IV.),. ).• ! ).î
, He la xPrononçiçidoin. * .
. La prononciation est encore, plus indispen.sahle au discours, que l’élooulioiii; car,, enfin, avant de choisirises>eKpressiofis,il laut les faire pntendrei, et i’ion ne peut le faire qu’impavr faitement si l’on - {[wononce mal. De là. les répétitions forcées , la perte, de l’à-propos ,,la fatigue, le dégoût, l’impatience des deuxv.in,-* terlocnteurs , enfin tous les tristie^ .résultats éfe la surdité. Jfe fecons-hous -pas toqui les, efforts pour nous y soustraire? ' ^
La’ première ,• da plus grande faute, contre l’art de prononcer, c’est la volubilité* JEln parlant trop vite- on bredouille, on produû. des
son* inarticulés , inintelligibles , et c’est de tous les défauts de la prononciation^ sans contredit , le plus insupportable. On sait très bien que prononcer trop lentemetit , et comme on dit , s'écouter parler J est un travers qui semble dénoter l’orgueil ou la nonchalance , et qu’en certains cas il faut activer la parole ; mais on de doit jamais la précipitér , même dans lés Sujets qui demandent une expression brève. Outre son inconvénient physique, le bredouillement a d’autres iucoiïvéniens moraux : il suppose l’étourderie, la loquacité, la sottise.
Après lui vient l’hésitaiion, qui n’est guère moins fâcheuse , car elle sème le discours de ridicules et pénibles eifortsLCe defaut, qui tient quelquefois à l’organisation^ provient encore plus souvent de ce qu’on néglige de penser avant de prendre la parole , à la timidité , à quelque émotion vive qui force à balbutier , au soin prétentieux d’employer des termes choisis. Ge dernier motif est presque une extravagance. Dans le but de plaire aux gens vous les assommez de redites , de mots cherchés , hachés ^ et , pour paraître spirituel , vous vôus réndez souverainement ennuyeux.
Les habitudes d’enfance , de petites villes , l’accent de province , sont de fréquens obstacles à la bonne prononciation : apportons-en quelques exemples. Il n’est pas rare d’entendre dire, même parmi les gens bien élevés, te pour tu , etc pour celte , mamzelle pour mademoiselle , etc. Quant à l’accent , chaque province a le sien. Le connaître, s’en défier.
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le part la- idispositiun contrairé^ tela
sonj, les moye^DS . ,4'éviter,,ces écueils;. mais !^«elque ridicu.lei«que'l’onr>puissetparM(re en donnant sans ce ,sÿe (contre eux> QuJ’estt cent.liijns iqoins tque^ ,c^ 'g«ps<> vrais substituts de.mai» très d’écple f.qui vpus arrêtent milieti d^nn récit touchant , pour répéter, avec un sourire sardonique la locution vulgaire , Je mot ma^ prononcé > le mauy'ais accent qui viemient de vous, {échapper. ^ .im-, . .. , •
]^pn, seulement avec toutes ks .personnes, de hpDoe conxpagnie ,, il faut condamnerj le pé- ^antisme^^en fai^'ode , prononciation' ,, mais il .ijDut encore , avicc.. Heusseau , en blâmer, le .purisme^ 11 ne>.peut soufirir ( et, bien d’autres comme J lui), ces gens si jaloiA.de faire sentir la lettre .finale dci iaàac , sang ^ estomac, ,, Outrej l’accent .général,, il est aussi: l’accent particulier, cet ^accent. qui colore les. paroles , en révélant le, sentiment. Nous .sentons tous sa .délicatesse et, son charme, mais^ nous seur ,tons tous aussi qu’il doit être en parfaite harmonie avec le langage;, qu’il doit être pur de toute, affectation , de toute exagération. Débiter des choses dures d’un ton, de douceur; étaler d’une voix humble d’orgueilleuses préteasipns; entamer une discussion politique d’uu ton caressant; raconter un fait plaisant avec un accent mélancolique ; c’est être ridicule au suprême degré. C’est. ne l’être, pas moins de forcer l’accent, de le dénaturer jusqu’à l’ironie ; d’introduire'^^.duns le discours une sorte .de déclamation ou; de chant.; . >
On ne peut juger de l’accent d’une personne qui parle trop haut ou trop bas, mais on décidé , dans le premier cas , qu’elle est grossière , et dans le second , qu’elle est dédai-. gneuse.
JV. , .
De la Correction du discours.
Surtout qu'en vos discours ia langue révérée.;...
En adressant cet avis aux lecteurs , nous nous gardons bien de les croire etrangers aux régies de la grammaire: il est si honteux maintenant d’ignorer sa langue , qu’il nç le serait pas moins de soupçonner les autres de ne la pas connaître ; mais bien qu’on ne soit pas privé de cette connaissance indispensable , il faut encore éviter avec soin de contracter de mauvaises habitudes dans le langage ; d’employer des locutions vicieuses , et même de se servir de termes dont on ne connaît pas bien la valeur : un peu d’étude et d’attention apporteront un remède sûr à l’embarras qu’on pourrait éprouver.
Les jeunes gens ne sauraient trop se prémunir contre ces fautes / qui annoncent l’éducation la moins soignée. Us y parviendront en étudiant un bon grammairien, en faisant attention au sens de leurs paroles.
Si , dans le silence du cabinet , on a bien de la peine à rendre correcte une phrase allongée , qu’esl-ce donc dans le monde , quand
)a chaleur de la conversation empêche de réfléchir? Faire de longues phrases , c’est vouloir faire des fautes de fraiiçaisj et si l’on prend le loisir de présenter correctement ces phrases interminables , on n’en paraît que plujs , lourd , que plus prétentieux, car jamais la conversation ne doit sembler laborieuse , et l’expression et la pensée doivent partir du même jet.
Défiez-vous des pronoms qui , que , lorsque surtout ils sont interrogatifs: quoique la grammaire .ne condamne pas absolument leur multiplicité , comme elle est inutile et désagréable à l’oreille , il faut s’attacher à l’éviter. Ainsi au lieu de, qui est-ce qui a fait telle chose? — Qu est-ce que c^est que ce/a édites, qui à fait telle chose ? — Qu est-ce que cela ?
Les gens soigneux de leur conversation évitent , comme fautes de français , des locutions qui certainement ne méritent point ce titre , mais nuisent à la clarté, à l’élégance, à l’harmonie du discours. Ainsi ils s’abstiendront de ces alliances de mots qui , mettant aux prises le sens et la prononciation , ne sont claires que dans la langue écrite , comme , ye suis pauvre , mais contente , que l’on peut confondre si facilement avec je suis pauvre , mécontente. Ils se gardent bien d’accumuler avec profusion les synonymes , les épithètes , ou du moins d’oublier à l’égard de ces dernières les lois de la progression. Ils tâchent de reinpladfcr les subjonctif en a.s5e ou en isse y dont l’oreille est importunéej de ne point trop mul-
Digilized by Vjuugle
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liplier les adverbes qui chargent > allanguissent Je discours ; ils font grande attention aux. exigences euplioniques , et, pour cela, évitent de faire se heurter des sons semblables, coin- • me au haut à’ un arbre , on entend en ce lieu. Enfin ils craignent de répéter des mots pareils , même d’acception difierenle , tels que à présent on offi-e ufi présent , cela fait bien du bien, etc.
Ces causeurs scrupuleux et privilégiés soignent surtout les liaisons comme chose importante , car ils savent combien leur omission nuit à l’euphonie; combien elle fait croire aux gens peu bienveillans que c’est un voile sous lequel se glissent adroilement le doute ou l’ignorance, et celte opinion n’est pas toujours un préjugé. Ne sait-on pas en effet qu’il se rencontre des personnes qui prononcent q.vanhier, parce qu’elles n’osent dire avant-hier, ni avans-hier ?
J’oubliais de rappeler que nos habiles causeurs s’attachent à ne point fournir, par des rencontres fortuites de mots , de mauvaises pointes aux faiseurs de calembourgs, comme un beau dais , un bon don\ que dans la coupe de leurs discours , ils préviennent les ri^ mes si disgracieuses et même ridicules en prose ; qu’ils redoutent les répétitions de phrases , d’axiomes, comme les répétitions de mots, que par de courts et judicieux repos , ils marquent la ponctuation dans le langage écrit ; qu’ils tendent enfin à rendre leur conversation claire , correcte , élégante ; mais cqs causeurs-mo-
dèles iraient contre leur büt , s’ils avaient le moins du monde uù air précieux et pédagogue. Loin de là , lorsqu’il leur échappe une erreur grammaticale, ils la réparent vivement, mais avec aisance et galté. Entendent-ils lâcher une grosse faute de français , ils ne se 'permettent pas un sourire , un regard qui pourrait éclairer et troubler le coupable ; si quelqu’un alors prend sur lui déjouer le maître d’école en adressant une leçon de syntaxe , ou en faisant entendre l’ignoble nom de cuirrassier , nos judicieux causeurs s’empressent de dire qu’il leur arrive aussi d’être cuirrassiérs quelquefois.
CHAPITEE VI.