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Division de la prophétie d'Emmanuel

Les prophéties du temps d'Achaz sont au nombre de quatre : 1° vu, 1-9; 1° vu, 10-25; 3° vin, 1-4; 4* viii, 5-xii. Le commencement de chacune d'elles est indiqué par une formule qui en marque la division, vu, 1; vu, 10; viii, 1, et VIII, 5. La première prépare la prophétie d'Emmanuel; la seconde annonce sa naissance miraculeuse; la troisième donne un signe prochain de la délivrance de Juda, et la quatrième montre dans le triomphe du peuple de Dieu le symbole d'un triomphe plus grand encore au temps du Messie.

926. — 1» Prophéties contre Samarie et contre Damas, vu, 1-9. Au moment où Rasin et Phacée vont faire le siège de Jéru-

808 cnAP. n. — isaie. [926]

salem , Isaïe console Achaz et son peuple, en prédisant que les attaques de leurs ennemis seront vaines, et que, dans 65 ans, Éphraïm cessera d'être un peuple. C'était probablement la première année du règne d' Achaz (I). Ses ennemis durent profiter du changement du trône pour combattre Jiida. LQ'f.S, dans lequel est annoncée la ruine complète d'Éphraïm, c'est-à-dire du royaume des dix tribus, au bout de 65 ans, offre plusieurs difficultés. — 1" On soutient qu'il est une interpolation ou bien qu'il est une prophétie post eventum, comme s'il était plus difficile à Dieu de révéler une date en particulier que Tavenir en général I On affirme, il est vrai ,* mais à tort, que les prédictions de l'Ancien Testament ne sont jamais aussi précises. Cet exemple n'est pas isolé, nous en rencontrons beaucoup d'autres (2). — 2° On a prétendu aussi que ce chifî're de 65 est faux. Il n'en est rien. Il serait inexact, s'il s'agissait de la prise de Samarie par Salmanasar et Sargon, laquelle eut lieu, en efiet, peu d'années après, mais Isaïe ne parle pas de l'époque où Éphraïm cessa d'être un royaume, il parle du temps où il cessa d'être un peuple, ce qui, d'après des calculs fort probables, eut lieu du temps d'Assaraddon , la 6® année du règne de ce roi d'Assyrie, la 20° de celui de Manassé de Juda. Le monarque ninivite fit

(1) Cf. ïs., VII, 16; VIII, 4 et IV, Reg., xv, 29. — Is., vu, 16, dans la prophétie suivante, annonce que la Syrie et Israël seront déserts {derélinqueiur), par suite de l'invasion de Téglathphalasar, antequam sciât puer reprobare malum et eligere bonum, c'est-à-dire, selon la supputation ordinaire, avant deux ou trois ans. La 3« prophétie annonce que le même événement aura lieu avant que le fils qui vient de naître à Isaïe commence à parler, viii, 4, c'est-à-dire avant un an. D'après IV Reg., XV, 29, la dévastation de la Syrie et d'Israël, prédite par Isaie, eut lieu avant la mort de Phacée. Or, cette mort arriva trois ans après l'avènement d'Achaz au trône, pendant que Téglathphalasar était en Israël, en 739; le roi d'Assyrie la mentionne daus ses iuscriptions. La première et la seconde prophétie d'isaïe doivent donc dater des commencements du règne d'Achaz, c'est-à-dire vers l'an 742 ou 741, et la 30 et la 4e de l'an 740 environ. (Nous donnons ces dates d'après la chronologie ordinaire ; elles sont un peu différentes d'après les inscriptions assyriennes).

(2) Is., XX, 3; xxxviii, 5; xvi, 14; xxi, 16; Ez., iv, 5-6; xxiv, 2; Dan., IX, 25-27, etc.

[927] ART. II. — ANAL. ET EXPL. DES PROPHÉTIES D'iSAIE. 509

transporter en divers pays les derniers restes d'Israël, comme nous pouvons le conclure de I Esd., iv, 2 sq. Or, do la 1" année d'Achaz , date de la prophétie d'Isaïe, à la 20' année de Manassé, il y a juste 65 ans : 16 années d'Achaz + 29 d'Ézéchias -H 20 de Manassé = 65.

!!• Prédiction do la naissance d'Emmanuel, vu, 10-25, 927. — Subdivision de celte prophétie.

Celte seconde prophétie date probablement de la même année que la précédente, et ne lui est postérieure que de peu de temps (1). Elle est une des plus importantes de l'Ancien Testament, parce qu'elle annonce la naissance miraculeuse du fils de la Vierge, Emmanuel, c'est-à-dire « Dieu avec nous D (2).

Elle se divise en quatre parties : 1® vu, 40-13. Isaïe fait connaître les circonstances de la prophétie. Au moment, semble-t-il, où Achaz songe à appeler Téglathphalasar à son secours, le prophète, pour lui prouver que Juda peut se reposer sur Dieu de sa défense, dit au roi qu'il peut demander comme gage de cette protection un signe ou miracle. Le prince le refuse. — 2° Isaïe n'en donne pas moins ce signe; la naissance du fils de la Vierge, vu, 14-17. Ce signe est accompagné de l'assurance qu'en deux ou trois ans Juda sera délivré de la Syrie et d'Israël, mais il sera puni lui-même d'avoir appelé l'Assyrien. — 3° Un événement prochain, l'invasion de la Palestine par les armées égyptienne et ninivite, confirmera la vérité de Toracle divin, vu, 18-20. — 4° Tableau de la désolation produite par celte invasion, vu, 21-25.

Dans l'explication de cette prophétie, nous avons trois questions à examiner : 1° et c'est la principale, quelle est la mère d'Emmanuel; 2<* quel est Emmanuel; 3" quel est Tenfant dont il est parlé au f. 16.

(1) Voir la note 1 ci-dessus, p. 508.

(2) Pie VI a condamné en 1779 l'explication naturelle de cette prophétie par l'allemand Isenbiel. Voir n» 173, 2°. - Sur la prophétie, voir Fillion, Essais d'exégèse , p. 1-99.

510 cnAP. II. — ISAIE. [928]

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