‹ Manuel complet de la maitresse de maison et de la parfaite ménagère, ou Guide pratique pour la gestion d'une maison à la ville et à la campagne, contenant les moyens d'y maintenir le bon ordre et d'y établir l'abondance. Par Mme Gacon-Dufour. Seconde édition, mise dans un nouvel ordre et très augmentéeChapitre 22 sur 28 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Cnoix ET SOINS DES ANIMAUX DOMESTIQUES. — CBÈvres DU TmHIBET. — NOTE SUR LE PORC. — Bass£-cour. — QUELQUES RECETTES POUR LA GOUVERNER AVEC AVANTAGE.

Quoique les mêmes devoirs, l’oräre, l’économie, le bien.être de leur famille, soient imposés également à la ménagère de la ville et à celle de la campagne, les localités apportent quelques différences : elles permettent, à la campagne, diversés économies , diverses occupations qui seraient onéreuses où impossibles à la ville. Ainsi nous. allons indiquer à la maîtresse de.maison rurale le parti le plus avantageux qu’elle peut retirer de son jardin, de sa basse.cour, lesisoins qu’elle doit prendre pour mettre à profit ses différentes récoltes, et ne laisser perdre aucun de leurs débris ; toutes choses assurément fort déplacées si elles s’adressaient à la maîtresse de maison citadine. Néanmoins ,comme la première peut, en une foule d'occasions, ayoir besoin des avis que je donne à la seconde, que celle: ci n’en a que faire, et que le fond de leurs obligations est commun, je me suis étendue davantage sur

ce qui concerne l'une, que je ne le ferai sur ce qui touche l’autre.

Comme la ménagère de la ville, celle de la campagne commencera par calculer les moyens que lui fournira sa propriété pour la nourriture des animaux domestiques ; leur nombre y sera proportionné, à moins qu'elle n’ait le moyen de placer avantageusement leurs produits, parce qu’en ce cas il conviendra qu’elle achète le surplus des alimens nécessaires. Quoi qu’il en soit, elle aura de belles races, parce qu’elles donnent des produits supérieurs, et ne coûtent pas plus à nourrir. Elle aura de belles vaches normandes, des ânes du Poitou, parce que ceux de cette province sont les plus gros et les plus forts. Les cochons des Ardennes à oreilles pendantes, à pelage blanc, s’engraissent en moitié moins de temps que les autres races ; c’est dans cette espèce qu'il faudra choisir les porcs que l’on destine à l’engrais. On prévoit que je vais conseiller d'élever des mérinos, qui donnent des produits si supérieurs en laine à ceux des moutons ordinaires, et qui, en chair, en suif, en petits, sont au moins d’un rapport égal; qui se gouvernent, se nourrissent, s'engraissent de même, en un mot, n’exigent pas plus de soin. On prévoit aussi ce que je vais dire sur le choix des nr que l’on voudra élever, et d’après les motifs précédens, on a nommé les chèvres du Thibet.sPour engager la maîtresse de maison à se procurer quelques uns de ces précieux animaux, el à mépriser les obligations de la routine; je ne puis mieux faire que de raconter simplement les faits.

C'est à M. Ternaux que l’on doit l'introduc- IL tion en France des chèvres du Thibet, dites de

PROPRES EEE EE

Cachemire : le nom de chèvres thibétines commence à prévaloir , et c’est, en effet, du Thibet que M. Amédée Jaubert, sous les auspices de M. Ternaux, a amené, avec des périls et des efforts de patience qu’on ne saurait trop apprécier, les premières que l’on a vues en Europe:

Cette première importation date de 1819. Voici ce que déjà on avait eu le temps d'observer en 1827 et 1822, et ce que l'expérience des années écoulées depuis lors paraît avoir confirmé, sans qu'il se soit encore manifesté aucun.signe de dégénération.

« Les chèvres thibétines ne sont pas plus grandes que les nôtres, mais elles ont plus de corps, et en les comparant avec nos plus belles espèces de chèvres blanches , on y peut observer Ja même différence qui existe entre les chevaux arabes et les’ chevaux européens. Elles semblent d’un naturel moins sauvage, moins vagabond que les chèvres de France, et nesont pas plus difficiles à nourrir : elles mangent tout, les fanes de pommes de terre, les herbes provenant du sarclage, les fleurs que l’on arrache lorsqu'elles sont passées, les branches et les feuilles de toute espèce, et même les marrons d'Inde. Ainsi donc, sans rièn prendre sur la nourriture des vaches, on peut, dans chaque pare ou jardin, nourrir uns#certain nombre de chèvrés-cachemire ; avec les débris de verdure que l’on rejetterait.

« La nourriture d'hiver, toujours la plus coùteuse pour toute espèce d'animaux, est aussi Lrès économique pourceux-ci, surtout dans les pays vignobles :‘on peut la ‘composer de feuilles de vignes que l’on ramasse après les vendanges , en Îles mettant dans des tonneaux oùverts par en haut : on les y tient entassées avee des planches

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