‹ Manuel bibliqueChapitre 300 sur 476 · CHAP. VIIÎ. — L*ECCLÉS [ASTIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. VIIÎ. — L*ECCLÉS [ASTIQUE

2* C'est ce que confirment aussi la tradition juive et les citations de ce livre que contiennent le Tamuld et les Midraschim (1) : elles sont presque toutes en hébreu, quoique les ouvrages qui les rapportent soient écrits en chaldéen ou araméen. — 3" S. Jérôme nous assure (2) qu'il avait vu le texte hébreu de l'Ecclésiastique. — 4° Quelques passages, très difficiles à comprendre dans la traduction, s'expliquent facilement par l'original hébreu. Ainsi Eccli., xxiv, 37, parle de la lumière, en latin comme en grec, d'une manière très imprévue :

Qui mittit disciplinam sicut lucem

Et assistens quasi Gehon in die vindemiae.

Le parallélisme demande un nom de fleuve dans le vers 37» , comme dans le vers 37^, à la suite de l'énumération du Phison, du Tigre, de l'Euphrate et du Jourdain, 35-36 ; l'hébreu devait porter miC>D kayeôr, « comme le Nil ; » le traducteur a lu "11X3 kaôr^ « comme la lumière » (3) — Il résulte de tout ce que nous venons de dire que l'authenticité de l'Ecclésiastique est incontestable ; aussi n'a-t-elle jamais été sérieusement attaquée. — Sa canonicité est niée par les protestants, mais nous avons vu, n' 35, qu'elle avait été définie par le concile de Trente (4).

(1) Eccli., VI, 10 et Sanh. 10, 100; Yebamoth, 63 b; Erub., 65 a; Eccli., IX, 8 et Sanh. 100 b; Yebamoth, 63; Eccli., xiii, 15 et Baba Kana, 92 b; Eccli., xili, 25 et Bereschith Rabba, 82, etc. Cf. Kitto, Cyclopaedia of biblical Literature, t. i, p. 724, Le nombre des proverbes empruntés par les écrits juifs à l'auteur de l'Ecclésiastique, qu'ils appellent Ben-Sira, est d'environ une quarantaine, mais ils ne se retrouvent point tous dans notre livre. La tradition rabbinique attribue à Ben-Sira deux alpbabets moraux. Ils ne sont pas de notre auteur. On peut les voir dans Cornélius a Lapide, In Eccli. Pvoleg., c. v, p. 32-34. Cf. Zunz, Die gottesdienstl. yortrûge der Juden, 1852, p. 100 sq.

(2) S. Jérôme, Prsef. in libros Salomonis, t. xxviii, col. 1242.

(3) De même Eccli., xxv, 15, grec, xeqjaX^ est mis au lieu de çàpjxavcov = ï?Tn. La version latine, pour donner un sens au grec, a traduit xxv, 22 : non est caput nequius super caput colubri, en ajoutant le mot nequius, etc.

(4) On peut voir spécialement sur celte question Cornélius a Lapide, In Eccli. Proleg., e. i, p. 15-17, Vieusse, La Bible mutilée par les protestants, p. 131-148.

[880] ART. I. — LNTRODUCTION A L^KCCLÉSIASTIQUÊ. 447

• 880. — Des versions de l'Ecclésiastique.

4° La traduction grecque de l'Ecclésiastique fut faite parle petit-fils de l'auteur, comme il nous l'apprend dans le Prologue. Il alla en Egypte, à l'âge de 38 ans, nous dit-il, sous le règne de Ptolémée Évergète, probablement le premier de ce nom, d'après ce que nous avons dit, n<* 878, et c'est là qu'il traduisit avec soin, et non sans succès, malgré un peu de dureté et d'embarras dans le style, l'œuvre de son grandpère, vers l'an 230 avant Jésus-Christ. Il s'appelait aussi Jésus ben Sirach, s'il faut en croire la Synopsis Scripturse sacrœ (1). Le texte grec a souffert, delà part des copistes ; de là, en grande partie, les variantes qu'on remarque dans notre Vulgate, laquelle contient des passages en plus et aussi en moins. Il existe deux éditions grecques principales de l'Ecclésiastique : celle du texte reçu des Septante, ou édition romaine, et celle du cardinal Ximénès ou de la Bible de Gomplute, n** 156, 1° : cette dernière est moins différente que la première de la traduction latine.

2** Notre version latine n'est pas de S. Jérôme, elle est d'une époque antérieure et faisait partie de ^ancienne Italique. Elle a été traduite sur le grec (2); on y remarque un certain nombre de mots latins qu'on ne rencontre dans aucune autre partie de la Vulgate (3) ou qui sont employés

(1) Dans les œuvres de S. Athanase, c. 46, t. xxviii, col. 378. Ce que dit la Synopsis sur l'Ecclésiastique a été reproduit comme second prologue dans la Bible de Gomplute. L'exactitude des renseignements fournis par l'auteur de la Synopsis sur le nom du petit-fils de Jésus Ben-Sirach est contestable et contestée.

(2) Certains critiques ont soutenu qu'elle avait été faite directement sur l'hébreu, pour expliquer les différences qui existent entre elle et le texte grec actuel, mais cette opinion est inadmissible, car notre traduction latine est tout émaillée de mots grecs qu'elle a tirés de son texte : agonizare, iv, 33, grec, 28; lingua encharis, vi, 5; homo acharis, xx, 21, grec, 19; in eremo, xiil, 23, grec, 19; aporiabitur, àTropyiô^aeTat, XVIII, 6, grec, 7; quasi fluvii dioryx, ôtwpuÇ, xxiv, 41, grec, 30, etc.

(3) Defunciio, i, 13; religiositas, i, 17, 18, 26; compartior, l, 24; abhon^eo, xxxviii, 4; acide, iv, 9; adinct^escant, xxiii, 3 ; arf^criôïV, xxix, 22 ; affabilis, iv, 7, etc. ; pessimare, xi, 26 ; XXXYI, 1 1 ; xxxvili, 22 ; m. ptanare, xv, 12; xxxiv, 11, etc.

448 CHAP. VIII. — l'ecclésiastiqïïe. [8S2]

dans un sens particulier (1). L'ordre des matières n'est pas tout à fait le même que dans les Septante (2).

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