‹ Manuel complet de la maitresse de maison et de la parfaite ménagère, ou Guide pratique pour la gestion d'une maison à la ville et à la campagne, contenant les moyens d'y maintenir le bon ordre et d'y établir l'abondance. Par Mme Gacon-Dufour. Seconde édition, mise dans un nouvel ordre et très augmentéeChapitre 4 sur 28 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SALON. -— AMEUBLEMENT. — CHAMBRE À COUCHER — MonmiLier.— Soins À PRENDRE POUR LES LITS.

— Pour L'ARRANGEMENT DE L'APPARTEMENT. — INEPTOYAGES, — DÉGAGEMENS, — Capiner pe TOILETTE.

Le premier degré de richesse q un salon est d’avoir des tentures en velours uni ou peint, des glaces du haut en bas des murailles, un plafond peint en ciel, de beaux divans de soie non couverts » par quet d’ acajou , etc. Le second est d’être peint à fresque , avec colonnes et gle aces intérmédiaires, parquet de chêne enjolivé , causeuses au nombre de deux, quatre où six; ete en soie recouverts. Le troisième degré consiste en une tenture de papier velouté, une seule ottomane ou causeuse en Casimir Ou drap i imprimé de la nouvelle fabrication. Pour le quatrième degré, tenture de papier f peint, point de causeuses , fauteuils et chaises rembourrées en velours d'Utrecht, toiles de Jouy, étofles de crin. Dans les deux premiers , ilest d'usage de placer, l'hiver, un beau tapis qui recouvre entièrement le parquet; dans les autres on se contente de mettre un tapis plus ou moins large devant la causeuse , la cheminée ; dans les derniers ,O0n a de petits tapis carrés, ou même de jolies sparteries sous chaque fauteuil. J’oubliais de dire que le sol de ces simples salons est tantôt un parquet uni, ou de carreaux frottés et mis en couleur

rouge ou couleur de bois : cette dernière est à la fois plus solide et plus distinguée:

Je he décris point les accessoires, affaire de luxe et de goût, qui varient avec les localités, la node, la fantaisie du propriétaire. Cependant, je ferai observer que l’on ne place point de fleurs artificielles en vases sur la cheminée des salons opulens'; des candélabres de bronze, des vases en porcelaine, précieux par la peinture, les remplacent ordinairement. Les lampes se placent sur les consoles, ainsi que des objets d’art ; quoiqu’on les mette souvent sur la cheminée, et quelles y figurent très bien, cela ne convient qu'aux salons du troisième degré. Les consoles dent être fort riches, ainsi que les monopodes. Les rideaux sont doubles : il doit à chaque croisée s'en trouver un de soie ou de velours de la couleur de l'appartement, et un de belle mousseline unie ou brodée ; de grandes draperies en soie ou en velours règnent sur la paroï dusalon où se trouvent les croisées. Un piano est presque obligé. Une glace, une superbe pendule sur la cheminée, une autre glace au-dessus du piano et de la console sont aussi de rigueur.

Les salons qui suppléent à la richesse par l’élégance ont des rideaux en mousseline seulement, et la draperie supérieure de la couleur de l'appartement. On nomme quinze-seise l'étofle de soie dont les tapissiers se servent pour ces draperies. Dans les salons du quatrième degré, elles sont en toiles de Jouy peintes, unies ; la couleur en éstordinairement jaune ou cramoisi. En les garnissant de franges noires, cela produit un agréable effet.

Comme recevoir daus un salon de compagnie est le privilége de J’opulence et du bon ton, les

petites fortunes , qui ne LL avoir en même temps cette pièce et une chambre à coucher, imaginent de faire servir la même chambre à ces deux fins. Pour cela, on place le lit dans une alcôve fermée, pratique aussi désagréable que malsaine. On à beau ouvrir les grandes portes de l’alcôve pendant la nuit, l'air n’y peut jamais circuler, puisqu’alors les croisées sont fermées ; les laisser ouvertes quand on sort est un assujettissement, car il faut pour cela déranger des fauteuils et'autres petits meubles placés devant ces portes pour larrangement du salon. Je laisse à penser quel air de désordre a cette pièce lorsqu'on rentre, et combien il est désagréable de se trouver avoir à amener quelqu'un avec soi. C’est bien encore pis lorsqu'on est malade : ces portes, ouvrant dans la chambre, gênent extrémement ; des rideaux ne peuvent protéger la vue du ma- Jade, ni le service, et quelque soin que l’on prenne, la gêne et le désordre:se montrent à chaque instant. Du reste, un salon avec rideaux de calicot ou percale est ridicule. Les vieux et rares fauteuils, les nombreuses chaises de paille, les meubles de chambre à coucher, une commode et un secrétaire (qu’on y place ordinairement), la pendule en acajou, et les vases de fleurs artificielles communes, une table dé jeu, achèvent de rendre burlesque, comme salon, cette pièce qui, dans sa simplicité, ferait une chambre à coucher très commode et très convenable.

Si donc la maîtresse de maison peu fortunée veut écouter mes conseils, elle n’aura point de salon, et meublera agréablement sa chambre à coucher : sans affecter du faste, elle peut la décorer avec goût. Les alcôves n'étant plus de

DE LA MAÎTRESSE DE MAISON, 49 mode, les rideaux de calicot et percale blancs étant devenus très communs ; leur blanchissage entraînant au moins deux fois parfanvdes frais, je lui conseillerai d’avoir un lit dans la chambre même, et de le faire en toile de Jouy peinte, avéc franges assorties en laine et soie. Que celit soit à couronne, avec deux flèches posées à quelque distance l’une de l'autre, et traversées

ar deux autres flèches croisées qui formeront cielde lit; car rien maintenant ne semble plus misérable que les lits à flèche simple. Veut-elle se meubler d’une manière plus élégante : elle peut mettre les draperies en toile de Jouy et les rideaux de mousseline; comme ceux-ci se salissent moins vite que les premières , et se replacent fort aisément , elle fera bien de s’accorder cette élégance.

L’étoffe des fauteuils doit être pareille aux draperies, et si les facultés pécuniaires ne le

ermettent pas, on peut avoir des fauteuils revêtus de Pétoffe la plus grossière. La chemise que lon a coutume de mettre aux siéges pour les garantir servira en cette occasion pour les cacher. On fait cette chemise en calicot , ou basin, ou nankin, ou toile écrue. Selon moi, la maîtresse de petite maison fera bien de choisir ces dernières étoffes, parce qu’elles se salissent moins. Il y a trois manières de préparer ces chemises ou surtouts de fauteuils : 1°. en les attachant sur les côtés de la partie inférieure du dossier avec des rubans de fil; 2°. en les boutonnant ; 3°. en les cousant partout, etenlés entrant par la partie supérieure du fauteuil. Cette dernière facon est moins assujettissanté ; mais elle ne réussit complétement quewpour les bergères, parce que le coussin se revêt d’une toile à part.

bo MANUEX

Que le bas prix des pendules et vases d'albâtre n'engage point la maîtresse de la petite maison à en garnir sa cheminée, parce que l’éclatante blancheur de ces objets ferait désagréablement ressortir la simplicité de l’ameublement. L’albâtre français (pierre jaunâtre à veines) convient mieux : le prix n’en est guère plus élevé ; mais il doit être placé sur une cheminée de couleur foncée, noire même, car déjà l'encadrement doré de la glace nuira à l'effet de cet ornement. Des flacons de cheminée sont de bon goût. IL convient alors de les avoir de couleur rose ou bleue.

J'engage fort la maîtresse de maison d’avoir un garde-cendres. Ce joli meuble, de moderne iuvention, est très utile pour la propreté de l'appartement, pour sa sûreté même, car 1l emséche les charbons et petits tisons de rouler sur e lapis; il est encore très commode pour se chauffer les pieds, que l’on appuie sur la baguette de fer, ou Ja chaîne dorée qui le traverse dans la partie du milieu. Il faut le prendre à ressorts, afin qu'il puisse s'étendre et s’accourcir à volonté , suivant les cheminées. Rien de plus facile que de conserver un garde-cendres dans son neuf : ses dorures se lavent avec une éponge imbibée de vin chaud ; le fer se nettoie avec du papier à dérouiller, et le reste se répare avec du vernis que l’on applique au moyen d’un petit pinceau:

On ne saurait trop prendre de précautions contre le feu : là maîtresse de maison aura donc une suite de feuillets de fer-blanc, ayant la forme d’un petit paravent , de la hauteur d'environ un pied; cela se nomme garde- feu. Quand elle aura à sortir un moment, et ne voudra point

DE LA MAÎTRESSE DE MAISON. 5r

étéindre son feu , elle étendra cette machine devant le foyer. On en fait en tissu métallique à jour, avec jolies bordures de couleur: En rentrant, on replie le garde-feu, et on le place dans le coin arrière de la cheminée.

Le manque de fortune n’est point le principal, le véritable 6bstacle à se procurer des objets: commodes et de bon goût , c’est le manque d'industrie. Ainsi, il est très agréable d’avoir un tapis devant la cheminée ; même, par le temps qui court, cet objet et tous ceux analogues sont utiles pour faire juger favorablement des maîtres de la maison. Pour peu que la maîtresse soit adroite et qu’elle veuille utiliser ses loisirs, elle s’en procurera un fort joli, avec infiniment peu de frais , en achetant un canevas préparé, de la grandeur convenable, chez les marchands de tapis, et en le travaillant d’après les indications que j'ai données dans le Wanuel des Demoiselles ; elle se donnera de même des tapis de coussins, de lampes, vases, qui servent à garnir la base de ces deux derniers objets, et à préserver ie marbre et l’acajou qu'ils pourraient rayer.

Pour être essentielle, une femme ne doit point négliger d’être agréable. La maîtresse de maison conservera donc son teint pour plaire à son mari, et à cet effet, elle aura un écran; non de ces écrans à la main, qui ne sont bons qu’en visite de cérémonie ; non aussi de ces écrans à ressorts, qui coûtent au moins 50 francs, somme qu'elle ne pourrait raisonnablement mettre à un meuble d'agrément : elle aura un écran qu’elle fera ellemême; voici comment : elleacheteratrois quarts d'aune de taffetas vert émeraude selle le clouera par un bout, après une petite baguette de bois noir et vernis, qui dépassera un peu sa largeur

MANUEL de chaque côté ; par l’autre bout elle enveloppera une grosse barre ou rouleau de plomb, de la largeur qu’elle aura laissée au taffetas, car elle doit enlever une bande de quatreà six poucessur cette largeur : la couture du taffetas sur la barre sera couverte d’une ganse verte; elle roulera ensuite le tafletas sur la barre de plomb, qui doit avoir une face carrée, et l’appliquera sur la cheminée, de manière à ce que le taffetas tombe devant le feu àla hauteur qu’elle désirera. On sent que rien n’est plus capable de préserver la vue et la peau, lorsqu'on s’avance pour se chauffer. Pour plus d'économie, on peut reniplacer le plomb par une bûche de poêle, enveloppée préalablement de toile ; pour plus d'élégance et de commodité, on peut substituer à ces deux choses une grosse baguelte de fer, terminée par deux points d'appui, présentant divèrses figures. Cela vaut mieux quand la cheminée est. étroite, et surtout est plus gracieux, mais a moins de solidité.

Il était de bon goût , il y a une dixaine d’années , de placer une cuvette et son aiguière sur la commode, meuble obligé de la chambre à coucher; mais cet usage n’est plus recu maintenant : des tassés, ou même un déjeuner de porcelaine, ne sont guère de meilleur ton. On met à présent en place un verre d'eau sucrée , c’est-à-dire un joli plateau , supportant une carafe, uv sucrier, un flacon et un verre à pied en cristal : de chaque côté on peut mettre indifféremment des vases, non sous verre, des flambeaux, etc. De petits tapis doivent se trouver sous tous ces objets. Ilest encore de bon ton de placer sur la cheminée, la commode ou le sécretaire , ces vases de porcelaine, formant à la fois théière et veilleuse, une boîte à thé en cristal pour ia chemi--

née, ou en bois précieux) , de jolis nécessaires , de grosses pelotes de toilette, brodées avec soin, avec ou sans transparent rose, des lampes. On doit trouver dans une chambre à coucher une tricoteuse ou jolie petite table en acajon pour travailler; an guéridon , une toilette à pied,avec glace ronde*et-tablette de marbre, une table-de déjeuner à un seul pied, des vide-poches,, des chiffotinières , un lavabo , unearmoire à porte de glace, ou une psyché, sont les meubles des opulentes chambres à coucher, dans lesquelles , dès que la localité le permet, on introduit une causeuse.

On remplace les porte-allumettes par un verre rempli de petits papiers roulés : il est de bon goût d'avoir de très pelits vases en porcelaine, à placer un bouquet de violettes. Sous le moindre vase, verre, flacon , on doit trouver une petite rondelle de toile cirée, d’après la nouvelle méthode. Ce genre de tapis offre autant d’économie que de propreté.

Le lit demande un soin particulier : qu'il soit en acajou , à bateau, avec un tapis devant pendant l'hiver. Autrefois on plaçait la table de nuit près de la tête; maïs cela ne se fait plus que lorsqu’on est couché. Si le lit est parfaitement bon; il sera romposé d’un sommier de crin , d’un matelas, d’un lit de plumes et d’un autre matelas. Un peu moins bon, mais beauconp moins cher, il'aura une paillasse ouverte où piquée, un peu haute, deux où un seul matelas ‘et un lit de plumes: Les paillisses ouvertes ont l'avantage de permettre de soulever la paille; mais le lit est Souvent moins régulier qu'avec l'autre. genre de Paillasses. On couvre les matelas en toile blanche de coton, ou en toile à carreaux, de couleur; dites

MANUEL toiles à matelas (1). La première méthode est plus distinguée , et apporte plus de chaleur ; elle rend aussi le matelas plus moelleux. Au reste, quel que soit le choix que vous ayez fait pou la couche du lit, voici comment il faut le faire : chaque matin vous commencerez par mettre des coulisses adaptées aux roulettes du lit, si un lapis à demeure se trouve dans la chambre, ou si ces roulettes rayent le parquet ou carreau frotté. Les coulisses sont deux bandes plates, en bois, sillonnées par une rainure , et dépassant ur peu par leur longueur la largeur du lit, qu’elles recoivent lorsqu'on le roule. Les couvertures doivent être bien secouées , aux croisées ouvertes, si le temps le permet , et les draps exposés à l'air : c’est une mesure d'hygiène recommandée par d’habiles médecins , et dont la raison se con çoit. Les émanations du corps, l’insensibletranspiration , la sueur, ont besoin d’être dégagées pour rendre le coucher parfaitement sain : d’après ce motif, des professeurs d'hygiène. conseïllent même de ne placer que le soir les draps au lit; mais ce seraït un assujettissement désagréable, et il suffit de secouer les draps et de les Fer quelque temps à la croisée. Les matelas seront. retournés et leyés chaque matin : quant au sommier et à la paillasse, on se contente de les retourner chaque huitaine ou quinzaine. La manière de battre le lit de plumes est importante; car il faut qu’il baisse insensiblement à l’endroit des pieds, gonfle au milieu, et soit légèrement levé à la tête. Pour cela, on prend le bout du lit situé vers le pied , et on lesecoue de

(x):IL est bon de faire garnir la Couture du matelas avec un galon de laine,

toute sa force, de manière à renvoyer toute la

lume vers la tête; ensuite, en le"pressant, on k ramène selon le but désiré ; on retourne le lit, on l’égalise, puis , lorsqu'il est biengonflé , on pose doucement le matelas dessus, énlesoulevant. On remet ensuite les draps et couvertures, on roule bien le traversin dans le drap de dessous, et lon passe celui de dessus avec la couverture qu'il replie sous le traversin. Le soir, en faisant lacouverture, on retire ce drap de dessous Île traversin, et on laisse le lit demi-ouvert.

On ajoute un oreiller long ou traversin de paille au pied du lit pour soutenir la courtepointe, où faire agréablement draper le couvrepied de mousseline , que l’on relève de manière à aisser paraître les’ côtés du lit qui forme bateau. Quelques personnes jettent le couvre-pied sur les deux'montans du bois de lit. Ce couvrepied doit être ou brodé (mais sans garnitures ajoutées, à plis, ce qui est extrêmement ancien), où garni de franges pareilles au lit ; on met dessous une courte-pointe de couleur, quand les draperies sont différentes ; souvent aussi onrecouvre ce couvre-pied de mousseline, d’un convre-pied d’édredon très gonflé , ordinairement en taffetas vert. Lorsque la courte-pointe de couleur n'est pas accompagnée du couvre-pied de mousseline, on ne peut mettrele couvre-pied d’édredon, parce que les deux couleurs trancheraïent désagréablement. (r)

Afin de n’être pas embarrassé par les rideaux lorsqu'on ouvre les fenêtres, il faut les placer

(1) On emploie fort élégamment ün couvre-pied tricoté à Jour, en cachemire : ce couvre-pied ne sert que pendant l'hiver.

56 MANUEL à poulies, c’est-à-dire mettre une petite poulie de chaque côté des tringles, au haut de la fenêtre, et une autre poulie de chaque côté, en bas ; on passe eusuite un long cordon dans les boucles des rideaux en même temps que la tringle, on le passe dans lés poulies du haut et du bas, on en laisse pendre un long bout , que l’on tire pour fermer el ouvrir le rideau. Ce mode a l’avantage de conServer les rideaux propres, parce qu’on n’est point obligé d’y porter les mains. Les rideaux doivent être relevés au moyen de gros cordons doubles que soutiennent de très longues patères. Plus la tige en est grosse et longue, plus elles sont de bon goût.

Quant aux demi-rideaux de gaze que l’on.applique sur les vitres, il fautes fixer par le haut et par le bas, cela étant plus distingué. Les gens qui visent à l'économie les posent au moyen d'un cordon passé dans une coulisse, et fixé après des clons; mais les rideaux penchent désagréablement au milieu : il vaut infiniment mieux se servir de légères tringles de cuivre . que l’on introduit dans la coulisse ; de cette manière on ñe craint point la rouille que déposent les tringles en fer, et l'on n’est point assujetti à placer et déplacer à chaque blanchissage des petites boucles aux rideaux, Au reste, les boucles de cuivre peuvent aller au blanchissage , et si la maîtresse veut épargner du temps, elle peut les coudre à demeure. Cependant leur frottement use toujoursle linge, et peut-être vaudrait-il mieux, comme beaucoup de ménagères le pratiquent, coudre une boucle dexuban de fil étroit à la place de chaque boucle de cuivre, et passer ensuite celle-ei dans les deux boucles formées par cette boucle abaïssée au milieu, qui

DE LA MAÎTRESSE DE MAISON. 57 se nouent et fixent la boucle de cuivre lorsqu'on la relève.

Je n'ai pas trouvé jusqu'ici l’occasion de conseiller. à la maîtresse de maison d’avoir un secrétaire à ressort, c'est-à-dire qui ne puisse retomber de lui-même lorsqu'il est ouvert : cette précaution, toujours utile pour soi-même, est indispensable lorsqu'on a des enfans.

La.chambre doit être chaque jour balayée, frottée.avec soin ; les meubles, gravures , corniches, doivent être fortement essuyés avec des chiffons de laine, et. ensuite époussetés. IL est bon dellaisser un peu d'intervalle entre le balayage et ce frottement, afin de laisser tomber la poussière. Les meubles ne seront exposés ni à l'humidité n1 au, soleil. Quoique très soigné, ce nettoyage journalier doit être exécuté promptement ; j'indiquerai plus loin en détail les nettoyages de chaque semaine, chaque année, chaque mois, et-les diverses recettes qu'il convient d'employer’ à cet effet.

Une chambre à coucher ne présentera jamais ce bel ordre si agréable à l’œil, et qui donne une idée si favorable de la maîtresse de maison, sielle est dépourvue des dégagemens nécessaires, c'est-à-dire d’armoires à porte-manteaux, indispensables pour suspendre les robes garnies de soie et les robes empesées , ainsi que pour ranger les fichus et collerettes à tuyaux. Une armoire semblable, quoique disposée et fermée avec moins de soin, est encore très utile pour suspendre les vêtemens du matin etceuxquel’on n’a point le temps de plier. La maîtresse de maison ne doit négliger aucun moyen de tout ranger Promptement et complétement.

Lorsqu'elle serait extrémement simple dans sa

parure , elle devrait être recherchée dans sa pro preté, et par conséquent avoir un cabinet de toilette qui, en outre, lui aidera beaucoup à rangerses effets et à dégagersa chambre. On y met la table de nuit, les oreillers, la veilleuse pendant le jour. Une table garnie de tiroirs, une toilette portative à miroir carré, une cuvette avec son aïguière, une petite fontaine filtrante, quelques porte-manteaux pour suspendre les vêtemens et peignoirs, un dégagement pour conduire à la garbe-robe, tel doit être le simple cabinet de toilette d’une modeste maîtresse de maison, Ce n’est que là qu'il peut et doit se trouver de petits tabourets en paille ou couverts d’étoffes pour mettre les pieds. Les coussins les remplacent dans les appartemens, et les tabourets dits ez X, pour s'asseoir, sont un meuble de riche salon ou de boudoir.

Page 1