IV. COROLLE POLYPETALE REGULIERE
La corolle est polypétale , polypetala , quand elle est formée par plusieurs pétales; elle est régulière quand les pétales qui la composent sont toutes de même longueur, de même forme, et à la même distance de l'axe cpmmun (pl. F ' ,fig. 4) ; dans les cas contraires elle est irrégulière.
Les formes générales de la corolle polypétale régulière peuvent toutes se rapporter à celles-ci.: corolle cruciforme, cruciée, cruciformis (pl. V, fig. 14) , composée de quatre pétales à onglets longs et à lamés, ou limbes, ouverts et disposés encroix; par exemple le cbou. Il est à remarquer que si l'onglet est très court et que la lame des étales est ouverte dès leur insertion , la corolle au ierr d'être cruciforme est rosacée , quoique n'ayant que quatre pétales. Rosacée, en roue, roselée, rosacea , roselata (pl. V>fig. 4), composée de trois à cinq pétales au plus* divergens , disposés en ro-
"e courts onglets, par exem-
g8 GLOSSOLOGIE*
pie le fraisier. Cary onhy liée , caryophyllata (/>/. V , fig. i5), composée Je cinq pétales, dont les onglets fort longs sont environnés et cachés par le calice : .par exemple l'œillet. •
§. V. COROLLE POLYPÉTALB IRREGULIÈRB.
On n'en a déterminé que deux sortes : i°. Ja corolle papillonacée , î°. la corolle orchidée. Toutes celles quijie rentrent pas dans celles-ci sont dites anomales.
i°. Corolle papillonacée (Corolla papillonacea).
Pl. F,
Elle est composée de cinq pétales irréguliers qui ont reçu des noms particuliers. Le supérieur ordinairement grand, redressé, est l'étendard ou pavillon , <vexillum {pl. V ', fig. 17); les deux latéraux, souvent rapprochés par leur face interne , se nomment les ailes , alœ (pl. F 3 fig. 18); les deux inférieurs, quelquefois soudés par un de leurs bords, et formant à eux deux une cavité plus ou moins profonde dans laquelle sont cachés les. organes çîe la fécondation, sont ce qu'on appelle Ja carène, carina (pl. F, fig. 19), par exemple, les pois.
2 0 . Corolle vrehidee (Corolla orchidea). Pi F, fig. 20.
Elle se compose de six pétales dont cinq supérieurs et un inférieur,, Ce dernier nommé lahelle, tahlier, et parLinnée nectaire, labellum , cincticulus } nectarium (pl. F , fig. 20, rf)> est ordinairement plus
autres plus ou moins redressés, affectant diverses formes. Les orchis.
DE LA COROLLE. gg
3°. Corolle polypétale anomale (Corolla a nom a la).
Pl.V,fig%\.
Elle est formée par des pétales irréguliers affectant des formes et des positions qui empêchent de pouvoir la rapporter aux corolles papillonacées et orchidées. Par exemple, la violette, l'ai>colie, l'aconit, le pied d'alouette, etc.
§. VL du pétale (Pctalum).
On prend en considération, i°. le nombre des pétales , a°. leur position, 3°. leur attache, leur direction , 5°. leur forme , 6°. leur bord , 7°. leur division, 8°. leurs appendices, 9°. leur disposition dans la préfloraison, io°. leur longueur , leur durée, qui détermine par conséquent la durée de la corolle.
1.0. Nombre des pétales-. Sous ce point de vue, on dit la corolle : di pétale , dipetala ; tripetale , tripe' tala ; tétrapétale , tretrapctala ; pentapétale , pentapetala , etc., polypétale, poljpctala; à deux , trois » quatre , cinq pétales , etc. , ou a plusieurs.
2°. Position. Les • pétales sont : oppositîfs , opposit'wa , placés devant les divisions du calice ; interpositifs, interpositiva, alternant avec les divisions du calice.
. 3°. Attache. Onguiculés , unguiculata , attachés par un onglet , unguis , apparent et même d'une certaine longueur; sessiles , sessilia , sans onglet apparent.
4°. Direction. Ils sont: infléchis, inflexa, courbés vers le centre de la fleur; réfléchis, reflexa , renversés en arrière ; involutés , bwoluta , courbés et roulés par le sommet vers le centre de la fleur ; dressés , crecta , s'élevant parallèlement à l'axe de la fleur ; incoinbans latéralement , incombentia /«teralitcr^ se recouvrant les uns les autres par les côtés; étalés , patentia , placés à angle droit relativement à l'axe de la fleur; unilatéraux , unilatera-
1 00 GLOSSOLOGIE.
/ta, se portant vers un côté de la fleur; ascen- <lans , ascendentia, se portant vers le sommet de la fleur.
5°, Forme. Les pétales peuvent être : naviculaires , navicidares , concaves et allongés en forme de nacelle ; galéiformes , galeiformia , en forme de casque*, creux , voûtés et ouverts antérieurement; cuculiformcs , cucidiformia , en forme de cornet de papier , cucuilus , ou de capuchon pointu ; éperonnés, calcarata , prolongés inférieurement en pointe creuse semblable à un ergot; bïlabiés, bilabiala tubulés avec un limbe à deux lèvres; difformes ou anomaux, diffbrmia, irréguliers et n'affectant aucune forme déterminée; conjoints, coadnata^ faiblement soudés par la base ou par le sommet. Toutes les autres formes peuvent se tirer des caractères du limbe de la feifille ( Voyez -page 4*) et des formes de la feuille caractéristique. {Voyez page4i.) ,
6'°. 'Bord. Le pétale , considéré quant à ses bords , offre les mêmes caractères que la feuille, voyez page 4o.
7°. Division. On dit les pétales, laciniés, lacimata , quand ils sont découpés en lanières ; et alors ils peuvent être bifides , tritides , quadrifides , etc. , bifida % trifida, quadrifida, etc., quand ils sont à deux , trois , quatre divisions ; s'ils sont très profondément divisés et que l'incision joigne la naissance de l'onglet , on les dit bipartis, tripartis, etc. , bip art ita p tripartita.
8°. Appendices. Ils sont : appendiculés , appendiçulata, lorsqu'ils ont un prolongement quelconque paraissant additionnel; u ncinés , uncinata , quand un appendice en forme de crochet, uncus, est placé à leur sommet; glandulifères , glandulifera , ayant de petites glandes; nect ari fère, nectarifera , portant, des nectaires. Puhescens^pubescentia. (Voy. feuilles.)
9°. Disposition duns la préfloraison , cVst-à-dire
DE LA COROLLE. I o T
avant l'épanouissement de la corolle. Dans le bouton les pétales peuvent être: imbriqués, imbricata , lorsqu'ils se recouvrent partiellement les uns les autres; obvolutés, obvoluta , imbriqués et roulés en spirale tous ensemble; équilans , cquitantia, ceux qui embrassent tous les autres; cbifibnnés , corrugata , repliés irrégulièrement. ...
io°. Longueur. On observe si les pétales sont égaux ou inégaux entre eux , s'ils sont égaux aux divisions du calice, plus courts, ou plus longs.
n°. Durée. En raison de la durée des pétales, on dit que la corolle est : marcescente, persistante, persistens , marcescens , quand elle se dessèche sans tomber après la fécondation; décidue, passagère, decidua, iransitoria , si elle tombe après la fécondation; caduque, fugace, caduca y fugax , tombant au moment de l'épanouissement de la fleur, ou même avant.
Lorsque l'on décrit une flçur il est. quelquefois nécessaire d'énoncer sa coloration , mais c'est un caractère tellement variable, que dans le plu^ grand nombre de circonstances on lui accorde peu d'importance.
du calice [Calyx). PL V >t fîg. 3 , a.
On nomme ainsi l'enveloppe inférieure des organes de la fécondation , ou si l'on aime mieux , la partie inférieure d'un périanthe double.
Le calice est monopbylle , monophyllus , quand il est d'une seule pièce; polyphylle, polypltyllus 9 quand il est composé de plusieurs folioles, foliota. Necker a substitué le nom de sépales, sepala, à celui de folioles, et Mirbel l'a adopté ainsi que d'autres botanistes , de manière que l'on dit également aujourd'hui, calico monosépale, 'calyx monosepalus, et calice monopbylle, calyx monophyllus . . >.On étudie le calicê sous les rapports (a) de sa composition , (b) de sa forme , (e) de son bord au
1 02 g L.OS&OLOG1E .
limbe, (d)de sa grandeur, (e) de son attache , (/) de sa position relativemènt à l'ovaire, (g) de sa coloration , (h) de sâ durée.
(a) Composition. Il est monophylle, comme nous l'avons dit, ou diphylle , triphylle, tétraphylle, pentaphylle , heXaphylle , diphyllus ou disepalus , triphyllus ou trisepalus , etc. , à une , deux , trois , quatre, cinq et six folioles.
(b) Forme. Il peut être régulier, regularis, lorsque toutes* ses parties sont parfaitement semblables ; irrégulier, irregularis, lorsque ses parties correspondantes diffèrent par la forme ou les dimensions ; tubulé, tubulatus , en tube; tubuleux , ta-
. bulosus , à tube long peu dilaté à son orifice; conique , conicus ; turbiné , turbinaius , en forme de poire, ou de toupie; enflé , inflatus , membraneux et enflé comme une vessie ; urCéoié , en burette , urceolatus , ventricosus , renflé au milieu 9 resserré à sop orifice, dilaté à son limbe, en urne; cupulnire, en coupe, en godet, cupularis, très court et dilaté dans toute sa longueur; cylindrique , cylindricus ; claviforme , clanformis , en forme de massue; campanulé , campanulatus , en forme de cloche ; comprime , compressus , large et aplati sur les côtés ; prismatique , prismaticus , anguleux et à facettes planes; anguleux, angidosus , à angles saillans; côteux, costatus , ayant des côtes arrondies; sillonné, sulcatus ; éperonné , calcaratus , nrnni d'un éperon; bilabié, bilabiaius , à deux lèvres inégales et en tf 'ouvertes ; caliculé, caliculatus p muni à sa base d'un calycule , calyculus^ sorte de petit calice formé ordinairement par des folioles imbriquées sur le calice.
(c) Bord ou limbe. Il est entier, integer; tronqué, "très entier, truncatus , integerrimus , comme coupé
net , sans lobes , dents , etc. ; rongé , erosus ,. comme rongé par une chenilre ; crénelé, crenatus , à bords sinueux portant un grand nombre de pe-
DU CALICE. Io3
lits lobes arrondis au sommet ; denté , dentatus 9 portant des lobes pointus en forme de dents ; denticulé, denticulatus , ayant des petites dents.
On prend en considération le nombre des dents , et on le dit : tridenté, quadridenté., quinquédenté, tridentatus , etc. S'il est incisé , incisus , divisas , c'est-à-dire fendu , Jissus ; lobé , lobatus , ou partagé, partitus , on le dit bifide , trifide , bifidus, trifidus, etc. ; bilobé, trilobé, bilobatus, trilobatus, etc. ; biparti, triparti, bipartitus , tripartitus , etc. •
La position et la grandeur respective des dents, dentés y des divisions ou lanières, laciniœ , et des folioles ou sépales, foliota, sepala , doivent être observées ; on les dit adressées., erectœ ; contiguès , contiguœ , lateraliter conniventes / rapprochées longitudinalement ; imbriquées imbricatœ , se recouvrant les unes et les autres par les côtés; étalées, divergentes, patentes, patulœ , divergentes, s'étalant horizontalement en s'écartant les unes des autres ; réfléchies , renversées , rejlexœ , dejlexœ , renversées en arrière de manière à présenter extérieurement leur surface interne ; révolutées , revolutœ , roulées en dehors; involutées, involutœ^ roulées en dedans; égales, œquales ; inégales , inœquales.
(d) Grandeur. Sous ce rapport on compare le calice à la corolle , et on dit qu'il est plus long que la corolle, corolla longior : plus court, corolla orevior : aussi long, corollœ œqualis.
(c) Attache. 11 est adhérent, adherens , lorsqu'il fait corps avec l'ovaire ; libre , inadhérent , liber, inadherens, lorsqu'il ne tient à l'ovair.e en aucune manière; semi-adhérent, semi-adherens , lorsqu'il adhère à l'ovaire dans une partie de sa longueur.
(f) Position relativement à l'ovaire. Quelques botanistes ont dit que le calice est périgynique, péri" gynicus, quand il est placé sur l'ovaire ; hypogynique , hypogynicus , placé sous l'ovaire ; syngyni-
104 GhOSSOLOGJK.
q^u», syngynicus , lorsqu'il est adhérent; hémisyngynique, hemisyngynicus , quand il est semî-adhéient.
(") Coloration. On le dit coloré , coloratus , s'il est d'une autre couleur que le vert général de la plante; pétaloïde , petaloideus, quand sa coloration lui donne l'apparence d'une corolle; ambigène , ambigenus, quand il est d'une nature verte et foliolée à l'extérieur, et d'une nature pétaloïde et colorée à l'intérieur.
(//) Durée. Il est caduc, fugace , caducus , fugax > quand il tombe au moment où la fleur s'épanouit,, comme par exemple dans le pavot; passager, dé-' cidu , dcciduus, tombant après la fécondation; persistant, persistens , quand il subsiste après la floraison; marcescent, marcescens , persistant , mais se desséchant; accrescent , accrescens , persistant et prenant de l'accroissement avec lefruit, comme par exemple dans Palkékenge ; induvial , indiwialis, persistant et recouvrant le fruit.
du réceptacle {Receptaculum).
, Ou nomme ainsi la partie du végétal qui sert de point d'attache aux organes de la génération , ou
Î)oinl du sommet du pédicelle duquel partent toutes es parties dont la fleur se compose. C'est le torus de Salisbury ; le sedes /loris de Grew ; le thalamus de beaucoup de botanistes ; quelquefois encore on le nomme disque, discus , mais improprement.
Dans quelques fleurs on y remarque un gonorfc phore , gonophorum , prolongement du réceptacle, qui part du fond du calice et porte les pétales, les étamines et le pistil. Il n'est bien visible que dans les cariophyllées , notamment dans les silène. . Le carpophore, carpophorum de Link, gynophore, gynopJtorum , de Mirbel, est un support qui naît du réceptacle, et qui soutient le pistil seul, et non les étamines ni les pétales : on y distingue trois es-. •
DU CALICE. Io5
J)èces : i°. lethécaphore , thecaphorwn ou IjasigjTium, de Richard, carpophore ne portant qu'an ovaire simple ; a 0 . Je poiynhore , polyphorum , portant plusieurs ovaires , Ja fraise par exemple; 3°. la soie , seta^ carpophore des mousses et des jungcrmannes, peu visible à l'époque de la floraison et s'allongea nt beaucoup après la fécondation.
Quand on a "vu les formes générales du réceptacle : resserré , contractum : élargi, dilatatum, latum : plane , planum : creux , cavum : convexe, convexum: on considère s'il est carpophoré , caipophoratum ; et si le carpophore ou gynophore est : thécaphore, thccaphoratum, ou monogyne, monogynum , portant un seul ovaire : polyphore, poijphora/um, ou polygyne, polygynum , portant plusieurs ovaires.
On dira le gonophore, staminifèrc, staminiferum, quand il servira de support aux étamines; corollifère , coroliiferum , quand il portera la corolle.
FLEUltS CLUMACKES {Flores glumacei).
PL y^fifr 22.
On a donné ce nom aux fleurs des graminées qui diffèrent tellement des autres, qu'on a été forcé, pour ainsi dire , de leur créer une glossologie particulière. M. Mirbel regarde comme des bractées tout ce qui dans un épi n'est ni la rafle, ni les étamines , ni le pistil , mais son opinion ne paraît pas devoir prévaloir.
La fleur glnmacée se compose i°. d'une Mie (pL Vyfig* 22 , à) , tegrnen, enveloppe extérieure servant de calice , placée sous une autre qui renferme les organes de la fécondation. Mirbel l'appelle glume : Linné , calice : d'autres , glume calycinale : Richard, épicène. M. de Bcauvois dans son agrostographie, de Lamarck et De Candollo dans leur flore française, lui donnent , comme nous, le nom debàle. a°. D'une glume , gluma {pl. V> Jig. 11 , /' }, ou enveloppe intérieure , servant de corolle et ren-
lû6 GLOSSOhOGlE.
fermant les organes de la fécondation. De» botanistes la nomment bâle ; Mirbel et Desvaux , glumelle , glumella ; Linnée , corolle ; M. de Beau vois stragule, stragttla; d'autres enfin glume intérieure, glume corolline, périgone. 3°. De la lodicule loi d'tcula, espèce de nectaire entourant le pistil , manquant dans plusieurs graminées, et composé de très petites écailles charnues que Richard nomme paJéoles , paleolœ. Desvaux nomme la lodicule glu. mellule, glumcllula ; Michel! , corolle;* Linnée écailles ; Schreber , nectaire; Richard, glumelle.*'
Les pièces qui composentMa bâle et la glume prises séparément, se nomment valves, <valmlœ\ Desvai/* les appelle spathelle , spatkellœ; M. de Ueauvois, glumes, gtumœ.; Richard, paillettes, palets.
Cette synonymie annonce assez la confusion que les auteurs ont jetée dans l'étude des graminées , et cela seulement pour se distinguer de leurs prédécesseurs , car il ne peut y avoir de raisons plausibles et valables pour renverser et embrouiller ainsi la glossologie.
§. I. de jla BAl.fi (Tegmen). >
Cette première enveloppe est, comme l'autre, d une substance sèche , membraneuse , dure paléacée (de la nature de la paille). Elle peut'étre myolucrée , iiwolucratum , entourée d'un involucrecupuliforme, cupulifofme, ressemblant par la forme à Une cupule; elle est uniflore, uniflorum, renfermant une fleur,; biflore, triflore , multiflore , biflorum ytrifiomm, mukiflorum, à deux, trois,: plusieurs fleura \ r
On observe si la -bâle est plus longue que la glume, gluma longiore , ou plus courte, gluma bre.viore; combien elle a de valves , et on la dit univalve, unwalwlatum , quand elle n'en a qu'une; bivalve, bwalmlatum, quand elle en a deux.
Les valves ou spathelles fournissent la plu*,