‹ Manuel bibliqueChapitre 422 sur 476 · ART. VII. — NAHUM · texte numérisé non relu

ART. VII. — NAHUM

continuent à vivre dans l'injustice, le châtiment sera terrible ! Après avoir proféré cette menace, que le Seigneur l'a chargé de faire entendre en son nom à Juda, le prophète demande à Dieu pardon pour les coupables, vu, 1-14. Dieu se laisse toucher, il promet de renouveler les merveilles d'autrefois, 15-17, et Michée termine en le remerciant de sa bonté et de sa miséricorde, 18-20.

ARTICLE VI

Nahum.

Vie, époqne, style de Nahum. — Analyse de sa prophétia*

1096. — Vie, époque de Nahum.

Nahum (consolation ou celui qui console), le septième des petits prophètes, était originaire d'Elqôsch, petit village de Galilée (IK II prophétisa contre Ninive, avec une telle vivacité de couleurs, que plusieurs critiques ont cru qu'il avait vu de ses yeux la capitale de l'Assyrie, ce qui est néanmoins fort peu probable. Il vivait en Palestine, et il écrivait après la ruine du royaume des dix tribus et l'invasion de Sennachérib. La date de sou livre, qui a été contestée jusque dans ces derniers temps, nous est maintenant donnée d'une manière certaine par les documents assyriens. Il fut rédigé peu après la ruine de la ville de No Amon, c'est-à-dire Thèbes, appelée dans la Vulgate Alexandrie (-2), m, 8; or cet événement eut lieu vers l'an 665 av. J,-C. — L'authenticité de la prophétie de Nahum est admise par tout le monde.

(i) « Quidam putant Helkesseum patrem esse Nahum et secundum Hebraeam tradilionem etiam Ipsum prophelam fuisse, cum Helkessei usque hodie ia Galilaea viculus sit, parvus quidam et vix ruinis veterum œdiûciorum iudicaas vestigia, sed tamea notus Judaeis et mihi quoque a circumduceute mouslratus. » S. Jérôme, In Nahum, Prolog., t. XXV, col. 1232. Cf. Nestlé, Wo ist der Geburtsort des Proplielen Nahum zu sucheTi?ZeitschiiftdesdeulschenPalâstifia- Vereins^t.i, 1878, p. 222-225.

(2) S. Jérôme iguorant quelle ville désiguait No Amou, crut qu'il s'agissait, non pas d'Aiexaadrie, qui n'existait pas du temps de Nahum, mais d'une ville qui aurait Ueuri aulérieuremeut à ia mè'jue place, In Is., xviii, éd. Paris, 170i, t. m, cul. 123. Cf. La Bible et les découvertes modernes, 4* édit., 1884, t. iv, p. 263-266.

* 1097. — Style de Nahum.

Nahum avait une imagination vive et riche (1); son style, malgré quelques emprunts aux écrivains antérieurs (2), se dislingue par son originalité ; il est remarquable par sa pureté et sa clarté ; le parallélisme en est très régulier (3).

1098. — Analyse de la prophétie de Nahum.

1* La prophétie de Nahum porte le titre de Massâ^ onus^ comme les prophéties d'Isaïe contre les nations étrangères, n" 936. Elle annonce la ruine de Ninive et de la puissance assyrienne, qui non seulement avait anéanti Samarie, ii, 2, mais avait aussi profondément abaissé Juda, i, 9, 11, 12. Ninive est alors dans tout l'éclat de sa gloire, i, 12; ii, 11-12; m, 9; mais à cause de ses péchés, m, 1, 4, elle périra, i, 13 ; II, 10; m, 7.

2" Nahum divise son oracle en trois parties, i, 1-14; i, 15-11; m. La première fait connaître le jugement que Dieu a prononcé contre la capitale de l'Assyrie ; la seconde, la prise, le pillage et la destruction de cette ville ; la troisième, ses

(1) « Ex omnibus minoribus prophetis, dit Lowth, De sacra poesi Hebrœorum, nemo videtur aequare sublimitatem, ardorem et audaces spiritus Nahumi. » Prael. xxi, éd. 1763, p. 281.

(2) Cf. Nah., I, 3 et Ex., xx, 5; xxxiv, 6; Num., xiv, 18; Nah., i, 7 et Ps. xxxiv (Vulg. xxxiii), 9; Nah., r, 4 et Is., l, 2; xxxiii, 9; Nah., ii, 2 (H., 1) et Is., LU, 1-7; Nah., n, 10 (H., 11) et Is., xxii; 5; xxiv, 1; XXI, 3: Joël, II, 6; Nah., m, 5 et Is., xlvii, 3, 9.

(3) H Tum vero non universum solum valicinium suo ordine probe dispositum est, verum singulœ etiam orationis partes secundum senlentiarum indolem et varielatem subliliter pœne atque artifîeiose numeris descriptae exbibentur; quo in génère primi potissimum capitis priorea duse parles egregium praebent exemplum. Utraque euim quinque versibus absolvitur; prima aulem stropha, qua tremenda Domiui judicium exsequentis species adambratur, bipartita deineeps habet versuum membra, duobus vel tribus quatuorve verbis certo quodam ordine composita ; altéra autem stropha, quse bonitatem Dei et clementiam addit, qua per hostium inleritum eos redimit atque salvat, qui ei confidunt, longe diversam exibet imaginem : nam, quasi effusus undarum cursus cohibeatur, alterum tantummodo cujusque versus mem. brum s. Sakeph partitum est, et numerus etiam verborum minor est excepto nono versu, qui ad prioris particulae naturam vergit. ■ 0. Strauss, Nahumi de Nino valicinium, Berlin, 1853, p. LXXI-LXXII.

[llOOl ART. Vin.— HABACUG. OiO

crimes et sa ruine irréparable. Cette prédiction a été si littéralement accomplie que jusqu'en l'année 184-2, on a ignoré jusqu'à l'emplacement qu'avait occupé Ninive (1).

ARTICLE YIII.

Habacuc.

Vie, époque, style d' Habacuc. — Analyse de sa prophétie.

1099. — Vie, époque d'Habacuc.

Habacuc (2), le buitième des petits prophètes, était de la tribu de Lévi (3). Nous apprenons, par le livre de Daniel, qne lorsque celui-ci eut été jeté dans la fosse aux lions, Dieu se servit miraculeusement du ministère d'Habacuc pour nourrir son serviteur, respecté par les bêtes féroces (4). C'est tout ce que nous savons d'autbentique sur sa personne. Sa prophétie n'est point datée, mais, d'après le contenu, nous voyons qu'elle est antérieure à l'invasion des Chaldéens en Palestine, I, 6. Cette invasion est annoncée comme prochaine, m diebus vestris, i, 5 ; c'est par conséquent entre l'an 609 et l'an 606 environ qu'à prophétisé Habacuc.

* 1100. — Style d'Habacuc.

Il a écrit dans une forme poétique très régulière. Sa prière,

(1) Cf. La Bible tt les découvertes modernes^ 5« édit., t. i, p. 146-151. — Sur Nahum, voir ibid., t. iv, p. 259.

(2) Le nom d'Habacuc est écrit très différemment par les auteurs anciens : Ambakoum, Ambakouk, Abbakoum, Abbakouk, par les Grecs; Habbacuc, Abacuc, Ambacum, Ambacuc, par les Latius.

(3) On peut le conclure légitimement des derniers mots de sa prophétie, III, 19. Elle est adressée lamnatsêakh bineginôthâï, mots qu'on lit Ps. IV ; VI ; Liv ; LV ; Lxvii ; Lxxvi (hébreu) avec le suffixe en moins; et qui signifient : « Au maître de chœur, avec accompagnement de mon instrument à cordes. » Voir n° 666. Habacuc faisait donc partie des chœurs des prêtres ou des lévites qui chantaient dans le temple. La version syro-hexaplaire, dans l'histoire de Bel et du dragon, dit formellement que Habacuc était de la tribu de Lévi. Codex Chisianus, tiré des Tétraples dOrigène.

(4! Dan., xiv, 32-38. Tout ce qui regarde cet épisode de la vie du prophète Habacuc a été recueilli par Delitzsch, De Habacuci prophetx 9ita atgue xtate, Leipzig, 1842, p. 23-47.

GoO CIIAr. VI. — LES DOUZE PETITS PROPHÈTES. [1102]

III, est une composition sans rivale pour la hardiesse de ]| conception, la sublimité de la pensée et la majesté de la diction. — L'authenticité de son livre est hors de contestation.

1101. — Analyse de la prophétie d'Habacuc.

La prophétie d'Habacuc se divise en deux parties. — 1° La première , i-ii , est un dialogue entre Dieu et le prophète, annonçant le châtiment de Juda par les Ghaldéens, i, et puis la ruine des Ghaldéens eux-mêmes, ii. Habacuc se plaint des succès des Juifs impies, i, 2-4. Le Seigneur lui répond qu'il va armer contre eux les Ghaldéens. Geux-ci, néanmoins, se rendront coupables à leur tour, parce qu'ils attribueront leur victoire, non à lui, mais à leurs idoles, 5-11. Le prophète intercède alors pour son peuple, afin que Dieu en ait pitié quand il l'aura châtié^ 42-17. Dieu annonce que les Ghaldéens périront ; il prononce cinq fois Vos contre eux, ii, à cause de leurs cinq principaux crimes : 1" Leur insatiable ambition, 0 8; 2" leur cupidité, 9-11 ; 3° leur cruauté, 12-14; 4° leur ivrognerie, 15-17, et 5" leur idolâtrie, 18-20(1). — La seconde partie, m, contient une prière d'Habacuc en faveur de Juda; il implore lo miséricorde céleste, 2; il décrit la majesté de Dieu qui vient juger le monde, 3-15; il tremble d^abord devant lui, 10-17, mais le sentiment de la confiance l'emporte et il termine par des accents d'espérance et de joie, 18-19.

ARTICLE IX

Sophonie.

Vie, époque, style. — Analyse do sa prophétie.

1102. — Vie, époque de Sophonie.

Sophonie, le neuvième des petits prophètes, descendait

(1) Ces cinq vse forment cinq strophes d'une symétrie remarquable. Elles se composent toutes de trois versets. Les quatre premières commencent par le mot HH, hôï, vée, et se terminent par un verset commençant par O, /ci, quia-, le premier verset décrit le caractère da péché, le second développe la malédiction, le troisième la confirme. La cinquième strophe diffère des quatre premières dans sa forme : elle a un premier verset qui en forme l'introductiou.

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