Plan et unité du livre des Juges
!• Si l'on ne tient pas compte de ce double appendice, le livre des Juges forme un tout homogène, dont une pensée unique constitue l'unité. Nous n'avons là, sans doute, qu'une série de portraits, mais ils ont tous été peints par le même artiste et dans le but de former une seule galerie. L'introduction en est comme le vestibule nécessaire, qui prépare et explique ce qui suit. L'unité des chapitres m, 7-xvi, 31, ressort nettement des formules suivantes, régulièrement répétées : Fecerunt malum in conspectu Domini, ii, 1 1 ; m, " ; 12; IV, 1 ; VI, l ; VIII, 33 ; x, 6; xiii, l ; Clamavenmt ad Dominant qui suscilauit eis salvatorem, m, 9; 15; iv, 3 ; vi, 7 ; x, 10; El quievlt terra... annls, m, 1 1; 30 ; v, 32 ; viii, 28. Le cadre de tous les récits est donc identique, et il nous révèle clairement le dessein de l'auteur, indiqué d'ailleurs dans l'introduction : c'est de prouver par des exemples qu'Israël est heureux tant qu'il est fidèle à son Dieu; malheureux, dès qu'il l'abandonne; pardonné, dès qu'il se convertit. Ainsi le corps de l'ouvrage n'a point d'autre but que de démontrer la thèse posée, ii, 11-19, et la conclusion pratique qui en découle, c'est la nécessité, pour le pécheur, de reconnaître sa faute et de revenir à son Dieu.
2" L'unité du livre des Juges, qui se manifeste si bien dans le plan adopté par l'auteur, est la preuve qu'il est l'œuvre d'un s.-ul écrivain. Certains rationalistes l'ont nié cependant, et ils
(i) Ces dates résultent, pour l'histoire des Danites, de la comparaison de Jud., I, 34, avec Jos., xix, 47, et pour celle de la guerre contre les Benjamites, de Jud., xx, 27-28. La conquête de la ville de Dan, racontée en détail, Jud., xvii-xvii!, étant indiquée sommairement, Jos., xix, 47, a dû avoir lieu dans les derniers temps de la vie de Josué pendant qu'il vivait retiré à ïhamnathsaré. Les événements des chapitres xix- XXI ne peuvent pas être de beaucoup postérieurs à la mort de Josué, puisqu'ils se sont passés sous le pontificat de Phinée, xx, 28, fils d'Éiéazar, petit-fils d* Aaron. Phiuée devait être assez avancé en âge à la aiort de son père. Ex., vi, 25; Num., xxv, 7, 11; xxxi, 6; Jos., xxii, 13, 30, 31; XXIV, 33.
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ont prétendu s'appuyer sur la diversité du style des diverses parties. C'est à tort, car les expressions propres au narrateur se retrouvent dans toutes les sections : ainsi, son mot favori pyT, zâ'aq^ ou pyj^, tsâ^aq^ convoquer, revient fréquemment (1),