ART III. — LE SECOND LIVRE DES MACHABÉE
mort, tandis que Strabon et Justin nomment le peuple, mais ces derniers n'excluent pas évidemment les prêtres; 2° le texte sacré appelle le temple, temple de Nanée (1) ; les écrivains païens l'appellent temple de Bélus. 11 est aisé de concilier cette double dénomination. Bélus était le grand dieu et Nanée était honorée avec lui dans le même sanctuaire. La narration gréco-latine concorde donc avec la tradition juive. Le roi dont parle la lettre de II Mac, i, 10-17, est par conséquent Antiochus lil.
2° Il nous reste à montrer que les deux autres passages incriminés, I Mac, VI, et II Mac, ix, ne se contredisent point, malgré les apparences. Il est certain qu'ils racontent l'un et l'autre le même fait, c'est-à-dire la mort d' Antiochus IV Épiphane. Ce prince, ayant entendu parler des richesses d'un temple de Nanée, auquel Alexandre le Grand avait fait de magnifiques présents, voulut s'en emparer; mais le peuple ameuté l'obhgea à prendre la fuite, et il mourut en route, accablé de honte, de dépit, de chagrin et de remords (2). On soutient qu'il existe deux contradictions dans le double récit de cet événement, que nous lisons dans les deux livres des Machabées. — l°La première variation qu'on signale, c'est que I Mac, vi, 1, appelle Élymaïs, et II Mac, ix, 3, Persépolis, la ville dont Antiochus voulait piller le temple. C'est probablement Persépolis qui est la leçon véritable, le nom de la ville n'étant pas donné dans plusieurs manuscrits grecs du I" livre des Machabées. — 2° La seconde divergence qu'on relève, c'est que I Mac, vi, 4, fait retourner Antiochus à Babylone, tandis que II Mac, ix, 3, le fait mourir près d'Ecbatane. Mais le premier passage signifie seulement qu'il se mit en route avec Tintention de retourner à Babylone, et
(1) Assurbanipal, dans la relation de sa guerre contre Umman aidas, roi d'Élam, dit qu'il s'empara de la statue de la déesse Nanâ, qui avait été emportée d'Assyrie en Élam 1635 ans auparavant. Cylindre A, col. VII, 1. 9; G. Smith, History of Assurbanipal^ 1871, p. 234. Nous ayons là une preuve irréfragable du culte qu'on rendait dans le pays d'Élam à la déesse Nanâ ou Nanée.
(2) Polybe, xxxi, 2; Josèphe, knt. jud., XII, viil, 1 sq.; cf. XII, V,8; Appien,Syr.,45; TiteLive.XLi.24. 5: xliii, 6iXUV,19;XLV, 11-13.
le second qu'il mourut avant d'avoir pu arriver au terme de son voyage.