‹ Manuel bibliqueChapitre 265 sur 476 · Auteur de l'Eccléaiiste · texte numérisé non relu

Auteur de l'Eccléaiiste

Le nom de Salomon ne se lit pas en toutes lettres dans ce livre; mais celui qui prend le nom symbolique d'Ecclésiaste se dit fils de David et déclare qu'il est roi de Jérusalem, ce qui ne peut convenir qu'à Salomon. Tous les commentateurs juifs et chrétiens ont été unanimes à attribuer à ce prince la composition de l'Ecclésiaste, jusqu'au xvii" siècle, où Grotius, le premier, en 1644, a prétendu qu'il n'était pas de lui (1). Aucune raison concluante n'oblige d'abandonner la

(1) Depuis le commencement de ce siècle, la plupart des auteurs protestants et même quelques catholiques, comme Jahn, Herbst, Movers, ont adopté l'opinion de Grotias. Ils font le livre moins ancien que Salomon, mais sont très divisés sur sa date : Nachtigall le place, pour certaines parties, entre Sulouiuu et Jérémie, 97o-5S8; ScbmiLt, JaLa, enlie

400 CHAP. V. — l'ecclésiaste. [8

croyance traditionnelle, et de refuser à Salomon la composition de l'Ecclésiaste. L'origine salomonienne de ce livre n'est pas de foi, mais elle a en sa faveur le seul argument véritablement concluant en pareille matière : l'autorité du témoignage, 1° du titre du livre, i, 1; 2° de toute la tradition juive et chrétienne qui est unanime, comme tout le monde le reconnaît. Les objections qu'on a faites contre la croyance traditionnelle sont loin d'être irréfutables. Elles sont tirées du fond et de la forme. Nous allons répondre aux unes et aux autres.

845. — I. Réponse aux objections tirées du fond du livre contre l'origine salomonienne de l'Ecclésiaste.

1° L*auteur, par une fiction poétique, s'attribue le rôle de Salomon, comme le fait celui de la Sagesse, qui n'est certainement pas Salomon. Il nous indique assez qu'il n'est pas le vrai Salomon ,f puisqu'il parle du règne de ce prince au passé. — 11 est vrai que la Sagesse n'est pas de Salomon ; mais le texte ne l'attribue pas à ce roi de la même manière que l'Ecclésiaste, et S. Jérôme a réclamé contre le titre de « Sagesse de Salomon » donné par les Septante à l'avant-dernier des livres sapientiaux. Au contraire, dans l'Ecclésiaste,

Manassès et Sédécias^ 699-588 ; Grotius, Kaiser, Eichhorn, aussitôt après la captivité de Babylone, 536-500; Umbreit, Kleinert, au temps de la domination perse, 538-333 ; Van der Hardt, sous le règne de Xerxès II ou de Darius, 464-404; Delilzsch, entre Artaxercès Longue-Main et Darius Godoman, 464-332: RosenmûUer, entre Nébémie et Alexandre le Grand, 450-333; Hengstenberg, Stuart, Keil, en 433; Ewald, un siècle avant Alexandre le Grand, 430; Gerlach, vers 400; de Wette, Knobel, à la fin de l'empire perse et au commencement de la période macédonienne, 350-300; Bergst^ pendant le séjour d'Alexandre en Palestine, 333; Bertboldt, eatre Alexandre le Graad et Antiochus Épiphane, 333- 164; Zirkel, sous les Séleucides, 312-164; Hitzig en 204; Nachtigall, dans sa forme actuelle, à la même époque que le livre de la Sagesse, en 150; Gràtz, au temps de Jésus-Cbrist. Gràtz s'est imaginé voir, EccL, X, 16-20, une preuve que l'auteur de l'Ecclésiaste était mort sous le règne d'Hérode. Nous rapportons ces opinions si -diverses, pour faire toucher du doigt combien sont peu certains et concluants les signes intrinsèques sur lesquels on prétend s'appuyer, pour déterminer l'auteur et la date, puisque l'examen d'un livre si court amène à des résultats si divergents et si contradictnir^»'»^

Page 1