‹ Manuel complet de la bonne compagnie, ou Guide de la politesse et de la bienseance dedie a la jeunesse de deux sexesChapitre 31 sur 35 · DU MARIAGE, DU BAFTÉME · texte numérisé non relu

DU MARIAGE, DU BAFTÉME

Ces deux circonstances ont des droits particuliers aux enseigneiDcns de la politesse , .car la première est la plus étroite des relations sociales , et toutes deux donnent l’occasions des fêtes les plus brillantes.

Du mariage.

On fait ordinairement un profond secret des préliminaires d’un mariage , parce que l’on redoute, en cas de rupture, lés fâcheuses interprétations ; mais dès que les paroles sont échangées, il faut en faire part confidentiellement et en personne aux amis intiniesf aux personnes auxquelles on a des obligations. Plus lard , on en donne connaissance par lettre à tous ceux avec qui l’on est, en relation.

^ Un jeune homtne qui recherche une demoiselle en mariage doit être extrêmement empressé et respectueux: il doit paraître étranger à tous les détails d’intérêts que débattent les deux familles ; il entretient spécialement sa future de leur intérieur à venir , de ses goûts, de ce qu’il convient de choisir pour le logement, le mobilier, les cadeaux de noce; évitant toute familiarité déplacée, il l’appelle mademoiselle jusqu’au retour de l’église, le jour du mariage; il Raccompagne dans toutes les réunions , où il se montre son dévoué chevalier.

Quand les bans ont été publiés h la mairie, il est d’usage à Paris qu’une bouquetière du quartier vienne fêter là future, en lui présentant un bouquet. Celle attention exige une gratification.

Le mariage se déclal^e de deux manières. Oa invite trois ou quatre jours auparavant les personnes de connaissance à vouloir bien assister à la bénédiction nuptiale , et l’on fixe avec précision l’heure et l’église où la cérémonie aura lieu. Pour l’acte civil , qui se rédige à la municipalité , on n’invite d’ordinaire que les témoins et les proches parens.

Si la personne invitée doit assister au repas ou à la fête qui suivent le mariage , on en fait mention expresse au bas des lettres d’invitation (i).

(i) Ces lettres sont ordinairement doubles, parce que rinvitatioD doit paraître être 'faite par lis parens des deux futurs.

On fait simplement part du mariage à ceux qui n’ont ëlé invités, ni à la cérémonie nu- j ptiale , ni au repas j et les lettres de part s’ envoient quelques jours après.

La bienséance exige que la personne invitée à la cérémoTiie du mariage s’ y rende , ou fasse ses excuses , en cas d’impossibilité. Une ; simple lettre de part n’exige qu’une visite ou deux. La première visite se fait' par carte.

Les cadeaux sont ordinairement les préliminaires d’un mariage : ceux que le jeune borome fait à sa future s’appellent Id corbeille de mariage : ils consistent en différens objets de toilette et parure en diamans , etc. Quelques personnes se contentent de mettre au fond de ladite corbeille une bourse contenant en or la somme destinée à l’achat de ces objets: la demoiselle l’emploie alors comme elle le juge à propos. Le marié doit encore un cadeau à chacun des frères et sœurs de la future.-

La marine , de son coté , en doit un à sa demoiselle d’honneur: c’est souvent une robe ou tout autie parure qu’elle offre , et elle reçoit en échange, de la part de celle-ci, la ceinture , les gants et le bouquet de fleurs d’oranger. Puisque nous avons parlé des cadeaux de noce , nous dirons qu’à Paris la mariée doit en Recevoir de ses $œurs et cousines , et qu* en- province au contraire elle doit leur en offrir.

Passons au cérémonial : après la célébration de l’acte civil, qui peut (ependant précéder

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de quelques jours, les maries, suivis de leurs parens , se rendent ordinairement à l’église dans les voitures qui les ont conduits à la mairie, car, à Paris, quel que. soit leur état, les mariés ne vont jamais à pied. La mariée est dans une voiture avec ses parens et sa demoiselle d' honneur. Le marié est dans une autre avec ses père et mère ou ses plus proches parens.

Les connaissauces des deux époux se rendent h l’église à l’heure indiquée; celles du marié se placent à droite , celles de la mariée à gau-^ che, sur des chaises préparées à l’avance, et qui ont dû être payées avec la messe de mar riage. Le cortège des noces s’ avance alors dans l’ordre suivant: la mariée donne la main à son père ou à celui qui lui en tient lieu; vient ensuite le marié avec sa mère ou la dame

Î ^ui la représente, puis les membres des deux amilles viennent deux à deux.

Quand les mariés et leurs parens approt chent de l’autel , chacun les salue en silence ; les parens se placent dans le même ordre que les connaissances, et devant celles-ci, sur les premiers rangs que l’on a dû leur réserver. Les mariés sont placés au milieu.

Quoiqu’il soit de la politesse de présenter tou-* jours la main droite à la dame que l’ on conduit , ou de lui donner la droite quand on est auprès d’elle , cependant le marié se

S lace à la droite de la mariée , parce que ,* ans cet acte , qui est tout à la fois religieux cl civil, l’homme doit conserver la préroga-

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tive que la loi divitie comme la loi humaine lui ont attribuée; le marie devant d’ailleurs passer l’anneau nuptial dans le doigt de là mariée, il lui est plus commode de la faire à la droite que s’il était placé à la gauche.

Lorsque le prêtre fait les questions sacra> xnentelles aux époux, l’un et l’autre doivent consulter leurs parens par un signe de tête respectueux, avant de répondre le oui décisif;

On fait tenir le poêle au-dessus de la tête des époux par deux enfans dont on veut honorer les parens. L’emploi de la demoiselle d’honneur, qui a dû présider à la toilette de la mariée , est de désigner les places à la messe de mariage et d’y quêter pour l’église^ enfin de suppléer au bal à l’inaction forcée de la mariee : c’est ordinairement une de ses sœurs ou sa plus intime amie qu’elle choisit.

Le jeune homme d’honneur , car il doit aussi y en avoir un ou même plusieurs, observe bien , d’après la liste des invités à la messe, quelles sont les persones qui sont absentes , parce qu’il est d’usage que les mariés ne fassent point de visite ae noce lorsqu’on a commis cette impolitesse. • •

Le marié doit accorder de nombreuses gratifications aux gens d’église, aux pauvres, etc.

Après la bénédiction nuptiale , les époux en s’en retournant saluent de nouveau l’assemblée , puis ils reçoivent les complimens de chacun. Il y a des familles bourgeoises où la mariée et embrassée par tous le gens de la noce ; dans les classes supérieures , elle

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embrasse seulement son père , sa mère et ses nouveaux parem , encore n’est-ce que dans la sacristie.

Le nouvel époux a donné la main à son épouse en revenant de l’eglise , néanmoins à diner il doit être place entre sa mère et sa Lelle-mcre , tandis que la mariée se trouve entre son père et son beaupère. Cependant , s’il y a un souper, on les place auprès l’uit de l’autre. La mariée ouvre le bal avec la personne la plus honorable de l’assemblée ^ elle se retire mystérieusement , accompagnée de sa mère , et d’une ou plusieurs proches parentes que l’on veut honorer.

Les noveaux époux rendent les visites de noce dans la quinzaine , en voiture et eu grande toilette. Us doivent être seuls. Ils donnent des cartes aux personnes avec lesquelles ils ne veulent point avoir de relatimis.

Tels sont les usages reçus dans la capitale.

En province , on conserve encore beaucoup de coutumes surannées et communes, comme le don d’un jabot de dentelle au futur par sa future; les Uvt'ées ou jarretières de la mariée , rubans de deux couleurs dont o« décore les jeunes gens de la noce , etc.

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