Véracité du second livre des Machabées
Quant à la partie proprement historique du livre, on attaque sa véracité en prétendant que le récit de la mort d'Antiochus IV Épiphane, ix, est inconciliable avec II Mac, i, 10-n, et ï Mac, vi. « On a remarqué, dit Gellerier, que dans les deux premiers livres des Machabées, Antiochus mourait de trois manières différentes (1). » Voici ce qu'on peut répondre à cette difficulté :
i° Le roi dont la lettre reproduite dans II Mac, i, 10-17, nous raconte la mort violente, n'est pas le même que celui dont la fin terrible est décrite dans I Mac, vi, et II Mac, ix. Le preniier personnage, qui est tué en pillant un temple, est Antiochus III, surnommé le Grand ; le second, qui meurt do maladie après avoir tenté de piller un temple, est Antiochus IV Épiphane. Il y eut une certaine ressemblance dans les circonstances qui amenèrent la mort de l'un et de Tautre, mais il y eut aussi comme on voit, des différences notables. L'Antiochus dont parle II Mac, i, 10-17, périt en Perse, frappé par les prêtres du temple de Nanée, dont il avait voulu piller le trésor. Les historiens profanes nous apprennent expressément que ce prince est Antiochus III. Ayant été vaincu par les Romains et obligé de payer la somme énorme de quinze mille talents eubéens, il attaqua, en 187, le temple de Bélus, en Élymaïde, et fut tué par le peuple qui se souleva pour défendre ses dieux (2). Il n'existe entre ces deux récits que deux divergences insignifiantes ; IMe livre des Machabées nomme les prêtres comme les auteurs de sa
(1) Cellerier, Introduction à la lecture des Livres Saints y 1832, p. 350, note.
(2) App., Syr., 38; Diod. Sic, Fragm., xxix; Straboa, xvi. 74* Justin, XXXII, 2.
LA DÉESSE NANÉE, ASSISE, d'après l'original du Cabinet des Médailles,
AUTRE DÉESSE NANÉE, DKBOUT, d'après l'origiiial du Cabinet des Médailles.
Les deux monnaies d'argent représentées dans les Figures 36 et 37, d'après les originaux du Cnbiuet des iMédailles, dessinées par Al. l'abljé Douillard, sont de deux rois indo-seylhes d'ailleurs inconnus, mais qui ont régné dans l'Inde, après la conquête d'Alexandre le Grand, Le revers des deux monnaies nous offre l'image de la déesse Nanée, II Mac, i, 13, 15 (n«> 577, p. 181), Les légendes sont en lettres grecques, mais comme elles ont été gravées loin de la Grèce, elles sont en partie fautives. Eu voici la description :
36. — Oorkès. — PAo NANo RAO OoHPKI KOPANO. — Le roi, à mi-corps, tourné à gauche, imberbe, coiffé de la tiare, avec les fauons pendants derrière le dos et deux cordons proéminents se dressant audessus de la tète, tient dans la main droite une petite masse d'armes. Les mots rao nano rao korano sont sans doute des titres royaux (Rao = Raja?), mais le sens en est jusqu'ici inexpliqué, — 15Î, >'ANA oKAFo. La déesse Nana, assise sur un siège, la têle tournée à droite et entourée du crcrissaut de la lune. Elle tient dans la main droite un bouquet de fleurs et dans la gauche une couronne.
37. — CAAHNH (pour lLz).rcir\ , la lune, parce que la déesse Nanée est la lune). La déesse debout, tournée à gauche, vêtue d'une tunique flottante, la tête entourée du croissant de la lune, a le bras droit tendu comme pour indiquer quelque chose ; du bras gauche elle tient un sceptre, terminé par une boule et orné de banderolles. — i^. Kanerkès. — BACIAErC BACIAEQN KANEPKoT. Le roi debout, tourné à gauche, portant une grande barbe, montre de la main droite un petit autel; de la main gauche il tient une lauce.