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Politesse des médecins et de leurs malades.
Les convenances adoptées dans le cabinet des légistes le sont de même dans le cabinet des médecins consultansj mais la pitié doit prêter au ton de ces derniers une nuance plus affectueuse. Les malades bien élevés se gardent bien d’en abuser y et retiennent toute
plainte inutile à la connaissance de leurs maux, ils répondent aux questions du docteur d’une manière claire , breve , polie ; et lorsque ces questions ne comprennent pas les observations qu’ils ont pn faire sur leur maladie , ils énoncent celles-ci en se servant d’une excuse ana-
logue k la suivante : Je vous demande pardon, cette observation est peut-être oiseuse , mais V ignorant , et ne voulant rien omettre , je la soumets à votre sagacité.
Vous devez adresser de fréquens et vifs remerciinens au médecin qui vous donne scs conseils ou ses soins. Le cas de non-succès
ne vous dispense pas de ces témoignages de reconnaissance ; il les rend plus obligatoires peut-être, car la délicatesse exige que vous ne paraissiez point faire de reproches tacites de ce qu’on a été malheureux jdans ses efforts.
Obligé de parler de divers besoins , de di»
verses parties du corps , pour lesquels la bienséance n’a point de langage , le médecin doit éviter à la fois d’être obscur et d’être grossier, principalement lorsqu’il s’adresse aur
dames. L’ou)jh des formes leur rend souvent insupporlabie un homme plein de mérite et de savoir.
Chacun sait avec quelles délicates précautions un médecin doit parler devant le malade et sa famille de la nature de la maladie et de ses conséquences probables lorsqu’il existe du dangerj avec quelle mesure il doit enfin leur révéler une terminaison funeste , lorsque malheureusement elle est devenue iné> vilable. Chacun sait aussi que quelqne violente que puisse être la douleur des parens , ils ne doivent jamais laisser paraître dans leurs discours au médecin , qu’ils le regardent comme la cause de leur deuil.