‹ Manuel bibliqueChapitre 227 sur 476 · Psaume lxxii, hébreu lxxiii : Quam bonus Israël Deus · texte numérisé non relu

Psaume lxxii, hébreu lxxiii : Quam bonus Israël Deus

Justi&catioD de la Providence, qui permet que les justes souffrent et que les méchants prospèrent.

« Psaume (Mizmôr). D'Asaph » (2). — Le sujet de ce

(1) Le f. 15, Quoniam non cognovi htteraturam, tntroibo inpotentias Domini, a été traduit par les Septante : oùx lyvuiy icpayfxaxeCaç. Le Psautier romain a : Non cognovi negotiationes.

(2) Herder a donné une analyse littéraire de ce psaume et a étudié le caractère général des psaumes d'Asapb, excellents dans le genre di-

Ps. est analogue à celui du Ps. xxxvi. « Prêt à confesser quelques doutes qui s'étaient élevés jadis dans son âme, I0 p salmiste]... se croit obligé de les condamner d'avance en débutant par un élan d'amour ; il s'écrie : Que notre Dieu est bon pour tous les hommes qui ont le cœur droit ! Après ce beau mouvement, il pourra avouer sans peine d'anciennes inquiétudes : J'étais scandalisé et je sentais presque ma foi i ébranler, lorsque je contemplais la tranquillité des méchants... C'est ce qu'on appelle... des tentations; et il se hâte de nous dire que la vérité ne tarda pas à leur imposer silence. Mais je l'ai compris enfin, ce mystère, lorsque je suis entré dans le sanctuah^e du Seigneur; lorsque j'ai vu la fin qu'il a préparé aux coupables... Ayant ainsi abjuré tous les sophismes de l'esprit, il ne sait plus qu'aimer. Il s'écrie : Que puis-je désirer dans le ciel! Que puis-je aimer sur la terre, excepté vous seul! Ma chair et mon sang se consument d'amour » (1). — Huit str., de ^, 8, 8, 8^ 8, 8, 8 et 5 vers, 1-2; 3-6; 7-iO; 41-14; 15-18; 19-23*; 23^-26; 27-28. Il se divise en deux parties, 1-14; 15-28. — I" partie : Le bonheur du méchant, 1-14 : l'« str., 1-2 : Malgré la bonté de Dieu pour Israël, mes pieds ont chancelé, j'ai failli tomber ; — 2^ str., 3-6 : parce que j'ai porté envie au bonheur du méchant; tableau de ce bonheur. — 3® et 4° str., 7-14 : Suite de ce tableau, 7-1 2 ; découragement que ce bonheur cause au juste, 13-14. — IP partie : Explication du bonheur des méchants et consolation des justes^ 15-28. — 5° str., 15-18 : L'explication du bonheur des méchants est dans leur destinée finale. — 6* str., 19-23* : Ils périssent inopinément ; quand la vue de leur prospérité nous aigrit, c'est parce que nous sommes comme la brute sans intelligence. — 7** str., 23^-26. Le juste doit donc se tenir toujours uni à Dieu et n'avoir point d'autre partage; — 8'' str., 27-28 : car s'écarter de lui, c'est périr ; vivre avec lui, c'est le bonheur.

dactique, Histoire de la poésie hébraïque, 2» partie, ch. x, traduction Carlowitz, 1845, p. 502-504.

(l) De Maistre, Soirées de Saml-Pétersbourg, S» entretien, 1822, t. i, p. 219-221.

[74îJ ART. ir. — ANALYSE ET EXPLICATION DES PSAUilES. 327

743. — Psaume Lxxiii, hébreu Lxxiv : Ut quid, Deus, repulisti in fijiem? Prière à Dieu pendant la persécution.

« Intellects {Maskîl), D'Asaph. » — - Ce psaume est rapporté par un grand nombre de critiques contemporains à l'époque des Machabées, I Mac, iv, 38, 46; ix, 27; xiv, 41; Il Mac, VIII, 1-4, 33; i, 8^ cf. Ps. lxxiii, 3, 4^ 7, 8^ 9^ Mais comme le Ps. ixxviii, il peut avoir été composé après la prise de Jérusalem et la ruine du temple de Salomon par Nabuchodonosor, IV Reg., xxiv; II Par.,xxxvi; Jér., lu. — Huit str. de 7, 6, 7, 4, 6, 6, 6, 6 vers : 1-3 ; 4-6 ; 7-9; 10-11 ; 12-14; 15-17; 18-20; 21-23. — 1" str., 1-8 : Prière à Dieu pour qu'il n'abandonne pas toujours Jérusalem et son sanctuaire dévastés. — 2° str., 4-6 : Peinture des dévastations commises dans le temple par les ennemis des Juifs qui sont les ennemis de Dieu. — 3® str., 7-9 : Ils ont fait cesser tout culte et il n'y a plus de miracles, plus de prophètes pour consoler Israël. — 4® str., 10-11 : Jusqu'à quand durera cet abandon du Seigneur ? — 5« str., 12-14 : Ce n'est pas la puissance qui lui manque ; il a séparé la mer de la terre terme, il brise la tête du crocodile; — 6° str., 15-17 : 11 est le créateur des rivières, du jour, des astres, des saisons. — 7« str., 18-20 : Qu'il ne laisse donc plus insulter son nom! qu'il ait pitié de son peuple, avec qui il a fait alliance ! — 8« str., 21-23 : Répétition de la même pensée en d'autres , termes.

744. — Psaume lxxiv, hébreu lxxv : Confitebimur tibi^ Deus. Gloire à Diea qui a châtié la malice de l'impie (Sennachérib).

« Au chef de chœur. [Sur l'air] ^al thaschkhêth. Psaume (Mizmôr). D'Asaph. Cantique (Schîr), » — Théodoret avait trouvé dans quelques manuscrits des Septante l'addition suivante dans le titre : Contre V Assyrien, On peut en effet rapporter ce Ps. au temps d'Ézéchias et y voir un chant prophétique annonçant que Juda sera délivré de l'invasion de Sennachérib, IV Reg., xix; Il Par., xxxii; Is., xxxvii. — Après une sorte de refrain initial, en 3 vers, ^. 2, nous avons 5 str., de 4 vers chacune, n--i; 5-0: '7-9*; 9^-"; 10-11. —

328 cnAP. III. — - LES PSAUMES. [74G]

Refrain, 2 : Glorifions Dieu, à cause des prodiges qu*il opère.

— 1" str., 3-4 : Discours de Dieu : Il rend la justice quand le moment est venu ; il soutient la terre quand elle semble ébranlée dans ses fondements. — 2« str., 5-6 : Le Psalmiste déclare en conséquence au méchant qu'il ne lèvera plus la tète ; — 3^ str., 7-9* : Parce que ce n'est pas un monarque de l'orient ou de l'occident, c'est-à-dire un monarque terrestre, qui gouverne, c'est Dieu. — 4° str., Q^-*" : Dieu tient à la main une coupe remplie d'un breuvage amer, et il la fera boire au méchant jusqu'à la lie ; — 5^ str., 10-il : Et Israël glorifiera son Dieu et célébrera la ruine de Timpie.

745. — Psaume Lxxv, hébreu lxxvi : Notus in Judsea Deus. Chant d'action de grâces (après la raine de l'armée de Sennachérib.)

« Au chef de chœuT. Avec neginôth. Mi'zmôr. D'Asaph. Schîr, » La Vulgate ajoute : Ad Assyrios. — Ce Ps. se rattache étroitement au précédent : Le Ps. lxxiv nous annonçait la délivrance de Juda, menacé par Sennachérib; le Ps. lxxv nous la montre accomplie et en remercie le Seigneur. — Quatre strophes très régulières de 6 vers chacune, 2-4; 5-7; 8-10; H-13. — 1" str., 2-4 : Dieu a fait proclamer la grandeur de son nom en Juda, en brisant les armes de guerre des ennemis (1). — 2^ str., 5-7 : La gloire de Dieu brille éclatante {illuminans); il a terrassé soldats et cavaliers. — 3' str., 8-10 : Qu'il est terrible, le Seigneur! A peine s'est-il levé pour juger, que la terre est tranquille. — 4^ str., 11-13 : Remercions Dieu qui met fin à l'orgueil des rois,

746. — Psaume lxxvi, hébreu lxxvii : Voce mea ad Dominum clamavi. Inrocation à Dieu dans l'adversité.

« Au chef de chœur. Pour Idithun. D'Asaph. Mizmôr, d

— il est impossible de déterminer en quelle circonstance ce psaume fut composé. On peut supposer cependant que c'est

(1) hef.^: Factus est in pace locus ejus, signifie : « Jérusalem (appelée ici Salem, dont le nom a été traduit par paix), est devenue sa demeure. » Ce vers est le synonyme du suivant : « Et Sion son habitation. » Voir Hengstenberg, Comm. ûber diePsalmen, 1844, t. m, p. 331.

vers l'époque de la ruine du royaume des dix tribus. — Six str. de 7, 7,6, 6,6, eH4vers; 2-4; 5-7; 8-10; ii-13; 14-16; 17-21. — « Les deux premières strophes forment l'exorde et expriment un sentiment de tristesse et d'angoisse au sujet des malheurs présents de la nation. Les trois strophes suivantes cherchent la consolation et le secours auprès de Dieu qui a été jadis le libérateur d'Israël. Enfin une brillante description du passage de la mer Rouge, rattachée à cette idée d'une consolation à puiser dans l'histoire, termine le poème (1). ))

747. — Psaume Lxxvii^ hébreu Lxxviii : Attendîtes popuie meus,

legem meam.

Abrégé de Thistoire d'IsraêL

0 Maskîl. D'Asaph. » — Résumé de l'histoire du peuple de Dieu, pour servir d'enseignement à Israël et l'exciter à la fidélité au Seigneur. — Dix-huit str. de 9, 9, 9, 10, 10, 11, 8, 9,8, 8, 8, 8, 8,9, 8, 10, 8, 9 vers; 1-4; 5-7; 8-11; 12-16; 17-20; 21-25; 26 29; 30-33; 34-37; 38-40; 41-44; 45-48; 49-51 ; 52-55; 56-59; 60-64; 65-68; 69-72.

748. — Psaume Lxxviii, hébreu Lxxix : Deus^ venerunt gentes. Invocation à Oiea pour qu'il venge ses serviteurs du mal qui leur a été fait.

« Mîzmôr. D'Asaph. » — Ce Psaume est de la même époque que le Ps. lxxiii et se rapporte à la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. — Quatre strophes de 8 vers : 1-4; 5-7; 8-10; 11-18. — r« str., 1-4 : Tableau lamentable de Jérusalem dévastée. — 2« str., 5-7 : Que Dieu ait pitié de son peuple honni et méprisé et qu'il châtie ses ennemis. — 3» str., 8-10 : Qu'il lui pardonne ses péchés et manifeste par sa ven-

(1) Reuss, Le Psautier, 1875, p. 258. — j^. 7b : Exercitabar et scopebam spiritum meum : « Hebraice, ut hodie quidem legitur : Scrutatus est spiritus meus. Sed jam, suo tempore, Hieronymus primam personam praetulit : Scrutabar spiritum meum... lUe melaphoram a sarculo ducit tanquam si sit: sarriebam ; plerique a scopis, tanquam : vei^ebam ; aliqui a scobina, tanquam : scopebam, abradebam limo. Sensu omnes conveniunt : inquirebat animus meus, excutiebam ipse me, perspicere intima mea conabar. » Weitenauer, Lexicon Biblicum^ Rome, 1866, p. 451-452.

330 cnAP. m. — les psaumes. [T60]

geance sa divinité aux païens. — 4® str., 1M3 : Qu'il ait pitié d'Israël ! qu'il rende à leurs voisins le septuple du mal qu'ils ont fait à ses serviteurs, et ceux-ci le glorifieront.

749. — Psaume lxxix, hébreu lxxx : Qui régis Israël, intendÇi

Israël implore le secours du Seigneur.

«Au chef de cil œur. *£l Schoschannm.^Êdouth. D'Asapli. MaskîL » Les Septante ajoutent : « sur l'Assyrien. » — Le royaume d'Israël (ou d'Éphraïm, descendant de Joseph) , demande dans un magniûque langage la protection de Dieu contre les Assyriens qui l'oppriment. — 5 strophes régulières de 8 vers, dont la 1'% la 2® et la 5« sont terminées par un refrain qui est toujours le même, avec cette seule différence que le nom de Dieu reçoit chaque fois une épithète de plus; 2-4; 5-8; 9-12; 13-16;* 17-20. — 1" str., 2-4 : Que le berger d'Israël secoure Éphraïm et JManassé ! — 2* str., 5-8 : Israël est abreuvé de pleurs et ses ennemis se moquent de lui. — 3« str., 9-12 : Dieu l'avait transplanté comme un cep de vigne dans les montagnes d'Ëphraïm où il avait prospéré.

— 4-° str., 13-16 : Pourquoi laisse-t-ii ravager sa plantation ?

— 5^ str., 17-20. Puisse-t-il la protéger encore ! Israël à Tavenir lui sera fidèle et invoquera son nom.

730. — Psaume lxxx, hébreu lxxxi : Exultate Deo, adjutori nostro.

Cantique pour la fête de Pâques.

« Au chef de chœur. Sur le gittîth, D'Asaph. » — Ce psaume a pour objet de célébrer la fête de Pâques, in neomenia tuba, et c'est pour ce motif qu'il parle de la sortie d'Egypte. — Trois str., de 10, 12, 12 vers, 2-6^ 6'^-ll ; 12-17. Le Psalmiste rappelle à celui qui observera fidèlement les commandements de Dieu quelle est la récompense qui lui est destinée. La 1" str. exhorte à célébrer Pâques avec allégresse. Dans la 2« et la 3% c'est Dieu qui parle. (Les verbes de 6^-7 sont à la première personne en hébreu.) Il demande à son peuple la fidélité, en lui rappelant comment il a puni dans le désert ceux qui lui ont été rebelles et en assurant qu'il accordera tous les biens à ceux qui écouleront sa voix.

ili. — HARPISTE ciiALDftKX. Bas-roliof du Musée du Louvre.

flV. lAXX. '.\.)

JOUEURS DE LYRE (en hébreu, nébel) et de cymbale. Bas-relief assyrien. Musée du Louvre. (Ps. lxsx, 3; cl, 3, 5.)

17j3] art. II. — ANALYSE ET EXPLICATION DES PSAUMES. 331

loi — Psaume lsxxi, hébreu Lsxxii : Deusstetit in synagoga Deorum. Contre les juges iniques.

a Mizmôr, D'Asaph. » Le Psalmiste invoque le secours de Dieu contre des juges iniques, cf. Ps. lviii. Il appelle les juges des Élohim ou dieux, parce qu'ils tiennent sur la terre la place de Dieu en administrant la justice. Notre-Seigneuï a cité ce psaume, Joa., x, 34-36. On en place assez gênéralement la composition au temps de Josaphat, vers 890 av. J.-C. — Le langage est plein de force et d'énergie (1). — Deux discours de Dieu forment le fond du poème ; dans le premier, il intime aux juges l'ordre d'être justes; dans le deuxième, il les menace de ses châtiments. — Cinq strophes de 4, 4, 3, 4 et 2 vers; 1-2; 3-4; 5; 6-7; 8.

732. — Psaume lxxxii, hébreu lxxxiii : Deus, guis similis erit tibi 7

Prière à Dieu pour qu'il vienne au secours de son peuple dans la guerre que lui font plusieurs nations confédérées.

« Schîr, Mizmôr. D'Asaph. » — Les Iduméens, les Arabes, les Moabites et les autres peuples voisins se sont unis pour attaquer ensemble le royaume de Juda. C'est probablement la ligue dont il est parlé II Par., xx,l, du temps de Josaphat, vers 895 av. J.-G. Le Psalmiste demande à Dieu de défendre son peuple contre tous ces ennemis. — Neuf str. de 4 vers, 2-3; 4-5; 6-7; 8-9; 10-11; 12-13; 14-15; 16-17; 18-19. — La suite des pensées est facile à saisir. Il faut remarquer seulement que dans les deux premiers vers de Toriginal, le parallélisme est synonymique, et qu'au lieu de ; ûeus, quis similis erit tibi? il porte :

Ne te tais point, ne reste pas inactif, ô Dieu. 0 Dieu, ne garde point le silence 1

753. — Psaume lxxxiii, hébreu lxxxiv : Quam dilecta tabemacula.

Combien est digne d'être aimée la demeure de Dieu.

« Au chef de musique. Sur le gùthUà. Des enfants de

(l) Sur la beauté littéraire de ce Psaume, voirBossuet, Dissert» de Psalm.^ c. II, n» 19. Œuvres^ éd. Lebel, t. i, p. 42-43.

332 cnAP. m. — les psaumes. [754]

Goré. Âlizmôr. » — Ce Ps. faille pendant du Ps. xlii-xliii. Il a été composé peut-être par quelqu'un de ceux qui avaient accompagné David dans sa fuite, à l'époque de la révolte d'Absalom. L'auteur manifeste le plus vif amour pour la maison de Dieu, et exprime ce sentiment d'une manière tou chante. — 3 str. de 10 vers; les deux premières sont terminées par sélah; 2-5; 6-9; 10-13. — 1'^ str., 2-5 : Sentiments du Psalmiste à Tégard de la maison de Dieu (1). — 2® str.. 6-9. Elle est obscure. Heureux l'homme droit. Il peut visiter Dieu dans Sion. Prière pour le roi (pour David qui a été obligé de s'enfuir devant Absalom). La vallis lacrymarum est généralement regardée aujourd'hui comme une vallée qui portait le nom de Bâkâ ou des larmes (de baume), vallée où croissait le baumier. — 3^ str., 10-13 : Bonheur qu'on goûte à demeurer auprès de Dieu, parce qu'il est la source de la grâce et de la gloire.

Page 1