‹ Manuel bibliqueChapitre 299 sur 476 · A quelle époque a vécu l'auteur de l'Ecclésiaslique · texte numérisé non relu

A quelle époque a vécu l'auteur de l'Ecclésiaslique

Quant à l'époque où il florissait, elle est incertaine. Son livre nous fournit un moyen de résoudre la question en nous indiquant le nom du grand-prêtre juif, Simon, fils d'Onias, L, 1-21, sous lequel il avait vécu, et qu'il avait vu officier dans le temple ; mais comme le même nom a été porté par deux pontifes différents, tous deux fils d'Onias : Simon I, dit le Juste, qui vivait du temps de Ptolémée, fils de Lagus, vers 290 av. J.-G.^ et Simon II, qui était grand-prêtre quand Ptolémée IV Philopator voulut entrer de vive force daus le temple de Jérusalem, lU Mach., i, 2 (dans la Bible grecque), les critiques se partagent : les uns font Jésus contemporain du Simon le plus ancien, les autres du plus récent. Le prologue du traducteur fournit une autre donnée chronologique : il nous dit qu'il alla lui-même en Egypte sous le règne de Ptolémée Évergète. Par malheur, il y a aussi deux rois qui ont porté ce surnom ; l'un, Ptolémée 111, fils et successeur de Ptolémée II Philadelphe^ 247-222 ; l'autre, Ptolémée VII, dit aussi Physcon, frère de Ptolémée Philométor, 170-117 ; de sorte qu'il est également difficile de décider quel est le roi d'Egypte dont parle le petit-fils de l'auteur de l'Ecclésiastique. — L'opinion la plus communément reçue place la composition de l'ouvrage vers 280, la traduction vers 230 (2) ; elle fait vivre Jésus ben Sirach du temps de Simon I, et son petit-fils sous Ptolémée III Évergète I. Quoique elle ne soit pas à l'abri de toute difficulté, elle est

(1) Les anciens Pères, Origène, Hom. xviii m Num., n» 3, t. xir, col. 714; S. Cyprien, Test., 1. III, c. vi ; xii ; t. iv, col. 735, 741; S. Optât, Cont. Donat., III, 3; t. xi, col. 1006; S. Léo M., Serm. xxxix de Quadrag.^ i, 3^ t. Liv, col. 265, etc., ont cité quelquefois l'Ecclésiastique sous le nom de Salomon, probablement à cause de la ressemblance de ce livre avec les Proverbes; mais il est bien certain que l'auteur n'a rien de commun avec Salomon.

(2) L'opinion opposée assigne à la composition de l'Ecclésiastique la date de l'an 180 environ et à la traduction celle de l'an 130,

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cependant la plus vraisemblable. — 1° L'éloge du chapitre l ne peut se rapporter qu'à Simon I, dit le Juste (1) ; le contemporain de l'auteur est représenté, en effet, comme un pontife très remarquable, ce qui ne saurait convenir à Simon II, dont l'histoire ne dit aucun bien. — 2° Le grandprêtre de l'Ecclésiastique est qualifié de libérateur de son peuple (2), ce qui peut s'appliquer à Simon t, mais non à Simon II, sous le pontificat duquel ni le peuple ni le temple n'avaient besoin de protecteur spécial. — 3° Du temps de Simon II, les idées païennes, contre lesquelles s'élevèrent les Machabées, avaient déjà fait de grands progrès ; elles étaient propagées par les fils de Tobie (3) ; comme elles étaient en horreur aux Juifs fidèles, on ne s'expliquerait point que, si l'auteur de l'Ecclésiastique avait écrit à cette époque, il ne es eût point condamnés; on s'expliquerait moins encore qu'il eût loué Simon II, qui avait pris parti pour les fils de Tobie (4). — Il s'élève contre les Samaritains, l, 28 ; à plus forte raison aurait-il condamné les faux frères qui imitaient les mœurs des Hellènes. — 4° Ajoutons enfin que le Ptolémée Évergète ou le Bienfaisant, dont parle le prologue de l'Ecclésiastique, ne peut guère être que le premier qui a porté ce uom. Les monuments ne donnent pas le surnom d'Évergète à Physcon, mais seulement au successeur de Philadelphe (5).

• 879. — Du texte original de l'Ecclésiastique.

Nous n'avons plus que le texte grec de l'Ecclésiastique, mais ce livre avait été composé primitivement en hébreu. — 1" C'est ce que nous apprend le prologue; cf. l, 29. —

(1) Josèphe, Ant. jud., XII, ii, 4.

(2) Eccli.,L, 4; cf. xxxvi, et Josèphe, Ant. jud., XM, i, 1.

(3) Josèphe, Ant. jud., XIÏ, v, 1.

(4) Josèphe, Ant. jud., XII, iv, 11.

(5) Rosellini , Monumenti storkhi, I, 2, p. 368. « 11 y eut un autre Évergète, dit Haneberg, mais il fut seul à se donner le surnom d'Évergète ou de Bienfaisant : ses sujets le nommaient plus volontiers Kakergète (le Malfaisant), et plus souvent encore Physcon, le Ventru. » Athénée, xir, sect. 73, éd. Tauchnitz, p. III, p. 263. —Histoire de la révélation biblique, trad. Goschler, t. ii, p. 90.

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