphaël fait connaître aux deux Tobie sa nature angélique, et leur révèle les desseins de la Providence dans les épreuves qu'ils ont eues à subir, xii. Le vieux Tobie rend grâce à Dieu de ses bienfaits et prédit la gloire future de Jérusalem, xiii. Aux approches de la mort, il donne ses derniers avis à sa famille et lui recommande de quitter Ninive, qui sera détruite. Tobie le fils retourne auprès de Raguel et meurt à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, xiv,

53 i. — Enseignements du livre do Tobie.

L'histoire de Tobie est, à bon droit, une des plus populaires,' Elle nous offre un parfait modèle de la vie domestique et renferme les exemples les plus instructifs et les plus touchants de toutes sortes de vertus.

1° Son but direct et immédiat est d'apprendre aux Juifs à

(l) La description du retour de Tobie et de Raphaël est d'un nalnrel achevé : « Le chien qui les avait suivis durant le chemin courut de- » vant eux, et, comme s'il eût porté la nouvelle de leur venue, il sem- » blait témoigner sa joie par le mouvement de sa queue et par ses ca- » resses. Le père da Tobie, tout aveugle qu'il était, se leva et se mit à » courir, s'exposant à tomber à chaque pas, et donnant la main à un » serviteur, il s'en alla au-devant de son fils. L'ayant rencontré, ilTeni' » brassa et sa mère ensuite, et ils commencèrent tous deux à pleurer » de joie. Puis, ayant adoré Dieu et lui ayant rendu grâces, ils s'as- » sirent. » Tob., xi, 9-li. Il ne manque rien à ce récit, et rÉcriture, pour en augmenter la naïveté, n'a pas omis la circonstance même du chien, qui est tout à fait dans la nature. Rollin, Traité des Éludes, 1. iv. eh. III, § VIII, t, II, 1805, p. 623-624.

io3i] ART. TT. — ANALYSE ET EXPLIC. DU LIV. DE TOBE. 14l

honorer Dieu, au milieu même des païens, pour leur faire coanaître la vérité, comme le chante Tobie dans son cantique d'actions de grâce, qui peut être considéré comme l'épilogue de son livre : Confîtemini Domino, filii hi^ael, et in conspectu gentium laudale eum^ quoniam l'deo dispersit vos inter gentes, qux ignorant eum, ut vos enarretis mirahUia ejusetfaciatis scire eos, quia non est alius Deus omnipotens prœter eum, xiii, 3-4. 2* Mais en même temps que l'auteur poursuit ce but élevé, il en atteint un autre, presque sans y penser, celui d'édifier ses lecteurs, non pas seulement ceux qui vivaient, comme lui et avec lui, captifs au milieu des Assyriens, mais ceux de tous les temps et de tous les lieux, par sa patience, ir, l^i, et par des exemples de toutes les vertus. — « [Le livre de Tobie] nous offre un tableau intime des vertus, des souffrances et des joies de l'exil de Tobie. Ce n'est pas le froid récit d'événements fortuitement rapprochés, mais le tableau plein de simplicité et de grandeur des épreuves d'un homme juste et miséricordieux. Tobie est un second Job, dont les malheurs et le salut sont liés à des événements qui font en même temps de son histoire le manuel des [époux]. L'exemple du jeune Tobie montre comment doivent se contracter et se célébrer les unions agréables à Dieu. L'humanité, l'amour paternel, la piété filiale, la douceur et la probité des deux Tobie sont le développement de la pensée fondamentale du livre; la confiance en Dieu ne peut tourner à la confusion du juste. Ainsi ce livre devient le livre élémentaire des parents qui veulent fonder une famille agréable à Dieu et marcher courageusement au devant des épreuves de la vie (1). » — iMais il n'est pas seulement le guide des pères et des mères, il renferme aussi des exemples et des enseignemer/tj pour tous ; l'aumône y est recommandée avec insistance, i, 10-17, ii, 1-2; IV, 7-12, 17 ; XII, 8-9 ; le grand précepte de la charité y esl donné sous forme négative : quod ab alto oderis fîeri tibi, vide ne tu alïquando alteri facias, iv, 16; cf. Matth., vu, 12; la prière revient constamment pour attirer les béné-

(1) Ilaneberg, Histoire de la révélation biblique ^ trad. Goschler, 1856, t. u, p. 92.

dictions de Dieu sur toutes les affaires importantes, iv, 20 ;

III, 1-6; 11, 13-23 ; vi, 18; viii, 6-10, etc.; la fuite de tout péché est recommandée comme celle du seul mal véritable,

IV, 23, etc. — L'intervention d'un ange, envoyé de Dieu, est un des traits principaux du livre de Tobie, qui nous révèle ainsi, d'une manière manifeste, la doctrine des anges gardiens. — Cette histoire est, comme celle de Job, une .justification de la Providence ; mais dans Job le problème du mal est discuté théoriquement, ici il est résolu, pour ainsi dire, en action, par les incidents de la vie vulgaire.

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