‹ Manuel complet de l'amateur de rosesChapitre 8 sur 69 · Des Pistils · texte numérisé non relu

Des Pistils

Un pistil, fig. 4, se compose de l 'ovaire, ou embryon de la graine, a, du slylc, filament plus ou moins alongé, b, et du stigmate, c, petit renflement placé à l’extremité, percé d’un trou imperceptible à l’œil nu , servant à donner passage à la liqueur fécondante renfermée dans les particules de pollen.

On observe le nombre des stiles; s’ils sont inclus^ ans le fruit, ousaillans. Us peuvent C»re libres, non soudés ; sou-

dès, fig. 7, réunis en colonne cylindrique ; glabres., sans poils et absolument lisses ; velus , ayant quelques poils ; cotonneux ou tomcnteux, couverts de' poils entrelacés et très fins; soyeux, couverts de poils longs, fins et hiisans. On observe encore s’ils sont persistons après la floraison , ou ea- \ ducs , c’est-à-dire tombant quand les pétales, ou peu de teins j après.

5° De l'Ovaire.

Quelques botanistes considèrent l’embryon du fruit comme constituant Yovaire, et donnent ce nom à ce que nous nommerons le tube du calice , fig. i,c,c, quoique cette dénomination nje soit pas parlaitement exacte. D autres nomment ovaires, les embryons des graines renfermées dans le fruit, avant la fécondation, fig. 8, a. Nous avons adopté cette dernière terminologie.

On observe le nombre des ovaires, leur forme et leur pubescence, c’est-à-dire, s’ils sont velus, fig. 9, n, ou glabres, ' fig. 9,o.

6° Du Calice.

Pour nous, comnte pour Lindley et d’autres auteurs, le calice se composera donc du tube, fig. 10, «, partie charnue , ovale , ou arrondie, placée immédiatement sous la fleur et constituant le fruit après la défloraison; du réceptacle, ou disque, fig. 10 , c, partie sur laquelle sont attachés les pétales et les étamines ; des sépales ou divisions calicinales, consistant en cinq divisions foliacées soutenant les pétales , fig. io , b, b, b.

Le tube du calice peut être rond ou sphérique, fig. n; ovale, fig. 12; cylindrique, fig. i'4 % fusiforme, eu forme de fuseau ; fig. ï.5 ; turbiné , en forme de toupie, fig.

15 ; pyriforme, en forme (le poire, fig. 16; pisiforme, petit et arrondi, en forme de pois ; étranglé, fig. 17, resserre dans une partie , et renflé au-dessus et au-dessous ; compri- j mé, aplati sur deux cotés ; déprimé , aplati au sommet ou à à la base de manière à être plus large que haut.

On examine sa pubescence, et on le dit : glabre, sans poils, fig. ( 1 ; Ussc, sans aspérités ; pubcsccnt, ayant des poils ; poilu , ayant des poils moins épais , mais plus longs, fig. 15; velu, ayant des poils épais et aussi longs ; laineux, recouvert de poils grossiers et entrelacés ; cotonneux ou iomentaux, couvert de petits poils entrecroisés , semblables à du coton; soyeux , couvert de poils fins, lisses et luisans; ' sétigère, (qu’il ne faut pas confondre avec soyeux), portant

des soies ou poils gros, longs et raides; hérissé, ou hispido, couvert de soies et d’aiguillons ; aiguillonné , portant de pelits aiguillons; visqueux, couvert d’une matière humide, gluante, ordinairement odorante ; glanduleux, portant des petites glandes, 'fig. 4; hispide-glanda leux, ayant des soies terminées par une glande ; luisant ; rugueux, couvert de petites aspérités; nu, sans poils, ni glandes. -

On étudie sa couleur: rouge, noir, jaune, etc. ; sa consistance : mince, charnu. Sa position : incliné; penché; redressé on érigé. -, , .

Lcréceptacle ou disque, fig. îoyc, peut etre : large, étroit, mince,épais , très apparent, peu apparent, aplati, bombé ou élevé, conique, convexe.

11 peut être : très ouvert , c’est-à-dire , laissant une large gorge pour le passage des styles; peu ouvert; closant la gorge, ou fermant la gorge du calice. , , ■■

Les sépales s’étudient sous le rapport de leur duree relies sont : décidues , ou caduques, quand elles tombent en meme tems ou peu après les pétales, fig. ia et i 5 ; persistantes, lorsqu'elles ne tombent que peuavantla maturité des fruits, fig. i3 ; permanentes , lorsqu’elles ne tombent pas du tout.; fig. n et 16, 4 , .,

On les dit entières, sans dents, fig. iG; presqu entières, peu dentées, fig. 17; simples, sans divisions profondes; composées , divisées profondément ; appendiculées, fig. 4 » portant un ou plusieurs appendices; foliacées, peu épaisses, et ayant un limbe assez large pour leur donner 1 apparence d’une feuille, fig. 10; étroites, larges, raides, etc.

Leur forme se décrit comme celle d’un pétale ou d une foliole. Voyez ces articles. ,

Leur pubescence peut êlre la même que celle dn tutie du calice, ainsi on dira qu’elles sont : glabres, velues, glanduleuses, visqueuses, hispides, aiguillonnées, nues, duve -

te U SCS 9 CtC* . , ilî

On les dit conniventcs lorsqu’elles sont soudées entre elles par leur base, fig. 10 ; divergentes lorsque leurs extrémités s’écartent beaucoup’, fig. i 3 ; convergentes lorsque leurs extrémités se rapprochent beaucoup, fig. 1.1.

Le fhuit s’étudie delà même manière que nous avons dit pour le tube du calice. On observe de plus, s’il est couronne, fig. 11 , ou non, fig. 12, parles sépales, et si ces dernières tombent avant la maturité, ou si elles sont permanentes; si sa pubescence est persistante ou s’il la perd avant sa ma turité.

7® Du pédoncule.

Il peut être simple, c’est-à-dire sans division, et alors la fleur qu’il porte est solitaire; simplement', bifurqué, c’est-àdire divisé en deux pédicelles, et alors les fleurs sont géminées; trifurqué, ou divisé.en trois pédicelles; rameux , divisé en plus de trois pédicelles ; dichotome, divisé et subdivisé de deux en deux; trichotome , divisé et subdivisé do trois en trois; corymbiforme, lorsque tous les pédicelles arrivent à peu près à la même hauteur, à la manière des ombelles. | Dans ce cas, on dit que les fleurs sont en corymbc ; dans toute autre circonstance d’un pédoncule rameux, les fleurs sont en bouquet.

On observe si le pédoncule est épaissi ou r'enfc au somm'et, fig. xi ; s’il est pubescent , Gg. 10 , ou nu , fig. 12 , dans toute sa longueur ou seulement dans une partie ; s’il est long et dépassant les feuilles; s’il est court, ou plus court que les feuilles; s’il est érigé, ou vertical; incliné; penché. •

Sous le rapport de sa pubescence, on le dit glabre , sans ■ poils ni glandes, ni aiguillons; incrmc, sans aiguillons ni soies; scabre, parsemé de points élevés pu de tubercules qui le rendent rude au toucher. Enfin' on emploie pour exprimer sa pubescence, les mêmes termes que pour le tube du calice. Voyez cet article.

Les pédicelles s’étudient absolument de la même manière que les pédoncules.

8° Des bractées.

On appelle bractées, ou feuilles florales, fig, 1 , e, c, J des petites feuilles souvent d’une autre forme et d’une autre ■) couleur que les autres, accompagnant les fleurs et placées sur les péconcules et pédicelles.

On observe leur présence, et dans ce cas on dit que le pédoncule est bradée ; leur absence, on dit qu’elles sont j nulles. Quelquefois elles son" caduques et tombent aussitôt , après la floraison; d’autres fois, elles sont persistantes.

On les dit subulécs, lorsqu’elles sont longues, étroites, pointues comme une alêne; acuminèes, terminées par une pointe; linéaires, longues, très étroites, de la même largeur dans teinte leur longueur ; lancéolées, ovales-alongécs, en fer de lance ; cordiformes , en forme de cœur ; pectinées, ayant sur les côtés des divisions profondes, étroites , parallèles, comme les dents d’ujj peigne; larges, étroites,

SES B0SBS.

elliptiques, etc. On observe leur pubescence : glabres, velues, glanduleuses ; leur couleur : teintées de rose ; annelées de rouge.

Elles peuvent être entières ; divisées ; lobées ; etc. g 0 Des stipules.

Ce sont des petites feuilles de forme variable, placées à la base du pétiole des grandes feuilles, et adhérant quelquefois avec lui ; fi g. i, /', f.

On observe leur présence et leur absence ; si elles sont plus ou moins distinctes; libres, c’est-à-dire non adhérentes au pétiole; adnèes, attachées au pétiole dans une longueur que l’on détermine ; caduques , tombant avant la feuille ; persis-

a Sous le rapport de leur forme on les dit peclinccs, et l’on indique si les segmens sont capillaires , c est-à-dire minces et arrondis comme un cheveu ; crénelées ; dentées ; laciniécs, divisées en Lanières étroites; linéaires', dilatées ou élargies, à la base ou au sommet ; aplaties ; concaves ; convexes ; échangées ; bifurquèes , partagées en deux longues divisions; su b niées ou en alêne; étroites; larges; etc.

Leurs bords peuvent être : frangés de glandes ou de poils; ciliés, garnis de poils en rangs, comme des cils; glanduleux ; velus; dentés ; laciniès ; pectinés ; etc.

On observe leur pubescence en dessus et en dessous et on les dit : nues, ou sans pubescence; soyeuses; velues; glanduleuses. Leur coloration a aussi de l’importance, surtout quand il faut déterminer les caractères d’une variété.

ro° Du pétiole.

Support de la feuille, par lequel elle tient à la plante; E". î, i, i. Quand le pétiole manque, la feuille est scssilc. Jamais le pétiole commun, c’est-à-dire celui qui s’attache directement à la tige, ne manque dans le rosier, ainsi la feuille ne peut jamais être sessile; mais le pétiole particulier, c’est-à-dire celui qui attache les folioles au pétiole commun, manque quelquefois, et alors la foliole est sessile.

On examine si le pétiole est faible; fort ; long; court ; nu, c’est-à-dire sans poils, ni glandes, ni aiguillons ; glabre*, incrm c ; vêla; iomenteux ou cotonneux; glanduleux et dans ce cas on observe si les glandes sont sessiles ou pédicellees ; armé d’aiguillons, en dessus ou en dessous , et l’on regarde si les aiguillons sont grands , courts, mfnus , fins, droits, courbes f crochus.

gS ' B0X>N1«DE

On observe encore si le pétiole est borde d une membrane; s’il est comprimé ou aplati ; cylindrique ; canalicule, ou creusé d’un sillon plus ou moins profond dans le sens de sa longueur.

n° De la feuille.

La feuille du rosier, une seule espèce excepté, est composée, c’est-à-dirfe formée par la réunion de plusieurs petites feuilles nommées folioles fig. 1, /» » h, sur un pétiole commun. Le rosa simphcifolia fait seul exception. Son unique foliole portée par un pétiole simple, constitue ce que l’on appelle une feuille simple .

La feuille du rosier est ailée, parce que les folioles sont i opposées par paire, comme des ailes; elle est ailée avec impaire, parce qu’elle se termine toujours par une foliole impaire. On compte le nombre des folioles, et comme ce nombre varie plus ou moins sur le même individu , on indique le plus petit et le plus grand, et l’on dit que la feuille est composée de trois à neuf folioles, ou de trois à cinq, ou I de cinq à treize, etc. 1 ,'etc.

Considérée sous le rapport de sa circonscription, une foliole peut être : lancéolée , alongée de manière à ce que sa longueur soit au moins triple de sa largeur, et qu’elle aille 1 en diminuant du milieu à la base et au sommet , comme le fer d’une lance ; ovale, si le diamètre transversal du milieu est le plus grand, et qu’à égale distance du centre les diamètres soient de même longueur entre eux , avec les bords plus ou moins arrondis à la base et au sommet; ovalc-élar giè, si la base ou le sommet sont plus larges que le centre; | ovoïde , ovale comme un œuf, c’est-à-dire plus large au sommet qu’à la base ; obovale, en ovale renversé ; arrondie i ou orbicutairc, si les diamètres en tous sens, sont à peu près égaux; elliptique, si les diamètres du centre et ceux de 1 deux points pris à une certaine distance de ce centre sont , égaux; spaiu/ce , si une foliole ovale ou arrondie est rétrécie avant la base qui conserve une certaine largeur ; linéaire, plusieurs fois plus longue que large, avec les bords j parallèles.

La base d’une foliole peut être : arrondie; atténuée , si elle diminue peu à peu jusqu’à se confondre avec le pétiole; écltancréc , si les côtés de la foliole au point d’attache du pétiole font un angle rentrant. Si les folioles échancrécs à | la base sont ovales , on les dit cordiformes.

Le sommet d’une foliole peut être : obtus, ou arrondi; aigu lorsqu’il est formé par un angle non émousse ; pointu , j

DËS ROSES. %

si cet angle est très aigu; acuminé, s’il se prolonge en une pointe.

Étudiée sous le rapport de ses bords, une foliole peutêtre : entière, si la ligne extérieure de son pourtour se prolonge sans aucune discontinuité, dentée, si cette ligne est rompue à chaque instant par de petits angles aigus rentrans et saillans ; simplement dentée , si les deux eûtes de la dent sont égaux ; dentée en scie ou serrclce, si un des cotés est plus grand que l’autre, ce qui rend les dents obliques, à peu près comme dans une scie ; doublement dentcc, si de grandes dents en ont de plus petites sur leurs côtés ; régulièrement dentée, si les dents sont à peu près égales; irrégulièrement dentée, si les dents sont inégales ; crénelée , si. les deux côtés de la dent sont égaux et se réunissent en manière de demi-cercle. ^5

Les dents sont aiguës si leurs côtés se réunissent sous un angle peu ouvert; obtuses si cet angle est ouvert et émoussé au sommet. Si les dents sont longues, on dit la foliole profondèment dentée ; si elles sont larges, on la dit largement dentée; si elles sont très petites,'on la dit denticidée ou finement dentée.

On observe encore si les bords sont ciliés ; velus ; glanduleux ; etc.

Sous le rapport de ses deux surfaces, unç foliole peut être : plane , si on n’y observe ni élévation ni cavité; concave, formant un peu la cuillère; convexe, formant un peu le capuchon; ondulée, ayant des élévations alongées et arrondies sur le côté saillant de l’élévation ou dos; plissée si on y remarque des élévations alongées et à dos aigu; crépue, ayant des élévations courtes , nombreuses ou arrondies ; ridée , si les élévations sont nombreuses, courtes et à dos aminci ; pliée en gouttière, si les deux côtés sont creusés sur une dé leur face dans toute leur longueur.

Les deux surfaces d’uné foliole, étudiées sous le rapport de leur vestiture, peuvent être : nues , sans aucun autre organe dépassant leur surface ; glabres, sans poils; luisantes ; glauques, d’une couleur bleuâtre ou vert de mer produit par la présence d’une poussière très fine et d un blanc beuatre, tel qu’on en voit sur les prunes; veinées, si les vaisseaux qui rampent à la surface sont très visibles; nervées , marquées de nervures saillantes; bis paies, couvertes de poils raides; poilues, couverl.es de poils mous ; soyeuses , couvertes de petis poils doux, couchés, alongés, luisans ; duveteuses, couvertes de petits poils soyeux et très courts, et dans ce cas on dit aussi qu’elles sont pubesccntes ; co -

immuses ou lomenteuscs, couvertes de poils mous nom* breux , entrelacés ; laineuses, couvertes de poils nombreux, mous, rameux, assez gros et entrelacés. Elles peuvent encore être visqueuses, enduites d’une matière gluante ; glanduleuses ou chargées de glandes ; aiguillonnées ou armées d’aiguillons. Enfin elies sont rugueuses , raboteuses , rudes, etc.

La coloration des folioles est importante à observer; elles sont : pâles , ou d’un vert tirant sur le blond ; jaunâtres ; d’un vert foncé, d’un vert gai ; glauques ; rougeâtres ; pourpres; panachées, marbrées , ponctuées, maculées , de diverse., teintes.

Les folioles peuvent être : minces; épaisses; transparentes ; opaques; molles; fermes; raides; coriaces; cassantes; tenaces.

Par rapport à leur durée, on dit les feuilles dèciducs ou tombantes si elles tombent chaque année à l’entrée de l’hiver; caduques , si elles tombent avant cette époque ; persistantes si elles restent l’hiver pour ne tomber qu’à l’époque où elies sont remplacées par d’autres ; permanentes l si elles se dessèchent sur l’arbre sans tomber, comme dans quelques espèces de chêne.

On comprend généralement sous le nom de feuille, l’ensemble des folioles, des pétioles, et des stipules.

r a 0 Des tiges.

Sous ce nom nous comprendrons, ainsi que les amateurs I de rosiers, la tige propre, les branches, les rameaux ,les j ramillqs et les rameaux florifères.

La est cette partie qui s’élève directement de des- j sus les freines. Dans sa jeunesse elle prend le nom de ‘ rejet.

La tige est droite ou érigée, lorsqu’elle s’élève vertica.- ! lement ; inclinée , s’éloignant de la ligne verticale ; couchée, étendue sur la terre, et dans ce cas on la dit rampante lorsqu’elle pousse des racines de ses nœuds. Cependant les botanistes qui ont écrit sur les rosiers emploient fréquemment cette expression pour celle couchée, et nous les avons imité. La tige est fJexueuse lorsqu’elle a plusieurs coudes arrondis; sarmenteuse, lorsqu’elle est grêle , très alongèe, propre à être palissadée.

On la dit nue, lorsqu’elle est sans poils ni aiguillons; ! inerme, lorsqu’elle n’a ni soies ni aiguillons; glabre lors- i qu’elle est nue et liese ; hispide, lorsqu’elle porte des soies ; i armée ou aiguillonnée lorsqu’elle a des aiguillon^ ; glanda- ;

fause, lorsqu’elle porte des glandes, pubcscente , lorsqu’elle a des poils.

Pour exprimer sa coloration et sa pubescence, on se sert des mêmes expressions que pour les folioles et autres organes.

Qu remarque dans les rejets , s’ils sont droits ou arqués, ou flcxucux; s’ils sont glabres et incrmcs, ou lùspides et aiguillonnés, etc.

Tous les caractères des tiges se retrouvent sur les branches et les rameaux, et se décrivent de la même manière.

Cependant on observe si ces derniers sont ramassés, partant plusieurs du même point; divergeas, s’éloignant de la tige presque à angle droit ; dressés, s’élevant verticalement; fasfigiés, réunis en faisceaux et rapprochés de la tige ; penchés; tombons, comme dans le saule pleureur; raides, droits avec une sorte de raideur; flagclliformes, en forme de verge; genouillès, formant une ilexuositè anguleuse à chaque gemme. Quelques écrivains appellent improprement articulés les rameaux genouillès, et moi-même, pour, me plier au langage des amateurs et des cultivateurs, je me suis plusieurs fois servi de cette expression dans le sens qu’ils lui donnent.

i3° De l’armure.

Sous ce titre nous comprendrons les aiguillons, les soies, et même les glandes.

Dans les aiguili.ons on étudie la durée. On dit qu’ils sont caducs lorsqu’ils tombent avec ou après les feuilles et qu’il n’en reste plus sur le bois de deux ans; persistons lorsqu’ils deviennent entièrement ligneux, très durs, et qu’ils restent plusieurs années sur le vieux bois.

Relativement à leur position, ils sont épars , placés sans ordre çà et là; groupés, rapprochés plusieurs ensemble à de certaines places, tandis qu’ils manquent dans d’autres; géminés, rapprochés par paires; stipulâmes , placés sous les stipules. Quelquefois ils y sont placés par groupes de trois ; serrés ; dispersés ; entremêlés de soies.

On examine leurs proportions relatives et on les dit égaux ou inégaux. Ils sont ordinairement simples, quelquefois composés dans le rosa simplicifolia; semblables, tous droits ou tous crochus; dissemblables, les uns droits, les autres crochus.'

On les dit : droits; arqués; courbés, crochus, très crochus, pour déterminer le» quatre degrés de courbures qu'il faut observer.

- 2 ÈOTANIQUE

Quant à leurs formes, ils sont minces, longs, courts, ;

®tos ou forts; leur base est élargie ; épaisse ; comprimée; Récurrente , c’est-à-dire se prolongeant en descendant sur la tige. Ils sont séliformes, ou dégénérant cn soies.

On étudie leur coloration, et on les dit : pâles, jaunâtres, rouges , etc. , A

Les soies paraissent être des aiguillons avortes. Elles sont nombreuses , rares, serrées , raides , molles , égales , inégales , vertes , colorées de diverses teintes que l’on détermine ; groupées ; éparses ; glanduleuses, surmontées par une glande, j

^ Les 'glandes sont : sessiles, fig. i/;; pédicetlècsfûg. iS; sphériques; ovales ; difformes, c'est-à-dire d’uneiorme irrégulière ; odorantes; in o dores ; visqueuses, etc. On détermine leur coloration , ainsi que celle des soies.

i/j° J)cs racines.

Les racines du rosier sont peu importantes à étudier sous le rapport de la botanique, cependant on observe que dans quelques espèces elles sont pivotantes et drageonnent peu, ■ tandis que dans d’autres elles sont traçantes, cest-àdire qu’elles courent entre deux terres et drageonnent beau-

C °ïLs remarquerons que ces deux propriétés des racines, et surtout la dernière, sont assez équivoques dans de certaines circonstances. Par exemple , tous les rosiers qui ont été multipliés par boutures, et principalement ceux qui 1 ont été plusieurs fois de suite par drageons, tracent prodigieu- ' seruent. Les rosiers obtenus de graines sont les seuls qui développent leurs racines d’une manière naturelle à l'espèce, les seuls, par conséquent qui méritent d’être étudiés sous ce rapport.

i5° De l’arbrisseau.

Tout végétal à tige ligneuse, persistant pendant une ou plusieurs années, est arbre , ou arbrisseau, ou arbuste.

La différence qui existe entre ces trois sortes de végétaux ligneux n’a pas été rigoureusement observée par la plupart des botanistes, jamais par ceux qui se sont occupés spécialement de la rose. .

L’arbuste a depuis quelques pouces jusqu à quatre pieds de hauteur ; l’arbrisseau a depuis quatre pieds jusqu’à quinze de hauteur ; et l’arbre, depuis quinze jusqu’à cent et davan-

■ ta ^l y a des rosiers de trois ou quatre pouces de hauteur,

DES nOSES.

les laurcnceana ; il y en a de vingt à vingt-cinq pieds, et néanmoins tous sont des arbrisseaux pour de certains auteurs , et des arbustes pour d’autres.

Quoiqu’il en soit, on dit d’un rosier que c’est un abrisseau élevé, lorsqu’il a plus de six ou sept pieds de hauteur ; moyen, lorsqu’il en a de quatre à six; bas, lorsqu’il en a de deux à quatre ; nain , lorsqu’il ne dépalsse pas deux pieds.

Il est touffu, lorsque ses rameaux sont nombreux et son feuillage épais ; diffus, lorsque ses branches nombreuses s’entrecroisent et s’étalent irrégulièrement; érigé, lorsque ses branches tendent à s’élever verticalement; d’un aspect dense, lorsque ses rameaux et son feuillage semblent former une masse serrée ; rampant, ou traînant, quand ses tiges sont couchées; grimpant ou sarmcnleux, quand ses tiges sont longues, grêles, propres à former des palissades contre un mur; arborescent, élevé, et ayant une tige grosse, lormant un tronc ; grêle, peu fourni et à rameaux mincesformant buisson, bas, touffu et arrondi; pyramidal , s’élevant verticalement, et diminuant insensiblement de largeur de la base au sommet, etc., etc.

On étudie aussi la coloration générale de son feuillage, et l’on dit que l’arbrisseau est d’un vert gai, pâle, sombre, triste, foncé, clair, glauque, rougeâtre, etc.

Ici nous terminerons notre glossologie du rosier, en engageant les amateurs à décrire quelques individus en consultant ce chapitre, manière la plus aisée et la plus prompte pour se familiariser avec les termes techniques consacrés par l’usage.

étude du rosier.

De l’IIybridité (1),

Les Grecs appelaient hybride , un enfant né de père et de mère de nations différentes; par exemple, le fils d’une Grecque et d’un Egyptien, ou celui d’une Égyptienne et « un Grec, était un enfant hybride. Les botanistes donnent nom à un végétal produit par deux plantes d’une espèce ° v I 11 ? S enre différent.

*oici comment s’opère le phénomène. Une plante entre

( l .) Ce chapitre , ainsi que les deux dà" i’ Ur Ce 1 ue nemendateurs ans u, rosiers, et monographie de

suivans «ont extraits nomment Esncï, par ce genre,

BOT ANIQtlB >

en fleur; un coup de vent, ou la main i^uBtricuse dun jardinier, apporte sur ses stigmates le pollen ou po J fécondante d’une plante voisine d une autre espece. ^ stigmate absorbe la liqueur fécondante contenue da vésicules de ce poUc», et la econdat.ou qui en résultent produisent de nouveaux individus qui lient à la fois de leur père et de leur mère. ^

Pour que l’hybridite ait lieu , il faut qu il y a , , le père et la mère des analogies qui n ’°“ l , P as asseï calculées , parce qu’on n’a pas encore observe u " grand nombre de faits pour cela. Si deux plante® “J^tion une ressemblance physiologique suffisante , la teconua

11 Pa P r a exem P le, on obtient des mulets ou hybrides de fâne et du cheval, jamais de 1 âne et de la chevre , du c de la vache. On obtient des mulets du serm e du ^

donneret, jamais du serm et de la fauvette, du c

ret et de la mésange; on obtient des hybrides du et de l’amaryllis, jamais du crinum et de la lartue.

Les enfans de l’âne et du cheval du serin et du JJ* donncret, du crinum et de 1 amaryllis, sont stérile , peuvent pas se reproduire. * " iche

1 Mais les hybrides de la chèvre et du mouton, du cas. ^ et du levrier, de l’homme blanc et du nègre, du ° milan et du brocoli, sont féconds; d’où cela vienl-4 que les analogies entre le cheval et 1 âne, le serin et i s donneret, le crinole et l’amaryllis sont assez nom" ^ pour que ces êtres puissent produire ensemble , a des individus fertiles, tandis qu elles le sont assez po ^ dans la chèvre et le mouton, le nègre et le blanc, niche et le levrier, le chou de milan et le broOP* Ie L’âne et le cheval, le serm et le cbardonneret^ j* chè . num et l’amaryllis sont des espèces; le br0C pli,

vre , le caniche et le levrier, le chou de milan et le W sont des races différentes dans la même> espece. jd *

L’hybridité se rencontre 'fréquemment dans la n ^ variété à variété ; très rarement d espèce à esp ^

entre celles qui nous paraissent les plus v * penfa» 1

pas que l’on ait jamais rencontre dans les champsi ,j. d’un renard et d’un loup, d'un chardonneret et d ^ notte, d’un pommier et d’un poirier, quoique ce»*? nous paraissent avoir entre elles une giandc a » j ell j Un enfant ne peut pas plus avoir deux P ere se ole

mères, parce qu’il ne peut être le résultat que ^

fécondation. Ainsi un hybride ne pouvant êtr

DES B0SES. j5

<l’un père et d’une mère., ne peut donc avoir une ressemblan* ce de filiation qu’avec deux individus. Quand M. Poiteau laisse passer dans la Revue horticole, une annonce de M. Foulard ainsi conçue : rosa perpetuosissima , hybride de Damas, de fille-Bourbon , de noisette, de majalis, de Bengale, de thé et de cent-feuilles, M. Poiteau laisse passer une erreur grossière, car une rose ne peut être hybride que de deux de ces variétés.

1 -°> e N0ISETTE blanche simple , du catalogue de M.Vibert, si l’on n’a pas égard à l’époquede la floraison et au rapprochement des styles, il faut laisser l’arbrisseau avec les noisettes ; si l’on n’a pas égard à l’époque de sa floraison et à la position de ses rameaux non traînans, c’est un serapcrvirens; enfin, si l’on aégardà l’époque de sa floraison et à quelques autres caractères , c’est un moschata. Les personnes qui expliquent les rapports des espèces par l’hybridité, sc trouveront tout aussi embarrassées ici que pour la rose de M. Foulard, car voilà un arbrisseau qui ne lient pas de deux espèces, mais de trois bien constatées. Il faut donc lui supposer deux pères ayant également contribué à sa naissance, ce qui est une absurdité, ou renoncer ppur lui nu système de l’hybridité.

Quelques physiologistes ontnié l’hybridité. Nous ne sommes pas de cet avis; mais nous croyons que, sans mettre * oul " d en ^gne de compte, MM. les amateurs et cultia eurs de roses ont beaucoup trop abusé de ce mot. Ils sèeut d es graines de cent feuilles, ils obtiennent des rosiers qui ont de 1 analogie avec les damas , les alba, etc. ; aussitôt , s eci( lent que ces rosiers sont hybrides de cent-feuilles et ne damas, d’alba, etc. , c’est aller un peu vite 1 D’autres , cependant , sont encore plus expéditifs : ils sèment des graines cueillies au hasard, puis quand les individus qui en proviennent sont en fleur, ils les étudient, et les classent arbitrairement parmi les hybrides de telle et telle espèces, parce qu’ils croient leur reconnaître les caractères spécifiques de ces deux espèces : or, il peut arriver, et il arrive uieme fréquemment, que ces prétendus hybrides sont proenus d’une graine qui n’appartenait ni à l’une, ni à l’autre es deux espèces dont ils portent les caractères, tous les cultivateurs qui ont semé des roses en observaurs, savent parfaitement cela ; il me reste à le démontrer mutine^ 11 * ^ conna ‘ ssent en toutes choses (qu’une aveugle

set?? J®? 1 » me Promenant dans l’établissement de M. Noi- > J aperçus quelques pieds de rosiers pimprcnclle à

travers un semis de Bengale, et je les lui Ils remarquer. Il me dit qu’il n’avait semé que des bengales , mais que malgré la précaution qu’il prenait de choisir ses graines avec beaucoup de soin et d’attention, il lui arrivait constamment de trouver des pimprenelles dans ses semis. M. Laffay d Auteuil et d’autres cultivateurs m’ont raconté le même fait ; et moi-même j’en ai fait l’expérience à Wissous.

Dans ce cas, voici c» qui arrive : on examine ce rosier pimprenelle, et on ne lui trouve aucune analogie avec sa mère de Bengale, mais on lui reconnaît quelques caractères de Provins on d’alba : on classe aussitôt ce rosier parmi les hybrides de pimprenelles et de Provins ou d alba , et l’on se trompe. Ce rosier est tout simplement un individu qui retourne brusquement à un de ses premiers types, sans aucune hybridité.

Il arrive plus fréquemment encore , que 1 on obtient des individus sur lesquels les caractères assignés aux espèces sont tellement confondus, qu’on ne peut aucunement les déterminer; tels sont, par exemple, les rosiers nommes dona sol, Amélie Guérin ,-triomphe dc Laffay, Davoust , Cornélie, Égine, etc., etc. On ne peut raisonnablement les donner pour des hybrides, et cependant c’est ce que font nos cultivateurs, qui les classent parmi les hybrides dont la place est indéterminée. . .

Les gens qui voient de l’hybridité partout, sont induits en erreur par l’importance qu’ils attachent aux caractères spécifiques attribués par les auteurs aux rosiers, et ces gens croient qu’ils doivent regarder comme dérivant d une espèce tout individu qui en porte la livrée.

Ce raisonnement, quoique faux , a cependant une apparence logique de vérité , car, pour être conséquent, il faut opter entre ces deux[choses : admettre l’hybriditépartout où se rencontrent les caractères spécifiques de deux roses de diverses espèces: ou n’admettre que le petit nombre d espèces établies sur des caractères invariables, et ce nombre se réduirait à trois , savoir : le rosa simplicifolia , lutea , et centifolia ; c’est aussi ce que l’on devrait faire.

On cultive un nombre immense de variétés de tulipes, d’œillets, de renoncules , d’oreilles d’ours, de dahlia, de camellia, etc., etc., toutes différant entre elles autant et davantage que les variétés de roses. Personne n’a été tenté de chercher de l’hybrité dans les variétés nouvelles qu’on obtient tous les jours par le semis, et cependant elles offrent des formes et des couleurs combinées à l’infini.

Pourquoi n’admettrait-on pas pour les rose?, cette puis-

DES HOSES. 77

sauce de la nature, cette richesse inépuisable qu’elle déploie dans les fleurs que nous venons de citer ? Ne peutelle pas tout aussi bien rassembler sur un individu la forme de la cent-feuilles, les feuilles de la pimprenelle,l’odeur du Provins, qu’elle peut donner à une tulipe, l’éclat, la forme et la grâce de trois autres variétés sans appeler à son Secours une fécondation adultérine? Serait-il plus difficile à expliquer physiologiquement comment un rosier sauvage | peut devenir, par la culture, une odorante cent-feuilles, ' que la manière dont un poirier sauvage, aux longues épines, aux fruits petits et acerbes, peut devenir un doyenné ou une duchesse d’Angoulôme ?

Et d’ailleurs, si l’hybridité était une chose aussi commune qu’on le dit, pourquoi n’agirait-elle que sur de certaines espèces , et pas sur d’autres ? Y a-t-il un jardinier qui puisse me montrer des cent-feuilles, des alba, des Provins, etc. , i hybrides de Tosa simpticifolia , eglantcria, lutca , punicea?

t ÎNon, parce que ces rosiers ont des caractères invariables,

( qui les constituent espèces, et l’on n’en obtiendra des va-

f riétés qu’en les soumettant à une culture très soignée, et

en semant leurs graines, qui seules, produiront celte couleur jaune jonquille qui les fait si bien trancher avec toutes les autres roses.

Les mêmes causes qui produisent des variétés dans les autres êtres organiques, produisent aussi les variétés de roses, et ces causes sont nombreuses, quoique peu connues, sans y comprendre l’hybridité.

Pour conclure , nous pensons que ce phénomène n’est rien moins que prouvé dans les variétés de rosiers, et que l’on pourrait même le rejeter absolument puisqu’il n’y a qu’un seul fait qui l’établisse, l’origine du rosier noisette, et que ce fait s’étant passé en Amérique, et ayant été rapporté de plusieurs manières contradictoires , pourrait être t'évoqué en doute (1).

i frèi

(l) M. Philippe Noisette, d’Amérique , a écrit a sctte , en lui envoyant te rosier qui porte son nom ée la fécondation artificielle du ro.ia inilica avec le esi-il certain que M. Philippe Noisette, ne se soit , ,

opération ait réussi; et qu’il n’eût pas obtenu le meme résultat d sraine de rosa inilica qu’il n’eût pas fécondée? Nos cultivateurs obtiennent tous les jours de nouvelles variétés de Noisette , en semant des graine» de Bengale qu’ils n’ont pas fécondées artificiellement.

Louis Noi.' vait obtenu moscliala. Mais

Do l'importance des caractères spécifiques dans le genre rosier.

Pour qu’un caractère spécifique soit bon et admissible parles botanistes, il faut qu’il soit invariable et identique ' dans tous les individus de la môme espèce. Ceci est rigoureusement vrai et admis par tous les naturalistes , pour tous les êtres que la nature comprend. Si le caractère spéci- j fiquc manque dans un individu , celui-là ne sera pas de l’espèce, ou le caractère ne sera pas spécifique.

Un individu , privé de tous ses caractères spécifiques ne serait plus qu’un monstre informe, qu’un accident bizarre , qui ne pourrait plus remplir de place dans la chaîne j des êtres.

Il n’est pas toujours aisé de trouver les véritables caractères spécifiques d’un être, et c’est à cette difficulté qu’il i faut attribuer la lenteur des progrès que l’on fait en histoire < naturelle.

Dans l’article suivant nous chercherons à caractériser I l’espèce; il nous suffit ici de démontrer que les auteurs qui ont écrit sur les roses, se sont trompés en regardant comme j spécifiques, dans le genre rosier, des caractères variables ! et peu importans.

Ils ont cherché ces caractères :

i° Dans les fruits. Plusieurs auteurs ont établi, non seu- j lement des espèces, mais des tribus, sur la forme du fruit I rond ou ovale.

Or, il n’est pas un organe plus variable que le fruit, ! dans sa forme et sa couleur ; il n’est même pas rare d’en j trouver de toutes les formes sur un seul individu. C’est ainsi qu’on en voit de ronds, ovales, turbinés, etc.> sur un même pied de sempcrflorens ; d’hémisphériques, de déprimés, de turbinés, d’ovales, de pyriformes , dans le ma j rapa.

On en trouve de poupres, d’orangés, de rouges, dans le carolina ; il est rouge dans le rubclla , et noir dans sa variété. .

Plusieurs rosiers portent pour caractère spécifique l’his- ; pidité des fruits, et néanmoins leurs variétés se montrent avec des fruits glabres.

Il y a plus, quelques espèces des botanistes, par exemple, le rosa taxa , n’en portent point du tout, et sont par consé- > quent des variétés parvenues au dernier point de la dégra- j dation.

2 0 Caractères tirçs des styles, On sait que toutes les fois

DES ROSES. jrg

qu’une rose devient double, ce sont ses étamines et ses pistils qui se métamorphosent en pétales, en tout ou en partie.

Ainsi donc le nombre des styles ne peut être admis , puisque plusieurs n’en ont point, par exemple, les rosa centifolia , burgundiaca, et en général toutes les espèces et variétés à fleurs pleines et prolifères.

Le nombre des styles ne signifie donc rien, puisqu’il peut varier, de cinquante à trente, à vingt, à dix, dans la même espèce, en raison du plus ou moins grand nombre qui se sera changé en pétales.

La pubescence de ces styles ne signifie pas davantage, car dans le canina , par exemple, ils deviennent d’autant plus velus que l’arbrisseau croît plus au nord ; les poils diminuent à mesure qu'il se rapproche du midi, et enfin les styles sont tout-à-fait glabres dans le midi de l’Europe.

Regardera-t-on comme un caractère plus essentiel leur soudure? mais ils sont libres dans le noisetliana, et avec des graines de cet arbrisseau M. Prévost fils a obtenu le type du moschata dans lequel ils sont soudés, et l’on ne peut pas plus admettre qu’une espèce en produit une autre, qu’une femme peut accoucher d’un faon. D’ailleurs, le type du moscliata , qui a les styles soudés., fournit beaucoup de variétés dans lesquelles ils ne le sont pas ; nous citerons pour exemple les variétés muscade semi-double, de Vibert, muscade double du même, princesse de Nassau de Lafléy.

Quelquefois les styles sont saillans hors la gorge du calice, et quelquefois inclus dans la même espèce.

3° Caractères tirés des étamines. On a considéré les étamines sous le rapport de leur nombre, de leur persistance, mais ces caractères ont paru si vagues , si incertains, si variables dans les variétés d’une même espèce, iqu’ils ont été abandonnés , même dans les descriptions les plus minutieuses. '

4° Caractères tirés des pétales. Sous le rapport du nombre, °u ne peut s’en servir, car toutes les espèces de roses en °nt cinq, à l’état de nature, et dans les variétés ce nombre augmente en raison de la culture , de la taillé , et même de l’âge des individus.

Quant à leur forme, elle est tout aussi incertaine, et personne n’ignore qu’elle varie dans les variétés d’une même espèce, au point de voiries pétales s’oblitérer jusqu’à l’onglet dans la rose apétale.

La même raison fait qu’on ne peut tirer aucune induc-

g 0 botanique

f.on spécifique de leur longueur , comparée à la longueur des sépales^ Par exemple, dans les fleurs du carôhna, 1

centrale de chaque corymbe, dans la meme vanét ,

m La couleur des pétales peut devenir importante si on la considère physiologiquement. Il est nécessaire de donner i Sê oplniKn peu de développemeu., afin de eue fa.ro

"Te! véXufcoiuennen. u„ grand nombre de pnndpc. colorans qui n’ont pas encore été sépares des substances auxquelles'üs^ont inis; tels sont le jaune, de la gaude , ?;ïe de la garance , etc. Lorsque ces pnnc.pes^colo- Jans sl trouvent en contact avec un acide, contact qm, dans la nature est le plus souvent un effet de» la»

rouge^des fruits est due à la combinaison d un acide avec un principe colorant bleu ; et, par M. rée g

que toutes les fleurs pourpres, rouges et bleues, sont colortes par un acide analogue à celui des fruits. .

P Le rouge, le bleu et le blanc, passent 1 un dans 1 autre avec une S telle facilité qu’ils ne peuvent guère être produits que par des substances de même nature. L orangé, comrn S de la capucine, varie fort peu, et le ,aune pur parmt f-tre la couleur la plus constante dans les fleurs. On te re

marque dans les oluciféres «le. composées, où c.«e e^

leur a une telle permanence que Linnée, de La ,o" arck > de Candolle, et une foule d’autres botanistes, n ont pas hésité à la regarder comme fournissant un très bon carac tère spécifique. En effet, il est remarquable que dans ks flerJcomposées dont les rayons sont bleus e * . fl f ”

jaunes, jamais ces couleurs ne. changent dé placé , ^ p ibis le disque devient bleu , les fleurons ont disparu pour faire place à des demi-fleurons. v A endémie

M. Lemaire de Lisancourt, en 1824, a lu à l ^ cadé ^f de médecine de Paris un mémoire sur la °n de

fleurs, dans lequel il établit que leurs nuances sont des re sultats physiologiques et chimiques du mode d abs P des fluides gazeux ou liquides. Il déduit cqs conséquences de nombreuses expériences qu’il a faites sur des p appartenant à diverses familles. Il a vu que le jaune appar^ tenait aux corolles qui contiennent de 1 alcali ; que qui contiennent de l’acide acétique ou de 1 acide carbom.

ques , sont roses, rouges ou écarlates. Celles où Ton ne trouve nulle prédomiuence acide ou alcaline sont blanches.

Nous en concluons que le jaune pur , c’est-à-dire, le jaune jonquille, le jaune orangé, et le jaune capucine, est une couleur physiologique, pouvant fournir un caractère spécifique, parce qu’il tient à la composition chimique d’une plante ; nous en concluons aussi que le rouge , passant par toutes les nuances du blanc au rose, au violet, au cramoisi, etc., est dans le même cas. Or , la couleur peut donc déjà servir à caractériser dans le genre rosier, non seulement deux espèces, mais deux tribus bien tranchées.

On m’objectera que l’on trouve des roses jaunes dans d autres espèces que le rosa simplicifolia , lutca et sulphurea. J ai cherché des roses jaunes, et je n’ai trouvé que des roses jaunâtres, ou même verdâtres, mais jamais d’un jaune jonquille, jamais d’un jaune assez pur pour pouvoir passer à l’orangé. Cela vient de ce que cette couleur n’était pas ce que j’appelle physiologique , c’est-à-dire , le résultat de la présence d’un alcali.

La couleur fondamentale du tissu végétal est, comme je savent les chimistes, comme l’a démontré M. Sennehier, est d’un blanc jaunâtre. Le blanc jaunâtre, combiné avec le bleu noir du carbone, donne le vert des feuilles ; mais si le carbone, ni les acides, ni les alcalis, ni enfin aucun autre agent chimique n’agit sur le tissu végétal d’une corolle, elle conservera sa couleur moléculaire d’un blanc jaunâtre , et un jardinier appellera cette fleur bengale Jaune, noisette jaune, etc. Cela est si vrai, que toutes ces fleurs prétendues jaunes , ont toujours quelques parties qui dénoncent le rose, le rouge, le lilas ou le blanc.

L £ jaune pur sera donc une couleur qui pourra fournir un caractère spécifique , et voilà le seul caractère constant que nous ayons rencontré jusqu’ici. Voyons si nous en trouerons d’autres.

5° Caractères tirés des sépales. Les sépales étant toujours a u nombre de cinq, on a été obligé de chercher des caractères spécifiques dans leur position et dans leur permanence , et l’on a dit : « sépales convergentes dans telle espece, étalées dans telle autre. »

. Ce caractère n’a nulle valeur , car sur le fruit de plus *eurs espèces et variétés, entr’autres sur les rosa spinosis- Sl fna, et sur la variété à rameaux velus du pyrenaïca , les s epales sont tantôt étalées, tantôt convergentes.

On a encore dit : « sépales persistantes , et sépales cau ques. » Or, dans le rosa alba les sépales sont caduques, et

Sa

elles sont persistantes dans sa variété amélîâ, de Vibert. » y a plus, elles sont quelquefois caduques, quelquefois per Estantes, sur le rosa indica.

îtantes, sur le /•</*«

6 ° Caractères tirés du tube du calice. Sous le rapport de la forme, tout ce que nous avons dit de la variabilité du fruit s’applique au tube du calice, qui n est lui-même que 1 fruhfavantsa maturité. Aussi, le trouve-t-on globuleux dans le rosa parvifotia, turbiné dans sa variété de fleurs doubles, et surmonté dun long collet dans yiété cultivée a fleurs simples. Dans le tomenlosa le fruit est ou long, ou rond , ou turbiné, ou déprime, < 31 ?"elquefms toutes ces formes se rencontrent sur les fruits d un seul m

dl Sous* le rapport de sa pubescence, le tube <h> calice est tout aussi variable. 11 est tantôt hispide, tantôt à peine pubescent, tantôt absolument glabre, dans le rosa tomenlosa dont nous venons de parler. Dans le rosa J

tin [ex de Prévost, c’est encore bien mieux: le tube du calice J , n u.. psi hismde. glanduleux,

tiplex de Prévost, c’est encore Dien mieux, «.

delà fleur centrale du corymbe est lnspide, glanduleux

celui des fleurs latérales est tout-à-fait glabre.

7 o Caractères tirés des bractées. Ils sont tout aussi incertains que les autres , car on ne peut même rien conclure de l’absence ou de la présence des bractées. Par exemple , oJ n’en trouve jamais auprès des fleurs solitaires d un individ J ou même d’une branche, et elles existent sur les pédoncules divisés du même arbrisseau, de la même branche. Le rosi alpina n’en a pas lorsqu’on le laisse croître librement, sans le soumettre à la taille : il en a si on le tai le.

Quant à leur forme, c’est à peu près la même chose. ■ Sur le rosa pvrcnaïca à rameaux velus, on en trouve sur le même sujet /et quelquefois sur la même branche, d arro dies et obtuses , et d’ovales et aigues.

aies et uuiu&cd ? u —n -

8 ° Caractères tirés des pédoncules. Le pédoncule est si variable dans sa longueur, qu’on ne Pa jamais étudié S oua| . lue n-nvïns . Tiar exemple, on en trouve ay

riable dans sa longueur, qu on ne i - 1

rapport. Dans les provins, par exemple, on en trouve de prodigieusement longs, d’autres tellement courts que 1»

fleur paraît presque sessile; tout le monde sait cela.

C’est donc relativement à l’inflorescence qu on 1 a obser ' vé. Mais tous les rosiers portent leurs fleurs en corymbe plus ou moins bien formés, plus ou moins composes, il résulte que ce caractère est assez uniforme. Quelques n siers , à l’état sauvage, ont des fleurs solitaires et par co séquent un pédoncule simple ; par exemple, les,rosa bla alpina, rubelta, spinosissima, etc,, etc. Soumis à la t

et à la culture , le pédoncule se ramifie, se garnit de bractées qui avant n’existaient pas, et les fleurs paraissent deux à deux , trois à trois, ou enfin en corymbes plus ou moins composés.

On trouve aussi à l’état sauvage des espèces qui, sur quelques rameaux , portent des fleurs solitaires , et sur d’autres rameaux des fleurs géminées ou ternées, tels sont les rosa taxa, parvifolia, etc., etc.

Le pédoncule est tout aussi vague si on l’étudie , sous le rapport de sa pubescence, car tout ce que nous allons dire, dans l’article suivant lui est applicable.

9° Caractères tirés de la pubescence et des glandes. II est si fréquent de trouver des variétés glabres provenant d’espèces pubescentes, que nous n’avons pas besoin d’en citer des exemples. Ce qui est moins commun , c’est de voir des rosiers glabres produire des individus pubçscens. Cependant, parmi plusieurs exemples, j’en citerai un fort remarquable: j’ai vu chez M. Laffay, un rosier de Bengale qu’il nomme desfossés. Cet arbrisseau a, comme les provins, des poils et des glandes sous la nervure principale de ses folioles.

Nous avons vu, article 2, que les styles du canina sont glabres ou velus selon que l’arbrisseau croît au midi ou au nord de l’Europe. Le tube du calice du lucida et de plusieurs autres rosiers américains , perd ses glandes et ses soies quand on les cultive dans les environs de Paris.

Enfin, les glandes se retrouvent sur plusieurs espèces n’appartenant pas à la même tribu.

Quelquefois, par exemple, dans le rosa carbonara de Prévost, le tube du calice est pubescent avant l’épanouissement des fleurs et glabre après.

Dans les rosa noiscltiana , borboniana, laurenceana, etc., le calice est tantôt glabre, tantôt pubescent, taulôt glanduleux, dans les types et leurs variétés.

io° Caractères tirés des aiguillons. Les botanistes ont attaché une grande importance aux aiguillons ; il est contrariant qu’ils n’aient pas été sur ce point, plus heureux que sur beaucoup d’autres.

On a observé leur absence ou leur présence. Tout le monde connaît la jolie nosE sans épine de M. Noisette ; elle appartient au scmperflorens , dont les rameaux sont armés d’aiguillons crochus; plusieurs bengales sont dans le même cas, et n’offrent pas l’apparence d’un aiguillon.

Us manquent dans les rosiers d’Amérique transportés

dans nos jardins de Paris, quoique ces rosiers en soient armés dans leur patrie.

Quant à leur position, ils sont géminés sous les stipules dans le rosa parvifolia , et solitaires sous les stipules dans sa variété cultivée à fleuhs simples.

Ils sont nombreux, crochus et stipulâmes dans le carotina; toujours droits et jamais stipulâmes dans sa variété corymbosa ; absolument nuis dans la variété liudsoniana.

Les aiguillons offrent cependant un caractère invariable, dit-on, mais que l’on ne rencontre que sur une seule espèce, le rosa simplicifolia, où ils sont composés. Ils sont simples dans tous les autres rosiers. J’ai vu le rosa simpticifolia au Luxembourg, et je ne lui ai pas remarqué d’aiguillons composés. M. Redouté ne les a pas vu non plus, car il ne les a pas ainsi représentés dans son charmant dessin.

ii° Caractères tires des feuilles. Les feuilles varient tellement dans les rosiers, que lorsqu’on a cherché à en tirer des caractères spécifiques, on a vu la plus grande partie des variétés se refuser à un classement méthodique.

La forme des folioles, leur coloration, leur vestiture, varient presqu’autant qu’il y a de variétés dans une espèce. Nous possédons aujourd’hui des rosiers qui ont les feuilles plus grandes que celles du macrophylla , ou plus petites que celles du parvifolia.

Quant au nombre des folioles, c’est autre chose; il offre un caractère spécifique, qui se borne à ceci : la feuille est simple ou composée.

Bosc a établi une espèce, rosa trifoliala, le rosa sinica de Lindley, sur la considération de sa feuille qui est composée de trois folioles. M. Prévost fils, qui la cultive, en a semé les graines et en a obtenu, à la première génération , un individu dont les feuilles sont composées de cinq folioles, ", et souvent même on en trouve de semblables sur le type.

A partir de cinq folioles jusqu’à treize, rien n’est plus variable que ce caractère, aussi a-t-il toujours été négligé ou employé seulement comme supplémentaire.

12° Caractères tirés des stipules. Dans le rosa rapa , les sli* pules sont quelquefois étroites , d’autrefois très dilatées; on en trouve de simplement dentées sur leurs bords , d autres qui sont ciliées de glandes, etc. ; elles sont aplaties dans le type, roulées en dessous dans la variété a fleubs simples de Prévost.

Sur les provins, les cent-feuilles, les damas, et autres»

on peut trouver sur les variétés d’une seule espèce , toutes les différences de forme, de couleur et de vestiture qu’elles peuvent affecter.

Nous avons passé en revue tous les organes chez lesquels les botanistes ont cherché des caractères spécifiques, et nous avons vu que tous sont extrêmement variables ; il nous reste pour convaincre entièrement nos lecteurs de l’insuffisance de ces caractères, à comparer ensemble une espèce et une variété de la même espèce, le rosa alla. Pour qu’on ne suppose pas que l’hybridité soit pour quelque chose dans la variabilité des organes caractéristiques, nous choisirons une variété résultant d’un accident provenu à une branche de rosier cuisse de nymphe, et fixée au moyen de la greffe , par M. Prévost fils ; cette variété est la placidie de ViberU ( Voyez le Tableau à la page suivante. )

aosEs,

Pour ne pas trop alonger ce tableau, et aussi pour ne citer que des différences regardées comme importantes, nous avons retranché une foule de nuances qui font un grand effet dans le faciès de ces trois rosiers. Nous avons comparé les deux variétés à leur type.

Nous aurions pu choisir deux variétés dont les dissemblances eussent été beaucoup plus grandes et plu*s nombreuses, mais nous avons tenu à cet exemple , parce que le rosier placidie n’est réellement qu’un rameau du rosier cuisse de hymphe.

De l’espèce.

Qu’appelle-t-on espèce î Qu’est-ce qui constitue l’espèce?

Toilà la question la plus importante que l’on puisse faire aujourd’hui, non seulement en botanique, mais encore en histoire naturelle en général. Pour peu que les nomenclateurs continuent encore pendant quelques années à n’attacher aucun sens, comme les monographes du rosier, ou un sens arbitraire, comme une foule de naturalistes, au mot espèce, la science, déjà parvenue à un haut point de confusion, deviendra un chaos tellement embrouillé qu’il faudra tout abandonner pour tout recommencer.

Le défaut de logique, l’ignorance et la vanité, voilà les trois vices qui sont cause du mal. Le défaut de logique parce qu’on a cru comprendre une chose quand on ne pouvait pas la définir ; l’ignorance, parce qu’on n’a pas su calculer l’importancc d’une erreur; la vanité, parce qu’on a été flatté d’être l’auteur d’une espèce et de mettre milii après un mot latin , au lieu de mettre Linnée, de Candolle, ou un,autre nom.

Plusieurs naturalistes célèbres ont cherché à définir l’espèce, et voici ce qui est résulté, ou à peu près, de leurs opinions combinées. « L’espèc e est un individu provenu d’un ‘individu semblable, et qui se reproduit identiquement

* semblable. »

Cette définition est si vague qu’on peut l’appliquer également aux genres et aux familles comme aux espèces, car pour cela il ne s’agit que de chercher leur ressemblance dans tels ou tels autres organes.

« Les espèces, dit M. De Jussieu, qui sont parfaitement

* semblables dans toutes leurs parties, et qui se reprodui

* s Çnt toujours sous les mômes formes , sont autant d’indi-

* vidus qui appartiennent tous à une seule et môme espèce. 1 ou, ce qui est la môme chose, l’espèce doit renfermer

gg BOTANIQUE

» les individus qui se ressemblent par le caractère uni-

* L^admirateurs aveugles de ce grand homme uVspÏcÏ cette définition lumineuse, et n’ont rien commis à 1 espece. Il n’v a pas deux plantes dans la nature > ^me dans la même espèce, qui soient parfaitement S enlb ab es ^ nS i ^ tes leurs parties ; quant au caractère universel P

vons trop savoir ce que M. De Jussieu entendai P ' , P

qu’il ne l’a pas défini.

« L’espèce, dit M. Mirbel, se compose de la s ucces »>°“ » des individus qui naissent les uns des autres, P“ S »

» ration directe et constante, soit qu’elle s opéré par œuis » ou par graines, soit qu’elle s’opère par simple separalio » de partie. »

Voilà une définition rigoureusement j uste * £ e P en( J a 1 " elle est insuffisante en ceci que, tout en nous apprenantle propriétés physiologiques de 1 espece, elle ue PP ,

pas la manière de reconnaître ces propriétés et pat censé quent à distinguer une espèce d une variété ou vidu car il y a des individus qui ne sont pas espece et qui n appartiennent à anenne «Jtee : tons les mulets sont dans ce cas.

2 cas. ... m

M. Mirbel ajoute : «On retrouve communément dansilio , dividu, l’ensemble des caractères qui distinguent {espece » à laquelle il appartient, de toutes les autres especes du » règne végétal. »

Ici, nous trouvons que ce savant botaniste ne raisonne plus avec une logique aussi serrée, car l’ensemble des caractères oui distinguent l’espèce , ne me dit pas quels sont ces caractères. On voit cependant que 1 auteur a eu e » vue faciès général, la physionomie de la plante, car il ajov qu’après avoir vu un lis blanc on ne confondra jamais un individu de cette espèce avec un autre lis, un martago

Pa Nous“r P oyôns qu’il est mille plantes que l’on confondrait

aisément avec des espèces voisines , si l’on s en rappoi a au faciès, par exemple dans les violettes , les aloès, les cu> noies, les amaryllis, les pins, etc. .. -

Nous ne rapporterons pas ici les nombreuses defini données par d’autres auteurs , parce que toutes se rappr chent plus ou moins de celle de De Jussieu et de Mirbe , et que pas une n’est complète.

Essayons d’expliquer clairement, non pas ce que regarde comme espèce , mais ce qui l’est réellement dan

DES HOSËS.

1 ordre de la nature, et ce à quoi on pourra reconnaître ce qui est espèce et ce qui est variété.

. l ’espèce , comme le dit Mirbel, se compose de ta succession des individus qui naissent les uns des autres par générations directes et constantes, j’ajouterai : et dont chaque individu est propre à reproduire , par la génération, des Êtres fer■ tiles semblables à lui par un ou plusieurs caractères invariables dans tous.

Ce n’est pas moi qui donne cette définition , c’est la nature, et la preuve, c’est que tous les hybrides d’espèces tels que les mulets provenant de l’âne et du cheval, du serin et du chardonneret, sont stériles comme toutes les plantes nees véritablement de deux espèces constatées.'Cette opinion est celle de tous les physiologistes , et il y a plus, c’est qu’elle seule peut donner de la réalité et un sens au mot espèce. Si on ne l’adoptait pas il faudrait retrancher du dictionnaire un mot qui ne signifierait absolument rien, et qui serait plus logiquement remplacé par celui de variété.

La variété est un individu auquel une cause accidentelle a donné des caractères différons de ceux de l’espèce, mais qui ne sont point invariables, c’est-à-dire qui ne se reproduisent pas identiquement dans les individus provenant de graines, après une ou plusieurs générations.

Une variété peut se reproduire de graines pendant plusieurs générations, mais seulement lorsqu’elle est placée dans les circonstances qui ont produit l’accident. Qu’on l i rende à la nature et elle rentrera rapidement dans son type, ou elle périra. ^

ti il en était autrement nous trouverions tous les jours dans les champs les superbes fleurs doubles, panachées, variées de mille manières, que l’on admire dans nos parterres, où seulement elles trouvent li^ur condition d’existence, les soins du jardinier.

. Comme nous avons dit que le caractère spécifique était mvariable, il doit se trouver dans la variété, comme le caractère générique se trouve dans l’espèce. C’est aussi ce qui arrive toujours.

Cependant, les variétés jardinières étant des monstres créés par l’art et se perpétuant artificiellement par la greffe, d se peut que quelques-unes d’entre elles aient perdu ces caractères, mais je ne crois pas qu’il s’en présente d’autre exemple dans le genre rosier que celui de la rose apctala , n ’a plus un de ses caractères génériques.

Ceci posé , voyons si les botanistes ont donné de bonnes r *sons pour établir plus de cent espèces dans un genre qui

botanique

J« différence» .nlBsanle» pour

^AiSaRSSSSBU^

P Nous'a™™ 1 '™ rÊücle * instance «™»« spécifiques , la valeur de ces différences; voyons à présent

Ce ïî v'L Certainement plus de différence entre le carlin aux jambes courtes, au corps ramassé, au museau épate , et le lévrier aux longues pales, au corps fluet et au nex uointu. qu’il y en a entre le mâtin et le loup, çnüe le

»»r levrier aux longues paies, - , , .

pointu qu’il y en a entre le mâtin et le loup, entre>le chienloup et le renard, entre le levrier et le chacah ll j a plus de différence entre le bichon que les <de “a' trelois dans leur manchon, et le grand danois qures de M taille d’un veau ; entre le chien turc qui a la peau nue , « l'épagneul qui est couvert de soies longues de six a huit pou ces P , qu’ênîre l’âne et le cheval , le léopard et la panthère. Or ?e carlin, le levrier, le bichon, le grand danois et le

chien turc, sont des individus de k même espèce , par laj

raison qu’ils produisent entre eux des individus ieconds. Le mâtin et le loup , le chien-loup et le renard, le cvntr et le chacal, l’âne et le cheval, le léopard et la panthère , sont des espèces différentes quoique se ressemblant beaucoup , parcé que les individus qu’ils produisent ensemble sont stériles, et même il est présumable que 1 accouplement serait impossible â l’état sauvage. .

11 n’exislc pas de variétés de rosiers, dans une des tro espèces physiologiques, même en les choisissant dans les races les plus éloignées, qui diffèrent autant entre e es que les chiens que nous venons de nommer; comme eux elles peuvent produire des hybrides féconds ; pourquoi donc en avoir fait des espèces tandis que les chiens sont restés variétés? Est-ce que le mot espèce serâit vide de sent i ou a» rait une acception arbitraire pour MM. Lindley, Iboryjj etc. ? alors l’échafaudage des sciences naturelles eleve avec tant d’étude et de peine parles Linnee, les Cuvier, les Mi ' bel, et autres, serait renversé de fond en comble, l^s que la logique , l’analyse, la raison et 1 expérience , san lesquels les hommes marchent en aveugles et manquen route de la vérité, seraient des abstractions inutiles pour te ,| monographes? „ -J

Je concevrais encore que des hommes entièrement voue»

DES ROSES. gt

à l’étude d’un genre, et n’ayant aucune autre notion en botanique et en zoologie , aient pu manquer d’idées philosophiques , ne pas sentir l’importance d’une classification fondée sur les lois de la nature, ne pas comprendre la valeur spécifique de tel ou tel autre caractère. Mais que l’on lasse avec connaissance de caqse des espèces avec des rosiers que l’on sait être hybrides, comme le noisctliana (1), que l’on dise comme M. de Pronville qu’on a hésité à faire une espèce nouvelle d’un rosier obtenu par un jardinier; que l’on dise comme Lindley que l’on fait de tel rosier une, espèce , par amitié pour M. un tel ; que l’on fasse des espèces avec des lleurs doubles, cela me passe absolument.

Un rosier trouvé à l’état sauvage avec des fleurs doubles, est pour tout physiologiste une simple variété accidentelle, ou ce n’est plus un rosier puisqu’il a plus de cinq pétales, et M. De Candolle, à mon avis le meilleur botaniste de l’Europe , savait cela mieux que personne ; comment a-t-il pu se laisser entraîner par le torrent, lui dont le talent pouvait lui opposer une digue si puissante ! ,

On m’a dit : Si vous n’admettez que trois espèces de rosiers, comment exp’iqueiez-vous cette analogie frappante qui existe entre les rosiers américains, qui ne ressemblent pas aux rosiers d’Asie ; entre les rosiers d’Asie , qui ne ressemblent pas aux rosiers d’Europe ? Ceci s’explique de soitnême et prouve que les mômes influences produisent les Blêmes effets, ce qui doit être. Cela prouve encore que le rosier, comme tous les êtres organisés, est sujet à varier on raison du climat qu’il habite, et que si l’on avait pris en considération cette règle constante de la nature , ou n’aurait pas fait des espèces avec des variétés de localités.

Ee grand inconvénient de créer arbitrairement des espèces, le voici : plus on en augmentera le nombre, plus on augmentera celui des caractères spécifiques, ce qui est indispensable. Or, plus on augmentera le nombre des caractères spécifiques, plus on sera forcé d’augmenter celui des espèces , car ces deux choses réagissent nécessairement j onc sur l’autre. On en arrivera bientôt, et sans pouvoir * éviter, au point d’avoir autant d’espèces qu’il y aura de

■ fl) M. de Pronville, après avoir dit, page ieS , que le noiselliana a

“"tenu en Amérique, par M. Philippe Noisette, et qu’il est hybride ■ e ‘■‘Htlica et du moscluiui, dit à la page ito 1 » Peut-être le roler c ’“<"‘nagana (cultivé par M. Ilardy au Luxembourg,) dont les lieurs * nt 5 cmi-doùbles et carnées, est-il le type ùti'noitelliana^ « et voilà jus-

■ eiH comme ont écrit les monographes du genre rosier,

botanique

variétés Supposons un exemple pour mieux développer

i’établis une nouvelle espèce. , •

On’arrive-t-il, c’est qu’ayant donne à la courbure des ai «raillons et à la pubescence des fruits la valeur d un caractère spécifique ^ pour être conséquent avec mormêm ej faut que partout ou je trouverai des variétés qui diffu leurs types par les aiguillons droits ou crochus et pai lelrui glabre^u pubescenf, il faut dis-je que ,*en iaue autan d’espèces, sous peine de manquer de logique, d an a y se

P p«i»c «Ire inconséquent et en contradic',

tion avec moi-même, car le ne puis pas donne à tel caractère quand cela me plaît, et n quand cela n’est plus à ma convenance.

Tous les nomenclateurs qui, apres moi, auront aaop ' ma nouvelle espèce, seront, sinon obligés, du moins au torisés , à en faire autant, et bientôt rien n empechera que nous ayons douze ou quinze cents espèces.

Jusqu’à présent c’est à peu près ainsi qu ont nographes du genre rosier, et rien de plus çlawnt.comme de voir l’assurance avec laquelle ces messieurs «a client dans une route dont ils ne voient ni ne comprennent le terme; rien de plus comique que le ton jdesuptoqnt^ qu J prennent avec des gens beaucoup plus physiologistes qu eux, «le bon M. Buchoz voudrait qu’on réduisit le nombre des espèces à deux» dit en souriant de pitié l’excellent M. de

^Qu’est-il résulté de la fausse manière de raisonner des monograpl.es, c’est que la nature leur donne tous les jours de nouveaux et honteux démentis. En voie, des exeru pies i M. Noisette sème des Bengales, il obtient des pm grenelles; M. Prévost sème des graines de noisette il ob tient le type pur du moschata. Tous sèment à tor et à t a vers et ils obtiennent le type à fleurs simples de leursipi« tendues espèces ; mais les types obtenus a Rouen diffèrtn des mêmes types obtenus à Paris, et les types obtenus à Paris diffèrent des types obtenus à Londres. Pour se c vaincre de ce que j’avance ici, il ne laut que comparer descriptions très bien faites de Lindley, avec les descnp tions mieux faites encore de M. Prévost fils. Il n en est pas quatre qui s’accordent au point qu’on ne puisse en iaire des espèces différçntes établies sur les caractères spccitn

DES KOSES.

ques adop tés par ces messieurs. Mais si vous comparez avec .a Jes descriptions de ïhory et des autres auteurs, vous aurez la facilité de créer des espèces par centaines, par mil- SI t»? ° escr *P^ ons ont été faites dans diverses localités.

‘ Prévost, en 1826, sème un rubiginosa, il obtient rosier ayant la plus grande partie des caractères du rosa jerox. Un physiologiste en eût conclu que le rubiginosa et M SOnt deux races de la méme espèce. Pas du tout, id. Prévost agit comme eût fait M. de Pronville, il nomme n . ,osie r rubiginosa hybrida fcrox, et le classe parmi les lers rubigineux. L’hybridité, comme on voit, est fort comode pour arranger les systèmes de ces messieurs.

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