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CHAPITRE III

CRÉATINE ET CRÉATININE

Ces deux substances dérivent facilement l'une de l'autre et se rencontrent simultanément dans l'urine. Nous allons d'abord étudier leurs caractères et propriétés.

Créatine C8H9Az30'^.

Cette substance existe norpialement, en faible quantité (2 p. 1000), dans le suc des muscles lisses et striés ; ceux du poulet en contiennent 3 p. 1000.

La créatine a été découverte par Chevreul et étudiée par Liébig. Verdeil et Marcet l'ont signalée dans le sang. L'urine ne contiendrait pas normalement de créatine ; celle qu'on y trouve proviendrait d'une transformation de la créatinine.

On ne connaît pas le rôle physiologique de la créatine, bien qu'elle existe dans le suc des muscles et qu'elle soit très riche en azote. Ce n'est point un aliment, car elle se transforme trop facilement en produits excrémentitiels (urée, créatinine, sarkosine).

Préparation. — On hache et on pile de la viande, et, après ll'avoir délayée dans une fois et demie son volume d'alcool à 90", on chauffe le tout au bain-marie dans un vase fermé. ■On exprime. On peut recommencer une seconde fois le

"iVON. 6

même traitement avec une nouvelle quantité d'alcool. Co liquides alcooliques sont ensuite réunis et passés à travers un linge très fm, et fortement exprimés. On retire ensuite l'alcool par distillation.

Le résidu de cette distillation est ensuite étendu d'eau et traité par un léger excès de sous-acétate de plomb ; le précipité qui se forme alors est séparé par fdtration et rejeté. On enlève l'excès de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré, et, après avoir filtré une seconde fois poui* séparer le sulfure de plomb, on évapore au bain-marie en consistance de sirop. On laisse alors reposer dans un lieu frais, et il se forme des cristaux de créatine. On les purifie

Fig. 13. — Cristaux de créatine.

en les dissolvant dans l'eau bouillante en présence du noir animal, filtrant et faisant cristalliser.

Propriétés. — La créatine cristallise en prismes clinorhombiques incolores, très brillants et souvent assez volumineux. Elle est soluble dans 75 parties d'eau froide et beaucoup moins d'eau bouillante. Lorsqu'elle cristallise^ lentement, les cristaux s'allongent en aiguilles et se groupent en éventail. La solution de créatine dans l'eau est neutre et insipide. La créatine est difficilement soluble dans l'alcool, qui en dissout 1/94 de son poids ; elle est insoluble dans l'éther.

Par une ébuUition prolongée avec l'eau, elle se traus-

CRÉATINE ET CRÉATININE «9

forme parliellemeut en créatinine ; "cette transformation a lieu très rapidement en présence des acides concentrés, et résulte de la perte de deux molécules d'eau :

C8H9Az30'* — 2H0 = C8I-I7Az302 Créatine. Créatinine.

La créatine, bouillie avec les alcalis caustiques et l'eau, se transforme en sarkosine et en urée; cette dernière est en très grande partie décomposée à son tour en carbonate d'ammoniaque.

Les acides minéraux étendus dissolvent la créatine sans la décomposer, et M. V. Dessaignes a ainsi obtenu des sels cristallisables. Elle réduit à l'ébullition les sels de mercure ; il se dépose alors du mercure métallique ; il se dégage de l'acide carbonique, et il se forme une nouvelle base, la méthyluramine C^H'^Az*.

Le chlorure de zinc donne avec la créatine en solution concentrée un précipité cristallin de olilorare double de zinc et de créatinine C^H^Az^O'sZnCl, qui sert à l'extraction et au dosage de cette substance.

M. Engel a vu que, si l'on verse goutte à goutte dans une solution de créatine additionnée d'un excès de potasse une solution de sublimé corrosif, il se forme un précipité blanc tant qu'il y a de la créatine; puis, quand toute celleci est précipitée, il se forme un précipité jaune d'oxyde de mercure; il a basé sur ces réactions un procédé de dosage.

Créatinine CSHUz^O^.

La créatinine est la base animale la plus forte; elle a été découverte par Liebig dans l'urine, en traitant par le chlorure de zinc ce liquide concentré ; il se forme alors deux chlorures doubles, l'un de zinc et de créatine, l'autre de zinc et de créatinine. Liebig crut d'abord que ces deux

substances existaient dans l'urine ; mais il est admis aujourd'liui qu'il n'en est rien ; la créatinine existe seule tout d'abord dans l'urine ; mais elle se transforme peu à peu en créatine, en absorbant deux molécules d'eau. Nous reviendrons plus tard sur ce point.

Préparution. — Au lieu d'extraire la créatinine de l'urine, on se la procure en transformant la créatine. Pour cela, on chauffe pendant environ une heure au bain-marie la créatine avec de l'acide chlorhydrique concentré ; on concentre de manière à chasser autant que possible tout l'acide libre. On obtient ainsi du chlorhydrate de créatinine, que l'on fait cristalliser. On dissout ensuite ces cristaux dans environ trente fois leur poids d'eau, et on les décompose à l'ébuUition par de l'oxyde de plomb précipité et hydraté. Il se fait d'abord du chlorure de plomb, et de la créatinine est mise en liberté. On ajoute alors une nouvelle quantité d'oxyde de plomb, de manière à transformer le chlorure en oxychlorure tout à fait insoluble, et l'on continue l'ébullition. Puis on filtre ; le liquide filtré est décoloré par le noir, qui retient en même temps les dernières traces de plomb.

On filtre de nouveau, et en concentrant suffisamment on obtient des cristaux de créatinine.

Vropriètés. — La créatinine cristallise facilement en prismes incolores, brillants, clinorhombiques ; sa saveur est caustique ; c'est une base énergique qui ramène au bleu le tournesol rouge et déplace l'ammoniaque. Elle se dissout dans H, 5 p. d'eau froide et dans 100 parties d'alcool, et une plus faible quantité d'alcool absolu bouillant. Elle forme avec les acides des sels bien définis, cristallisables, solubles dans l'eau et dans l'alcool. L'azotate d'argent et le bichlorure de mercure la précipitent. Par l'action du bioxyde de mercure, elle donne les mêmes produits que la créatine. Enfin, en solution concentrée, elle donne avec le chlorure de zinc un précipité cristallin de chlorure double. Elle est différenciée de la créatine par sa solubilité dans

CRÉATINE ET CRÉATININE

l'eau, sa réaction alcaline et son énergie comme base, puisqu'elle déplace l'ammoniaque de ses sels.

M. Th. Weyl vient d'indiquer une nouvelle réaction de la créatine et de la créatinine. Voici en quoi elle consiste.

Dans une solution très étendue de chlorhydrate de créa-- Une, on ajoute quelques gouttes d'une solution très étendue de nitro-prussiate de soude, puis goutte à goutte une autre solution de soude caustique très diluée ; le mélange

Fig. a, — Cristaux de créatinine.

se colore bientôt et prend une (belle teinte rouge rubis ; cette coloration est fugace et passe bientôt au jaune paille.

La créatine ne donne pas cette réaction ; mais, si on la fait ])ouillir avec de l'acide sulfurique concentré, elle se transforme en créatinine et dès lors se colore en rouge.

On peut obtenir ces réactions en opérant directement sur l'urine ; les autres substances que renferme ce liquide n'exercent aucune influence fâcheuse.

Il résulte de ce qui précède que la créatine et la créatinine sont deux substances qui peuvent facilement se transformer l'une dans l'autre, par addition ou soustraction de deux molécules d'eau. Dans ces conditions, il est assez difficile de savoir si le corps qu'on extrait est bien celui qui existait primitivement, ou s'il n'a pas pris naissance

pendaut les manipulations chimiques ; ainsi la créutine se transforme parlicUemenl en crèatinim lorsqu'on chauiïe longtemps sa solution aqueuse; or, comme pour l'isoler il faut chauffer l'urine et la concentrer, on ne sait trop comment interpréter les résultats. Voici ce qu'on admet.

La créatine existe dans le suc des muscles ; elle arrive dans le sang et est soumise aux mêmes influences physiologiques que ce liquide. Elle est alors transformée en créatinine et éliminée sous cette forme par l'urine. Ce liquide ne contient donc normalement que de la créatinine ; mais, pour diverses causes, cette dernière se transforme en créatine, dont la proportion peut même arriver à dépasser celle de la créatinine. Il en résulte qu'en opérant sur lurine on obtient une proportion variable de ces deux corps. d On peut facilement mettre cette transformation en évi- I dence au moyen du réactif de M. Weyl. Avec de l'urine frai- 1 che on obtient facilement la coloration rouge rubis par I l'action successive du nitro-prussiate de soude et de la ' soude caustique. A mesure que l'urine devient ancienne, on observe cette coloration de moins en moins nette, et elle disparait après une vingtaine de jours; presque toute la créatinine s'est transformée en créatine. Si à ce moment on fait bouillir cette urine, en y ajoutant un peu d'acide sulfurique, ou constate qu'après refroidissement elle donne de nouveau la coloration rouge : c'est qu'en effet, sous l'influence de l'ébuUition et de l'acide, la créatine est repassée à l'état de créatinine.

Recherche et dosage dans Turine. — On prend 300 à ; 400 centimètres cubes d'urine fraîche, on la neutralise avec ' un lait de chaux, puis on ajoute une quantité suffisante de chlorure de calcium pour précipiter les phosphates et sulfates. On sépare par le filtre, et on évapore rapidement le liquide en consistance sirupeuse. On le place alors dans im flacon avec cinq à six fois son volume d'alcool à 90", et, après avoir agité, on laisse reposer; quand l'alcool est bien

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éclairci, on le décante et on jette le magma sur un filtre pour retirer l'alcool qui le baigne. Ces liquides alcooliques sont concentrés, et, quand ils sont réduits à un volume de 30 centimètres cubes, on les mélange avec une solution concentrée de chlorure de ziiw ; on agile fortement, et on laisse reposer deux ou trois jours en lieu frais.

Il se forme un dépôt cristallin composé de chlorure de zinc et de créatine et de chlorure de zinc et de créatinine. On le jette sur un petit filtre sans plis, et on le lave a l'alcool On pèse ce précipité après l'avoir desséché à l'étuve A eau bouiUaute. Il représente 60,3 0/0 de créatinine. On suppose ainsi que tout est à l'état de créatinine ; mais il n'en est rien, ainsi que je l'ai dit. Si l'on veut séparer les deux substances, on décompose le précipité mixte par l'oxyde de plomb hydraté, on filtre bouillant; on traite le liquide par le noir animal, on filtre de nouveau et ou évapore à siccité au bain-marie. Le résidu est formé de créatine et de créatinine. On le traite par l'aicool froid concentré, qui dissout bien plus facilement la créatinine et laisse la créatine iudissoute. Ce mode de séparation n'est pas d'une rigueur absolue.

D'après Neubauer, un adulte en bonne santé élimine par jour 0,60 à 1,20 de créatinine, en exprimant en créatinine le poids des chlorures doubles probablement, mais l'auteur cité n'en dit rien.

La créatinine augmente dans l'urine à la suite d'un régime fortement azoté, et par conséquent aussi dans les maladies fébriles lorsque le malade est soumis à la diète.

C'est à peu près les seules données que Ton possède sur les variations de cette substance.

Xanthine Ci«HUz404.

Cette substance, que l'on nomme parfois acide ureux, existe dans l'urine normale, mais en proportion extrême-

menl petite; elle est assez répandue dans tout l'organisme. Sclierer l'a trouvée dans la rate, le pancréas, le cerveau, etc. On la rencontre également en assez forte quantité dans certains calculs urinaires, qui servent du reste à son extraction.

Extraction. — On traite ces calculs par l'ammoniaque étendue de 9 parties d'eau ; on filtre et on abandonne à évaporation spontanée; il se forme alors un précipité abondant. Ce précipité est recueilli sur un filtre, lavé avec de l'eau contenant un peu d'ammoniaque, puis redissous dans l'eau chaude ammoniacale et finalement précipité par l'acide acétique. On renouvelle plusieurs fois cette dissolution dans l'ammoniaque et cette précipitation par l'acide acétique.

L'extraction de la xanthine des tissus et de l'urine normale est sans intérêt pour nous, car ce n'est point une opération clinique : il faut opérer sur 2 k 300 kilogrammes d'urine.

Propriétés. — La xanthine est une poudre blanchâtre, amorphe, qui prend par le frottement une consistance et un aspect cireux. Elle est très peu soluble dans l'eau froide d/14000, et seulement dans 1,200 parties d'eau bouillante ; cette dissolution, en se refroidissant, abandonne la xanthine sous forme de flocons blancs. Précipitée de sa dissolution ammoniacale par l'acide acétique, elle se présente sous forme d'une poudre blanche composée de grains et sphères microscopiques.

Elle est insoluble dans l'alcool et l'éther; elle est soluble dans les solutions alcalines, d'où les acides la précipitent; elle est aussi soluble dans les acides, d'où les alcalis la précipitent à leur tour. Elle donne avec l'acide chlorhydrique un sel cristallisable.

Le sublimé corrosif donne un précipité blanc dans les solutions aqueuses de xanthine, même très étendues. Lorsqu'elles sont diluées à 1/30000, il se produit encore

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un louche très appcarent. L'acétate de cuivre donne à chaud un précipité jaune; l'azotate d'agent, également un précipité jaune. Ce précipité se dissout cà chaud; et, par un refroidissement rapide, il apparaît de nouveau, s'agrège et montre au microscope un enchevêtrement d'aiguilles cristallines.

L'acide azotique dissout à chaud la xanthine sans dégagement de gaz; en évaporant il reste un résidu jaunâtre que la potasse colore en jaune-rouge à froid et en rougeviolet à chaud ; l'ammoniaque ne le colore pas en pourpre.

Hoppe-Seyler recommande la réaction suivante. On délaye un peu de chlorure de chaux dans de la lessive de soude ; et on place à la surface du mélange des fragments di^ xanthine. Ils s'entourent d'un cercle vert foncé qui devient ensuite brun et disparaît.

La xanthine n'a d'importance pour nous que parce qu'elle constitue quelques calculs très rares ; mais nous en avons parlé ici parce que, cà proprement parler, c'est un élément normal de l'urine.

DOSAGE DE l' AZOTE TOTAL.

Tous les éléments normaux que nous venons de passer en revue, sauf l'acide benzoïque et l'acide succinique, sont azotés. Il est parfois utile de connaître la quantité d'azote contenue dans tous ces éléments mis en bloc. Nous dirons de suite que l'azote de l'urée forme à lui seul environ les 19/20.

Le procédé de dosage est basé sur ce fait que tous les corps azotés (sauf les azotates et azotites) dégagent leur azote sous forme d'ammoniaque lorsqu'on les traite à chaud par la chaux sodée. L'ammoniaque est conduite dans une solution d'acide sulfurique titré, puis dosée voluraétriqucment.

On place dans un mortier de fer ou de porcelaine cliaiilIVi environ 10 grammes de plâtre pur bien desséché et pulvérisé, et on le mélange entièrement avec 0 gr. oO d'acide oxalique sec, puis on arrose le tout avec 5 centimètres cubes d'urine, et on mélange avec une baguette en verre. Le plâtre s'hydrate en absorbant l'eau de l'urine, et bientôt le mélange est sec. On prépare alors un tube de vert peu fusible, long de 30 à 40 centimètres environ; on ajuste à l'extrémité ouverte un bon bouchon de liège qui reçoit l'extrémité d'un tube â trois boules, dit tube de Will, lequel contiendra 10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré. Cela fait, on place au fond de ce tube, sur une longueur de 2 centimètres environ, de l'oxalate de chaux sec, et autant de chaux sodée par-dessus. On ajoute alors au mélange de plâtre et d'urine deux fois son poids environ de chaux sodée ; on triture, de façon à bien mélanger * ; puis on introduit ce mélange dans le tube ; on finit de remplir avec de la chaux sodée en petits morceaux; on introduit enfin une boulette d'amiante ; puis on ajuste le tube de Will. Le tube est ensuite placé horizontalement sur une petite grille à gaz et l'on chaulTe d'abord la partie voisine du bouchon, de façon à porter peu â peu le tube au rouge sombre. On continue ensuite à chauffer, en ouvrant successivement les robinets ; lorsqu'on est arrivé â la partie qui contient le mélange de chaux sodée et d'urine, l'azote se dégage sous forme d'ammoniaque et va saturer l'acide titré. Lorsque toute cette partie du tube a été chauffée au rouge sombre et qu'il ne se dégage plus de gaz, l'opération est terminée. On chauffe alors la dernière portion du tube qui contient l'oxalate de chaux ; il se décompose en donnant de V oxyde de carbone et de Vacide carbonique; le

1. La chaux sodée est obtenue en calcinant 2 parties de chaux arrosées avec une dissolution de 1 partie de soude caustique. La chaux sodée offre sur la soude l'avantage d'être infusible et de ne pas attaquer le verre.

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premier gaz se décompose au contact de l'hydrate de soude en donnant de Tacide carbonique et de l'iiydrogène ; tout l'acide carbonique est retenu par la soude, et finalement le tube est balayé par un courant d'hydrogène qui entraine toute l'ammoniaque. Il ne reste plus qu'à retirer l'acide sulfurique du tube et à en prendre le titre pour connaître la proportion qui a été saturée par l'ammoniaque et par suite la quantité d'ammoniaque et d'azote qu'elle représente.

D'après M. Peligot on prépare l'acide sulfurique titré avec :

Acide sulfurique monohydraté 61 gr. 25

Eau distillée Q. S. pour 1000 c. c.

Dans ces conditions, les 10 centimètres cubes d'acide qu'on place dans le tube de Will représentent 0 gr. 6125 d'acide sulfurique monohydraté et correspondent à 0 gr. 2125 d'ammoniaque et par suite à 0 gr. 175 d'azote.

La solution de soude qui sert à neutraliser l'acide est faite à un titre quelconque, mais toujours très faible; on détermine combien il faut en employer de centimètres cubes pour saturer les 10 centimètres cubes de solution titrée d'acide sulfurique; et de temps à autre il est bon de vérifier son titre.

On exprime l'azote total en poids par rapport au litre et à l'urine de vingt-quatre heures.

Voici du reste un exemple d'analyse :

On opère sur 5 centimètres cubes d'urine.

10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré ont été introduits dans le tube de Will.

La solution de soude est titrée de la manière suivante.

24 centimètres cubes sont nécessaires pour saturer 10 centimètres d'acide sulfurique titré.

Après l'opération, les 10 centimètres cubes d'acide n'exi-

gent plus que il centimètres cubes de soude; rammoniaque a donc saturé une quantité d'acide correspondant ;'i 24 — H = 13 centimètres cubes de soude. Quelle est cette quantité ?

On pose :

24 cent, cubes correspondent à 10 cent.

13 cent, cubes correspondent à x

d ou X = ^ = 5 c. c. 4.

Ainsi l'ammoniaque provenant de 5 centimètres cubes d'urine a saturé 5 c. c. 4 d'acide sulfurique titré :

10 c. c. de cet acide = 0 gr. 175 d'azote

5 c. c. 4 de cet acide = 0 gr. 0945

5 cent, d'urine contiennent G gr. 0945 d'azote

1000 gr. d'urine contiennent 18 gr. 90 d'azote

Si le volume de l'urine est de 1,230 grammes, on aura :

1 litre contient 18 gr. 9 d'azote total

1,250 contiennent 23 gr. 62

A défaut de grille à gaz, ou peut opérer dans un petit matras à col droit et assez large pour recevoir un bouchon que traversent deux tubes de verre, l'un en communication avec le tube de Will et l'autre terminé par une pointe effilée et fermée à la lampe. On place dans ce matras le mélange d'urine, de plâtre et de chaux sodée, puis on le remplit jusqu'à mi-col avec de la chaux sodée, et on le place dans un bain-marie en cuivre contenant du sable ; ou fait arriver le sable jusqu'à la hauteur de la chaux sodée, el on chauffe jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'ammoniaque. On brise alors la pointe du tube effilée, et on met l'extrémité libre du tube de Will en communication avec un aspirateur, de manière à balayer toute l'ammoniaque.

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