La Sagesse
Les Proverbes sont le premier des livres appelés sapientaux, dans le sens strict, parce qu'ils nous enseignent la véritable sagesse, celle qui nous apprend à pratiquer la vertu, à devenir meilleurs et à faire, comme nous le disons aujourd'hui dans la langue chrétienne, notre salut. La sagesse est, par conséquent, la même chose que la vertu ; elle consiste à connaître et à faire le bien pour plaire à Dieu, m, 4 ; à fuir le mal pour ne point lui déplaire, in, 7 ; cf. viii, 13; à agir, en un mot, d'une manière surnaturelle. Le sentier des justes est lumière; la voie des méchants, ténèbres, iv, 18-19. Cf. xxviii, 18.
IV, 27 : N'incline ni à droite ni à gauche, Éloigne ton pied du mal.
Salomon veut prêcher ainsi la sagesse à ceux qui ne la connaissent pas encore, et en donner une connaissance plus parfaite à ceux qui savent déjà ce qu'elle est. A cause du but qull se propose, il s'adresse à l'homme en général; l'individu s'efface devant l'humanité ou se confond avec elle. Le Juif ne se montre pas ici; le côté étroit et national qui dépare les productions rabbiniques est tout à fait absent des livres aapientiaux; l'Esprit Saint instruit tous les hommes, parce ïu'il les appelle tous au salut. La sagesse à laquelle il les convie, qu'il veut leur faire aimer, n'est pas du reste une abstraction ; c'est une personne divine. L'auteur sacré nous la représente, dans le ch. viii, 14, revêtue des attributs qu'Isaïe donne au Messie, xi, 2, le conseil, l'intelligence, la force; il nous parle d'elle, 15-16, comme de Dieu : toute puissance vient d'elle sur la terre ; elle aime ceux qui l'aiment; elle est la source de tous les biens, 16-21. La Sagesse est le Verbe, la seconde personne de la Sainte Trinité, engendrée de toute éternité par le Père, 22-23. Elle est dési-