C. Putrrfhction dans la terre
Les phénomènes se succèdent lentement, et il faut trois ou qua-
POTBÉFACTIOIÏ. 113 ! années pour que la décomposition soit achevée; on trouve irs les parties molles réduites en une espèce de terreau gras,
;able et brunâtre : dans les premiers temps, les ongles et les ils continuent à croître ; et ces parties avec les os et les dents ,
ant celles qui se conservont le mieux. En attendant sur ce sujet
I uvrage de M. Orfila, que nous avons déjà annoncé, les observions suivantes seront jugées dignes de beaucoup d'intérêt. ILe 3o juillet 1828, M. Orfila fut interrogé par M. D. , juge
nstruction, pour savoir s'il était possible de reconnaître des k ces de poison , sur un cadavre enterré depuis un mois. La réalise ayant été affirmative , on procéda à l'exhumation. Les gaz
I s'échappèrent du cercueil éiaient tellement fétides, qu'après air fait retirer le corps, on l'exposa quelques minutes à l'air; îs ayant versé sur lui quelques pintes de chlorure de chaux, il complètement désinfecté en quelques minutes ; la tuméfaction
ta it extrême; la peau d'un brun noirâtre au crâne, d'un blanc é à la partie supérieure de la face , noirâtre autour des lèvres ;
te présentait également cette couleur au cou; elle était tachede noir au mamelon , et d'un hlanc sale à l'abdomen et sur côtés du tronc ; le scrotum avait le volume de la tête d'un ilte. L'épiderme s'enlevait assez facilement, et entraînait les
. ;les des orteils ; le derme était partout résistant, et ne pou-
I I être déchiré avec des pinces; les muscles étaient légèrement nollis, d'une couleur rosée , et en faisceaux distincts. En exa-
lant les viscères, on trouva l'estomac distendu par des gaz, es altérations étaient aussi évidentes qu'elles auraient pu rre, si le cadavre eût été ouvert le lendemain de la mort de diridu. Le foie, la rate, la vessie , les poumons et le cœur, ient sans odeur et sans aucune trace de décomposition. Il fut î de reconnaître la présence de l'oxide d'arsenic, dont on iva quelques grains blanchâtres et durs vers la fin de l'iléum. )ans la seconde observation, l'exhumation n'eut lieu que la isième année, et voici à quelle occasion. Un ancien militaire kelé Bonino vivait en concubinage avec une fille nommée **, •<qu'il disparut tout-à-coup en 1823. On répandit le bruit qu'il
I I parti pour l'Espagne, quoique l'on accusa* sourdement la ; ** de l'avoir assassiné , avec le secours d'un amant nommé
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Dimont qu'elle aimait depuis long-temps , et qu'elle avait épous neuf mois après la disparition de Bonino. La justice ne fut in struite de ces circonstances, et n'ordonna des recherches qu' 1826, où un pied qui fut trouvé dans le jardin même de Dimont, amena la découverte d'un cadavre. Il fallait constater si c'étai celui de Bonino , qui devait être reconnaissable parce qu'il offrait un sixième doigt surnuméraire à la main droite et au pied gauche. M.***, médecin de la Faculté de Montpellier, fut chargé de présider à l'exhumation , et de son rapport dépendait le sort de l'accusation. Les ossemens furent seuls retrouvés : leur position indiquait que le cadavre avait été placé sur le dos, la tête dn côté du nord , les bras croisés sur la poitrine; le sternum , séparé des côtes , était appuyé sur la colonne vertébrale. On ne put enlever que le pied droit , parce que le gauche avait déjà été extrait, comme nous l'avons dit.
Les ligamens vertébraux étaient les seules parties molles qui eussent résisté à la décomposition. La partie frontale de la tête était sèche; mais la région occipitale était encore humide, et était couverte d'uue matière graisseuse, dans laquelle étaient con fondus quelques cheveux noirs.
Le temporal gauche présentait une fracture en étoile, et étai presque entièrement désarticulé avec le pariétal. Uni; autre fi ture contournait la base de l'apophyse zygomatiqne , et venait terminer à la fente glénoïdale. On jugea qu'elles avaient été 1 suite d'une contusion par un corps à petite surface , et qu'ell avaient précédé de peu de temps la mort, puisqu'il ne s'était fai aucun travail de consolidation.
L'état avancé de la putréfaction fit décider que le cadavre étai enseveli depuis trois ans et demi environ ; et d'après l'état d os , on reconnut qu'ils appartenaient à un homme qui devait avo dépassé sa quarantième année. L'existence d'un sixième doigt la main droite était prouvée par la double facette de l'extrémi antérieure du cinquième métacarpien.
M. Orfila , tout en rendant hommage au talent et à la sagacit que M*** avait montrés dans son rapport , s'est élevé contie 1 positif de quelques-unes de ses assertions. C'est ainsi qu'il con teste la possibilité d'établir d'une manière précise l'Age de l'ii
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Jividu et le temps depuis lequel il est enterré, et qu'il ne croit pas que Ton puisse affirmer, après un intervalle aussi long , qu'une fracture du crâne ait eu lieu immédiatement avant ou après la mort .
(( On sert mal la médecine légale, continue M. Urfila , en lui demandant plus qu'elle ne peut faire, et surtout on s'expose à voir réfuter, avec quelque apparence de raison , pendant les débats judiciaires, un rapport dont les conclusions pèclient sous plusieurs points , quoiqu'au fond il puisse renfermer les preuves du fait qu'il s'agissait d'établir. »
11 résulte des remarques que nous avons faites sur les phénomènes de la putréfaction , que l'on devra plutôt se borner à indiquer des circonstances et des possibilités , qu'affirmer des faits qui ne seraient pas à l'abri de toute discussion. C'est ainsi que l'on notera les conditions qui auront pu exercer une influence notable sur la marche de la putréfaction, telles que l'âge, l'état de l'individu, le lieu , la température , l'humidité; et dès lors les conclusions , quoique moins précises , ne seront jamais en opposition avec la vérité des faits.