Preuves de l'authenticité des prophéties dMsate
L'authenticité du livre entier d'Isaïe est incontestable : la \Taie raison pour laquelle elle est niée par les incrédules, c'est qu'ils ne veulent point admettre la révélation. Nous ne pouvons énumérer en détail les prétextes qu'ils allèguent pour rejeter quelques chapitres isolés de la première partie. Quant à la seconde, qu'ils rejettent en bloc, nous allons montrer ici que l'Église a raison de l'attribuer à Tsaïe.
L'authenticité de la seconde partie d'Isaïe est démontrée : 1° par la tradition constante des juifs et des chrétiens; elle n'a été contestée par personne, pendant plus de 20OO ans. L'autorité la plus ancienne, la seule que nous citerons parce qu'elle suffit pour trancher la question , c'est celle de l'Écriture Sainte. L'Ecclésiastique, xlviii , 25-27, attribue à Isaïe les
(1) Koppe est le premier qui, vers la fin du xviii® siècle, ait commencé à battre en brèche l'authenticité d'Isaïe : il déclara suspect le ch. l; Dôderlein généralisa les doutes de Koppe; Justi, Eiclihorn, Paulus, Bertholdt ne se contentèrent pas de douter, ils nièrent avec assurance. Ces pères du rationalisme ont été suivis depuis par tous leurs adeptes. Gesenius, Hitzig et Ewald sont les trois exégètes qui ont le plus vivement combattu l'authenticité d'Isaïe, quoique de manières diverses. La règle de fausse critique qui les a guidés dans leurs négations est celle-ci : toutes les prophéties qui racontent des événements précis ont été écrites après coup, ce sont des vaticinia post eventum. Puisque les faits auxquels elles font allusion sont postérieurs à Isaïe, il s'en suit, d'après eux, qu'Isaïe n'a pu en parler. Ils ne nient donc l'authenîicité des prophéties d'Isaïe que parce qu'ils rejettent la révélation, le 3urnaturel et le miracle. Ils cherchent des raisons accessoires pour essayer de justifier leurs prétendus arrêts, mais c'est à priori qu'ils se prononcent, qu'ils en fassent ou non l'aveu. — « Une prophétie où Cyrua est nommé par son nom, Is., xliv, 28 ; xlv, 1; une autre où les Mèdes et les Perses sont appelés pour la destruction de Babylone^ qui a traité Israël sans humanité, Is., xiii, 1-xiv, 23, dit M. Nôldeke, ne sont naturellement pas l'œuvre d'Isaïe qui ne pouvait connaître d'avance ni l'exil du peuple à Babylone, ni la délivrance de cet exil par Cyrus, roi des Mèdes et des Perses. » Nôldeke , Histoire littéraire de i^Ancie7i Testament, trad. Derenbourg et Soury, 1873, p. 312.
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chapitres xl-lxyi, dans V éloge qu'il fait de lui : « Tsaias propheta magnus... consolatus est lagentes in Sion. » Ces derniers mots se rapportent manifestement à la seconde partie, qui commence par ces mots : « Consolamini, consolamini, » XL, i, et qui s'adresse, en effet, à ceux qui pleurent dans Sion. Le Nouveau Testament attribue aussi expressément à Isaïe les citations qu'il tire de sa seconde partie. Ainsi, pour n'en donner qu'un exemple, les versets xl, 3-4, sur le précurseur du monde, sont rapportés par les quatre évangélistes comme étant de ce prophète, Matth., m, 3; Marc, i, 2; Luc, III, 4; Joa., I, 23. On peut dire d'ailleurs que l'auteur se révèle lui-même quand il dit , xlviii , 3 : a Priora ex tune annuntiavi et ex ore meo exierunt, et audita feci ea; repente operatus sum et venerunt. »
2" Les ennemis de l'authenticité d'Isaïe ne pourront jamais nous expliquer comment l'auteur des prophéties les plus remarquables de l'Ancien Testament, c'est-à-dire des chapitres xl-lxvi d'Isaïe, aurait été complètement ignoré des Juifs, qui attachaient tant d'importance à leurs prophéties et à tout ce qui se rapportait à leurs auteurs. Si les vingt-sept chapitres qui font briller aux yeux d'Israël les plus glorieuses espérances étaient d'un écrivain autre qu'Isaïe, Israël en aurait assurément gardé le souvenir. Le nom d'aucun des prophètes dont nous avons les écrits, même du plus petit, n'a été perdu; comment celui du plus important de tous aurait-il pu l'être et faire seul exception? A l'époque où l'on veut placer la composition de la seconde partie, c'est-à-dire à la fin de la captivité de Babylone, l'histoire ne nous fait connaître qu'un seul prophète, Daniel, et on ne peut lui attribuer ces oracles, parce que son style est tout différent; elle contredit donc les hypothèses des ennemis de la révélation.
3° On nie que les chapitres xl-lxvi soient d'Isaïe, parce qu'ils annoncent trop clairement la captivité et qu'ils nomment Cyrus. Il est prouvé cependant qu'ils sont antérieurs à l'époque de Cyrus et de la captivité par les emprunts que Sophonie, Jérémie et Nahum ont fait à cette partie d'Isaïe. — 1° Sophonie a appliqué à Ninive, au J^. 14 de son chapitre u,