S34] ART. II. — ANAL. ET DOCT. DU LIV. DES PROVERBES
« Paroles du roi Lamuel, poème (massâh) que sa mère lui enseigna.» La plupart des exégètes regardent le nom de Lamuel comme symbolique et désignant Salomon. C'est très vraisemblablement une dénomination poétique équivalant à Lae!y c'est-à-dire a à Dieu, dédié ou dévoué à Dieu, Dieudonné. » Le parallélisme de ce court morceau est synonymique et très régulier.
3° Le livre des Proverbes se termine par une pièce alphabétique, composée d*autant de versets ou de distiques qu'il existe de lettres dans l'alphabet hébreu, c'est-à-dire de 22, chacun d'eux commençant par une de ces lettres, placée selon l'ordre ordinaire, xxxi, 10-31. C'est l'éloge de la femme forte, un portrait idéal tel que le conçoit le sage, inspiré par l'Esprit Saint. « Salomon ne prend pas la femme forte sur un trône, ni dans un somptueux palais, ni dans les conseils des rois, ni au milieu des assemblées humaines; il va plutôt la chercher dans la condition commune et ordinaire où Dieu a voulu placer la femme, c'est-à-dire dans son rôle d'épouse, de mère, de maîtresse de maison, de femme même des champs; car ce n'est que dans ce rôle simple et modeste que la femme est appelée à se montrer forte, ce qui veut dire intelligente, active, soigneuse, prévoyante, ordonnée en toutes choses, uniquement occupée de ses devoirs et accomplie dans la vertu. Le portrait que Salomon a fait de cette femme est admirable; il montre, suivant la pensée de Herder, «l'hom- » mage qu'on rendait chez les Juifs à une femme laborieuse, »> et sachant rester dans le cercle domestique et champêtre où t> la renfermait la constitution du pays, qui, elle aussi, était t) toute domestique et toute champêtre. » Les nations païennes, qui avaient assigné à l'épouse un rang subalterne et un rôle presque effacé dans la maison de l'époux, n'ont jamais eu pour elle des éloges semblables; il appartenait à la religion de Moïse et finalement au Christianisme de relever la femme avilie» (4). — Les Pères ont vu la véritable femme forte dans la Sainte Vierge.
(1) H. Laurens, Morceaux choms de la Bible^ i869, p. 384.
§ V. — Doctrine du livre des Proverbes.
La Sagesse. — La crainte de Dieu. — Devoirs envers Dieu. — Envers le prochain. — Envers soi-même. — Sanction de la loi morale. — La doctrine des Proverbes est-elle une doctrine humaine?