‹ Manuel complet de médecine légaleChapitre 44 sur 97 · BLESSURES DU COU · texte numérisé non relu

BLESSURES DU COU

Elles sont assez fréquentes , parce que les hommes qui veut se suicider portent souvent le rasoir sur cette partie du.

-ps. Les organes qui se rencontrent dans cette région sont ne telle importance , que leur lésion est toujours dangereuse.

3 sections, déchirures, compressions delà moelle rachidienne, s sa partie supérieure , sont mortelles. L'ouverture des ars carotides amènerait une hémorrhagie foudroyante , si l'on remédiait promptement. La section des nerfs pneumo-gastri-

T| i»'est pas immédiatement mortelle, mais on ne .l'observe ais seule. Il en serait de même de celle des nerfs phréniques.

i seules blessures que nous devions examiner ici sont les plaies, instrumens tranchans, des régions sus et sous-hyoïdienne ;

lb° HISTOIRE MÉDICO-LÉGALE

car il est facile de juger quelles seraient les suites graves et funestes de plaies par des instrumenspiquans ou contondans, tels qu'une épée qui traverserait le cou en ouvrant des vaisseaux , coupant des nerfs; une balle qui irait frapper la colonne vertébrale en blessant le larynx et l'œsophage; s'il restait encore quelque obscurité , elle serait éclairée par l'étude des faits suivans.

Plaies sus-hyoïdiennes.

Leur gravité est en raison de leur profondeur : si elles sont superficielles , elles guérissent assez vite parla simple flexion de la tête; mais il n'en est pas ainsi lorsqu'elles intéressent les mus cles qui s'attachent à l'os hyoïde et qu'elles pénètrent dans l'ar rière-bouche. Dès lors la base de la langue n'est plus fixée , les boissons et la salive s'écoulent par la plaie , ou tombent dans le larynx et déterminent des toux suffocantes ; les artères carotides externes et internes , les deux jugulaires, ainsi que des troncs moins volumineux , peuvent être lésés. La guérison , lorsqu'elle sera possible, se fera long-temps attendre, et les fonctions s ront gênées, parce que les muscles coupés n'auront d'autres points fixes que la cicatrice. Il est très-rare que des plaies aussi profondes soient le résultat d'un suicide.

Plaies de la région sous-hyoïdienne.

L'instrument tranchant peut avoir été dirigé entre l'os hyoïde et le larynx sur la membrane thyro-hyoïdienne. Dans ce cas, l'organe de la voix est intact; les replis thyroïdiens de l'épiglotte sont seuls coupés, ainsi que les parois latérales du pharynx, lorsque la plaie est profonde. On conçoit à peine comment les artères carotides ne sont pas complètement coupées, et l'on s'explique la rareté de cet accident par le peu de largeur de la blessure. L'air et les alimens sortent par la plaie ; ceux-ci peuvent tomber sur la glotte , ou pénétrer dans la trachée-artère , et dans ces deux cas ils causent la suffocation ou des accès de toux trèspénibles; la déglutition et la parole sont gênées; la plaie se sèche , et souvent la gangrène survient à la suite d'une soif ardente

Wi t d'un sentiment de brûlure et de cuisson insupportable. Une Béjégère hémorrhagie peut devenir mortelle par l'entrée du sang naans la tracbée et l'asphyxie qui en résulte , mais ce danger est Beeaucoup plus à craindre lorsque le larynx est ouvert au-dessous e la glotte , ou que la trachée est divisée ; dans ce cas , la parole flsist impossible, mais il suffit de mettre les parties en rapport et

■ 'empêcher l'air de passer par la plaie, pour que le blessé puisse ■rtrticuler et raconter les circonstances de son accident. Un An-

lais , ayant eu la gorge coupée par un assassin , échappa à de ; ouvelles blessures en faisant le mort : on lui rendit la parole en I nissant les bords delà plaie delà trachée par quelques points

i j e suture. Ces exemples sont très-fréquens dans les fastes de I art. Je ne connais aucune observation de guérison dans un cas

I e section complète de l'œsophage; quoique l'on puisse intro- : ii're une forte sonde dans le bout inférieur de ce conduit , l'ab-

■n:nce de l'insalivation et des actes préparatoires de la digeslion

Uj îtraînerait certainement la mort.

3° BLESSURES DE POIÎRINË.

fl On les distingue en pénétrantes et en non-pénétrantes, (quoi* ie cette division soit à peu près inutile dans la pratique), selon . e la plèvre a été ou non intéressée: mais comment nommer

■ ie fracture de côte, dont les fragmens auraient déchiré les plèes et le poumon? Serait-ce une plaie pénétrante, quoique les rois thoraciques soient intactes ? La contusion , les plaies su-

lirficielles , sont des accidens légers. L'hémorrhagie, l'infkmt.tion et l'emphysème peuvent seuls amener du danger.

Blessures des gros vaisseaux et du cœur.

If/'morrharjie. Elle est toujours immédiatement mortelle , lors- 'elle provient d'une blessure un peu étendue d'un gros vaisseau , que l'aorte , l'artère pulmonaire, les veines caves. Les plaies I cœur dans lesquelles les parois seules des ventricules sont éressées peuvent être suivies de guérison ; on en possède de wibreux exemples, et M. Latour a ouvert à Rouen un milice, chez lequel on trouva une balle enkystée au sommet de

cet organe" jeune étudiant en médecine, que j'ai particulièrement connu, ayant voulu se suicider, se donna un coup de couteau à double tranchant dans la région cardiaque, et se porta ensuite plusieurs coups du même instrument sur le trajet des vaisseaux des membres. Son autopsie lit voir une plaie du ventricule gauche du cœur, dont la paroi avait été obliquement traversée ; l'hémorrhagie avait été très-faible , et n'avait pu être la cause de la mort qui dépendait de l'ouverture de la veine crurale.

Fractures de la poitrine.

Celles du sternum , des premières et dernières côtes, sont ag gravées par la violence de la cause qui les a produites. La cor motion des organes thoraciques , les contusions et les déchirures qu'ils ont éprouvés, sont des complications fâcheuses, quelquefois mortelles.

Plaies des poumons.

Quoique l'on ait vu des balles traverser la poitrine de part -en part, sans qu'il en soit résulté aucun symptôme alarmant, il est toutefois constant que, dans la grande majorité des cas, Flic morrhagie et l'inflammation sont la suite de ces plaies, et rendent leur pronostic fort incertain. L'affection sera généralement de longue durée si le poumon est blessé profondément , s'il renferme un corps étranger , qu'il s'enflamme ou qu'il se fasse épahchement abondant de sang dans la poitrine. Le pronosti doit être fondé sur la connaissance des symptômes, les circon stances delà plaie, l'état individuel, etc. Si l'onn'avait pas soin'* de prévenir V emphysème , ou d'y remédier promptement , cette complication pourrait entraîner la mort.

Blessures du diaphragme.

La douleur qu'elles occasionnent, l'inflammation qui en est I« suite et qui détermine le rire sardonique, selon les auteurs, 1» paralysie qui dépend de la section des fibres musculaires , rendent toujours ces plaies fort graves.

Les blessures étendues de l'œsophage ', du canal thoracique, es vertèbres dorsales et de la moelle cjnnière, sont presque mjours mortelles.

4° BLESSURES DE l'àBDOMEN.

Le pronostic de ces blessures varie selon les organes qui en >nt le siège ; nous allons les étudier dans leurs différences.

Parois abdominales.

Ces blessures sont toujours simples lorsque l'on peut empêter le développement de l'inflammation, mais elles peuvent •venir dangereuses et môme mortelles, lorsque les muscles oits et obliques sont enflammés ; fortement bridés alors par les onévroses , ils éprouvent une forte compression," le cerveau rrite sympatliiquement et le pronostic devient très-grave. Heu- ■I sèment que cet accident est assez rare. L'ouverture de l'arre épigastrique donnerait lieu à une hémorrhagie facile à susndre, si le péritoine n'était pas ouvert; autrement le sang coulerait dans l'abdomen et l'on pourrait avoir beaucoup de ine à l'arrêter.

Colonne vertébrale , moelle èpinière.

1 Les symptômes qui suiventles blessures de ces organes dépendit , soit de la faiblesse accidentelle de cette tige osseuse , soit défaut d'action du cordon nerveux qu'elle renferme : ainsi

iférentes paralysies, la paraplégie (paralysie des extrémités erieures du rectum et de la vessie) , peuvent en être le ré-

i tat.

V aisseaux sanguins.

I L'aorte abdominale, les artères iliaques , bypogastriques et Uaques, la veine cave inférieure, les veines qui accompa- !Ot les troncs artériels, peuvent être lésés. L'hémorrhagie est i>s ou moins abondante, selon le degré de l'ouverture, le vobae du vaisseau l'état du sang et de la circulation. Le sang

l"2 HISTOIRE MÉDICO-LÉGALE.

épanché se rassemble ordinairement en un seul point circonscrit par les pressions intestinales, qui ne laissent aucun espace vide dans la cavité abdominale.

Viscères abdominaux. Foie.

Les commotions et les contusions du foie déterminent souvent son inflammation et la production de tubercules et d'abcès. Les plaies par instrumens tranchans ou piquans ne sont dangereuses que lors de l'ouverture de quelques gros vaisseaux sanguins, des conduits excréteurs ou de la vésicule biliaire. L'on regarde généralement comme mortel l'épanchement de la bile dans la cavité abdominale, par la péritonite promptement funeste qu'il détermine. Mais les auteurs ont rapporté un cas curieux, dans lequel plusieurs ponctions donnèrent successivement, et à des intervalles assez éloignés, issue à une grande quantité de hil" rassemblée en dépôt vers l'hypogastre.

Pancréas. Reins. Vessie.

Une plaie de cet organe pourrait ne pas être très-grave, si aucun vaisseau important n'était blessé , parce qu'il y a ordinairement deux canaux excréteurs, et l'un d'eux pourrait facilement remplacer celui qui aurait été divisé. Les reins , les uretères ci la vessie ne sont jamais blessés sans danger. L'épanchement de sang et d'urine, les abcès gangréneux, paT suite du contact de ce fluide, l'inflammation, etc., sont des accidens dangereux et souvent mortels.

Estomac et intestins.

Tous les viscères abdominaux sont tellement pressés les un» par les autres , ainsi que nous l'avons rapporté , que les divisions de ces parties par un coup de fleuret ou d'épée n'ont pas tonjours amené d'épanchement. En outre la séreuse s'enflamme par adhésion avec tant de rapidité , qu'il suffit de quelques heures pour qu'il se forme des adhérences capables de mettre obstacle à la sortie des matières gastro-intestinales. Telle est la seule ex-

cation que l'on puisse donner des terminaisons promptes et îreuses de plaies qui avaient traversé l'abdomen de part en •t. Lorsque des circonstances favorables ne se présentent pas , t matières mucoso-bilieuses , des substances alimentaires s'éileat par la plaie, tombent dans la cavité péritonéale et en terminent l'inflammation. En général le pronostic est d'autant is grave que la blessure est plus profonde , a intéressé plus de •lies, et les a ouvertes plus largement. Quoique plusieurs yens aient été proposés poxir rétablir la continuité d'un intin complètement divisé , et que , dans ces derniers temps, Jobert ait donné un moyen encore plus heureux, cependant plaies sont très-dangereuses, et un anus contre nature est îlquefois la terminaison la plus favorable. Quant aux liernies, ?s sont un accident simple , à moins que l'épiploon et l'intestin soient fortement enflammés , blessés , ou mortifiés.

5° BLESSURES DES ORGANES GENITAUX. k

Toute personne coupable de crime de castration subira la ne des travaux forcés à perpétuité; si la mort en est réfée avant l'expiration des quarante jours qui auront suivi crime , le coupable subira la peine de mort. (Code pénal , . 3i6. )

Le crime de castration, s'il a été provoqué par un outrage lent à la pudeur , sera considéré comme meurtre ou bles- •e excusable.

.es contusions des testicules peuvent amener le sarcocèle et ermincr leur ablation. Les simples incisions du scrotum sont ères ; lorsque l'un des cordons est divisé, plusieurs auteurs ardent cette plaie comme mortelle, si l'art ne parvient à susdre l'hémorrhagie ; mais l'on a des exemples de gens en délire atteints de folie qui se sont amputé eux-mêmes les testitules et ont guéri sans accident. L'ablation de ces organes , celle de erge , constituent le crime de castration; les blessures de la state , des canaux éjaculateurs , des vésicules , pourraient caurimpuiss"ance , sans qu'il parût aucune altération dans les par. i génitales externes et que la santé générale en souffrît. Les

piqûres de la verge , les torsions, lorsqu'elle est en érection, peuvent déterminer des anévrismes variqueux , qui rendent le coït impossible ; chei les femmes, la matrice seule, lorsqu'elle est remplie par le produit de la conception , peut entraîner des accidens très-graves , par la lésion de ses vaisseaux qui ont alors un très-grand volume , son inflammation , son prolapsus , son renversement , etc.

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