Psaume iv : Cum invocarem
Confiance en Dieu.
« Au chef de chœur, sur les neginôth^ c'est-à-dire avec accompagnement d'instruments à corde. Mizmôr. De David. )) Sujet : Confiance de David en Dieu, lorsqu'il fait devant Absalom, malgré les outrages de ses ennemis et l'abattement de ses amis (1). — Cinq str., la V^ et la 5° de 3 vers, les trois autres de 4 : 2; 3-4. ; 5-6^ ; 6^-8 ; 9-10. — Le Ps. m est comme une prière du matin; le Ps. iv comme une prière du soir. Le rapport des deux Psaumes l'un avec l'autre est manifeste, cf. iv, 7 et m, 3 ; m, 6 et iv, 9. — 1'® str., 2 : Que Dieu exauce ma prière dans Tangoisse (quand tous m'abandonnent pour suivre Absalom). — 2® str., 3-4 : A ses calomniateurs; qu'ils cessent leurs outrages, car Dieu va exaucer ses cris. — 3° str., 5-6^ : Qu'ils reviennent à eux-mêmes et qu'ils se confient en Dieu, au lieu de se laisser aller à la présomption. — 4° str.. 6^-8 : Beaucoup, parmi ceux qui l'ont suivi et lui sont restés fidèles, disent : Qui nous fera retrouver le bonheur? Dieu, répond-il, en faisant briller sur nous son visage : La Vulgate porte : Dedisti lœtitiam a fructu frumenti; on lit en hébreu:
Tu as mis plus de joie dans mon cœur Qu'au temps de la moisson et de la vendange.
5^ str., 9-10 : tranquillité et paix de David, à cause de sa confiance sans bornes en Dieu (2).
677. — Psaume v : Verba mea auribus percîpe. Confiance en Dieu.
« Au chef de chœur,» ^el-han-nekhîlolh (probablement indication d'un instrument de musique, la flûte). Mizmôr. De David. » Sujet : Prière du matin, avant d'aller à la maison de Dieu. Quatre str., de six vers, 2-5* ; 5M ; 8-11* ; ll^'-lS.
(1) Il faut rendre les verbes par le présent, n» 667, 1°.
(2) On peut voir dans S. Augustin, Confess., 1. IX. c. IV, n. 3-1 l'application qu'il s'est faite à lui-même de ce Psaume après sa conversion.
— r° str., 2-5* : David invoque Dieu dès le matin et demande à être exaucé. — 2* str., oM : II fonde sa prière et sa confiance sur la sainteté de Dieu. — 3° str., 8-11* : Il l'invoque et va avec confiance, dans le Tabernacle, prier contre ses ennemis, parce qu'ils sont méchants. — A" str., 11^-13 (Judica illos Deus) : Que Dieu les condamne et les justes se réjouiront.
678, — Psaume vi : Domine^ ne in furore tuo arguas me.
Prière d'un affligé.
« Au chef de chœur sur les neginôth^ schemînîth. Mizmô?\ De David. » — Sujet : Prière à Dieu pour désarmer sa colère.
— Trois str. de 6, 9 et 6 vers, 2-4; 5-8 ; 9-11. La str. médiale est d'un tiers plus longue que les deux autres. — C'est le premier des sept Psaumes pénitentiaux. On ne peut rien imaginer de plus tendre, de plus touchant et de plus profon dément triste. Il faut cependant remarquer que, quoique il puisse très bien être mis dans la bouche d'un pécheur repen tant, il n'a pas été composé par un pécheur, mais par un infortuné, sous le poids de l'oppression. Il ne renferme aucune allusion à des péchés commis. — 1" str., 2-4 : Appel de David à la miséricorde de Dieu pour qu'il ne le châtie pas dans sa colère, car il tremble devant lui. — 2° str., 5-8 : Motifs pour lesquels Dieu doit le secourir : Dieu s'est détourné de lui; qu'il revienne à lui, car dans le tombeau plus de louange, n** 659, 2° ; qu'il entende ses gémissements pendant la nuit. — 3" str., 9-1 1 : Strophe de triomphe : Dieu Ta exaucé, il le fait triompher de tous ses ennemis.
679. — Psaume vu : Domine Deus meus, in te speravx. Prière pour obtenir justice de la part de Dieu contre ses ennemis.
« Schiggayôn (terme inconnu, qui semble correspondre à peu près à dithyrambe et désigner un poème dans lequel le poète, entraîné par son enthousiasme, met peu de liaison dans ses idées et point d'uniformité dans son rythme (cantïo erratica, comme on l'a appelé), de David, qu'il chanta au Seigneur à cause des paroles de Ghusi le Benjamite (1). »
(l) Chusi est le même nom qu'Éthiopien. Le personnage de la txibu
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David, à l'occasion de ces calomnies, demande à Dieu de venger le juste des injures du méchant. — Six str., de 4, 6, 6, 4, 6 et 8 vers, 2-3; 4-6; 7-9; 40-H ; 12-14; 15-18. -- 1" str., 2-3 : Invocation à Dieu, pour qu'il l'arrache à ses ennemis. — 2^ str., 4-6 : Protestation, sous forme d'imprécation contre lui-même, qu'il n'a pas commis le mal (istud) que Chusi lui impute. — 3« str., 7-9 : Que Dieu siège donc sur son tribunal et lui rende justice. — 4® str., 10-11 : Qu'il mette fin à l'injustice {consumetur pour consumatur)^ Dieu, son secours, son sauveur. — 5® str., 12-14 : Dieu est juste, toujours {irascitur, il se venge du pécheur, per singulos dies^ dans le sens affirmatif) ; il est impossible d'échapper à ses flèches, c'est-à-dire à ses jugements. — 6^ str., 15-18. Le pécheur reçoit le traitement qu'il avait mérité ; il tombe dans la fosse qu'il avait creusée. Louange à Dieu.
680. — Psaume viii : Domine^ Dominus noster. Grandeur de Dieu manifestée par ses œuvres et par son amour pour l'homme.
« Au chef de chœur. Sur le gitthîth (instrument, cithare de Geth). Psaume {mizmôr). De David. » — Hymne au créateur des astres et de l'homme. — Un refrain initial et final de deux vers, 2*-^ et 10, et quatre str. de 4 vers, 2°-3; 4-5 ; 6-8* ; 8^-9. — « Ce petit poème, sans aucune prétention à quelque artifice de forme, n'a besoin d'aucun commentaire. 11 est sublime par sa simplicité même. La grandeur de Dieu révélée par l'univers, œuvre de ses mains, révélée au besoin par la bouche de ses plus faibles créatures, dont la voix est toujours assez puissante pour imposer silence à celle de rimpiété, est mise en regard de la petitesse de l'homme. Et pourtant l'homme est le roi de la création ; ses prérogatives sont telles qu'il est comme un Dieu au milieu de son entou-
de Benjamin qu'il désigae ici est inconnu : ce n'est pas Séméi; ce devait être un des zélés partisans de Saûl, un de ces rapporteurs qui, comme Doëg et les Ziphéens, calomniaient David fugitif auprès de Saûl el excitaient la colère du roi contre lai. Quoique les livres historiques ne mentionnent point Chusi, les détails donnés I Reg., xxiv-xxvi, éclaircissent très bien plusieurs passages de ce psaume.
rage visible. Il n'y a pas d'être sur la terre dont il ne se sente le maître, avec les moyens qui lui sont octroyés (i). »