‹ Manuel complet de la maitresse de maison et de la parfaite ménagère, ou Guide pratique pour la gestion d'une maison à la ville et à la campagne, contenant les moyens d'y maintenir le bon ordre et d'y établir l'abondance. Par Mme Gacon-Dufour. Seconde édition, mise dans un nouvel ordre et très augmentéeChapitre 21 sur 28 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

HxGiÈNE pomMESTIQUE. — BaïNs. — Usrensizes pe SANTÉ. — (GARDE-ROBES D'APPARTEMENS DE M. Dupont. — PETITE PHARMACIE, — QueiquEes REMÈDES SIMPLES CONTRE LES ACCIDENS, — RE- CETTES DIVERSES. — PRÉPARATIONS HYGIÉNIQUES.

— CosMÉTIQUuES.

Les soins à prendre pour conserver la santé de sg famille, ou pour la rappeler dès le premier signe d’indisposition, sont d’imporlans et bien chers devoirs pour une maîtresse de maison.

Saps doute la salubrité du logement, Ja bonté de la nourriture, une exacte propreté sont les fondemens de l’hygiène domestique; mais il est eucore d’autres précautions qu'il convient de prendre äfin de n'appeler que le moîhs possible et le moins long-temps un médecin.

À moins que vous n’habitiez Paris, et que votre fortune ne’soit.fort restreinte, ayez une baignoire chez vous ; qu'elle soit placée dans un cabinet simple et propre, bien aéré surtout. Au moyen des fourneaux, des cheminées économiques , des caléfacteurs à bains, il vous sera facile

226 MANUEL de faire chauffer l’eau à peu defrais. Les chemises d'homme vicillies vous serviront à faire des peignoirs, dont la décence, la commodité, le bienêtre, réclament également l'usage. Vous ferez adopter cliez vous l'usage de prendre des bains au plus tous les huit jours, pendant les grandes chaleurs, et au moins tous les mois pendant l'hiver : il sera bon d’avoir une petite baignoire d'enfant.

Indépendamment de ces deux baignoires, il vous faut avoir un fauteuil à demi-bains, et un seau à bains de pied ; je vous conseille de prendre Pun et l’autre en fer-blanc fort épais, montés surun châssis de bois pour.éviter les chocs. Les Seaux en terre, en faïence, coûtent fort chers, et se cassent facilement; je voudrais aussi qu'un manteau de drap commun , mis à la réforme, un grand tablier de même étoffe, servissent, lun à couvrir le dos de la personne qui prend le demibain, l’autre les genoux de celle qui prend le bain de pieds. Si le cabinet de bains était assez spacieux pour contenir ces oljjets, bien rangéSavec ordre, cela serait encore mieux. 3

La maîtresse de maison fera mettre dans la chambre à repassage, une couronne en osier à chauffer le linge en hiver : tout le monde sait que l’on place, sous cette sorte decageouverté,un réchaud gargi de charbôns ardens ; on étend habituellément sur cette couronne les chemises blanches ,les peignoirs et les serviettes qui serviront au sortir du bain, Ce sera une sage précaution de chaufler également les linges pour essuyer les pieds, lorsqu'on prendra un pédiluve.

Dans un grand placard, ou dans un petit cabinet, doivent se trouver tous les ustensiles né-

cessaires à la santé : une seringue montée sut boîte à pied, et qui peut s’en retirer à volonté ; de petites seringues à faire des injections émollientes dans les oreilles, lorsqu'on y éprouve quelques douleurs , bourdonnemens. L’instrument propre à remplacer les sangsues lorsque, pendant l'hiver, on ne peut s'en procurer, ou que l'on a de la répugnance pour ce remède. Les restes de vieux linges taillés en compresses.et bandelettes seront encore placés dans cet endroit ; les compresses bien pliées en quatre, et les bandelettes roulées bien serré : il faut ôter avec soin les ourlets , les pièces, remplacer les coutures ordinaires par des coutures en reprises, en un mot, retrancher tout ce qui fait saillie et peut blesser.

La propreté des garde-robes est unvarticle important dans l'hygiène domestique; la puanteur, linsalubrité, des garde-robes ordinaires seront évilées parnotre soigneuse maîtresse de mäison. Je nepuis rien faire de mieux que de lui transcrire la partie dutprospectus de M. Dupont, qui traite de cet objet. M. Dupont a obtenu un brevet d'invention, en 1820 ; son utile établissement est rue Sainte-Barhe, à Paris. Je pré viens qu'il entend par kydroclave le converclé trempant dans un ruisseau établi autour dela cuvette, et dans lequel on renouvelle l’eau à volonté sans déplacement.

GARDE-ROBES D'AFPARTEMENS.

Garde-robe meuble à bonde anglaise.

Le système des hondes anglaises a, jusqu’à ce jour, servi de règle A la construction desgarderobeS;-nous l'offrons au public avec le perfec-

tionnement de l’hydroclave ou couvercle, au moyen duquel on peut-couvrir la envette avant de lever la pompe, pour laisser passage aux matières qui vont se précipiter dans le récipient placé au-dessous de lacuvette.

Le réservoir de ces garde-robes est calculé à la contenance de près d’une demi-voie d’eau, et le récipient peul s'augmenter à volonté depuis 2e jusqu’à 4o litres, ce qui, pour une garde-robe de mesure ordinaire, donne-un service de deux mois avant d’être vidée. Ce récipient s'enlève sans peine à chaque fois qu’il est besoin de le vider.

Garde-robes à soupape et couvercle de rappel.

Ces garde-robes ont également l’hydroclavesupérieur, et de plus un inférieur, adapté au fond de la cuvette, et dans lequel elle baigne même quand on enlève le récipient.

Ce récipient est construit de manière à diviser les urines au moyen d’une soupape à-filtre, qui arrive sous l’onifice de la cuvette à mesure qu’on déplace le couvercle pour se mettre sur le siége : la division s'opère au moment même de l'évacuation ; les urines coulent dans la

artie du récipient qui leur est destinée, et ke solides restent sur la soupape, d’où ils sont vaflés et tombent dans le récipient, au moment où l’on ramènele couverele sur la cuvette,

Le service du récipient est le même que celui des autres meubles. Tous les récipiens, d’ailleurs, sont garnis d’un flotteur qui se soulève lorsque la caisse est pleine ,-et avertit qu'il est temps de la vider.

Garde:robes meuble à cylindre hydraulique.

Le mécanisme de ces garde-robes est le même

que-celui décrit précédemment;ñil remplace les bondes anglaises. Le cylindre est hermétique ; il est coulé sur moule en cuivre et garde parfaitement l’eau que lui fournit le réservoir, et dans laquelle on évacue. Une roue d’engrenage qui y est adaptée est surmontée d’une tige à anneau perdu, etdont l’action est de la dernière douceur ; par cette action, qu’on donne de la main sans quitter le siége . le noyau du cylindre s'ouvre et fait place aux matières dont lécoulement est instantané, puisqu'elles sont raflées par le boisseau même dans lequel tourne le noyau. On peut également l'ouvrir avant l’évacuation. Ce cylindre est encore garni du flotteur, de l'hydroclave inférieur, et le service du récipient est le même que dans les autres meubles.

Nous pouvons à justetitre nous glorifier d’une pareille invention, et donner à ce meuble le nom de GARDE-ROBES FRANÇAISES, en cé qu’elles remplacent les anglaises, auxquelles on n’a pu éviter l'inconvénient du salissement et l’engorgement de la bonde.

G arde-robes meuble à toilette et à secrétaire.

Une toilette à la partie supérieure, un tiroir pour le linge de service, un second tiroir àvsecrétaire , un bidet, un réservoir, une garde-robe inodore garnie du même cylindre hydraulique que la pièce précédente, sont renfermés dans une caisse de bois d’acajou qui ne messied point daus un appartement, mais dont la place est plus catutefiement indiquée au cabinet de toilette. Ces meubles sont justement admirés ; ils sont susceptibles d'être facilement transportés en voyage. Chaque pièce est à volonté démontée et replacée sans le secours de l’ébéniste ni d'aucun

mécanicien. Nous ne croyons pas qu’il soit possible d'y donner pius de perfection, ni de surprendre plus agréablement les personnes qui nGus honorent de leur visite, qu’en leur présentant tant d'objets d'utilité réunis dans un meuble qu'ils ont cru tout au plus devoir contenir la caisse ou les comptes du caissier de l’entreprise.

Garde-robes à simple soupape.

Ces garde-robes , d’un prix très modique, ont aussi l’hydroclaye supérieur et inférieur, et une soupape qui s’actionne très facilement au moyen d’une tige saillante, Cette soupape ferme l’orifice du récipient après l’évacuation, et comme elle y est adhérente ou plutôt qu’elle en fait partie, le récipient n’a pas besoin d’autre couvercle pour le fermer lorsqu'on en fait la vidange.

Garde-robes à seau.

Quoique d’un prix inférieur, ces garde-robes ne laissent pas d’avoir leur mérite. Elles ont l'hydroclave supérieur et inférieur , et lors de la vidange, le couvercle du seau où récipient est encore fermé à l’eau , de manière que les personnes chargées d’en faire.le service n’ont aucun désagrément pendant le trajet de l'appartement à la fosse d’aisances, et n’ont que celui momentané du jet des matières dans la fosse.

Bassins de malades.

Les bassins de malades, en étain, sont d'un poids énorme; ils laissent à découvert l'évacuetion, et sont, par conséquent, d’un service difficile et dégoûtant ; les personnes qui sont auprès du malade, pour lui donver leurs soins et leurs secours, celles qui n’y sont qu'en visite, sont in-

fectées de l’odeur des excrémens. Les bassins de faïence ont le même inconvénient; etde plus celui de la casse.

Ceux que nous offrons au public sontagréablement vernissés, beaucoup plus légers et aussi solides que ceux en étain ; un enfant de huitans peut aisément en faire le service. Ils sont porteurs d'un couvercle qui glisse entre deux coulisses dans toute la rondeur de l’ouverture, et tient les évacuations closes aussitôt que le malade les a cessées : on peut actionner ce couvercle , même avant de retirer le bassin de dessous le malade; il n’y a donc plus d’odeur qui puisse se répandre dans l’appartement et incommoder les personnes que le devoir ou l'affection y attache,

Ces bassins se vident comme ceux en étain, par le manche, au bout-duquel est un bouchon fermant à pas de vis.

Ce meuble est nécessaire à tous les ménages ; il'est indispensable chez MM. les accoucheurs et mesdames Les sages-femmes.

Vases de nuit.

On m'avait point pensé jusqu’à ce jour à clore les vases de nuit : les pérsonnes un peu aisées se sont contentées d’avoir une table de nuitpour y renfermer les vases ; mais encoreque Ja porte en fût bien fermée, l’odeur de l'urine venäit souvent frapper lodorat. Nous avons remédié à cet inconvénient; nos vases de nuit sont toujours fermés : on se met dessus, et par le moyen d’une soupape qui s'ouvre d'elle-même, l'urine coule dans le vase, 1 peut ensuite garder près de soi sans crainte

‘odeur et sans table close, jusqu’au moment où Von veut le laver etle vider.

Passons à ce que j'appelle la petite pharmacie

de ménage. Lorsqu'on achètedes simples, pour les tisanes ou autres remèdes , il n’est que trop or dinaire, après en avoir employé quelques pincées ou poignées , de mettre le reste dans quelque tiroir. Les cornets sans étiquettes, mal fermés, se mêlent, s'ouvrent ; les herbes, presque tonjours de propriétés différentes, opposées , se confondent pêle-mêle; lorsque arrive ensuite l’occasion de s’en servir de nouveau, on n’ose pas trier ces simples, crainte d’erreur ; de plus, on recule devant la perte de temps : on court done chez l’herboriste acheter des herbes qui bientôt auront le même sort. La dépense est légère, dit-on; d'accord, mais elle se répète, mais le fondement de l’économie domestique est d'éviter toute dépense inutile. Puis, en cas de maladie, où les frais sont si élevés, où il esL impossible d’épargner sur le soulagement du malade, ne convient-il

as d'économiser sur tout ce qui se peut. Pour cela il faudrait avoir un petit meuble commun, à peu près comme un chiffonnier, et mettre dans chaque tiroir, séparément , les simples ; comme le nombre de leurs espèces dépassera celui des tiroirs , et qu'ils seront vraisemblablement en petite quantité, ayez de petites boîtes en carton (qui coûtent à RSS pièce), et mettez-y les diverses herbes ; cette boîte portera une étiquette, de sorte que vous trouverez du premier coup d'œil les simples dont vous aurez besoin.

Ilest bien d'acheter moins, mais il serait encore mieux de nepas acheter du tout; aux avantages d'économie se joindront bien d’autres avantages. Supposons que la maîtresse de maison ait LÉ ectes d’être mère, et que ses enfans soient jeunes encore ; dans leurs promenades à la campagne elle leur fera cueillir des guimauves , bour-

rache et autres herbes pectorales ; des centaurées, millefeuilles, bouillon blanc, violettes, orties blanches, pas-d’âne, fumeterre , sang-de-dragon, racine de patience, chicorée sauvage, pétales de rose, têtes de pavots, coquelicots, girofléejaune, racines de fraisier, d’oseille, feuilles d’absinthe, de sauge, de lierre terrestre el autres berbes médicinales : tout en dirigeant cette occupation, qui les amusera beaucoup, elleleur en apprendra les noms, les propriétés ; elle leur en fera remar-quer les caractères, les ressemblances , et leur inspirera aiusi le goût de la botanique , à laquelle eile les disposera en jouant. En leur apprenant à dessécher leur récolte, à séparer les espèces d'herbes, à les ranger convenablement , elle leur donnera le besoin de l’ordre : que de germes précieux, sans compter le meilleur de tous, le désir de soulager les maux de ses semblables!

La maîtresse de maison prendra toutes les pré: cautions nécessaires pour prévenir les rhumes et leurs suites souvent fàächeuses, en établissant chez elle l'usage des chaussures de santé à semelles de liége, des socques ; mais elle n’en fera pas moins, à l'automne, une petite provision de remèdes sucrés contre les maux de poitrine ,1tels que pâte de guimauve (voyez plus haut) dequ= jubes, sirop de gomme, de capillaire, delichen d'Islande, dont elle trouvera les recettes dans le Manuel du Limonadier.

Il devra yavoir aussi, dans la petite pharmaæie domestique, beaucoup de racines de guimauve et de-farine de lin , qui forment des cataplasmes si précieux pour touteslesinflammations; une boule de mars , d'acier ou de Nanci, car on donne tous ces noms à une boule préparée que l’on frotte au fond d’un vase dans du vin ou de

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l'eaupour obtenir des boissons ferrugineuses , si bonnes pour accélérer la circulation du sang, et aussi pour fermer les écorchures et donner du ton aux chairs (r). Des feuilles de vigne, de cassis, séchées , doivent encore se trouver pour remplacer le vulréraire; enfin il est bon d’avoir du gruau concassé pour préparer des boissons rafraichissantes.

Sans métamorphoser ma maîtresse de maison en commèredistributrice de remèdes, niempiéter sur les droïts des médecins, je vais indiquer quelques recettes contre les accidens journaliers auxquels il est urgent de remédier très vite.

Recettes contre les brélures.

Lorsque la brûlure est légère, et la peau seulement rougie, trempez la partie malade dans l’eau froide. Au même degré, et même un peu plus, appliquez da coton en rames.

La peau est-elle boursoufflée? employezla pomme de terre crue râpée, ou une bouillie de farine de froment et de vinaigre : il faut laisser la pulpe ou la pâte tomber d’elle-même. Pour guérir instantanément les plus fortes brûlures, 1l faut frotter à deux reprises la partie souflrante d’une dissolution d’une once d’opium dans un demi-litre d'esprit de vin.

Recettes contre les coupures et écorchures.

Avant l’inflammation de la plaie, appliquez dessus des feuilles de chélidoine jaune mélées avec quelques gouttes d’huile d'olive. L'usage du papier brûlé est excellent en pareil cas. Pour

(x) La maîtresse de maison devra recueillir la rouille des vieux morceaux de fer pour faire du safran de niars.

combattre ercore cegenre d’accidens, la iaîtresse de maison devra avoir du taffetas d'Angleterre noir ou couleur de chair ; elle en trouvera la recette dans le Manuel du Parfumeur.

Recettes contre Les maux de tête.

Des bains de pieds savonneux très chauds, et dans lesquels on ne reste que huit à dix minutes ; un linge imbibé d’eau fraîche appliquésur le front; l'essence balsamique éthérée (que l’on vend chez tous les pharmaciens), adoucissent les maux de tête, qui tienrent presque toujours à une cause interne, et cèdent principalement au repos.

Remèdes contre les tumeurs descors, les verrues, les entorses, etc.

(Voyez le Manuel d'Economie domestique, chapitre vir, page 218.)

ÆAmandé, boisson rafraïchissante.

Prenez deux poignées d'orge mondé, faites-le bouillir; après le premier bouillon , jetez la première eau, comme cela se pratique habituellement pour la cuisson de l'orge; mettez-le dans une eau nouvelle; faites-le cuire, et dès qu'il sera bien crevé, pressez-le en l’écrasant dans une passoire. À la pulpe ou bouillie qu'il produira, vous ajouterez deux poignées d'amandes pilées, et vous délaierez le tout ensemble, d’abord avec de Peau sucrée, une demi-pinte environ, puis autant de lait. Si l'amande est trop épais, on l’éclaircit au point désiré, en ajoutant l’eau et le lait nécessaire: On peut remplacer l'orge mondé par le gruau. Dans tous les cas, cette préparation fournit une boïsson rafraîchissante, agréable, somnifère et nourrissante.

236 MANUEN, Thé nervin.

Faites une infusion de feuilles d'oranger et de fleurs de tilleul, que vous sucrerez légèrement. Vous pourrez y ajouter un peu de Jait d’amandes:

Tisane contre les maux de gorge.

Faites bouillir une tête de pavot et quelques morceaux de racine de guimauve dans une pinte d’eau ; coulez et édulcorez avec, suffisante quantité de sirop de mûres, .que l’on emploie de préférence pour lirritation de la gorge.

Boisson pectorale.

Prenez riz mondé et lavé, une once; faites-le cuire dans une pinte d’eau jusqu’à ce que le riz soit bien crevé; retirez du feu et faites-y infuser, pendant un quart d’heure, de Ja racine de réglisse et de guimauve ratissées , de chaque, demionce ; décantez et ajoutez du miel ou du sucre.

Bouillon pectoral.

Mélangez parties égales de bouillon gras non salé et de bon lait ; sucrez fortement avec du sucre candi, ét buvez chaud le matin:

Il est encore fort bon pour la poitrine de prendre chaque matin, à jeun, un jaune, d'œuf cru parfaitement frais, que l’on sature de sucre candi en poudre.

Poudre dentifrice.

La maîtresse de maison doit aussi sayoïr faire les préparations à la fois hygiéniques et cosmétiques pour Je soin de sa personne et célui de ses filles. Elle préparera donc de la poudre denti-

frice, soit avec des croûtons de pain brûlé, soit avec du charbon. Lorsqu'au moyen d’un pilon elle en aura pulvérisé les morceaux dans un égrugeoir à sel ordinaire , elle attachera une gaze ou une mousseline sur l'ouverture de cet égrugeoir, et la renversera ensuite en le secouant atdessus d’une large assiette. La poudre qui s’échappera par le tissu sera véritablement impalpable, et l'opération se fera assez vite. Cette pratique est de beaucoup préférable à l'emploi du papier piqué avec une épingle, parce que tous les trons se bouchent, et du reste cette piqûre est longue et ennuyeuse à faire. Il faudra ajouter du sucre que l’on pilera et passera en même temps que le charbon ou le pain :-suv quatre gros de charbon en poudre, on met une demi-once de sucre. Il est extrêmement avantageux d’ajouter à ces doses deux grains de sulfate de kinine qui coûtent 12 sous. On voit combien alors revient à bon marché la poudre dentifrice que les parfumeurs ou les pharmaciens vendent fort cher. Depuis long-temps je la prépare moi-même et je m'en trouve très bien. Pour animer l’eau avec laquelle on se rince la bouche en se nettoyant les dents, la maîtresse de maison fera dissoudre un gros d’ammoniac dans une pinte d’eau-de-vie.

Elle préparera aussi la pommade de concombres suivante pour adcucir la peau.

Pommade de concombres.

Prenez un'peu d'huile d'olives (parce qu’il faut opérer en petit, cette pommade étant sujelte à rancir); râpez des concombres blancs en quantité égale à celle de l'huile ; mettez le tout dans une bassine, un plat ou un gobelet d'argent ; mettez ce vase au bain-marie, et agitez-en le contenu

avec le manche d’une cuiller à bouche, d’argent, en guise de spatule ; continuez d’agiter pendant quelque temps, mais sans aller jusqu’à Pébullition ; passez ensuite à travers une étamine, et remettez jusqu’à six fois, sur de nouveaux concômbres râpés, cette huile que vous venez de filtrer. Ayant ainsi opéré six fois à la chaleur du bain-marie, sans faire bouillir, vous aurez une pommade fine, blanche comme la neige. Vous l’empoterez et la couvrirez bien. Le soir, vous en prendrez un peu sur un linge fin et l’étendrez sur la figure, le cou, les bras, de manière qu’elle ne paraisse pas. (1)

Pour fortifier la vue, ma ménagère aura toujours une demi-bouteille de la composition suivante.

Dans une demi-pinte d’eau de rivière, mettez dissoudre six grains de sulfate dezine (couperose blanche)ettrenteetun deracined’iris deFlorence, en poudre (pour deux sous de l’un et de l’autre); bouchez ensuite la bouteille; mettez-la dans un endroit frais. Le remède est achevé après vingtquatre heures ; on l’emploie en ouvrant l'œil fatigué, dans un petit bassin à baigner l'œil ou dans une cuiller à bouche remplie de cette eau.

Pour adoucir linflammation des,paupières, ce qui arrive après avoir été exposé à la poussière, au vent, à la fumée, la maîtresse de maison aura des paquets de mélilot dontselle fera une légère décoction : elle se servira aussi d’eau de rose.

La maîtresse de maison ne laisséra préparer aucun champignon dans sa cuisine, ni mettre

(x) La maitresse de maison nettoiera tous les mois ses cheveux et ceux de ses enfans avec de la racine d'iris en poudre,

aucun mousseron dans les ragoûts , qu’elle ne les ait examinés soigneusement , d’après sa connaissance-particulière, et Pexcellente Instruction sur les Champignons, rédigée par MM. Parmentier, Deyeux, Thouret, Huzard, Leroux, Dupuytren et Cadet. On trouve cette instruction dans le Manuel d'Economie domestique, page 258.

La ménagère apportera aussi le plusgrand soin à ce qu'on ne laisse jamais refroidir aucun mets dans des casseroles de cuivre; elle veillera à ce que l'élamage soit toujours blanc et épais; il ne faut pas même attendre que la couleur ducuivre paraisse. En général, l’écurage de la batterie de cuisine éloit attirer son attention.

Je lui conseille d’avoir la bassinoïre de sûreté, à courant d’air et à façon nouvelle, quise vend chez Billon, rue Neuve-Saint: Martin, n°5, à Paris (exposition de 1827). Je lui conseille également de n’en faire usage qu’en cas de maladie.

Elle assortira la nourriture à la saison et à la disposition où se trouveront les personnes de sa famille. Pourne point setrompersurunarticlesi important , etquine donne aucune peinelorsqu’on y veut faire attention, elle se munira d’un bon livre d'hygiène domestique (r) ; là, elle apprendra à connaître les symptômes d’échauffement, dedébilité de l'estomac et autres dispositions ; elle verra quelles sont les propriétés des alimens, et, sans s’astreindre au régime, fera servir ceux qui seront les plus convenables. Par exemple, en cas de constipation, d’aphthes, de légers boutons au visage, elle se gardera de faire apprêter des œufs durs, des écrevisses, du céleri, etc., et servira des

(x) Voir le Manuel d’Hypiène, et la Médecine domestique, de M. Ratier.

potages au lait, des ragoûts d’oseille, de laitue, des viandes blanches. En cas de relâchement dans les organes digestifs, elle donnera du riz, du bouillon gras, du chocolat, du bœuf bien cuit, etc. Au reste, il lui faudra étudier le tempérament de son mari, de ses enfans, pour leur offrir la nourriture la plus salutaire.

Après avoir donné pendant quelque temps des boissons rafraichissantes, s’il y alieu, comme eau de poulet, de laitue, de cerises, de prunes, bouillon de veau, gruau (voyez Manuel d'Economie domestique), elle fera bien de prévenir l'affaiblissement de l’estomac par une tasse de légère infusion de camomille ou de millefeuille. Au reste, qu’elle se garde bien de jamais administrer des remèdes actifs, comme bols, médecines , vomitifs, même lisanés composées, sans l’avis d’un médecin.

Qu'il soit choisi parmi ses amis, s’il est possible; qu’on entre avec lui dans les plus grands détails ; que la maîtresse de maison tienne note de ses observations sur le tempérament des siens, et les lui soumette ; qu'enfin , ce médecin ne soit jamais changé, à moins de circonstances impérieuses, contre lesquelles la volonté ne peut rien.

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