PLANCHE DEUXIÈME
55... , âgé de 6a ans , mort le 16 mars 1827, à dix heures du tin, à la suite d'une apoplexie foudroyante , enterré, le 27 1 même mois à deux heures, fut exhumé et ouvert le ai janir 1828 , à onze heures du matin, neuf mois vingt-cinq jours vès l'inhumation.
'Bière. Au moment de l'inhumation , la couvercle étant perdu, remplacé par des planches mal jointes , de sorte que la terre i lit pénétré dans l'intérieur, et remplissait les vides entre ses ■ •ois latérales et le cadavre , et couvrait les jambes, la bouche ies orbites. Les parois latérales de cette bière , d'environ quatre nnq lignes d'épaisseur, étaient entières, quoique brisées inféurcment au côté droit; l'humidité les avait fait déjeter en n>rs seulement dans la partie inférieure, et les avait tellement ollies qu'elles se rompaient par le plus léger effort de la main : terre les imprégnait presque partout, et il n'y avait de moisisses et de colorations noires que dans les points où la terre manîit. Le couvercle, ou, pour mieux dire, les planches qui en laient lieu étaient maculées de noir et parsemées de moisisres blanches.
■Serpillière. Elle était presque entièrement détruite; les porms restantes s'enlevaient facilement en filamens comme du nier.
Aspect extérieur du cadavre. Le cadavre n'est pas réduit au lelette , si ce n'est au crâne et à la partie supérieure de la face ; lis les chairs restantes sont imprégnées de terre dans certains droits; ces parties molles forment un magma sec, et comme
cartonné dans plusieurs points, un peu plus humide dans d'w très : çà et !à , cependant , les os sont en partie dénudés , su voir : au sternum, à l'extrémité sternale des côtes, aux clavicules j! aux radius , et à une partie des mains , qui sont appliquées sur ut région pubienne, aux rotules et aux tibias. La teinte général delà partiç antérieure du cadavre est d'un jaune terreux brun y parsemé de maculalions noirâtres , et de moisissures vertes blanches ; la face postérieure noirâtre et d'un vert foncé , bea coup plus humide que celle-ci , est remplie de vers ; les muscles des gouttières vertébrales humides , souples et réduits à leur partie aponévrotique sont reconnaissables comme muscles , et contrastent sous ce point de vue avec les autres muscles d corps, que nous avons dit être desséchés et comme cartonnés.
Tète. La tête , penchée sur l'épaule gauche, est dépouilléede parties molles, excepté à la partie inférieure de la face; crâne est couvert en arrière de cheveux blancs, imprégnés déterre et mêlés de débris de la serpillière, qui forment une sorte de magma appliqué seulement aux os de cette partie, sans y adhérer. Toute la surface de ce crâne est souillée de terre; on en détache en plusieurs endroits une pellicule blanchâtre et lisse intérieurement, d'un jaune-brun à l'extérieur, où elle est garnie de cheveux qui y sont implantés et non collés; cette pellicule, qui a l'épaisseur et la consistance du parchemin , est évidemment le débris des parties molles de la région qu'elle occupe. Les orbites, les fosses nasales et la bouche, sont remplis de terre : aux fosses temporales, les parties molles qui y existent sont réduites à une masse membraneuse d'un brun peu foncé , poreuse, filandreuse, assez desséchée, et qui se continue sur l'arcade zygomatique aussi bien qu'en dessous : il est impossible de reconnaître dan* cette masse chacune de parties molles dont elle provient ; l'arcade sourcilière est dépouillée; la fosse canine droite présente quelques débris de parties molles, mêlées de terre-, et toujours sous la forme de cette masse brunâtre dont nous venons de parler , et qui se continue jusqu'à la région parotidienne du même côté , où elle offre extérieurement les poils des favoris qui y sont implantés ; la fosse canine gauche, dépouillée , est de couleur noirâtre; 1» bouche est grandement ouverte; il n'y a plus de lèvres: on
rouve dans sa cavité une portion membraneuse brunâtre, desséhhée , qui y est tombée , et qui est un reste de la joue droite , iar on Toit à sa surface les poils des favoris. Au fond de la boucbe pparait la colonne vertébrale, recouverte en partie d'une couche nembraneuse de même nature et aspect, et provenant aussi des iarties molles de cette cavité. La mâchoire inférieure est dépouille dans sa branche montante droite , recouverte encore d'une •louche brune membraneuse , mollasse, garnie de barbe dans sa rranche horizontale droite, tandis queles deux branchesmontante tt horizontale gauches sont dénudées. Cette mâchoire présente feux dents, que l'on arrache facilement, et qui sont jaunes et . emi-transparentes ] leurs racines se laissent couper avec effort omme de la corne très-dure. L'articulation temporo-maxillaire sst détruite , et les débris des parties molles seuls retiennent l'os, un enlevant l'os maxillaire inférieur, on trouve derrière les apophyses •ptérigoïdes une matière noirâtre, plus légère que de • éponge, semblable à des flocons de suie, et qui provient évidemnent des parties musculaires de cette région, car on distingue nncore dans l'intérieur des feuillets membraneux organiques. Le terveau et le cervelet occupent à peu près les deux tiers de la lavité du crâne, sous forme d'une masse excessivement fétide, liffluente, pultacée, de couleur verte et noire par places, dans iquelle il est possible de distinguer çà et là, mais avec peine, *s deux substances. Il n'est plus permis de reconnaître le cerve- ;t , ni à plus forte raison les divers organes qui composent l'enéphale : on ne trouve plus de traces de l'apoplexie foudroyante ui avait causé la mort. La dure-mère existe sous forme d'une iembrane d'un aspect nacré, de couleur bleuâtre et d'une constance assez ferme : on dirait presque qu'elle est à l'état normal ; lie est séparée de l'encéphale par une quantité innombrable de ers blancs, d'environ quatre à cinq lignes de long. Il n'y a plus te moelle épinière.
Col. Les vertèbres cervicales supérieures sont visibles , qnoiu'en partie recouvertes par une légère couche membraneuse de ouleur d'oerc : au niveau de la sixième de ces vertèbres existe me masse brunâtre, faisant saillie, dans laquelle on trouve les ■.artilages cricoïde cl lyroïde, ainsi queles parties molles internes
du larynx saponifiées. Depuis cette saillie jusqu'au sternum, et dans les plis et vides latéraux qui séparent le col des clavicules et de la partie supérieure du thorax , on voit des débris de parties molles, d'un brun foncé , noirâtre,- desséchées et feuilletées à gauche, tandis qu'à droite elles sont d'une couleur moins foncée et offrent dans certains points des plaques blanches , comme plâtreuses. Ces diverses masses enlevées, on aperçoit à la partie inférieure du col une ouverture parfaitement ronde, qui correspond à la trachée-artère dont on trouve à peine des traces.
Thorax. Le sternum est enfoncé inférieurement ; il conserve supérieurement , en apparence, ses attaches aux clavicules et aux côtes, dont on peut le séparer avec facilité. La paroi latérale gauche du thorax est entière: les muscles intercostaux , réunis aux côtes et desséchés, simulent une sorte de cartonnage : la paroi latérale droite est plus dépouillée, et l'intérieur du thorax paraît à jour dans plusieurs points; les côtes de ce côté sont séparées, pour la plupart, les unes des autres par la destruction des muscles intercostaux ; les cartilages sternaux sont souples , noirs à l'extérieur , gris et humides à l'intérieur; lorsqu'on les casse , on voit qu'ils sont criblés de petits trous, et qu'une portion de leur substance intérieure est détruite.
Les deux côtés de la poitrine paraissent vides , si ce n'est qu'ils renferment un peu de terre et beaucoup de petites mouches. Ils sont noirâtres, comme enfumés et charbonnés : on trouve sur la saillie des vertèbres dorsales une pellicule noire, mince, se prolongeant sur les côtés comme si elle allait tapisser la cavité : lorsqu'on la soulève , on voit qu'elle offre plus d'épaisseur au fond de la poitrine, et qu'elle se subdivise en plusieurs feuillets; percés de trous, qui leur donnent l'aspect de lames minces d'époeges qui auraient été noircies; la portion qui occupe le côté gauche est plusépaisse , etles feuillets qui la composent sontplus humides , et ressemblent à du cambouis noirâtre et luisant : du reste , il est impossible de retrouver dans cette pellicule un vestige reconnaissable des viscères thoraciques dont à coup sûr elle provient. Là où les parois thoraciques sont mieux conservées, c'est-à-dire, à gauche, sous la pellicule noirâtre dont nous venons de parler , et en contact immédiat avec les os , on remarque une
membrane humide dans certains points, sèche dans d'autres, qui doit être la plèvre : elle est grise par plaques , brune dans quelques parties, demi-transparente, et peut être facilement séparée des muscles intercostaux desséchés. Les articulations postérieures des côtes sont détruites et ses os ne sont maintenus dans leurs rapports que par les débris des parties molles. Les vertèbres tiennent entre elles, bien que plusieurs offrent desécartemens entre leurs corps.
Abdomen. Il est affaissé , recouvert de terre, de débris de serpillière et de chrysalides : antérieurement, il est de couleur jaunebrun , excepté aux fosses iliaques, où Ton voit des moisissures blanches. La paroi abdominale antérieure est-collée au rachis ; on la détache sur les côtés , où elle existe sous forme d'une couche membraneuse, feuilletée, d'un rouge noirâtre à l'intérieur et encroûtée de gras de cadavres à l'extérieur. Les organes abdominaux, considérablement diminués de volume, ne sont nullement reconnaissables au premier abord; on les trouve dans chacun des côtés de l'abdomen, sous forme d'une masse feuilletée, desséchée, excepté à l'intérieur, où elle est un peu humide et remplie de vers , et que l'on peut réduire en filamens coralliformes : dans un point de cette masse seulement, on peut découvrir encore comme un commencement du tube intestinal.
Bassin Les parties génitales sont détruites au point qu'on ne peut reconnaître le sexe. Le pubis est couvert de poils , qui sont accolés à cette masse feuilletée et carbonée à laquelle sont partout réduites les parties molles. Il n'est pas plus possible de distinguer dans la cavité du bassin les viscères qui y sont contenus, qu'on ne l'a fait dans la cavité abdominale ; ils sont en effet transformés aussi en cette matière feuilletée et desséchée, déjà signalée tant de fois.
Membres supérieurs. Ces membres sont placés sur les crjtés du corps de manière à ce que les avant-bras et les mains reposent sur l'abdomen, sur les os des iles, sur la partie antérieure du pubis et sur le haut des cuisses. Les épaules, les bras , 'l'avantbras et les mains tiennent ensemble : les clavicules sont maintenues dans leur position par les parties molles , qui sont réduites à une sorte de cartonnage ; des portions membraneuses , ayant
cette môme apparence cartonnée et filandreuse, débris évidens des muscles adducteurs du bras, unissent ces membres au thorax. A gauche , l'articulation scapulo-humérale , l'humérus et l'articulation cubito-humérale sont recouverts d'une couche filandreuse, comme celluleuse , grasse au toucher, d'un pouce d'épaisseur dans beaucoup d'endroits, laquelle, extérieurement, a comme une croûte formée par du gras de cadavres, et qui, intérieurement, ressemble à d u bois pourri, si ce n'est que les filamens sont plus humides, et qu'il est possible de distinguer cà et là qu'ils sont de nature animale. Les os de l'avant-bras sont également couverts d'une couche semblable , mais plus mince et sans croûte savonneuse, et dans l'intérieur de laquelle on distingue des tendons desséchés , jaunâtres et transparens : la surface de cette couche est parsemée de moisissures blanches. La main, comme incrustée sur la partie du bassin où elle repose, parait entière, d'un gris bleuâtre, mêlée de brun et de moisissures blanches : quand on veut la détacher, ses divers os se séparent, et l'on voit qu'il existe dans leurs intervalles du gras de cadavres sec, jaunâtre, qui les liait entre eux, et dans lequel on trouve quelques débris membraneux : ces os laissent au-dessous d'eux les parties molles de la main , formant une masse unique , membraneuse , dont une portion est transformée en gras , et qui se réduisent en plusieurs feuillets secs, dans lesquels on reconnaît des tendons. A droite , la main est de couleur plus foncée, et déjà plusieurs de ses os sont séparés. Les diverses articulations du membre droit ne sont maintenues que par les parties molles environnantes , analogues à celles du côté gauche , mais qui sont un peu moins desséchées. L'articulation scapulo-humérale présente évidemment l'attache de la longue portion du biceps, tandis qu'on ne remarque rien de semblable de l'autre côté. On trouve encore dans quelques articulations du membre droit des parties de cartilage.
Membres inférieurs. Ils sont entiers en apparence et tiennent ensemble : on voit à la partie supérieure et latérale de la cuisse une masse musculaire 3esséchée, offrant la même structure qu'aux bras, recouverte aussi d'une croûte de gras, avec cette différence qu'on y trouve de la moisissure blanche, vert-bouteille
-même vert-de-gris. Le fémur est à nu antérieurement et vers >n milieu; la rotule et les tibias des deux côtés sont également coudés ; les masses musculaires restantes en assez grande quanté à la partie postérieure des jambes , sont beaucoup moins asséchées qu'à la cuisse. Les articulations du genou sont remies de vers : les ligameus croisés , de couleur jaune , ont encore *ez de résistance. On trouve de» traces de cartilages sur le* irfaces articulaires; ils sont assez consistans dans certains points, mdis que dans d'autres ils sont réduits à une sorte de bouillie •une. Les cartilages semi lunaires sont en partie détruits. Le ed droit existe tout entier jusqu'aux phalanges ; les os qui le imposent, unis par des portions filamenteuses , membraneuses , iponifiées , d'un blanc jaunâtre à l'extérieur , se détachent trèsicilement. 11 en est de même pour le pied gauche, qui cepenant présente encore les deux premières phalanges.
Système osseux. Les os longs, d'un jaune-brun à l'extérieur, ont de couleur naturelle à l'intérieur ; ils ont conservé leur structire et leur consistance. On trouve dans le canal médullaire une ubstance blanche , molle et grasse. Les os courts ne sont pas plus pongieux qu'à l'état normal ; mais ils sont plus secs à l'intéieur.