‹ Manuel bibliqueChapitre 68 sur 476 · IL Déclin et chute de Saûl · texte numérisé non relu

IL Déclin et chute de Saûl

l'' La chute de Saûl fut causée par ses défauts et par ses fautes. Le premier roi d'Israël était impétueux, téméraire, quelquefois inconsidéré, I Reg., xiv; il manquait de cette terme confiance en Dieu qui fait espérer contre toute espérance, I Reg., XIII, 9-12, et de cette soumission à la parole divine qui devait être l'une des principales qualités d'un roi d'Israël, I Reg., xiii et xv. Après quelque temps de règne, se sentant de plus en plus maître, il comprit le gouvernement à sa manière et voulut être indépendant du prophète Samuel, qui représentait le Seigneur auprès de lui : c'était briser la théocratie et établir le despotisme oriental là où le prince ne devait être que le lieutenant de Jéhovah. A la vue de son indocilité, qui se manifesta deux fois, dans l'oblation d'un sacrifice, I Reg., xiii, 8-14, et dans la conservation d'Agag, roides AmaléciteSjIReg., xv, 14-35, Samuel se retira et l'abandonna à lui-même. Saûl, n'ayant plus de frein pour le retenir, se laissa aller à tous ses caprices. L'esprit bon le quitta; l'esprit mauvais s'empara de lui, I Reg., XVI, 14 ; il devint méfiant, bassement jaloux de sa dignité et de son pouvoir, et cette jalousie le poussa jusqu'au crime. Le châtiment suivit de près : la folie survint, et il fut désormais en proie à de fréquentes attaques de sombre mélancolie.

2" Dieu choisit alors pour le remplacer un homme selon son cœur, David, fils d'isaï, de la tribu de Juda, I Reg., xvi. Il prépara Favénement de son élu au trône en lui faisant terrasser le géant Goliath, xvii. Ce triomphe éclatant manifesta les généreux sentiments de David en même temps que la malice du roi. Saûl persécuta le jeune héros, et il conçut pour lui une telle haine qu'elle le porta au massacre inquahfiable des 83 prêtres de Nobé, xxii, 9-23, considéré par Josèphe comme son plus grand crime, Ant.jud.y VI, xii, 7.

3° La fin de son règne fut aussi triste que les commencements en avaient été brillants. Il vit l'ennemi héréditaire d'Israël, les Philistins, dont la défaite avait illustré ses premières années, se relever plus forts et plus puissants que jamais. Chargé du poids de ses fautes, se sentant rejeté de Dieu et indigne de sa protection, son courage l'abandonne, et, violant la loi qu'il a renouvelée lui-même contre la divination, il recourt aux pratiques superstitieuses ; il va consulter, auprès de la pythonisse d'Endor, ce Samuel qu'il n'avait pas écouté pendant sa vie et dont il réclame les conseils après sa mort. Il y apprit la fin tragique qui lui était réservée, I Reg., XXVIII, 7-23.

4« La scène d'Endor fut-elle une imposture ou une véritable apparition? Eustathius et un certain nombre de Pères ont cru à rimposture; les Septante, I Par., x, 13, Josèphe, Ant. jud., VII, XIV, 2, 3, Origène et bien d'autres ont considéré Tapparition comme réelle, et le texte semble leur donner raison. Cf. Eccli., xlvi, 23. Cependant S. Augustin hésite (i). Plusieurs saints docteurs croient que le démon intervint dans cette circonstance.

5° Le lendemain, Saûl tombait vaincu, avec ses enfants,

(1) Cf. la dissertation de Léon Allatius, De Engastrimytho, dans les Critici sacri, t. ii, col. 1117-1162. — La sorcière d'Endor est appelée, dans l'original, D^^{~J^Sy2, àa'alath 'ôb, I Reg., xxviii, 7, c'est-à-dire « maîtresse d'outre, » Job, xxxii, 19. Comment maîtresse d'outre signifie-t-il sorcière? Les Septante et les rabbins semblent nous en fournir l'explication en traduisant par ventriloque. — S. Jérôme a traduit par « pythonisse. » Cf. Guénée, Lettres de quelques Juifs^ éd. de 1827. t. m, p. 379.

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sur les hauteurs de Gelboé. Ainsi périt le premier roi d'Israël, après avoir démenti les plus belles espérances, mais en laissant à ses successeurs de salutaires leçons. Il fut pleuré par celui à qui il avait voulu arracher la vie : David composa sur sa mort une belle et touchante élégie (1).

§ m. — Règne de David (I0o5-1015), II Reg., i-xxiv.

Divid avant son avènement au trône. — Organisation du royaume. — Jérusalem capitale. — Institutions militaires. — Organisation religieuse. — Règlements divers. — Conquêtes. — Fiété ; fautes ; expiation. — Prophétie messianique faite à David. — Tableau des Psaumes historiques de David.

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