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que nul motif ne peut faire endurer. Quand on a le malheur d’avoir des cheminées qui fument, il faut ne se donner ni trève ni relâche que le mal ne soit réparé.
Mais appeler des fumistes est chose fort onéreuse ; ils font souvent des essais inutiles avant dè connaître la cause de la fumée, faute de pouvoir observer comme le doivent faire les maîtres de la maison. On verra par les détails suivans combien il est facile de déterminer soi-même, et d’une manière efficace, le remède qu’il convient d'appliquer.
Franklin compte neuf causes de fumée :
1°, Quand l'air extérieur manque pour faire tirer La cheminée, c’est-à-dire lorsque la chambre ne fournit pas l’air nécessaire, parce qu’elle est exactement calfeutrée ; il faut alors pratiquer dans un carreau de la partie supérieure des fenêtres une ventouse formée par une lame de ferblanc inclinée, ce que l’on nomme wvasis{as ; ce hom est allemand, et vraisemblablement lin- Yention a là même origine. On place cette ventoûse lé plus haut possible, parce qu’elle fait circuler l'air extérieur au plafond, et par conséquent ne diminue pas la chaleur de la chambre. Depuis quelques années on met à la petiteouverture du carreau une lame de fer-blane mobile, qui, tournant sur elle-même au moindre vent, produit tout l'air extérieur nécessaire. Néanmoins, ces deux moyens doivent être employés le plus rarement possible, parce qu’ils sont toujours désagréables à lœil.
2°. Quand la chémince n'a pas 'asséz d'air, lors méme qu'il y aurait quelques ouvertures % la chambre, soit comme portes ; fenêtres mal jointes, soit une ventouse ou vasistas. Faites
mettre au-devant en maçonnerie une plaque co loriée d’après la décoration de l'appartement, et par-dessus une autre plaque moins Re , à laquelle vous pratiquerez, de place en place, des trous ronds qui cenduiront l'air dans Je tuyau.
3°. Quand il y a un courant d'air contraire à celui de la cheminée. Il arrive souvent qu'une porte située du côté de la cheminée produit un courant d’air qui chasse la fumée dans la chambre chaque fois que cette porte s'ouvre. Pour obvier à cet mconvénient, il faut faire usage d’un paravent, ou, mieux encore, faire changer les gonds de la porte , de manière à ce qu’elle ouvre tout différemment. *
4°. Quand le tuyau est trop court , il faut faire placer sur le faîte de la cheminée un tuyau en tôle, plus ou moins long, adapté à celui de la cheminée, et surmonté d’un chapeau, également en tôle. Tous les poêliers vous le prépareront.
5°, Quand la cheminée est dominée par ur édifice ou éminence quelconque, employer le remède précédent.
6°. Pour la cause contraire, faire seulement placer un chapeau recourbé sur le haut de la cheminée,
7°. Quand l'embouchure de la cheminée est trop grande dans la chambre, resserrez-la graduellement avec des planches bien jointes, jusqu'à ce qu'il ne fume plus, et faites ensuite mettre à la place des planches, des briques posées sur le côté, et revêtues de plâtre. Quelquefois il suffit d’exhausser le foyer.
8°. Quand le tuyau de deux cheminées se courbe. Dans les maisons mal construites, ilarrive que pour faire servir un tuyau à deux cheminées , on le courbe, et que, par conséquent, lune des
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deux manque d’air, ou bien a un tuyau trop court : il faut le faire allonger et procurer l'air nécessaire. Cette cause est d'autant plus désagréable que, lorsqu'on fait du feu dans une chambre, il fume dans l’autre, où cependant il n’y a pas defeu.
9°. Quand une cheminée où l'on n'allume pas de feu se remplit de fumée. Si vous éprouvez ce désagrément , observez si cela tient à la cheminée d’une chambre correspondante, et alors prenez les précautions nécessaires dans cette chambre. Il arrive quelquefois que le mal vient d’un appartement voisin. Souvent, aussi, une cheminée fume dans une armoire ou un cabinet : fermezle bien exactement, recouvrez-le d’un enduit, d’un fort papier ; remédiez à la fumée par le moyen ordinaire, faites bien et souvent ramoner; enfin, ne négligez rien pour vous défaire de ce fléau domestique.
Ou peut encore avoir recours aux appareils économiques à placer dans l’intérieur des cheminées, seul procédé contre la fumée, pour laquelle M. Millet a obtenu un brevet d'invention, passage Saulnier , n° 4 bis, faubourg Montmartre, à Paris.
Ces appareils sont portatifs, préservent de la fumée, offrent une grande économie de combustible , en le mettant presqu’en dehors de la cheminée ; il en résulte une chaleur toute rayonnante, entièrement au profit de appartement.
Ils sont en fonte, en tôle, en cuivre eten argent plaqué, et aussi en marbre factice ; n’apportent aucun obstacle-au ramonage, et présentent un moyen aussi sûr que prompt d’étouffer les feux de cheminées ; ils sont susceptibles de recevoir tous les ornemens et le luxe que l’on peut désirer. Ils se placent en moins d’une heure.
On trouve un grand assortiment de ces appareils depuis 50 francs et au-dessus. Ils ont été remarqués avec satisfaction à l'exposition de 1827.
La fumée des poêles est plus désagréable encore que celle des cheminées : pour la prévenir habituellement, ayez du bois court et peu gros; faites rapidement le feu ; ayez à demeure, sur le devant du poêle, un petit support en fer pour empécher les bûches d’étoufler le feu ; mettez-les toujours sur un lit de braise, et ayez soin d’entretenir le feu en conséquence. Ne soufflez pas ; mais, pour augmenter l'air et faire tirer le poêle plus vite, placez une bûche en dehors, devant la petite porte du poêle. Faites bien attention à ne jamais fermer la clef, c’est-à-dire la tourner horizontalement , que tout le bois ne soit consumé. N’entassez point le bois de manière à ce qu’il s'approche du haut du poêle, parce que la flamme frapperait la tôle et produirait une insupportable odeur de forge. Que les tuyaux de poêle soient parfaitement joints, principalement s'ils offrent des coudes, parce qu'il s’en échapperait une liqueur qui tacherait fortement les objets sur lesquels elle coulerait. N'attendez pas que le poêle fume pour nettoyer les tuyaux, et les ramoner avec un balai. Un poêle de faïence doit être fréquemment lavé avec une éponge bumectée d’eau chaude.
Outre la méthode ordinaire de ramonage, on peut se servir du ramonage à la perche et au fagot. Le dernier convient aux cheminées à tuyau court, et par conséquent à celles des étages supérieurs. Voici la manière de procéder : un homme monté sur le toit prend une longue corde , et en faittomber un long bout par la cheminée, sur le foyer. Placée à ce point, une autre personne at-
tache ce bout de corde après un fagot d’épines, en le laissant tomber un peu. L'homme du toit tire alors; celui du foyer ensuite, et tous deux imitent les mouvemens des scieurs delong. Quant au ramonage à la perche, il a lieu de deux facons : tantôt on attache à une longue perche une raclette semblable à celle des ramoneurs, et une homme monté sur le toit introduit cette perche par la cheminée : il faut que celle-ci soit parfaitement droite, et l'obligation de monter sur le toit est un assujettissement ; l’autre méthode en débarrasse. La perche est composée de plusieurs parties mobiles, tenant entreellesparunecheville, à peu près comme la tête d’un compas ; la raclette se place à volonté à l’une ou à l’autre de ces partiés. On voit de là combien il est facile d’introduire, du foyer, cette perche, qui se plie facilement, et de ramoner toutes les parties de la cheminée en faisant couler à volonté da raclette. Ces moyens sont indiqués dans le Petit Fumiste de M. Teyssèdre ; ils sont surtout utiles à la campagne, lorsqu'on ne peut point avoir de ramoneur. À moinsque dans la cuisine, où l’on est souvent forcé d’avoir les pieds froids, il ne se trouve point de chauffe-preds ou chaufferettes chez vous, cela étant extrêmement malsain, ayez uu chauffepied de fourrure, si vos moyens vous le permettent, ou une jorrine, un moine de santé, sortes de chaufferettes qui donnent de la chaleur au moyen d’une lampe adaptée dans l'intérieur. On les trouve à Paris chez un grand nombre de marchands , et surtout rue Sainte-Apolline. Les marchands de meubles, en province, en ont aussi. Tout bien considéré, n'ayez pas non plus de Chaufferettes dans la cuisine. Nous avons dit qu’il ne faut y faire du feu dans la cheminée que pour
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lès plats qui demandent un feu clair, comme les étuvées, les fritures, etc. : encore peut-on faire les dernières sur le fourneau. Ne négligez pas ce conseil, car c’est à la cuisine que se consomme, à raison du gaspillage, le plus de boïs. Maïs pour que vos domestiques soient tenus chaudement , faites-y placer en hiver un poéle-fourneau; entouré de coussins allongés el grossiers, à peu près comme on en voit dans l’hospice de la Charité, à Paris. Veillez à la manière dont ce poêle est entrétenu. N'oubliez jamais que le devoir d’une maîtresse de maison est de dépenser modérément, convenablement, afin de rendre tout le monde heureux chez elle.
Ne souffrez jamais que l’on éteigne le charbon en le couvrant de cendres, mais exigez qu’on le mette dans un étoufloir, dont, aureste, vos four-neaux doivent être munis. Faites-vous rendre un compte exact du combustible. 11 est très bon d’habituer chacun de vos domestiques à avoir un petit livret, où il marquera ce qui sera relatif à ses attributions. (1)
(x) Pour n'avoir jamais à redouter les suites d’un feu de cheminée, ayez toujours auprès de chacune, du soufre en poudre, pour jeter dans le foyer au momentoùlefeu se déclare. On prend alors la précaution de placer un drap devant la cheminée. On trouve dans la Bibliothéque Physico-Economique, qu’il est très avantageux d'ajouter au soufre, du salpètre en poudre, et du charbon de bois blanc pulvérisé. Ilen faut une once sur huit onces de soufre, Ce mélange brûle plus promptement, et neutralise la vapeur malsaine du soufre.