‹ Manuel complet de la bonne compagnie, ou Guide de la politesse et de la bienseance dedie a la jeunesse de deux sexesChapitre 24 sur 35 · DES VOYAGES · texte numérisé non relu

DES VOYAGES

Ce chajpître accessoire et qui ne se rattache qu’imparfailement aux relations sociales , doit pourtant se trouver ici, car nous ne voulons absolument faire aucune omission volontaire, et, d’ailleurs, en voyage, si les devoirs de la politesse sont peu nombreux, ils n’en sont pas moins obligatoires.

Les voyageurs doivent faire des visites d’adieux à leurs connaissances , auxquelles ils demandent leurs commissions. 11 serait indiscret, à moins d’une. intimité parfaite , d’ac- ' cepter cette proposition , ou de s’informer si les voyageurs venlenk se charger do telle ou

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telle chose , surtout s’il s’agit de paquets ; lorsqu’on est très lié avec eux , on les prie de donner des nouvelles de leur arrivée.

Avant le départ, les voyageurs sont inscrits par ordre de numéros au bureau des voilures publiques. D’après celle mesure , chacun

Î ircnd la place qui lui est assignée. La gaanterie française demande cependant qu’un homme offre poliment la sienne à une dame qui en aurait une moins commode; car il paraîtrait inconvenant qu’ il se trouvât assis dans le fond, tandis que celle-ci siégerait sur la banquette du devant. Certaines personnes ne peuvent supporter le mouvement de la voiture quand elles sont placées en face du fond; cette manière d’avancer à reculons les incommode extraordinairement. Des cavaliers polis se feront un plaisir de leur éviter ce désagrément. Les dames , de leur côté, ne doivent pas se montrer trop exigeantes , ni trop mettre à l’épreuve la complaisance des hommes.

Cependant ceux-ci s’empresseront , à chaque station , de les aider à descendre, en leur offrant la main et guidant leurs pas sur le marchepied de la voiture. La même attention aura lieu pour y remonter. On serait mal vu de profiter de sa qualité et de la supériorité que donne le rang pour prendre toutes ses aises.

11 faut au contraire avoir grand soin de ne gêner qui que ce soit, et témoigner beaucoup d’honneteté à ses compagnons de voyage.

La bienséance des voyages n’est point rigoureuse comme celle de la société : elle or-

donne seulement que l’on ne cause nulle gène à ses compagnons; qu’on leur soit agréable ; qu’on leur réponde poliment s’ils vous

S arJent ;mais elle vous laisse libre, d’ailleurs, e lire , de dormir, de regarder au dehors, de garder le silence , etc.

Un voyageur serait incivil s’il baissait ou •levait les glaces sans consulter les gens qui sont avec lui ; s’il prenait , sans leur oflrir, quelques alimens légers , délicats f tels que fruits, gâteaux , sucreries , qu’ordinairemenc ils n’acceptent pas; il paraîtrait peu aimable, si , connaissant la route , il ne s’empressait d’indiquer les beaux sites , de satisfaire aux questions faites à cet égard : enfin il mériterait le nom d’imprudent et de babillard, s’il causait avec scs voisins d’un moment comme avec des connaissances intimes.

Au retour, il faut s’empresser de porter ou faire porter les commissions que l’on a pu recevoir. Les demi-connaissances auxquelles on a seulement offert par écrit d’être leur messager, n’ont pas droit à une visite de retour, ce droit appartient aux parens, aux atnis, aux connaissances intimes.

Au reste , tous ceux dont vous aves été le commissionnaire vous doivent une visite de remercîmens quand cela se peut.

Lorsque vous voyagerez à cheval en compagnie distinguée , donnez la droite, et tenezvous un peu en arrière en vous réglant sur le pas de votre compagnon. 11 y a une exception k cette règle: c’est le cas ou l’un des

deux chevaux élant ombrageux , il faudrait absolument que l’autre passai le premier pour qu’il le suivît.

Si par hasard vous vous trouvez audessus du ■ vent et que vous envoyez de la poussière à votre. compagnon, il faudrait changer de position. Si l’on passe contre des arbres , dont les branches soient à la hauteur des épaules des cavaliers , celui qui marche le premier doit prendre garde que les branches , en se remettant à leur place par leur élasticité, en frappent avec violence sur la personne qui le suit.

Passe-t-on à gué un large ruisseau , une petite rivière, une mare, il est poli d’avancer le premier J mais si l’on n’a pas pris ses précautions d’avance, et que l’on soit derrière, il faut s’éloigner, afin que les pieds du cheval ne fassent pas rejaillir de l’eau ou de la boue sur le cavalier qui vous précède. Si votre compagnon fait galoper sa monture, il ne faut jamais le surpasser, ni faire caracoler votre cheval, à moins quMl ne témoigne que cela lui est agréable.

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J^SVOIRS PE BIEJJSÉAIiCE REPATIFS AUX PPAISIRS^

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