Livre ÏV. Ps. lxxxix-cv
759, — Psaume LXXXix, hébreu xc : Domine, refugium facttts es nobin
Invocation à Dieu pour qu'il pardonne au pécheur.
« Thephillâh (prière). De Moïse, homme de Dieu. » — Ce psaume, le plus ancien de la collection, a dû être chanté pai le peuple d'Israël depuis l'Exode et ainsi conservé de mémoire. Plusieurs des traits qu'il contient rappellent la manière de Moïse. Cf. Dent., xxxii et xxxiii. C'est à cause de son antiquité qu'il est placé en tête du IV* livre. — Il fut composé sans doute à la suite de la condamnation portée contre les Israélites par le Seigneur qui, pour les punir de
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leurs continuelles révoltes, leur annonça que tous ceux qui avaient atteint l'âge de 20 ans, au moment (le la sortie d'Egypte, périraient dans le désert. — Trois str. de 13, 12 et i 3 vers ; 1-6; 7-11; 12-17. — 1" str., 1-6. Contraste entre la brièveté de la vie de l'homme et l'éternité de Dieu. — 2« str., 7-11 : Ce sont les péchés de l'homme (d'Israël rebelle dans la désert), qui abrègent ses jours en attirant la colère de Dieu sur lui. — 3° str., 12-17. Prière à Dieu, pour qu'il ait pitié de ses serviteurs et leur accorde ses grâces.
7G0. — Psaume xc, hébreu xci : Qui habitat in adjutorio Altissimi, Prière pour obtenir la protection divine pendant la peste.
Sans titre en hébreu. Dans la Vulgate ; Laus Cantici David. — Composé probablement au temps de la peste, par laquelle Dieu punit le dénombrement d'Israël fait par David, Il Reg., XXIV, 15-17; cf. Ps. xc, 3, 6-7. — Ce beau psaume se distingue par l'élévation de la pensée, la vivacité des sentiments, l'ardeur de la foi, la simpUcité de la confiance, la vivacité des couleurs et la limpidité du langage. — La seule difficulté qu'il présente est le changement brusque d'une personne à l'autre, à trois reprises difl'érentes. Ce changement s'explique d'une manière naturelle si l'on suppose que nous avons un duo dans les treize premiers versets ; Dieu intervient et conclut, 14-16.— 1" voix, 1 ; 2° voix, 2; 1" voix, 3-8; 2« voix, 9* ; 1" voix, 9M3; discours de Dieu, 14-16. — 2; 2; 14; 1; 9; 7 vers. — Jf. 2. L'hébreu porte : Dico et non di'cet. — f. 3. A verbo aspero, hébreu : de la peste qui ravage. — j^. 6. La llèche qui vole pendant le jour est probablement la contagion : elle atteint l'homme comme une flèche invisible qui le perce. hQnegotiwn perambutansintenebriSy c'est, en hébreu, la peste qui se glisse dans les ténèbres. — Ab incursuet dœmonio meridiano est pour : ab incursu dœmonii (hébreu : la contagion) qui sévit en plein midi.
761. — Psaume xci, hébreu xcii : Bonum est confiteri Domino, Hymne de louanges pour célébrer les grandeurs et les bienfaits do Dieu.
« Mizmôr; schîr. Pour le jour du sabbat. » — Ce Ps. est
encore chanté aujourd'hui par les Juifs au jour du sabbat. — C'est une sorte de théodicée abrégée dans laquelle le Psalmiste résume nos devoirs de louange et de reconnaissance envers Dieu et sa Providence. — Le nom de Jéhovah (Dominus) est répété sept fois dans celte hymne, en l'honneur sans doute des sept jours de la création. — 5 str. de 6 vers, excepté celle du milieu qui en a 7 : 2-4 ; 5-7; 8-iO; 11-13 ; 14- 16. — 1" str., 2-4 : Il faut louer Dieu; — 2« str., 5-7 : à cause de la grandeur de ses œuvres et de la profondeur de ses desseins; — 3** str., 8-10 : parce qu'il triomphe de tous ses ennemis ; — 4^ et 5« str., lJ-16 : et qu'il comble le juste de ses bénédictions.
762. — Psaume xcii, hébreu xciii : Dominus regnaviL Hymne au Roi Créateur de l'univers.
Sans titre en hébreu. La Vulgate porte ; a Cantique de louange de David, pour la veille du sabbat, quand la terre fut fondée, » c'est-à-dire destiné à être chanté le vendredi, au sacrifice du matin, au jour de la création de l'homme. — Ce psaume, composé probablement par David après une victoire, fut appliqué plus tard au service liturgique. Il est court, mais plein de force, de majesté et d'élan lyrique. — 5 str. de 3 vers, 1*-% l'*-2; 3; 4; 5. — Le sens de la dernière strophe, c'est que la plus belle œuvre de Dieu, c'est sa loi. Cf, Ps. XVIII :
Le Seigneur règne.
Il se revêt de gloire.
Le Seigneur se revêt et se ceint de puissance. Il aifermit la terre, elle ne chancellera pas.
Ton trône est dressé dès le commencemeut(ô Dieu!)
Tu es dès l'éternité.
Les fleuves élèvent, ô Seigneur, Les fleuves élèvent leur voix, Les fleuves élèvent leurs flots.
Plus que le bruit des grandes eaux.
Que les mugissements de la mer.
Est magnifique le Seigneur dans les hauteurs (des cieux).
Tes témoignages sont fidèles (hébreu : ta loi est stable), Ta demeure est sainte, 0 Seigneur, pour la durée des temps ! (i)