ART. II. — ANALYSE ET EXPLIC. DU LIV. D'ESTHER
appartenait son ennemi un décret de proscription, m, 12-13; XIII. Onze mois, m, 12-13, devaient s'écouler entre la date du décret et son exécution. On a trouvé ce délai invraisemblable, mais l'explication nous en est fournie par le texte lui-même. Les Perses consultaient le sort dans les affaires graves, Hérod., III, 128; Cyrop.y i, 6, 46; le sort, en cette circonstance, ayant indiqué le douzième mois appelé Adar, il était nécessaire d'attendre cette date (1).
55i. — III« section : Esther, pour obtenir d'Assuérus le salut de son peuple, l'invite à un festin, iv-vj xiv-xv.
Mardochée, profondément affligé du malheur de son peuple, demande à sa nièce Esther d'intercéder pour le salut de ses frères. Aller auprès du roi, sans être mandé, c'était s'exposer à la mort, Hérod., i, 9; m, 118, 140; Corn. Nepos, Conon, 3. Après avoir prié et jeûné, elle se présente à Xercès, qui lui fait un accueil favorable et lui promet de se rendre, avec Aman, à l'invitation qu'elle lui fait d'aller le lendemain chez elle à un festin. En attendant, Aman fait dresser une potence pour pendre Mardochée.
555. — 1V« section : Honneurs qu'Aman est obligé de rendre à Mardochée, vi.
Au moment où l'ennemi de Mardochée ne pensait qu'à le faire périr, la Providence, pour punir l'orgueil d'Aman, allait le condamner à rendre à ce Juif détesté les honneurs les plus extraordinaires. La nuit qui suivit la visite d'Esther, le roi se faisait lire les annales de son règne. Quand on arriva au passage dans lequel il était raconté comment Mardochée avait déjoué une conspiration contre sa vie. Assuérus demanda si son sauveur avait été récompensé. On lui répondit que non. Aman, consulté sur ce qu'il fallait faire en faveur de celui que le prince voulait honorer, et croyant que c'était de lui qu'il s'agissait, conseilla de le faire promener dans S use, re-
{{) Aman fait porter l'ordre par des courriers dans tout le royaume. Ces courriers avaient été institués par Cyrus. Brisson, De regio Persarum principa.tu. 1. I,c. ccxxxviii-ccxixix, édit. de 1710, p. 311-315.