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approximative , de fixer le moment où le fœtus réunissait les con~ (h lions de volume propres à la persistance de sa vie et à l'accouchement ; qu'il n'y avait aucune comparaison à établir entre un accouchement naturel à sept mois et un avortement : enfin que l'on possédait des exemples de succès dans des cas d'opération césarienne et d'accouchement artificiel nécessité par l'hémorrhagie , tandis que l'on ne pouvait citer une seule réussite d'avortement provoqué dans un cas de difformité du bassin.
Les questions qu'un médecin peut être appelé à résoudre , sont de savoir : A. SU y a eu avortement. B SU a été provoqué.
A. L'avortement a-t-il eu lieu? Deux sortes de preuves sont invoquées pour éclairer cette question. 1° L'examen de la femme, 2« Celui du produit expulsé qui constate le délit.
i° Examen de la femme. Tout ce que nous avons dit des signes de l'accouchement récent est ici applicable. Les désordres locaux dépendent àfi volume du nouvel être et des moyens qui auront été employés pour en déterminer l'expulsion. S'il est quelquefois difficile de reconnaître , au huitième ou au dixième jour qu'un accouchement a eu lieu , les signes de l'avortement seront encore plus obscurs, et ils pourront même manquer complète^ ment , s'il a lieu à quelques mois delà conception , et chez une femme déjà mère de plusieurs enfans ? Il faudra donc , à défaut de changemens éprouvés par l'appareil génital, interroger toutes les preuves secondaires dont nous nous sommes déjà occupé. (Voyez Signes de l'Accouchement) Et elles seront d'autant plus marquées, que la grossesse sera plus avancée. L'hémorrhagie utérine qui se continue quelquefois, long-temps lorsque le placenta a été blessé ou décollé, les écoulemens fétides par la vulve , si l'utérus ne s'est pas complètement débarrassé ; le» plaies , les déchiremens de quelques points de l'appareil génital , s'il y a eu violence, sont des signes qui méritent de fixer l'attention. Si la femme a succombé, on découvre la matrice qui a pu êlre blessée par des instrumens employés dans un but coupable , et l'on peut rencontrer dans sa cavité des débris de l'arrière-faix, .qui sont des témoins irrécusables. Enfin, si l'on est conduit à penser que l'avortement a eu lieu , on doit chercher à en fixer L'époque ; si rien, au contraire , ne peut le faire soupçonner y on
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doit avouer que les connaissances médicales ne révèlent aucune trace d'un pareil accident, sans établir toutefois qu'il n'ait pu arriver antérieurement.
Examen du produit expulsé. La plus grande attention est ici nécessaire, parce que l'on pourrait confondre un embryon encore fort jeune, avec une concrétion sanguine , ou quelqu"autre corps patbologique développé dans l'utérus. (Yoyez Favsse Grossesse.) On évite de changer les rapports en plongeant la masse dans l'eau sous un léger courant, on la soumet à une dissection minutieuse. Jusqu'au quatrième mois, il peut arriver que le fœtus sorte enveloppé de toutes ses membranes , alors la poche qui le renferme est de la grosseur d'un anifdepoule, comme spongieuse et garnie d'un duvet très-épais extérieurement: elle est composée de deux membranes, l'une extérieure, que nous venons de décrire, est le cborion ; l'autre, interne , mince et transparente, renfermant les eaux et le corps du fœtus , est l'amnios. Comme ces membranes sont d'autant moins adhérentes que la grossesse ost plus avancée, elles se séparent ordinairement après les deux premiers mois, et la femme ne rend alors qu'une espèce d'œuf membraneux, sur lequel on ne voit pas la moindre trace de tomentum : la membrane chorion sort plus tard, souvent recouverte d'une couche de sang, ce qui pourrait faire prendre l'œuf pour un caillot de ce liquide j c'est sur un des points du chorion que se développe le placenta qui semble une masse charnue, tuberculeuse et sanglante, d'autant plus considérable que le fœtns est plus âgé. Celui-ci nage dans les eaux que renferme l'œuf et n'est pas tout-à-fait placé nu centre : c'est en l'examinant et en notant les difFérens caractères de poids, de volume, de développement, que l'on parvient à fixer son Age d'une manière assez précise. ( Yoyez Ages. ) Dans d'autres cas où les membranes ont été rompues dans les premiers mois, le fœtus et le placenta restent dans l'utérus, et ils ne sortent que décomposés, sou» forme d'un liquide sanieux et fétide. Quelquefois le fœtus, quoique mort à une époque assez avancée de sa vie, reste renfermé dans l'utérus jusqu'au neuvième mois , et alors il a éprouvé lia ramollissement général ; l'épiderme est blanchâtre, épaissi et s enlève à la moindre pression; le tissu cellulaire est infiltré, les.
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organes comme diffluens. On a vu aussi des fœtus se dessécher après l'écoulement des eaux, et subir la transformation connue sous le nom de gras. ( Yoyez Putréfaction. )
B. L 'avortement a-t-il été provoqué? Il ne suffit pas de constater que l'avortement a eu lieu, il faut prouver qu'il a été provoqué ; distinction souvent difficile, parce que Ton possède une foule d'exemplesde causes qui le déterminent, sans que l'on puisse les considérer comme nécessairement abortives. Il en est encore de spéciales , telles qu'une constitution atmosphérique particulière , pendant laquelle les grossesses n'arrivent pas à terme : un état de contractilité ou de relâchement trop grand de l'utérus: dans le premier cas , la fausse couche arrive de plus en plus tard à chaque grossesse , tandis que dans le second elle suit une marche inverse.
Enfin , l'hystérie, les affections débilitantes, celles qui amènent une forte contraction des muscles abdominaux, ou une congestion vers le bassin. On a remarqué que parmi les maladies aiguës , la pneumonie était celle qui était le plus souvent suivie de l'avortement et de la mort de la mère. On aura égard à la moralité de la personne, à la nature des moyens dont elle a fait usage , et aux circonstances dans lesquelles ils ont été appliqués.
En faisant abstraction des moyens mécaniques , tels que la dilatation forcée du col utérin et l'action directe d'un instrument pour déchirer les membranes ou percer le nouvel être , il n'y a véritablement pas de remèdes abortifs , à moins que l'on ne regarde comme tel le seigle ergoté , qui déterminerait, si l'on en croit quelques observateurs , les contractions directes et expulsives de l'utérus.
En outre, l'efficacité de ces moyens est surtout à craindre dans les deux premiers mois de la conception, et il est rare que les femmes coupables y aient recours à cette époque , parce qu'elles ne sont pas encore certaines de leur état ; tous sont plus ou moins perturbateurs de l'économie ; ainsi , les saignées , et principalement celles du pied , les sangsues à la vulve, les révulsions soutenues par l'action d'un bain de siège très-chaud , les emménagogues , comme la rue, la sabine, les diurétiques, sont les
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I moyens auxquels la perversité attache le plus de valeur j heu-
- reusement qu'ils conduisent rarement au but qu'elle se propose; l mais s'ils n'ont pas d'action contre le produit renfermé dans
l'utérus, ils en ont toujours une sur la mère, dont ils altèrent la > santé et qu'ils conduisent quelquefois au tombeau. On recher- I chera s'il ne reste pas quelques traces de ces prétendus abortifs , i on s'informera des circonstances dans lesquelles ils aurontpu être
- administrés. Les circatrices qui résultent de la piqûre des sang- * sues ou de la lancette doivent être constatées, mais ne sont que i des témoignages secondaires , car les praticiens les plus prudens I ordonnent les saignées à des femmes enceintes , pour combattre j des affections graves, et même pour empêcher l'accident que ces I moyens sont accusés de provoquer ; c'est ainsi qu'il est néces- I saire , dans les cas de pléthore , et de trop grande irritabilité uté- | rine , de diminuer la masse du sang , pour arrêter un avortement 1 imminent, et faire parvenir la femme au terme naturel de sa . grossesse.
C'est en pesant toutes ces considérations, en interrogeant la t malade avec douceur et sagacité, et en faisant ressortir toutes ! les particularités de sa conduite , que l'on peut découvrir la véi rité ; aussi l'on voit combien il faut de lumières et d'expérience I pour répondre avec conscience et éclairer la justice sur de sem- I blables questions.