CHAP. V. — L*ECCLÉSIASTE
exagère pas la portée, et qu'on se rappelle que rancienne loi promettait principalement aux Israélites des bénédictions temporelles. Ab Epicureorum schola fuit alienus, qui hujm vitse bona optimum Dei donum, caste iamen fruendum existimavit (Ghiringhello).
3" Knobel lui-même est obligé de reconnaître que la doctrine de Salomon n'est pas épicurienne : « Il se distingue essentiellement, dit-il , de l'épicurien, en ce qu'il ne recommande pas le plaisir comme but, mais fait user avec reconnaissance du bien que Dieu nous accorde dans sa bonté, ii, 26; m, 13; V, 18. On doit remarquer aussi qu'il n'entend pas, par jouir de la vie, se livrer à une folle ivresse des sens, à des divertissements frivoles, à ses passions déréglées; loin de là, il condamne formellement tous ces excès, ii, 2; vu, 1-7; X, 16-19. Par jouir de la vie, il entend user tranquillement et doucement des biens de la terre, et il n'oublie pas de recommander en même temps la crainte de Dieu, xii, 1-13, et de rappeler à celui qui jouit ainsi le jugement auquel il sera soumis un jour, xi, 9. En général, l'Ecclésiaste se montre un ennemi très déterminé de la folie, c'est-à-dire de ce qui est contraire à la loi morale. »
4° Un écrivain qui soutient Timmortalité de Tâme, le jugement après la mort et par conséquent la responsabilité des actes, qui déclare qu'on ne doit jouir des biens de ce monde que comme de dons de Dieu, à qui il faudra rendre compte de toutes ses actions, bonnes ou mauvaises, cachées ou publiques, celui-là n'est pas épicurien; et non seulement sa morale est irrépréhensible, mais elle est digne d'éloges, car après tout elle fait songer à l'éternité et elle prépare ainsi l'Évangile.