Qui est iste rex gloriae
LE CHœUR.
Dominus virtutum (Hébreu, Jébovah Sabaoth^ Ipse est rex gloriae [Sélah) (\).
(1) » Tout le peuple fait partie de la procession. Les lévites et les cliantres, partagés en divers groupes, sont placés à la tête. Après l'intioductioQ au Psaume, daus les deux premiers versets, quand la proceàsion commence à monter sur la montagne sainte, [une voix] pose la question ; Qui montera sur la montagne du Seigneur? etc. La réponse est faite par [une autre voix] avec la plus grande digaité : Celui qui a les mains pures et un cœur pur, etc. Quand la procession approche des portes [de Sion], le chœur, avec tous ses instruments, s'unit pour pousser ce cri : L^vez vos têtes, 6 portes, etc. Un [solo] intervient et de-
697.— Psaume XXIV, hébreu xxv : Adte,Domîne, levavi animam meam . Prière pour la rémission des péchés et le secours dans l'affliction.
«De David. » Le second des Psaumes alphabétiques (1).
mande comme à demi- voix : Qui est le roi de gloire? [Après une se» conde demande], au moment où l'arche est introduite daos le Tabernacle, la réponse est faite par le chœur tout entier : Le Seigneur, fort, etc. — Je saisis l'occasion de cet exemple d'autant plus volontiers qu'il sert à faire voir combien la grâce et la magnificence des poèmes sacrés, comme d'ailleurs de tous les poèmes, dépend en partie de la connaissance des circonstances particulières dans lesquelles ils furent composés. » Blair, Lectures on Rhetoric, lect. xli, New-York, 1824, p. 412-413. — On trouve aussi une traduction et une analyse littéraire de ce Psaume dans Herder, Histoire de la poésie des Hébreux. p. 483-485.
(1) M. de la Jugie, dans sa belle traduction en vers, couronnée par l'Académie française, a conservé aux psaumes alphabétiques leur caractère :
A toi Seigneur, mon âme en ses tourments s'élève. J'espère en toi, mon Dieu, serai-je confondu? Bafoué des méchants dont la perte est le rêve, Vainement t'aurais-je attendu?
Confondu! qu'ai-je dit?... Non, Dieu de nos ancêtres l Qui se confie en toi fut-il déçu jamais? Déçus et confondus, ils le seront, les traîtres, Qui s'enivrent de leurs forfaits.
Enseigne-moi, Seigneur, tes sentiers et tes voies; Sois, Dieu de vérité, mon guide et mon secours; Fais briller ta lumière... O source de mes joies, Vers toi je me tourne toujours.
Grand Dieu, -rappelle-toi la clémence éternelle, Ton amour en tout temps prodigue de bienfaits. Hélas! daigne oublier ma jeunesse rebelle; Dieu de bonté, rends-moi la paix.
Il est bon, le Seigneur, équitable, propice Aux pécheurs, qui par lui rentrent au droit chemin. Juste, il aime à guider l'humble dans la justice; Il prend le faible par la main.
Les promesses de Dieu sont la vérité même ; Sa voie est tout amour pour qui garde sa loi. Mon crime est grand. Seigneur ; mais pour ton nom suprême, Pour ta gloire, pardonne-moi !
N'a-t-il pas le repos dans le bonheur, le sage Qui craint Dieu ? Dieu l'éclairé et conduit tous ses pas. On l'envie; à ses fils passe son héritage : Sa race est puissante ici-bas.
Chaque verset forme une strophe de deux vers, excepté le premier (l'aleph) qui n'a qu'un vers, et 5, (le hé), avec 7 (le kheth) qui en ont 3. Il renferme donc à peu près autant de distiques qu'il y a de lettres dans l'alphabet hébreu. Chacun de ces distiques est assez facile à comprendre, mais, comme en général dans les poèmes de ce genre, il n'y a pas une suite rigoureuse dans les idées.