I. Débuts et actions glorieuses de Saûl
!• Saûl, « le demandé, » se distinguait par ses qualités physiques et morales : il était l'homme le plus grand d'Israël, I Reg., IX, 2; cf. x, 23, un véritable héros d'Homère. Dans la tradition musulmane, il n'est connu que sous le nom de Thaloutj « le grand d . La force, dans les guerres de cette époque, où l'on combattait de près et souvent corps à corps, était une qualité précieuse pour un roi. Il était également electus et bonus, et non eratvir de film IsraëlmeliorillOj I Reg., IX, 2. On a prétendu que Samuel l'avait choisi pour roi, parce qu'il le considérait comme un homme insignifiant, qui, privé de tout appui extérieur, à cause de la bassesse de sa famille, IReg., ix, 21, serait entre ses mains l'instrument aveugle de son ambition. Le texte sacré nous le représente au contraire comme l'homme le mieux doué pour remplir la haute dignité à laquelle il était appelé.
2° La situation des Hébreux était alors a^itique. Les Phihs-
tins faisaient peser sur tout le pays un joug fort dur (i); ils avaient pénétré jusqu'au cœur du pays. C'était la nécessité de se défendre contre eux qui avait surtout poussé les Israélites à désirer un roi, capable de se mettre à la tête des armées et de les conduire à la guerre (2). Les reproches qu'on avait à faire aux fils de Samuel, I Reg., viii, 1-3, lurent l'occasion, non la cause principale de la demande d'un chef souverain, 1 Reg., viii, 20; xii, 12.
3° Saûl se montra digne du choix de Dieu par son énergie et par son courage. Il délivra Jabès de Galaad assiégée, et remporta de grands avantages sur les Philistins. Il commença aussi bientôt à organiser" son royaume. Il pensa d'abord à créer une armée permanente et il en établit le noyau en choisissant trois mille guerriers (3). Son cousin Abner reçut le titre et les fonctions de général, I Reg., xiv, 50. Il institua aussi une garde du corps, d'où il tirait ses courriers et ses messagers : c'étaient des Benjamites, I Reg., xxii, 7, grands et beaux, dit Josèphe (4). David en devint le chef après sa victoire sur Goliath. Le prince de la milice et le chef des gardes jouisssaient du privilège de s'asseoir à la table du roi, avec son fils Jonathas, 1 Reg., xx, 25. Le texte sacré mentionne un autre officier royal, un Iduméen ou Syrien, Doeg, sorLe de cornes stabuli, chargé des écuries du roi. Le grand-prêtre, de la maison d'Ithamar, Achimélech ou Achias, était aux ordres du roi pour consulter le Seigneur, quand le prince le désirait, I Reg., xiv, 3.
4° Saûl n'eut pas de capitale : il continua à demeurer à Gabaa où il était né (5); il commença néanmoins à s'entourer d'un certain faste royal. Il était toujours armé de sa lance, même en temps de paix, I Reg., xviii, 10; xix, 9; pendant ses repas, xx, 33; quand il dormait, xxvi, il, â
(1) I Reg., IX, 16; X, 5; xiii, 3-4, 6, 17-23; xiv, 21; Cf. vu, 13.
(2) 1 Reg., VIII, 5 ; ix, 16 ; x, 1, 19, 27 ; xir, 2 ; xiii, 14; xxv, 30.
(3) I Reg., XIII, 2; xxiv, 3 ; xxvi, 2. Cf. I Par., xii, 29.
(4) Ant. jud., VI, VI, 6. Cf. I Reg., xvi, 15, 17 ; xxii, 14,17; xxvi, 22.
(5) I Reg., XI, 4 ; xiii, 15. 16 ; xiv, 16; xv, 34; II Reg., xxi, 6; KXm, 29
plus forte raison sur le champ de bataille, H Reg., i, 6. En campagne il portait un bracelet à son bras et un diadème sur la tète, II Reg., i, 40.
5° La création d'une armée lui permit de faire pour la première fois, depuis la conquête de la Palestine, des guerres offensives. Les Juges n'avaient jamais pu en entreprendre, parce qu'ils n'avaient sous leurs ordres que des volontaires qui prenaient les armes uniquement sous le coup de l'oppression. Saûl attaqua les peuplades voisines, Moab, Ammon, ridumée, Soba et enfin Amalec. Ces combats firent sa gloire, mais ils devinrent aussi l'occasion de ses fautes et do sa chute.