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la liqueur de deux fois son poids d'eau, et on la sature par un lait de chaux. On filtre, puis on lave le précipite à l'eau chaude. Le liquide filtré et les eaux de lavage sont ensuite évaporés, et on les déharrasse de la chaux qu'ils renferment au moyen de l'acide oxalique ou d'un courant d'acide carbonique ; on sépare par une nouvelle fiUration le précipité d'oxalate ou de carbonate de chaux produit, et on concentre la liqueur. Par refroidissement et par repos, il se sépare de la leucine et de la tyrosine. Par concentration, les eaux-mères fournissent un nouveau dépôt. On réunit ces deux dépôts, et, en les traitant par une quantité d'eau bouillante suffisante, on les dissout entièrement. Par refroidissement, la tyrosine, peu soluble dans l'eau froide, se sépare en cristaux; la leucine est obtenue en concentrant les eaux-mères.
Recherclie de la tyrosine et de la leucine dans l'urine. — Il faut opérer sur de l'urine non albumineuse; si elle l'était, on sépare l'albumine par coagulation.
On verse dans l'urine fraîclie (autrement la leucine serait altérée) du sous-acétate de plomb ; on sépare le précipité produit, puis on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans le liquide filtré, afin d'en séparer l'excès de sel plombique. On enlève le sulfure de plomb en filtrant le liquide, puis on concentre; la tyrosine se dépose; on la purifie en la dissolvant dans l'eau bouillante. Les eauxmères qui ont déposé la tyrosine contiennent la leucine-, on les évapore à siccité, puis on traite le résidu par l'acool très concentré, d'abord à froid, puis à chaud, tant qu'il se dissout quelque chose. Il reste un résidu d'où l'on peut encore retirer de la tyrosine (par l'eau bouiUantc). Les liquides alcooliques sont concentrés par distillation et évaporés en consistance de sirop épais. La leucine se sépare sous forme de petites sphères jaunes. Quand ^ le dépôt n'augmente plus, on le comprime dans du papier buvard. Pour le purifier, on le dissout dans l'eau ammonia-
ÉLÉMENTS DE LA BILE
<'ale et ou le précipite par le sous-cacétate de plomb; le précipité est ensuite mis en suspension dans l'eau et décomposé par un courant d'hydrogène sulfuré. La leucine reste en dissolution dans l'eau ; on filtre, et elle se dépose j)ar refroidissement après concentration de la liqueur.
Ce mode de recherche est applicable à tous les liquides, à la condition d'en séparer d'abord l'albumine. Si les substances sont solides, on les coupe en petits morceaux, on les épuise par l'eau bouillante et l'on soumet au même traitement le liquide qui en résulte.
Urines grasses (laiteuses, chyleuses). — La présence
<le la graisse dans l'urine est un fait assez rare, car les urines qu'à première vue on caractérise de laiteuses,' ■rhxjleuses, doivent le plus souvent leur opacité à du pus.
Une urine véritablement grasse tache le papier, et il reste transparent après dessiccation ; de plus, cette urine s'éclaircit lorsqu'on l'agite avec de Véther, du chloroforme, de la benzine, et ces dissolvants abandonnent par évaporation la matière grasse dont ils se sont emparés.
La graisse existe dans l'urine sous forme d'émulsiou, ot cette émulsion est parfois très stable, ce qui tient à ce que la majorité, sinon la totalité des urines grasses, renferment de l'albumine.
A part l'agitation de l'urine avec l'éther, un des meilleurs moyens pour reconnaître les matières grasses est sans contredit l'examen microscopique. Les gouttelettes se présentent sous forme de disques aplatis avec contours (jbscurs et partie centrale brillante, car elles possèdent un pouvoir réfringent considérable; à part ces gouttes, on voit des cellules graisseuses plus petites réunies ensemble et devenues polyédriques, par suite de la pression qu'elles exercent mutuellement les unes sur les autres.
Pour extraire et doser la matière grasse contenue dans une urine, on en mélange 100 à 200 grammes avec du sable /in bien lavé et on évapore à siccité au bain-maric; on
iiitroduil alors dans une petite allonge en verre et ou épuise par l'éther. Cet éther est ensuite évaporé dans une petite capsule de platine tarée, et le résidu de matière grasse desséché à 100 degrés.
Pour une recherche qualitative, il suffit d'agiter l'urine avec de l'éther et de décanter la couche qui vient surnager à la surface.
On connaît encore peu de chose sur la significalioii d'une urine grasse : on sait seulement que c'est un signe de la dégénérescence graisseuse des reins ou d'une autre partie du système urinaire. L'émission d'une urine grasse indique peut-être aussi un excès de graisse dans le sang, car Claude Bernard a démontré que la graisse administrée en grande quantité avec les aliments passait dans l'urine.