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A moins qu'on ait très fortement calciné

Fig. 9. — Urate d'ammoniaque.

DE L'ACIDE URIQUE »<i

aorsqu'il s'est déposé spoutanémont. Il est alors en crlsitaux assez volumineux pour qu'on en distingue la forme ii l'œil nu; ces cristaux sont teintés de jaune, jaune rouge,

Fig. 10. — Acide urique.

jaune orangé, rouge vif, dont la couleur tranche sur les autres sédiments auxquels ils sont mélangés.

Bien qu'extrêmement nombreuses, les formes cristallines 4e l'acide urique sont très nettes.

Dans les urines normales et lorsque l'acide urique s'est ■déposé spontanément, les formes les plus fréquentes sont :1e prisme rectangulaire et le losange avec modification et .arêtes arrondies. La forme de losange à bords curvilignes est la plus fréquente ; c'est celle qu'affecte l'acide urique précipité par un acide.

On rencontre souvent la forme fer de lance ou en ogive : les cristaux se réunissent souvent par leur base, de façon à former une étoile ou une rosace à branches irrégulières. Tous ces cristaux sont transparents et se colorent des plus •vives couleurs si on les examine à la lumière polarisée.

Dans les urines très chargées de pigments biliaires, l'acide ■urique est fortement coloré et affecte les formes les plus inzarres, poignard, baïonnette, tient canine.

M. Mehii signale la forme de clou ou d'épine que l'on rencontre dans les urines légèrement sanguinolentes et purulentes, comme symptomatiques de la présence d'un calcul ou de gravier urique dans les reins.

Fig. II. — Acide uriquc.

L'examen microscopique doit toujours être contrôlé par l'examen chimique ; ce dernier est toujours très simple et très concluant. Si l'on n'opère pas sur du sédiment, on évapore à siccité une certaine quantité d'urine, après en avoir séparé l'albumine s'il y en a. Le résidu est alors traité par l'alcool pour enlever l'urée et les autres substances solubles dans ce véhicule. Puis on traite par l'acide chlorhydrique étendu pour enlever les sels, et l'acide urique reste seul.

Dans une petite capsule de porcelaine, on place soit un peu de sédiment, soit un peu de résidu obtenu comme il vient d'être dit, puis on l'humecte avec une goutte d'acide azotique, on chauffe modérément pour volatiliser l'excès d'acide. Le résidu doit être rougeâtre. Si alors on l'humecte avec une ou deux gouttes d'ammoniaque étendue (1 gramme d'ammoniaque pour 9 grammes d'eau), ou niôme si on l'expose aux vapeurs ammoniacales, on obtient immédiatement la belle coloration pourpre de la murexicle, qui

DE l'acide URIQUE

passe au bleu poiD-pr^i P'H' l'addition de potasse caustique.

!M. Magnier de La Source a indiqué un autre moyen de produire cette réaction. La transformation par l'acide azotique n'a lieu que si on élève la température vers 240°; mais si l'on a trop chauffé, la coloration par l'ammoniaque ne se produit plus ; d'un autre côté, si l'on n'a pas assez chauffé, la coloration ne se produit pas davantage. En présence de ces inconvénients, M. Magnier préfère oxyder l'acide urique par l'eau hromée, qui effectue la transformation sans le concours d'une température élevée.

Le résidu dans lequel on recherche l'acide urique est arrosé avec quelques gouttes d'eau hromée; on évapore au hain-marie, et il reste sur les parois de la capsule un enduit rouge brique qui, traité par l'ammoniaque, donne la coloration pourpre, et par la potasse la coloration Ueue caractéristique. 11 ne faut pas employer le brome eu excès; l'auteur indique 5 à 6 gouttes de brome pour 100 centimètres cubes d'eau.

Recherche d'une petite quantité d'acide urique. — Parfois, on ne dispose que d'une très petite quantité du liquide dans lequel on doit rechercher l'acide urique. Voici comment Garrod conseille d'opérer.

On place dans un verre de montre 2 à 3 grammes du liquide avec 2 à 3 gouttes d'acide acétique cristallisable, puis on y baigne un fil de lin de 3 à 4 centimètres de long, et on laisse reposer 24 heures en lieu frais. L'acide urique, pour peu qu'il y en ait, se dépose sur le fil, et l'examen microspique devient possible.

Dosage de l'acide urique. — Nous ne possédons encore qu'un seul procédé de dosage de l'acide urique suffisamment exact.

On commence par ajouter à. l'urine quelques gouttes d'acide acétique, puis on la filtre avec soin pour séparer tous les corps en suspension dont le poids viendrait s'ajouter à celui de l'acide urique. On en mesure ensuite

200 à 300 centimètres cubes, et on la place dans un verre à précipiter à fond rond, puis ou y ajoute 3 centimètres cubes d'acide chlorliydrique pour -100, on mélange bien, ■et on laisse reposer pendant 24- heures dans un endroit frais et tranquille. Au bout de ce temps, tout l'acide urique est précipité en cristaux plus ou moins volumineux rassemblés au fond du vase ou adhérents aux parois. Il ne reste plus qu'à le peser.

Pour cela, on commence par préparer avec du papiei' Berzelius un petit fdtre sans plis, qu'on dessèche à l'étuve à 100°. On le place alors entre deux verres de montre maintenus par une pince, et on en prend la lare ; cela fait, on le place sur un petit entonnoir cà tréft longue tige, et ou y verse successivement toute l'urine et le dépôt d'acide urique; on lave ensuite le vase avec un peu d'eau distillée, et, au moyen d'une tige de verre garnie d'une bague de caoutchouc, on détache avec soin tous les cristaux adhérents; on jette cette eau sur le fdtre, et on commence ainsi le lavage du précipité d'acide urique; on continue jusqu'à ce que l'eau de lavage ne soit plus acide. On le lave ensuite avec de l'alcool pour le débarrasser des matières colorantes qu'il a entraînées avec lui et de l'acide hippurique qui aurait pu se précipiter en même temps. II ne reste plus qu'à dessécher à l'étuve et à peser ensuite entre les deux verres de montre.

L'acide urique n'est pas rigoureusement insoluble, ni dans l'eau pure, ni dans l'urine chargée d'acide chlorhydrique. Cette dernière cause d'erreur est en partie compensée, parce que l'acide urique en se précipitant entraîne toujours de la matière coloraute, qu'on ne peut enlever entièrement; cependant on tient compte du tout en ajoutant au poids trouvé 0 gr. 0045 d'acide urique par chaque 100 centimètres cubes d'eau de lavage et d'urine.

Précautions diverses. — Si l'urine était très pauvre eu acide urique, il faut la concentrer et la réduire par

exemple au cinquième de son volume, avant d'y ajouler l'acide chlorhydrique.

Si l'urine est albumitieusc, on ne peut employer l'acide chlorhydrique, qui précipiterait l'albumine en même temps que l'acide urique. On se sert alors d'acide phosphorique trihyclmU ou d'acide acétique cristalisable : on les emploie en proportion plus considérable, 5 à 6 pour 100. On peut aussi coaguler l'albumine par la chaleur : il faut faire cette opération sur la prise d'essai, ahn d'avoir des rapports exacts. On mesure 230 à 300 centimètres cubes d'urine fUtrée, Ion porte à l'ébuliition, et on jette sur un tout petit filtre le liquide bouillant, pour en séparer l'albumine, puis on ajoute 1 l'acide chlorhydrique, et l'on termine comme il a été dit. I La plupart du temps, l'urine renferme de l'acide urique 'qui s'est précipité et qui serait perdu pour le dosage si l'on filtrait l'urine comme nous avons indiqué.

Deux cas peuvent se présenter :

\o Si l'on veut doser tout facide urique en bloc, il faut faire chauffer \2i totalité d& l'urine, de manière à redissoudre tout le dépôt (souvent même, il est nécessaire d'y ajouter quelques gouttes de lessive de soude, ou de dissoudre cà part le sédiment d'acide urique et de mélanger le tout). Quand l'urine est devenue limpide, on la filtre, et on prélève la prise d'essai. Si l'urine est albumineuse, l'albumine se coagule, mais l'acide urique reste en solution.

Si Ton ne peut employer toute l'urine pour cette reclierche, on la place dans un grand vase, et ou agite vivement, de façon à mettre le dépôt d'acide urique eu suspension et à le répartir également dans toute la masse, puis on prélève 3 à 400 grammes de liquide en versant rapidement ; dans un autre vase.

2° On peut doser séparément l'acide urique déposé, et celui qui est en solution dans l'urine à l'état d'urate alcalin.

Pour cela, après avoir mesuré la totalité de l'urine, on la I filtre sur un petit filtre sans plis, cà filtration rapide. On

m MANUEL CLINIQUE DE L'ANALYSE DES URINES

Sépare ainsi tout l'acide iiriqiie déposé, mais il est m. laugé sur le filtre avec toutes les matières étrangères qui étaient en suspension dans l'urine; on ne peut donc le peser. On le lave à l'eau froide, puis on le délaclie du filtre et on le dissout avec quantité suffisante de potasse caustique; on filtre et on précipite par l'acide clilorhydrique, ou termine le dosage comme plus haut. On obtient ainsi le poids d'acide urique libre contenu dans l'urine.

On prend ensuite une quantité suffisante de l'urine filtrée et on y dose l'acide urique comme nous avons indiqué.

Extraction de l'acide urique des calculs et des sédiments. — On suit la marche que nous avons indiquée au commencement de ce chapitre (page 79). Ou dissout dans la potasse la matière finement pulvérisée, et après filtratiou on précipite par l'acide chlorhydrique. On dissout de nouveau dans la potasse, et on précipite par l'acide jusqu'à ce que le produit obtenu soit suffisamment pur. Au lieu de précipiter la solution dans la potasse, par l'acide chlorhydrique, M. Mehu conseille de la faire traverser par un courant d'acide carbonique qui carbonate l'alcali libre, et en même temps l'acide urique se dépose à l'état d'urate de potasse ; les matières grasses restent en solution à la faveur du carbonate alcalin. Le dépôt d'urate de potasse est ensuite recueilli, lavé avec soin et décomposé par l'acide chlorhydrique.

Physiologie. — De même que l'urée, l'acide urique provient de la transformation des matériaux azotés ; mais ce n'est pas un produit ultime de combustion, car, introduit dans l'économie, il est encore comburé et donne naissance à de l'urée. La proportion d'acide urique éliminée dans les vingt-quatre heures est toujours très faible, comparée à cette dernière substance; on adopte en moyenne le rapport de 1/30.

La quantité moyenne d'acide urique éliminé dans les vingt-quatre heures est de 0 gr. 50 à 0 gr 70, c'est à peu près le centième des matériaux soUdes. Ces chin"res n'ont

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rien de bien fixe, puisque la quantité d'acide urique varie comme celle de l'urée sous l'influence du régime. Elle s'abaisse avec un régime végétal et peut s'élever jusqu'à i gr. 40 et plus dans les vingt-quatre heures si le régime est très azoté.

La majeure partie de l'acide est contenu dans l'urine à l'état d'urate alcalin ; mais le plus souvent même, à l'état normal, elle contient de l'acide urique libre qui a été mis en liberté soit après l'émission (fermentation acide), soit dans la vessie.

Dans toutes les évaluations d'acide urique, il est encore plus nécessaire que pour l'urée d'opérer sur l'urine des vingt-quatre heures, et cela à cause de la faible solubilité de l'acide urique.

La proportion de ce corps restant normale, il suffit que l'urine devienne un peu rare pour qu'il y ait un dépôt assez abondant d'acide urique.

Influence des médicaments sur la production d'acide urique. — Cette question est très peu connue. On sait seulement que le sulfate de quinine en diminue la production ; l'ingestion des bicarbonates et carbonates alcalins et surtout celui de lithine fait disparaître assez rapidement les sédiments d'acide urique; mais il y a là une question de solubilité, les urates alcalins et notamment celui de lithine étant plus solubles que l'acide urique.

Pathologie. — Lorsqu'à la simple inspection d'une urine on constate un dépôt, même assez abondant, d'acide urique, il ne faut pas en conclure immédiatement qu'il y a production anormale de cette substance. Il suflit qu'une urine normale soit un peu pauvre en eau pour qu'elle forme un dépôt d'acide urique très peu de temps après l'émission; et même une urine déposera toujours de l'acide urique lorsqu'elle éprouvera la fermentation acide. Le dépôt d'acide urique peut avoir lieu dans les conditions suivantes :

1° Après l'émission — les urales alcalins que renferme l'urine sont beaucoup plus solubles à chaud ([u'à froid: au moment de l'émission, l'urine possédant la température du corps, ils restent en solution (à moins que leur quantité soit considérable) ; puis, très rapidement, si l'urine est pauvre en eau, ils se précipitent, et l'acide urique est mis en liberté quand la fermentation acide s'établit.

2° Il peut môme arriver que cette mise en liberté de l'acide urique s'effectue dans la vessie, si par liasard d'urine y séjourne et s'y concentre, ce qui est très rare, mais surtout si une urine fortement acide est sécrétée et se mélange dans les voies urinaires avec une autre urine faiblement acide et riche en urates neutres; dans ce cas il se fait des urates acides, moins solubles que les neutres, ■et par suite un dépôt.

Il résulte de tout ce qui précède que pour savoir s'il y a augmentation d'acide urique il faut de toute nécessité doser la quantité de cet acide éliminée dans les vingtquatre heures.

Lorsqu'un individu est dans un état habituel de bonne santé, un excès d'acide urique réel, mais passager, s'observe après un exercice musculaire exagéré, une grande fatigue, un excès de travail, un changement subit de régime. Si cet excès persiste, il faut surveiller : c'est peutêtre une menace de gravelle urique. De môme que l'urée, l'acide urique augmente dans les maladies fébriles, fièvres éruptives, pneumonie. Dans les affections franchement inflammatoires, l'apparition d'un excès d'acide urique peut ■être considérée comme l'avant-coureur d'une crise, et très souvent indique une amélioration, par exemple dans le cas ■d'un accès de goutte ou de rhumatisme arrivé à son summum.

On remarque aussi un excès d'acide urique, mais non accompagné d'un excès d'urée, dans toutes les affections •où l'hématose se fait mal, et dépendant soit d'une altéra-

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tion dans La composition du Scang, soit de troubles respiratoires ou circulatoires (emphysème pulmonaire, affections cardiaques).

Ou observe assez souvent un excès d'acide urique dans les cas de diabète ; mais cet excès provient en grande partie du régime et de l'alimentation.

Acide hippurique C>8H8Az03,HO.

Etat naturel. — On rencontre principalement l'acide hippurique dans l'urine des herbivores. Il existe à l'état nor-

i mal dans l'urine de l'homme, mais en faible quantité : 0,30 à 0,40 dans les vingt-quatre heures.

Fropriétés. — L'acide hippurique est solide, incolore, inodore, d'une saveur amère ; il cristallise facilement en

; longs prismes rhomboédriques. Il rougit le papier de tournesol ; il est soluble dans 600 parties d'eau froide et une moindre quantité d'eau bouillante; il est soluble dans l'alcool et peu soluble dans l'éther froid.

Fig, 12. — Àcide hippurique.

Comme l'acide urique, il se dissout dans le phosphate de soude, et, ses solutions aqueuses étant acides, il doit con- I tribuer pour sa part à la réaction de l'urine.

Si l'on cliauiïo avec précaution de l'acide hippuriqun dans un tube de verre, il fond et par refroidissement si; prend en une masse cristalline. Cliaulfé plus fortement, vers 250" environ, il se décompose en acide hmzoîque, qui se sublime en benzoate d'ammoniaque et en un liquide rouge, oléagineux, dont l'odeur rappelle celle du mélilot ou de la fève tonka. Ce mode de décomposition est caractéristique. Si on le chaufle brusquement au rouge, il donne de l'acide cyanbydrique et un résidu de charbon. . Bouilli avec un acide énergique, il absorbe deux molécules d'eau et se dédouble en acide benzoïque et glycocolle (V. Dessaignes) :

Gi8H8Az05,IIO -f 2H0 = C'^RGO'' + CiH^AzO* Acide hippurique. Acide benzoïque. Glycocolle.

J'indique cette décomposition, parce qu'elle a également lieu sous l'influence des ferments ; c'est ce qui explique pourquoi l'on ne peut trouver d'acide hippurique que dans l'urine fraîche ; dans une urine en fermentation ou en putréfaction, il n'existe plus que de l'acide benzoïque. On sait du reste que l'on prépare industriellement cet acide en laissant putréfier l'urine des herbivores.

Si l'on traite à l'ébullition de l'acide hippurique par de l'acide azotique concentré, et qu'après avoir desséché le résidu on le chauffe, il se dégage une odeur caractéristique de nitro-benziue (essence d'amandes amères). L'acide benzoïque et l'acide cinnamique donnent à peu près la même réaction.

Extraction. — Le procédé classique consiste à concentrer au bain-marie de l'urine fraîche de cheval, jusqu'au huitième de son volume ; on y verse ensuite de l'acide chlorhydrique, et par repos l'acide hippurique se sépare en longues aiguilles. Il est préférable de saturer l'urine fraîche avec un lait de chaux qui transforme l'acide hippurique en sel de chaux : oi^ filtre, on évapore l'urine en cousis-

l-mce sirupeuse, et l'ou décompose par l'acide chlorhydrique. M. Cazeneuve conseille de fdlrer l'urine (I litre), de 1 évaporer au dixième de son volume, soit à 100 grammes, et de la mélanger alors avec 200 grammes de plâtre cl 4 grammes d'alun ; on dessèche au bain-marie. L'alun, lient la réaction est acide, décompose les carbonates et met en liberté l'acide hippurique. Le mélange est ensuite place dans un appareil à déplacement (digesteur) et épuisé par l'éther bouillant. On obtient du premier jet des cristaux souvent d'une grande blancheur.

Recherche et dosage dans l'urine humaine. — 11 faut, d'après Meissner, auteur de ce procédé, opérer au moins sur 1 kilogramme d'urine fraîche. On y verse de l'eau de baryte concentrée tant qu'il se forme un précipité ; on filtre, et dans le liquide filtré on ajoute goutte à goutte de l'acide sulfurique dilué de façon cà ne laisser que des traces de baryte. 11 faut bien veiller à ne pas mettre un excès d'acide sulfurique.

; On filtre de nouveau, et on neutralise exactement avec de l'acide chlorhydrique ; on évapore alors au bain-marie en consistance de sirop épais que l'on verse encore chaud dans un flacon cà large ouverture fermant à l'émeri et contenant 200 centimètres cubes d'alcool absolu. Les succinates et le chlorure de sodium se précipitent, et les hippurates restent en solution.

Après agitation et repos prolongé, on filtre, et on évapore l'alcool au bain-marie ; le résidu est de nouveau placé dans le flacon à large ouverture et cette fois traité par l'acide chlorhydrique en présence d'environ 12S grammes d'éther sulfurique légèrement alcoolisé. Par agitation, l'acide hippurique mis en liberté se dissout dans l'éther, qui l'abandonne par évaporation.

Ainsi obtenu, l'acide hippurique est coloré; pour le purifier, ou le fait bouillir avec un lait de chaux, et on le transforme ainsi en hippurate de chaux, qui reste en solution ;

on décolore par le noir animal, on filtre, on fait concentrer et on décompose par l'acide chlorhydrique.

On peut également appliquer le procédé de M. Cazeneuve.

De toutes manières, il ne reste plus qu'à peser l'acide cristallisé, après l'avoir desséché. On caractérise l'acide hippurique par sa forme cristalline et par les réaction> que nous avons indiquées plus haut.

Physiologie. — L'acide hippurique se trouve dans l'urine normale en faible quantité, 0,30 à 0,40 dans les vingt-quatre heures. Les variations de cet acide dépendent surtout de l'alimentation. Il augmente en eflet dans de très fortes proportions après l'ingestion des prunes, des mûres, des baies de myrtille ; il augmente de même après l'ingestion de l'acide benzoïque. En effet d'un côté l'acide hippurique se dédouble en produisant de l'acide benzoïque et ce dernier se transforme à son tour dans l'économie et est éliminé à l'état d'acide hippurique. Donc toutes les substances qui contiennent de l'acide benzoïque tout formé ou des produits qui, dans l'économie, peuvent donner naissance à cet acide, augmentent la proportion d'acide hippurique dans l'urine.

On ne connaît encore rien de la pathologie de l'acide hippurique. Gomme il est relativement très soluble, il est excessivement rare d'en rencontrer dans les sédiments, et, lorsqu'on le trouve, il faut tout d'abord s'enquérir de l'alimentation du malade. On a dit qu'il augmentait dans le diabète et la chorée.

Acide benzoïque C"'H''0*.

Ce n'est pas à proprement parler un produit normal de l'urine ; mais on le rencontre dans les urines normales en putréfaction. Il provient alors de l'acide hippurique. On le distingue facilement de ce dernier acide, parce qu'il n'est pas azoté (il ne dégage pas de l'ammoniaque lorsqu'on le

.oumet à l'action de la chaleur en présence de la potasse caustique) ; il se sublime facilement sans se décomposer el est très soluble clans l'éther.

Pour le retirer de l'urine, on concentre ce liquide en consistance d'extrait, que l'on épuise par l'alcool. On évapore cet alcool, et on traite par l'acide clilorhydrique le i L'sidu aqueiix de cette opération ; l'acide benzoïque se

sépare. .

S'il n'existe qu'en petite quantité, on peut évaporer a siccité après avoir ajouté l'acide chlorhydrique et traiter par l'éther. On dissout ainsi l'acide benzoïque, et on 1 obtient par évaporation.

Acide succinique CSIICO^.

' Extraction et recherche. — On prend la niasse cristallinequi dans la recherche de l'acide hippurique a été précipitée par l'alcool absolu; on la dissout dans l'eau, et on la traite par l'acide clilorhydrique en présence de l'éther. Cet éther est ensuite distillé et laisse un résidu brut d'acide succinique. On le purifie en le dissolvant dans l'eau bouillante et en ajoutant goutte à goutte de l'acide azotique, jusqu'à ce que le mélange ne présente plus qu'une légère teinte jaune. L'acide azotique détruit toutes les impuretés, sans attaquer l'acide succinique.

Propriétés et caractères. — L'acide succinique cristallise en tables hexagonales ; il est inaltérable à l'air, inodore et incolore.

Tl est soluble dans l'eau (100 parties en dissolvent 0 gr. 14 vers 15°), beaucoup plus dans l'eau chaude (à 100», 100 gr. d'eau dissolvent 120 d'acide), peu soluble dans l'alcool et encore moins dans l'éther. La solution aqueuse (exactement neutralisée par un alcali) donne avec le perchlorurc de fer un précipité rougeâtre, insoluble dans les acides minéraux.

Acide phénique G12H602.

D'après Stedeler, l'cacide phénique existe dans l'urine normale de l'homme, de la vache et du cheval. Cet acid»' est accompagné d'autres acides volatils : ce sont les acides taurilique, damolique, damalurique, qui tous seraient la cause de l'odeur de l'urine.

Ces acides n'ayant aucune importance au point de vue clinique, nous nous bornons cà signaler leur existence.

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