‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 43 sur 167 · DE LA FLEUR · texte numérisé non relu

DE LA FLEUR

-j- Jusqu'ici nous n'avons considéré que les organes de Ja végétation ; nous allons à présent nous occuper de ceux de Ja fructification. C'est dans ce chapitre principalement que l'on sera frappé de la grande analogie qui existe entre Jes plantes et les animaux. Dans les uns comme dans les autres, la nature a créé des organes particuliers qui, par leur influence réciproque, concourent à l'acte important et mystérieux de la génération; dans les uns comme dans les autres , il n'y a pas de fécondation (au moins en thèse générale) sans le concours des deux organes qui constituent les sexes. Il y a seulement cette différence, que les animaux apportent en naissant et conservent toute leur vie les organes des sexes , au lieu qu'ils ne se développent dans les végétaux que dans le moment de leurs fonctions : ils se détruisent ensuite pour ne reparaître que lors d'une nouvelle reproduction de graines.

* La fleur renferme le plus ordinairement les organes des deux sexes ; elle jouit d'un hermaphroditisme très rare dans les animaux , excepté chez quelques mollusques. Etant -privée de la faculté locomotive, la nature devait modifier son organisation de manière à ce que le mâle fût toujours à portée de féconder la femelle. Cependant elle ne s'est pas fait une loi invariable de ce rapprochement des sexes , car il existe beaucoup de plantes dioïques dont un individu porte des éta* mines seulement , et un autre des pistils. Quoique éloignés l'an de l'autre, ils n'en sont pas moins fertiles toutes tes fois que le vent peut porter sur les stigmates de la femelle le pollen contenu dans W anthères du mâle , comme nous le dirons à l'article Fécondation. * ~ v:

Ibotanique , on définit rigoureusement fa

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fleur en disant que c'est l'appareil des organes de la génération. Ainsi, toutes les fois que ces organes seront apparens , quand même nous ne pourrions pas nous rendre un compte exact du jeu de leurs fonctions, la plante qui en sera pourvue aura des fleurs , les fougères , par exemple. Lorsqu'on ne peut distinguer les organes de la fructification , comme dans la plupart des champignons, on nomme la plante agame ou cryptogame, c'est-à-dire sans fleurs ou à fleurs indistinctes.

* Le pistil, ou organe femelle de la plante, est composé, comme nous l'avons vu, d'un stigmate , d'un style et de l'ovaire. Nous allons considérer l'organisation de ces trois parties.

"|" Le stigmate est proprement l'orifice de l'organe femelle; il affecte différentes formes , mais on aperçoit toujours une espèce de petite cicatrice, souvent entourée de papilles ou de petits mamelons sans doute destinés à retenir la poussière fécondante. On remarque aussi qu'il est couvert d'humidité , et l'on en conçoit facilement les causes quand on sait - que les vésicules qui constituent le pollen ont la singulière propriété d'éclater au moindre contact avec l'eau , et de laisser écouler la liqueur spermatique qui y est contenue.

*J" Quand le stigmate n'est pas sessile, le style qui le porte est une espèce de conduit percé dans le centre par un ou plusieurs canaux très déliés , chargés de transmettre à l'ovaire la liqueur séminale versée par le pollen et reçue par le stigmate.

-f L'ovaire est le plus souvent placé sous le style; il a la plus grande analogie avec Fovaire des animaux, et , comme lui , renferme des ovules qui y sont attachées par un cordon ombilical. Aussitôt après la fécondation, il remplit l'office de matrice. L« paroi de sa cavité intérieure eilahore les

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