Caractère des trois amis de Job
Après le monologue de Job, ses trois amis vont paraître successivement en scène. Ils défendront tous la même thèse : que l'on n'est malheureux que par sa faute et en punition de ses péchés. Leur caractère est constamment soutenu et semblable à lui-même.
1« Éliphaz, vrai scheik patriarcal, grave, digne, plus calme et plus réfléchi que ses deux amis, est nommé le premier et prend le premier la parole, parce qu'il est le plus âgé de tous, XV, 10, et peut-être aussi parce qu'il est deThéman, dont la sagesse est célèbre, Jer., xlix, 7 ; Abd., 8 ; Baruch, m, 22-23.
22^ CUAP. II. — LE LIYRE DE JOB. [620]
11 témoigne d'abord à Job, dans son premier discours, plus d'affection et de sympathie que ses deux compagnons, mais, trompé par une foi aveugle à une opinion qu'il n'a jamais entendu contester, savoir que l'on ne souffre jamais que parce qu'on l'a mérité, il ne croit pas à l'innocence de celui qu'il est venu consoler, et ne tarde pas à se montrer dur et injuste à son égard. La vérité qu'il s'attache le plus à faire ressortir dans son langage, c'est la majesté et la pureté de Dieu, iv, 12-21 ; XV, 12-16.
2° Baldad, dont le nom signifie fils de contention^ n'a ni une grande originalité ni une grande indépendance de caractère ; il s'appuie en partie sur les sages dictons de l'antiquité, en partie sur l'autorité de son ami plus âgé, Éliphaz. Son tempérament est plus violent que celui de ce dernier; il a moins d'arguments et plus d'invectives ; son langage est aussi moins riche; il est abrupt, sans tendresse, yiii; xviii; xxv.
3" Sophar diffère de ses deux compagnons ; c'est un jeune homme à la parole violente, quelquefois injurieuse et blessante, surtout dans son second discours^ xx : c'est le type des esprits étroits et à préjugés de son époque.
Les amis de Job considèrent son monologue comme répréhensible, parce qu'il leur parait ne point se soumettre aux ordres de la Providence. De là, la discussion dialoguée qui commence, à proprement parler, au chapitre iv, car, dans le chapitre m. Job ne s'est pas adressé directement à ses amis ; elle a pour sujet la cause et le but des souffrances de Job, de l'homme en général. Comme ses trois amis ignorent, aussi bien que lui, la résolution que Dieu a prise d'éprouver sa patience, i-ii, ils vont chercher à lui prouver que ce qu'il souffre est un châtiment mérité.