Caractères de notre version latine des Psaumes
1*» La version vulgate des Psaumes, étant faite sur celle des Septante, participe, il faut le reconnaître, aux imperfections de cette dernière. « Notre vieux Psautier latin a des défauts,. .. ' il est souvent d'un style incorrect et barbare, obscur en plusieurs endroits, et même quelquefois il ne rend pas exactement le sens de l'original (2). » 2* Mais, quoique il existe des différences nombreuses entre le texte hébreu et le texte latin, le fond de la doctrine est tout à fait le même et les divergences sont, par conséquent, sans portée pour la religion (3). 3° De plus, quoique notre version de la Vulgate ne soit pas parfaite, elle a une force, une concision admirables, jointes à je ne sais quelle saveur agréable qui lui donne le plus grand prix et fait que les paroles des chantres sacrés, sous cette forme de la langue populaire latine, frappent l'esprit et se gravent dans la mémoire beaucoup mieux que si elles
le 3» nocturne de l'office de TÉpiphanie, est pris du Psalterium galli' canum. Les passages des psaumes placés dans le Missel sont empruntés au Psautier romain et non au Psautier gallican, employé dans le Bréviaire. » Thalhofer, Erklarung der Psalmem, p. 12-13. Cf.n°M25, 13 0
(1) Bossuet, après avoir dit que l'Église adopta la version de S. Jérôme pour le reste de l'Ancien Testament, ajoute : « Idem, ut videtur, factura in Psalmis, nisi ex quotidiano usu tenacius inhaererent mémorise, quam ut alteri version! loco cédèrent. » Dissert, de Psalmis, c. v, n» 27, Œuvres, éd. Lebel, t. i, p. 56.
(2) P. DesJacques. S. J., Éludes religieuses, mars 1878, p. 359.
(3) a Has diversitates nihil ad fidei morumque normam pertinere ; namque in originali textu, inque interpretationibus Ecclesiarum usu celebratis, atque ideo in Vulgata nostra eamdem esse doctrinx sumviam, ne imo quidem apice detracto ; tum confutandis erroribus, ac stabiliendis asserendisque dogmatibus idem robur : deniqne auctoritatem summam veramque pietatem. » Bossuet, Dissertatio de Psalmis, c. V, Œxivres, éd. Lebel, t. \j p. 52. Cf. Fleury, Opuscules, Nîmes, 1780, t. II, p. 657.
260 cnAP. m. — les psaumes. [606]
étaient parées de toutes les élégances d'une langue moderne (4).
utilité de l'étude du texte original pour rintelligence des Psaumes.
Pour avoir la pleine intelligence des Psaumes, il faut recourir à l'original ou du moins à une traduction faite aussi exactement que possible sur l'original (2). Le texte hébreu est utile pour Tétude de tous les livres de l'Ancien Testament, mais il ne l'est pour aucun autre au même degré que pour les Psaumes. 11 est plus clair, plus suivi que la Vulgate ; il dissipe la plupart des obscurités de notre version et permet de mieux saisir la liaison et l'enchaînement des idées. Aussi S. Jérôme disait-il : « Il faut savoir ce que contient la vérité hébraïque. On doit conserver la coutume de chanter dans les Églises la traduction des Septante, à cause de son antiquité, mais les savants doivent connaître le texte primitif, s'ils veulent avoir une connaissance approfondie des Écritures (3). »
• 666. — Explication, par ordre alphabétique, des mots difficiles de la Vulgate et des termes hébreux et latins contenus dans les titres des Psaumes.
Abusio, Ps. XXX, 19, mépris.
Adhuc, pour etiam, aussi, xci,
iEMULARi, envier le sort, être jaloux de, xxxvi, 1, 7.
*Alam6th {'al), pro arca?iis, XLV, 1. Cette expression très obscure est expliquée par beaucoup de critiques comme signitiaut une voix de soprano et in-
(l)uSaneconfîtemur Vulgatae nostrae... vetustissimae, ac vetustissimarum Ecclesjarum auctoritate fultee, inesse quemdam pietatis spiritum, persaepe etiam in verbis efficaciam singalarem. » Bossuet, loc. cit., n» 27, p. 57.
(2) « Qui litteralem sensum sectentur, eis ad fontes hebraicos recurrendum, dit Bossuet... His efficitur, juxtaPatrumseutentiam. hebraico textui inesse aliquid verius ac certius. » Dissert, de Psalm., c. v, p. 53, 54.
(3) « Sciendum quid hebraica veritas habeat. Hoc enim quod Septuaginla transtulerunt, propter vetustatem in Ecclesia decantandum est, et illud ab eruditis sciendum propter notitiam Scripturarum.» S. Jérôme, Ep. cvi, ad Sunniam et Fretelam, no 46, t. xxii, col. 853.