DES DIVERSES SORTES DE VISITES
'Les visites sont une très importante partie des relations sociales ; elles sont bien plus que de simples moyens de communication établis par la nécessité y puisqu’elles ont à la fois pout but le devoir, l’agrément, et qu’elles interviennent dans presque tous les actes de la vie.
On compte plusieurs sortes de visites , nous nous bornerons à énumérer les principales ; quant à celles qui n’ont lieu que pour des circonstances particulières, on les trouvera indiquées dans le cours de l’ouvrage. Les premières sont les visites dites du jour de l’ariy ensuite visites d’amitié et visites de cérémonie; nous ne parlerons pas de visites d’affaires ; ce que nous avons dit en traitant de la bienséance relative aux différens états, nous dispence d’entrer dans de nouveaux détails.
Au renouvellement de chaque année, l’usage et le devoir recommandent de nous présenter chez nos parens d’abord , ensuite chez nos protecteurs , nos amis, et ceux qui nous ont marqué de la bienveillance.
Ces visites se partagent en plusieurs classes: celles de la veille ou de l’avant-veille, ce sont les plus polies: du jour, ce sont les
plus intimes èt les plus honorables; par cartes , en se présentant; par cartes, sans se présenter ; de la semaine, elles se font aux connaissances avec lesquelles on n’a pas de très étroites relations ; du mois , moins cérémonieuses, elles ont cependant beaucoup de froideur; c’est à Paris surtout qu’on se les permet ; ce genre de visites exige beaucoup de toilette ; ce sont les plus courtes possibles; une station d’un quart d’heure suffit; c’est là principalement qu’il faut se retirer lorsqu’il survient d’autres personnes.
On serait ridicule de parler de vœux, dé bonne annnée dans des visites de cérémonie.
le ne ferai mention des visites d’amitié que pour rappeler qu’elles défendent presque tout cérémonial. Elles se font à toute heure, sans apprêts, sans loillette; une trop brillante parure y serait déplacée , et si les dispositions du reste de votre journée vous conduisent éans un tel costume chez un ami, vous de-.
7ez affectueusement lui en donner l’explication. Si vous ne le trouvez pas au logis , ne laissez point de carte ; il pourrait s’étonner avec raison de cette inconvenante cérémonie^
' Bornez-vous à recommander aux domestiques de l’avertir que vous êtes venu: ne déposez une carte que dans le cas où ces dernier.? seraient absens; alors la carte doit être roulée et mise dans la serrure. 11 sera bon de ne pas tarder de revenir.
Avec un ami , un parent que l’on traitecomme tel , on ne compte pas les visites. Ge-
lui qui a le plus de loisir se rend chez celui
3 ui eu a moins; mais on ne doit pas abuser e ce privilège ; il faut rendre de temps en ' temps les visites d’amitié.
La visite de cérémonie, au contraire , ne se fait jamais sans compter, et même sans examiner quel intervalle on a mis à vous la rendre ; car il est urgent de laisser passer un intervalle semblable. On vous a par là donné l’avis d’éloigner ou de rapprocher vos visites. 11 est des gens que l’on va voir une fois par mois, d’autres, une fois cliaque quinzaine , etc., d’autres , encore moins fréquemment.
Afin de ne point omettre de visites à rendre, ou éviter d’en faire par mégarde de nouvelles , lorsque la précédente n’a point été rendue , les personues très répandues dans le monde feront bien d’en tenir une petite note à cet égard.
Pour faire convenablement des visites cérémonieuses , il importe de n’avoir aucune légère indisposition qui nuise momentanément à votre figure , à votre voix , qui embarrasse vos pensées , et rende votre société fatigante, tels qu’une fluxion , ,un rhume , une petite migraine ; vous paraîtriez impoli et familier. Faites, au contraire, des visites d’amitié en pareille circonstance , vous n’en paraîtrez que plus aimable et plus empressé.
Prendre convenablement Sont temps, est aussi indispensable en visites qu’en toutes choses. On y parviendra en considérant les ha-
bitudcs de la personne que l’on va voir j en s’arrangeant de manière à ne point arriver aux heures des repas, aux momens des occupations, des promenades connues. Cela varie nécessairement, mais ce que l’on peut indiquer comme un usage général , c’est le soin de ne faire les visites de cérémonie , ni avant midi , ni après cinq heures. A.gir différemment , d’une part , ce serait se rendre importun en se présentant trop tôt , et d’autre part, troubler les projets qui pourraient avoir été faits pour la soirée.
>A.près avoir fait une toilette soignée , les viiiteurs se munissent de cartes , c’est-à-dire de petits billets de carte ou de carton ^ sur lequel leur nom est imprimé ou bien écrit.
Les messieurs mettent simplement leurs cartes dans la poche , mais les dames les renferment dans une sorte de petit portefeuille élégant , appelé portecartes de visites. Elles le tiennent à la main , et cela contribue , avec l’élégant mouchoir de batiste brodé que l’on porte en cette occasion, à leur donner un air de bon goût.
Nous allons faire ici une digression sur les caries. 11 n’était point mal autrefois de prendre les cartes d’un jeu réformé , de les couper transversalement en trois parties. , et d’écrire son nom dessus; c’est maintenant une chose ridicule qui ne se voit plus qu’en province , ou quelquefois aussi on imagine de remplacer ces cartes improvisées par de petits morceaux de papier fort. Après ces carles-lâ , viennent celles en léger carton , uni , doré
sur tra&ches ; gauiOBré , mais destinées à recevoir le nom écrit. Ces caries conviennent aux
i 'eunes gens , aux jeunes personnes ; elle sont )ien pour des visites de demicérémonie. Âpres elles , viennent les cartes lithographiées , puis imprimées , puis gravées, il y a des cartes gaufifrées avec luxe , et présentant toutes les | nuances. Chacun les choisit d’après son goût; mais il est bon d’observer que les cartes offrant des guirlandes, des couleurs rose, bleu céleste , etc. , ne conviennent point aux hommes , ni aux dames d’un âge mûr , à raison de l’esprit de recherche qu’elles semblent ré- , vêler.
Le titre doit se trouver au-dessous du nom , et, dans les grandes villes, l’adresse au bas de la carte , et en plus petits caractères. Les cartes de deuil sont entourées d’une bande noire; celles de petit deuil sont d’un grisclair^
Il est de mauvais ton de conserver après la bordure d’une glace les cartes de visite que vous avez pu recevoir ; cet étalage annonce que vous voulez faire parade de noms distingués qui s^y rencontrent. A l’époque du premier de l’an, ou de tout autre circonstance qui multiplie les visiteurs chez vous ( telle qu’un enterrement, un mariage), comme vous êtes obligé de rendre ces nombreuses visites , il est tout simple que vous gardiez les cartes , qui vous tiennent lieu de liste , et que i vous les mettiez dans un endroit apparent; I mais si , dans le cours de l'année , on voit constamment votre glace hérissée de caries
jaunies, on l’allribucra sans nul doute à un amour-propre mai entendu. Revenons à nos visiteurs.
S’ils sont en équipage , leur domestique demandera si la personne que l’on désire voir est chez elle. S’ils sont en voilure de place ou bien à pied , ils vont eux-mêmes interroger les domestiques. Ceux-ci doivent être considérés comme des soldats en consigne ; s’ils répondent que la personne est sortie , on doit se garder d’insister, quand l’on serait certain du contraire •, et même si le hasard la faisait apercevoir , il faudrait feindre de ne l’avoir point vue , déposer sa carte et se retirer.
Lorsqu’un domestique répond que la personne est souâ'ranle , qu’elle est en affaire ou à dîner, "on agit de la même manière.
On donne autant de cartes qu’il y a de personnes à voir dans la maison , par exemple , une pour le mari , une pour son épouse, une autre pour une tante, etc.
Si l’on est introduit, on pose dans l’antichambre ses socques , son parapluie, son manteau , etc. ; les dames mômes quittent ce vêtement dans les maisons très distinguées. En province on le garde communément. On se fait ensuite annoncer par un domestique , si c’est l’usage de la maison , ou du moins on attend que , sans vous annoncer , il vous, ouvre la porte de l’appartement. En cas d’ab- sence des domestiques , vous n’entrez pas ira ■ inédiatement , mais vous frappez légèrement avec le doigt , et vous attendez que l’on ou-
vrc , ou que l*on dise d’entrer. Si l’on ne fait ni J’un ni l’autre , vous ouvrez lentement et doucement la porte. Si vous ne trouvez personne , vous n’avez garde de chercher de côte et d’autre, d’ouvrir d’autres portes, de passer dans une autre chambre intérieure; vous revenez tout de suite sur vos pas , vous retournez dans l’antichambre attendre qu’il vienne quelqu’un pour vous introduire. Si votre attente se prolongeait trop , vous laisseriez votre carte sur un meuble ou chez le concierge. Ces cas se présentent fort rarement ; mais jl est bon de tout prévoir , pour n’être point pris au dépourvu.
Admis , un monsieur se présente le chapeau à la main, et s’avançant vers la personne., la salue avec grâce et respect. Dès qu’il lui voit faire le mouvement de chercher un siège pour le lui offrir, il s’empresse d’aller le prendre lui-même (une chaise ordinairement); il le place du côté de la porte d’entrée , et à quelque distance de la personne , à laquelle il laisse ainsi ce qu’on appelle le haut bout. Il ne s’assied que lorsqu’elle est assise , et , tenant son chapeau &ur ses genoux , ne se balance point , ne s’enfonce point sur sa chaise, mais garde un maintien aisé, honnête et décent. Il serait familier et de mauvais ton de se débarrasser de son chapeau , de sa canne j avant que le maître ou surtout la maîtresse de la maison ne vnus ait invité à le faire. Encore il est bien de présenter quelque résistance , et de ne céder qu’à la seconde ou
troisième sommation. On ne place pas indilf’érerament son chapeau en le quittant; le mettre sur un lit est une incivilité. Le lit, qui dans les temps antiques était regardé comme un sanctuaire , ne doit être ni touché ni approché par un homme. Le chapeau se place de préférence sur le bas d’une console , d’un guéridon. Une maîtresse de maison n’engage, à se débarrasser, de leur chapeau que les gens qu’elle veut traiter avec quelque îamiliarité , et cela se fait peu dans les visites de pure cérémonie.
Ces conseils regardent aussi les dames. Depuis une quinzaine d’années elles ont pris l’habitude de quitter leur chapeau et leur schall; mais cela suppose assez d’intimité pour qu’elles s’en abstiennent chez des personnes peu connues. Si on les j engage elles refusent. Le peu d’instans destines à une visite cérémonieuse , la nécessité de consulter une glace en remettant sa coiffure , d’être aidée en remettant son schall, s’opposent à ce qu’elles acceptent l’invitation. Si elles sont un peu liées avec la personne qu’elles visitent , et qu’elles désirent se débarrasser , elles eu demandent la permission, que l’on accorde en se levant pour les aider à quitter chapeau et schall. Un fauteuil, un meuble éloigné doit recevoir ces objets; ils ne peuvent être placés sur le lit que lorsque la maîtresse de la maison les y met elle-même. Chez quelqu’un que l’on voit habituellement , on les quitte sans dire mot , et ruêmc on peut rajuster ses cheveux, et sou
lichu devant une glace , pourvu que ce ne soit qne très peu u’instans.
Si celui auquel vous faites visite se prépare à sortir ou à se mettre à table , vous devez, bien qu’il cherche à vous retenir , vous retirer le plus tôt possible. La personne visitée à contre-temps doit de son côté assez prendre sur elle-même pour ne pas laisser apercevoir un désir trop prononcé que la visite se termine promptement.
On doit toujours avoir l’air charmé de recevoir un visiteur , et lorsqu’en ces circonstances il vous quitte rapidement, il faut lui en témoigner vos regrets.
Les visites de cérémoine doivent être courtes; si la conversation se trouve interrompue sans être reprise par la personne que vous êtes venu voir ; si elle se lève sous un prétexte quelconque , l’usage exige que l’on salue et que l’on se retire.
Si , avant cette invitation tacite de prendre congé , on annonce d’autres visiteurs , vous devez vous esquiver sans rien dire. Dans le cas où le maître de la maison irait à vous pour vous engager à rester davantage, pour vous reconduire , vous lui répondriez brièvement qu’une affaire indispensable vous appelle , et vous le prieriez avec iustance de ne pas faire attention à vous. Vous termineriez en fermant vivement la porte.
• Si en entrant vous avez trouvé des personîies étrangères, une conversation engagée, contentez-vous du peu de mots que vous adres-
JJ
seront le maître ou la maîtresse de la maison, ne restez que quelques instans, faîtes un salut générai , et conduisez-vous comme précédemment.
Lorsque vous avez vu quelque parties nouveaux arrivans , ils se joignent quelquefois à la personne visitée pour se récrier sur voire disparition. Repondez-leur quelque chose de poli , de flatteur même , mais n’en persistez pas moins à vouloir vous retirer.
Si on apporte devant vous une lettre à la personne chez qui vous êtes , elle la posera, sans l’ouvrir: vous la prierez d’en prendre connaissance ; elle n’en fera rien , et cet incident vous engagera à rendre plus courte votre visite.
Lorsque, dans une visite de demi-cérémonie, on insiste vivement pour que vous restiez , il convient de céder , mais de se lever ensuite peu d’instans après; si l’on insiste encore en vous prenant les mains, en vous faisant rasseoir de force , vouloir vous retirer serait impoli , mais il faut néanmoins vous lever à peu d’intervalle une troisième fois, et vous retirer définitivement à celle-là.
Si , dans le cours de la visite, il entre une personne de la famille , vous ne vous éloignez point pour cela, vous vous contentez de saluer en vous levant. Si la personne est une dame , vous ne vous asseyez pas qu’elle ne soint assise ; si c’est un homme, vous pouvez obtempérer à l’invitation fai^e de vous asseoir, pendant qu’il dcaieurc debout.
Si votre visite est collective , il est (jueltiues points à observer , relativement a vos compagnons. En montant 1 escalier , il est rigoureusement d’usage de ceder le pas aus personnes auxquelles on doit le respect , et de leur laisser^le côté le plus commode, qui e^t Îeluî du mur. N’oubliez pas surtout cette dernière précaution si vous accompagnez une dame- un homme honnête doit encore lui pre- •ïnt’er le bras. Quand il s’en trouve plusieurs, l’honneur est du à la plus âgee. ,.
Si vous rencontrez quelqu un sur 1 escalier, rangez-vous de côté opposé à celui qu il tient.
11 serait ennuyeux et déplacé de faire d eterneilcs cérémonies, pour savoir qui doit entrer et être annoncé le premier; le ps est du aux dames , puis ensuite à 1 âge , à la qualité. L’instant où l’on prend conge, doit etre Salement marqué par les dames, les personpL âgées ou considérables. Ce serait etic impoli aue de vouloir se retirer avant qu elles lu eussent donné le signal. Nous ajouterons qu’il est inconvenant d’aller plus de tiois ou
sonnes' qui tiennent un grand tou
se font accompagner jusque dans 1 anlicham-
hi e par un ou deux laquais qu elles relrou-
^lmrne"’enfans , des chiens avec soi dans une visite de cérémonie , c est tout-afait commun et provincial. Dans les visites demi-cérémonieuses même, il faut laisseï son chien dans l’antichambre, ainsi que la bonne
qui lient le nourrisson, car celle. circonslance seule excuse une pareille suite. Quant’aux anh maux, il vaut mille lois mieux n’en pas avoir.
On reproche avec raison au.x habitans de la province de prodiguer les révérences , les formules consacrées pour aborder les gens , ou pour prendre congé d^feux. Cette habitude, que peut faire contracter l’embarras ou trop de bienveillance , est exirèmement ridicule.
N’est-il pas difficile de conserver son st^rieux, lorsqu’on voit un visiteur saluer tous les meubles , se retourner vingt fois lorsque vous le conduisez , et faire à chaque station uqe triple salve de saints et d’adieux? Nos lecteurs se garderont bien de celte singulière politesse ; ils salueront une première fois , au nioment do prendre congé, et une seconde fois, au moment où la personne qui les reconduit sera arrêtée sur la porte.
Nous avons dit plus haut que lorsqu’on ne trouve pas les personnes chez elles , ou que l’on craint de les déranger, on laisse une carte ; mais ce n’est point là ce qu’on appelle visites par cartes spécialement. Dans ces dernières visites , on n’a point pour but de voir les personnes, puisqu’on ne les demande pas, et que l’on se borne à donner sa carte au concierge ou au domestique. Cet usage, qui a dû s’introduire forcément chez les personnes très répandues dans le monde , et principalement aux époques où chacun dojt se visiter , comme au jour de l’an , cet iisage jusque-là n’est point ridicule, mais il le devient
à l’excès par l’exlcnsion qu’on lui a donnée depuis quelque temps. Cette extension cousin sle k faire la visite sans quitter son appartement, c’est-à-dire à envoyer tout simplement sa carte par un domestique , ou bien par le ministère d’une administration établie à cet effet. Ce développement des visites par cartes semble aux gens de bonne compagnie la chose îa plus impertinente et la plus triviale qui se puisse imaginer. Vous ne vous la permettrez donc que lorsqu’au s’agira de rendre des visites faites par celle voie , et vous n’userez ainsi de repiésailles que pour empêcher ces visiteurs mal avisés de penser que vous leur faites des prévenances.
Dans les ouvrages consacrés à l’enseignement des lois de la bienséance,' on ne songe jamais qu’à la fortune , à l’aisance j on met totalement en oubli les gens d’une condition plus modeste , et lorsqu’on se trouve en rapport avec eux , on se récrie sur leur impolitesse. C’est une injustice et un mauvais calcul selon moi. Injustice , parce que la véritable politesse tient moins au rang qu’à la droiture de l’esprit, qu’à la bonté du cœur; mauvais calcul , car refuser d’initier les gens à ce qui rend les rapports sociaux faciles , agréables , c’est se préparer des froissemens et des ennuis, c’est ensuite retarder autant qu’il est en soi l’habitude des formes de la civili.sation.
Méprisant donc ce sot dédain, nous applaii- ■ dirons aux soins prévoyans des personnes peu
aisées, qui, n’ayant ni portier ni domestique, encadrent à leur porte une plaque d’ardoise surmontée d’un crayon , afin qu’eu leur absence les visiteurs puissent écrire leur nom , car ces visileurs-lk sont rarenient des porteurs de cartes. Nous applaudirons aux. soins bienveillans des personnes dent l’escalier n’est pas. éclairé, ou dont l’appartement est placé liè,s^ liaut , et qui déposent chez le concierge ùn bougeoir que chaque arrivant prend pour monter , et remet ensuite en descendant.
Si quelques-uns des nos riches lecteurs étaieut tentés de sourire à l’énoncé de ces bourgeoises précautions , nous leur rappelleriolis ' qu’ils sont complètement étrangers à l’esprit de la bienséance, dont elles sont ua exemple touchant.
. Celle digression nous conduit naturellement à la seconde partie de notre tache.relative aux. visites, concernant les devoirs qu’impose la^ j^olitesse pour les recevoir, car il n’est pas moins important de bien accueillir les gens, que de bien se présenter chez eux..
Avant de passer à ce sujet important , il semblerait que je dusse compléter ce qui mç reste à dire sur les visites par l’indication de celles d’audience, de félicitations,, de condoléances et de digestion ^ mais , sauf les premières , auxquelles je vais consacrer quelques mots , les détails de toutes leS/ autres se trouveront dans les chapitres destinés à la conversation , aux formalités des repas , du deuil , etc.
On nr se rend point simplement cliez les ministres , les chefs d’administration publique et les personnes très distinguées: il faut, auparavant , leur avoir demandé par écrit un rendez-vous et spécifier le but de votre visite. On se rend chez elles à l’heure marquée: on s’abstient de s’informer de leur sanie , et l’on observe ‘:triclement les obligations du décorum. Ces visites , qui sont l’apogée de la cérémonie , doivent nécessairement être très courtes.
On verra , au chapitre dé la Bienséance épistolaire , quels sont les titres à donner k ces personnages importans. 11 est bon de se munir de sa lettre d’admission , pour, en cas de besoin , la montrer au suisse.