IV» et V« sections : Gédéon et Abimélech, vi-ix
Gédéon fut miraculeusement appelé (1) à délivrer son peuple des invasions des Madianites nomades et des Arabes Bédouins, qui, depuis sept ans, venaient faire des razzias en Palestine, de Bethsan au nord-est, jusqu'à Gaza, au sudcuest, pillant et emportant tout ce qui leur tombait sous la main, ravageant ce qu'ils ne pouvaient prendre. Gédéon, avec ses trois cents hommes, remporta sur eux une victoire si complète, que la journée de Madian resta dans les souvenirs d'Israël comme l'idéal de la protection divine envers les enfants de Jacob; IReg., xii, 11; Ps. lxxxii, 10, 12; Is., ix, 4; X , 26. De la part de butin qu'il reçut, le vainqueur des Amalécites fît exécuter un éphod, ornement sacré du grand-prêtre, qui devint malheureusement une occasion d'idolâtrie pour le peuple. Les Pères ont blâmé cet acte de la vie de Gédéon (2); plusieurs commentateurs modernes ont essayé de le justifier. Quoi qu'il en soit, la faute plus ou moins volontaire qu'il avait commise fut sévèrement punie dans sa postérité : son fils Abimélech fît périr soixante-huit de ses frères; un seul lui échappa (3). Abimélech essaya ensuite de devenir roi; il ne put régner que sur Sichem et les environs, et au bout de trois ans, il succomba lui-même sous le poids de son ambition et de sa tyrannie.
illusions de la mère et des femmes de Sisara; finale, 28-31. — Horder appelle ce poème « le plus beau chant héroïque des Hébreux... Chez Débora, tout est présent, vivant, agissant, » dit-il, Histoire de la poésie des Hébreux, trad. de U.^^ de Carlowitz, 1845, p. 440. Cf. p. 447-448.
(1) Sur le sacrifice offert par Gédéon au moment où il est appelé à sa mission libératrice, on peut voir S. Augustin, In Jud.. xxxv-xxxvi, t. XXXIV, col. 803-804; sur le miracle de la toison, le V. Bède, In Jud.^ c. IV, t. xciii, col. 424-425.
(2) S. Augustin l'appelle illicitum peccaturn, In Jud., xli, t. xxxiVç col. 80C-807. Théodoret condamne l'action, mais justifie l'intention s « Contra legem quidem erat quod factum fuit... Gedeonis tamen lateutio minime vergebat ad impietatem... At hoc populo conciliavit contagionem iniquitatis. » Quœst. xvii in Jud., t. lxxx, col. 503.
(3) Le ch. IX, 7-15, contient une fable de Joatham,, celui qui échappa au massacre. « Elle est d'une beauté et d'une grandeur admirables, x dit Saint-Marc Girardin. La Fontaine et les fabulistes, 1867, l. i, p. 239.