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II. La traduction latine des Psaumes dans la Vulgate

' 663. — Histoire de la version latine des Psaumes contenue dans la Vulgate.

d° Notre traduction latine des Psaumes est celle de Tancienne italique ; elle n'a pas été faite directement sur l'original hébreu, mais sur la version grecque des Septante : c'est donc une traduction de seconde main. 2' Comme, du temps de S. Jérôme, par suite de la multitude de transcriptions qui

(1) « Ces divergences ont été recueillies avec grand soin par Reinke^ dans l'appendice de son Commentar ûber die messianischen Psalmen, appendice imprimé aussi à part, 1858. »

(2) Thalhofer, Erklârung der Psalmen, 3e éJit., 1871, p. 10-H.

(3) Le livre des Psaumes est, avec Isaie, celui des livres de l'Ancien Testament qui est le plus fréquemment cité dans le Nouveau.

en avaient été faites^ elle était remplie de fautes, ce grand docteur, sur la demande du pape S. Damase, la retoucha vers 383 ; ses corrections furent peu nombreuses, parce qu'il craignait de troubler, par de trop grands changements, les habitudes des fidèles qui savaient, la plupart, les Psaumes par cœur (1). Cette première révision est connue sous le nom de Psautier romain (2). 3° On la jugea b'entôt insuffisante (3). S. Jérôme se remit donc à l'œuvre, entre 387 et 391, et publia une seconde édition, p'us soigneusement et plus amplement corrigée, de la version ita ique des Psaumes; elle porte le nom de Psautier gallican y parce qu'elle fut adoptée par les Églises des Gaules (4). 4® Quand il entreprit plus tard une version nouvelle de TAncien Testament, sur le texte hébreu, il fit aussi, en 405, une traduction des Psaumes sur l'original : c*est le Psautier hébraïque (5). Quel

(1) « Nos cmendantes olim Psalteriiim, ubicumque sensus idem est, veterum interpretum consuetudinem mutare noluimus, ne uimia novitate lectoris studium terreremus.» S. Jérôme, Ep. cvi, ad Sunniam et Fretelam, n° 12, t. xxii, col. 843.

(2) Sur le Psalterium romanum, on peut voir Martiuetli, Dissertatio de Psolterio i-omano, iii-4», Rome, 1745.

(3) S. Jérôme dit lui-môme de son travail : « Psalterium Romae dudura positus emendaram, et juxta Septuaginta interprètes, licet cursim, magua illud ex parte connexeram. » Prœf. in Ps. juxta lxx, t. XXIX, col. 117.

(4) La bibliothèque de Lyoa possède un manuscrit du vi" siècle, dans lequel ces deux révisions sont mêlées. Léopold Delisle, Journal officiel, séance du 8 août de l'Académie des Inscriptions, 12 août 1879, p. 8415. — Sur le Psautier Gallican, cf. Mabillon, Liturgia gallicana, p. 395 sq. — Les deux Psautiers, romain et gallican, ont été publiés sur deux colonnes, par Tommasi (Carus), Psalterium juxta duplicem editionern quani Romanam dicunt et Gallicam, ex antiquis mss. exemplnribus digesta, ia-4o, Rome, 1683.

(5) Bossuet a reproduit la traduction de S. Jérôme en face de la Vulgate dans son Liber Psalmorum, Œuvres, éd. Lebel, t. i. On la trouve aussi dans les OEuvres complètes de ce Père. — Une éditioa critique de la traduction de S. Jérôme, avec les variantes, a été publiée à Leipzig, en 1874 : Psalterium juxta Hebrseos Hieronymi, e recognitione Pauli de Lagarde. Accedit corollarium criticum. — « Jusqu'à S. Pie V, on se servit, dans toutes les églises de Rome, du Psalterium romanum; actuellement on ne s'en sert plus que dans l'église do S. Pierre, pour le Bréviaire. L'invitatoire de Matines, Ps. xciv, est tiré du Psalterium romanum^ mais ce même Psaume, intercalé dans

que soit le mérite de cette version, les fidèles étaient si familiarisés avec l'ancienne italique, que l'Église a cru devoir, dans sa sagesse, conserver cette dernière dans les éditions de la Vulgate, d'après la recension désignée sous le nom de Psautier gallican (1).

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