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Caractère historique du livre de Judith

Un grand nombre de critiques modernes prétendent que le livre de Judith est une fiction : « Drama aliquod seu poema sacrum, a pio quodam bomine effictum, qui docere bac ratione voluerit, quomodo Deus fidèles suos Israehtas subinde adjuvare et ex prifisentissimis pericuhs inirabiliter eripere soleat » (3). D'autres, sans aller aussi loin, soutiennent que c'est un mélange de réalité et de fiction, lis n'ont cependant, ni les uns ni les autres, aucune raison sérieuse à alléguer eu laveur de leur opinion. 1" L'ensemble et les détails du récit prouvent qu'il est réellement historique : il fournit des renseignements précis sur l'histoire, i, 5-10 ; la géographie, i. G, 7, 8 ; 11, 1-2-17 (grec, 21-28); iii, 1, 14 (grec, 0-10); iv, 3, 5 (grec, 4, G); la chronologie, ii, 1 (grec, i, 13, IG); viii, 4;

(1) Quelques-unes de celles qui existent entre le texte latin et le texte grec paraissent s'expliquer par le fait que le traducteur avait mal entendu ce que disait le lecteur, sous la dictée duquel ii faisait sa version. Ainsi le texte grec, x, 5, xai àfixcov xaOaf-(ôv, des pains purs, est remplacé dans la Vulgate par : et panes et caseum; au lieu de y.aÔapà)v, le traducteur semble avoir entendu xal xufoù, et du fromage; — xvi, 3, Vulg., 4 : ÔTi ei; Tcape(xêo),à; aÙTûû, qui posuit castra sua, 6 6eiç, au lieu de oTi eîç; — XVI, 17, VuJg. 21 : xal xXaûffovtat év alaôïjijei, ut urantur et sentiant, xaûaovTai au lieu de xXaûaovTat. — S. Jéiôme refît sa traduction sur le cUaiaèeu, mais il garda comme base, ainsi que l'a prouvé Fritzscbe, Handàuch, p. 122, l'ancienne Italique qui avait été faite sur le grec.

(2) Welte, Dictionn. encycL de la ihéol. catholique^ t. xii, p. 403. (3J Buddeus, Hist. eccl. V. T., t. ii; Halle, 1719, t. il, p. 618.

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XVI, 28 (grec, 23) ; la généalogie de Judith, viii, 1. — 2" Les anciennes prières juives pour le premier et le second sabbat de la fêle de la Dédicace contiennent un résumé du livre de Judith, ce qui prouve que les Israélites croyaient à la réalité des laits qui y étaient racontés, car ils n'auraient pu remercier Dieu d'une délivrance imaginaire. Judith, xvi, 31, mentionne d'ailleurs une fête instituée eu mémoire de la victoire de cette héroïne (1). — 3° Il existe d'anciens Midraschim, n*' 201, qui, indépendamment du livre de Judith, racontent les mêmes événements, lien existe un en particulier, qui peut éclaircir plusieurs passages obscurs ou difficiles de notre texte. — 4° La tradition universelle a admis le caractère strictement historique du livre de Judith, Personne, jusqu'à Luther, ne l'a révoqué eu doute (2). — 5*" Aucune des objections alléguées contre la véracité des faits consignés dans notre hvre n'est concluante, comme nous le verrons dans le cours de l'explication (3).

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