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Psaume en, hébreu cm : Benedic, anima meaf Domino

et omnia...

Hymne d'actions de gr&ces pour les bienfaits de Dieu.

(( De David. » — « Ce psaume, l'un des plus beaux de David, est le cantique des miséricordes du Seigneur. Elles n'ont jamais été célébrées d'un ton plus sublime, et jamais le sublime n'a été plus touchant. » (La Harpe.) — Cinq strophes de 10, 8, 40, 8, 10 vers, 1-5; 6-9; 10-14; 15-18; 19-22. --r« str., 1 -5 : Exhortation à louer et remercier Dieu à cause des bienfaits personnels que nous en avons reçus. — 2° str., 6-9 : A cause du soin qu'il prend des opprimés comme il Ta fait pour les Hébreux au temps de Moïse. — 3* str., 10-14 :

(1) Dans les ff. 19-23, le Psalmiste demande que tous les peuples chantent la gloire de son Dieu : « II est exaucé, dit le comte de Maistre après avoir rappelé cette prière; parce qu'il n'a chanté que l'Éternel, ses chants participent de l'éternité; les accents enflammés confiés aux cordes de sa lyre divine retentissent encore^ après trente siècles, dan» toutes les parties de l'univers. La synagogue conserva les Psaumes ; l'Église se hâta de les adopter; la poésie de toutes les nations chrétiennes s'en est emparée, et depuis plus de trois siècles le soleil ne cesse d'éclairer quelques temples dont les voûtes retentissent de ces hymnes sacrées. On les chante à Rome, à Genève, à Madrid, à Londres, à Québec, à Quito, à Moscou, à Pékin, à Botany-Bay; on les murmure au Japon. » Soirées de Saint-Pétersbourg ^ VU» Enlretien^ 1822, t. ii, p. 75.

A cause da pardon qu'il accorde aux pécheurs. — 4' str., d5-18 : A cause de sa bonté qui s'étend d'âge en âge et n'est pas passagère comme notre vie. — 5' str., 19-22 : Que le ciel et la terre louent donc le Seigneur!

773. — Psaume cm, hébreu civ : Benedic, anima mea. Domino^ Domine... ,

Tableau des œuvres de Dieu.

« De David. » — Ce psaume contient, des œuvres du Créateur, une magnifique description qui rappelle le premier chapitre de la Genèse, et une exhortation à louer l'auteur de ces merveilles (1). — Huit strophes de 10, 10, 10, 10, 10, 8,

(1) Batteux a fait de ce Psaume une analyse littéraire dans ses Prin' cipes abrégés de la littérature, 1777, t. m, p. 203-222; cette analyse est reproduite par M. l'abbé Henry, Éloquence et poésie des Livres Saints, 2e édit., p. 421-426. — «Qu'il nous soit permis d'indiquer^ parmi les hymnes que [renferme] le livre des Psaumes, une de celles que nous regardons comme les modèles parfaits de ces sortes de compositions : c'est le Ps. cm, que l'on pourrait appeler l'hymne de la création. Qu'on la lise; qu'on lise ensuite tout ce qui a été écrit de plus estimé sur cette matière si souvent traitée, en prose et en vers, depuis Hésiode jusqu'à Ovide, depuis Cicéron et Pline jusqu'à Buffon, et nous ne craignons pas qu'on puisse ensuite en citer qui soit du ton et de la hauteur de ce psaume. » Gatien Arnoult, Le Livre des Psaumes, 1823, p. 3-4. — « Les tableaux répandus dans la Bible, dit Chateaubriand, Génie du Christianisme, H^ partie, 1. III, ch. m, éd. de 1838, t. ii, p. 57-58, peuvent servir à prouver doublement que la poésie descriptive est née, parmi nous, du Christianisme. Job, les Prophètes, l'Ecclésiaste, et surtout les Psaumes, sont remplis de descriptions magnitiques. Le Ps. Benedic, anima mea, est un chef-d'œuvre dans ce genre... Horace et Pindare sont restés bien loin de cette poésie. » — « On peut dire, écrit Alexandre de Humboldt, que le 103» psaume est à lui seul une esquisse du monde. « Le Seigneur, revêtu de lumière, a étendu le ciel comme un tapis. Il » a fondé la terre sur sa propre solidité, en sorte qu'elle ne vacillât » pas dans toute la durée des siècles. Les eaux coulent du haut des » montagnes dans les vallons, aux lieux qui leur ont été assignés, afin » que jamais elles ne passent les bornes prescrites, mais qu'elles abreu- » vent tous les animaux des champs. Les oiseaux du ciel chantent sous » le feuillage. Les arbres de l'Éternel, les cèdres, que Dieu lui-même » a plantés, se dressent pleins de sève. Les oiseaux y font leur nid, » et l'autour bâtit son habitation sur les sapins. » Dans le même psaume est décrite la mer « où s'agite la vie d'êtres sans nombre. Là » passent les vaisseaux et se meuvent les monstres que tu as créés, ô » Dieu,pour qu'ils s'y jouent librement. » L'ensemencement des champs, II. 23

34 i cnAP. III. — LES PSAUMES. [77 i]

9,10vers;l-4;5-9;10-d4»'; UMS; 19-23; 24-26; 27-30; 3i- 35^; 3^'"^ (refrain). — 1" str., 1-4 : Éloge de l'œuvre du premier et du second jour de la création (1). — 2' str., 5-9 : Formation de la terre. — 3° str., 10-14'': Production des sources, des animaux et des plantes. — 4^ str., 14''-18 : Les trois principales productions nourricières (céréales, vin et huile) ; les pluies qui fécondent la terre et les animaux qui habitent les montagnes.

— 5« str., 19-23 : Les astres. — 6« str., 24-26 : Les habitants des mers. — 7^ str., 27-30 : Dieu donne la nourriture et la vie.

— 8® str., 31-35*': Gloire à Dieu pour toutes ses merveilles.

774. — Psaume çiv, hébreu cv : Confitemini Domino et invocate.

Abrégé de l'histoire du peuple de Dieu, d'Abraham à Josué.

Sans titre. — Ce psaume, composé par David, fut chanté à la fête de la translation de l'arche à Jérusalem, I Par., xvi, 7. Ce chapitre des Paralipomènes reproduit les quinze premiers versets, IPar., xvi, 8-22; il les fait suivre sans interruption du Ps. XGVi, 1, et cvf, 47-48. Le Ps. civ résume l'histoire d'Israël et fait ressortir la Providence de Dieu sur son peuple. Cf. Ps. lxxvii et cv. — La versification est régulière, mais ce psaume est sans grande élévation poétique. La division par strophes est peu sensible dans les poèmes

la culture de la vigne qui réjouit le cœur de l'homme, celle de l'olivier, y ont aussi trouvé place. Les corps célestes complètent ce tableau de la nature. « Le Seigneur a créé la lune pour mesurer le temps, et 1( » soleil connaît le terme de sa course. Il fait nuit, les animaux se ré« » pandent sur la terre, les lionceaux rugissent après leur proie et de« » mandent leur nourriture à Dieu. Le soleil paraît, ils se rassemblent » et se réfugient dans leurs cavernes, tandis que l'homme se rend à » son travail et fait sa journée jusqu'au soir. » On est surpris, dans un poème lyrique aussi court, de voir le monde entier, la terre et le ciel, peints en si grands traits : à la vie confuse des éléments est opposée î'existence calme et laborieuse de l'homme, depuis le lever du soleil jusqu'au moment où le soir met fin à ses travaux. Ce contraste, ces vues générales sur l'action réciproque des phénomènes, ce retour à la puissance invisible et présente qui peut rajeunir la terre ou la réduire en i>oudre, tout est empreint d'un caractère sublime. » Cosmos^ trad. Faye et Galuski, 1864, t. ii, p. 51-52.

(1) Sur le ^. 4 : Qui facis angelos tuos spiritusy cité, Heb.. i, 7, voir GuUlcmoa, Clef des Épitrcs de S. Paul, 2« édit., t. il, p. 321.

didactiques ; on peut compter cependant neuf strophes do 40 vers chacune, 1-5; 6-10; 11-13; 16-20; 21-25; 26-30; 31- 35; 36-40; 41-45.

775. — Psaume cv, hébreu cvi : Confitemini Domino quoniam bonus. Abrégé de l'histoire du peuple de Dieu dans le désert du Sinaï.

Ce psaume commence la série de ceux qui portent en têto le mot alléluia en hébreu (1). Dans la Vulgate, on lit déjà ce mot [allelou-yah, louez Yah ou Jéhovah), Ps. civ, 1 , où il est bien placé, puisque ce dernier psaume est aussi consacré à louer Dieu et que le Ps. cv ne fait que reprendre une partie du résumé historique, exposé dans le précédent, pour développer les faits qui s'étaient passés àTépoque de l'Exoda et pendant le séjour de quarante ans dans le désert. Le ton, du reste, n'est pas le même dans les deux chants : c'est celui de la pénitence, cv; celui de l'hymne, civ; comme c'est celui d'un simple poème didactique, lxxvii. — Ce psaume est du temps de la captivité, ^. 47, ce qui nous explique pourquoi il demande pardon à Dieu; le premier Confitemini, civ, est de l'époque qui l'a précédée, et le troisième, cvi, de celle qui a suivi. La loi du parallélisme est observée dans le Ps. cv, mais on n'y voit pas de trace d'une division symétrique par strophes. On peut grouper les pensées de la manière suivante ; introduction, exhortation à louer Dieu, 1-3; prière, 4-6; faits historiques, 7-12; 13-23; 24-33; 34-42; 43-46; 47, Le f. 48 est la doxologie qui marque la fin du IV* Uvre.

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