‹ Manuel bibliqueChapitre 167 sur 476 · ART. II. — ANALYSE ET EXPLIC. DU LIVRE DE JOB · texte numérisé non relu

ART. II. — ANALYSE ET EXPLIC. DU LIVRE DE JOB

hors du village qu'il habile (1). 6° C'est là que Dieu lui ménage une nouvelle épreuve : les reproches de sa femme. Cf. XIX, 17. « Uxor ei sola ad tentationem et insidias de in-

tatioas coloriées dans l'ouvrage publié aux frais du gouveroement aorvégien et traduit en français, Traité de la spédalsked ou Éléphan- Uasis des Grecs, par Dauiellssen et Boeck, Paris, 1848.

(1) Le texte original dit qu'il était assis, là, sur la cendre, et S. Jean Glirysostome dit qu'on allait de son temps en pèlerinage vénérer l'endroit où s'était retiré alors le saint patriarche, Hom. K, ad populum Antioche?ium, t. XLii, col. 69 : « On sait, dit M. Edm. Le Blaut, que d'après le texte hébreu, Job était assis sur la cendre et non sur le fumier, ce qui explique mieux de la part des anciens l'admission d'une longue existence pour cet objet de vénération. » Représentation inédite de Job sur un sarcophage d'Arles. Revue archéologique, 1860, p. 4 du tirage à part. Le passage suivant fera connaître eu quel endroit s'était retiré Job et expliquera en même temps comment les Septante et la Vulgate ont pu traduire par fumier ce que l'hébreu appelle cendre, comment le lieu sanctifié par la présence de Job s'est conservé et a pu devenir un lieu de pèlerinage : « A l'entrée de tous les villages du Haurau, dit M. Wetzstein, il y a un emplacement désigné pour déposer les immondices enlevées des étables. Ces immondices forment à la longue un monceau, qu'on appelle mezbelé et qui surpasse en volume et en hauteur les bâtiments les plus élevés du village... Le fumier qu'on porte au mezbelé n'est point mélangé avec de la paille; dans ces pays très chauds, sans humidité, la litière est inutile pour les chevaux et les ânes, qui sont les principaux habitants des étables, parce que le menu bétail et les taureaux passent ordinairement la nuit dans les pâturages. Ce fumier est donc sec et on le transporte dans des corbeilles à l'endroit qui sert de dépôt, à l'entrée du village. On l'y brûle ordinairement tous les mois, en ayant soin de choisir, pour cette opération, une journée favorable, où le vent ne pousse pas la fumée du côté des maisons. Comme le sol chaud et fertile de ces coutrées n'a pas besoin d'engrais,... les cendres, produites par la combustion de ces immondices, restent là entassées et s'y accumulent pendant des siècles. Lesmezbelé finissent ainsi par atteindre une grande hauteur. Les pluies d'hiver durcissent ces couches de cendre en masse compacte et les transforment peu à peu en une sorte de colline, dans l'intérieur de laquelle on creuse ces remarquables fosses à grains appelées biâr-elgalle qui garantissent le froment des ravages de la chaleur et des insectes, et le conservent pendant plusieurs années. Le mezbelé sert aux habitants du village comme de tour et de lieu d'observation; c'est là qu'ils se réunissent, pendant les soirées étouffantes d'été, pour jouir un peu du veut frais qui souffle sur cette hauteur. Les enfants vont y jouer ; le malheureux qui, frappé d'une maladie repoussante, n'est plus supporté dans l'intérieur du village, s'y retire pour demander, le jour, l'aumôue aux passants, et se coucher la nuit dans les cendres échauf-

dustria relicta est, dit S. Jean Chrysostome, diabolus... eani sibitanquam maximum et validissimum telum reservavit(l).» Au lieu de Tencourager à la patience, elle voudrait le pousser au désespoir, ii, 9, mais il lui fait cette réponse admirable :

Si nous recevons les biens de la main de Dieu, Pourquoi n'en recevrions-nous pas aussi les maux?

1^ La septième épreuve de Job fut la visite de ses amis. C'est d'abord une \isite muette. Elle prépare la discussion ou le combat qui va être l'objet de la majeure partie du poème. La suite nous montrera que cette épreuve fut la plus difficile par laquelle Job eut à passer. Ils viennent pour le consoler, mais au lieu d'adoucir ses peines, ils ne font que les aggraver parles accusations injustes dont ils le chargent. Il est probable que quelque temps s'était écoulé entre le moment où Job fut frappé et l'arrivée de ses amis : « Intérim dum casum amici explorant, dit saint Éphrem, dum de profectione délibérant, haud dubium est complures fluxisse dies (2). » Quand ils le voient, ils le saluent à distance, avec ces marques extraordinaires de douleur qui sont en usage en Orient, et ils passent sept jours et sept nuits sans proférer une parole. Cf. Ez., m, 15. Ce silence si prolongé prouve qu'à la vue de tant de maux, ils ne se sentent pas la force de le consoler. Il faut que Job ouvre le premier la bouche, et ne recevant d'eux aucun mot d'encouragement, il ne peut qu'exhaler ses plaintes.

fées par le soleil. On y voit souvent aussi les chiens du village, attirés par l'odeur des animaux morts qu'on a coutume d'y porter. Plusieurs localités du Hauran ont perdu leur nom primitif et s'appellent aujourd'hui Umm-el-mezâbil, à cause de la hauteur et de la multitude de collines de ce genre qui les entourent et qui indiquent qu'elles sont depuis fort longtemps habitées. Quelques villages modernes sont bâtis sur d'anciens mezbelé, parce que l'air y est plus pur et plus salubre. » Notes du consul Wetzstein dans Delitzsch, Das Buch Job, p. 365.

(1) Nicetas^ Catena grsecorum Patrum in B. Job, in-f», Londres, 1637, p. 85.

(2) S. Éplirem, Opéra Syriaca^ t. ii, p. 3.

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