SI
Liait également tapissée de mucosités jaunâtres; on en (oyait aussi dans les autres portions de l’intestin grêle , mais elles diminuaient au fur et à mesure que l’on avanaait vers la fin de l’iléum , où l’on apercevait quelques crains blanchâtres et durs; du reste , les intestins grêles lÏÏraient çà et là des parties emphysémateuses, mais ,mns aucune trace d’inflammation : le cæcum , le colon tt le rectum paraissaient dans l’état naturel et contenaient quelques matières fécales demi-fluides. »
Passant ensuite à l’examen chimique des matières ecueillies dans le canal digestif, nous nous sommes lirré aux essais suivans :
1° En ayant pris une partie , nous l’avons fait bouillir Itians un inatras avec de l’eau distillée, et, après avoir ililtré la liqueur, nous l’avons essayée par le papier de oournesol rougi par un acide , dont la couleur n’a pas itité sensiblement altérée;
2° Y ayant ajouté quelques gouttes d’une solution de notasse à l’alcool, il ne s’est pas formé de précipité ;
3° L’ammoniaque versée goutte à goutte dans une ioartie du liquide n’a déterminé aucun nuage, aucun ildépôt ;
4° L’acide hydrosulfurique y a fait naître des flocons jaunâtres qui nous ont paru être du sulfure d’ar- Hjénic ;
5° Afin de vérifier nos doutes , nous avons pris une niutre portion de la liqueur, et nous y avons versé quelques gouttes d’une solution de deuto-suîfale de cuivre 1 .(ammoniacal, il s’est produit un précipité vert ;
If1
6° Reprenant alors la portion de la liqueur dans laquelle nous avions ajouté de la potasse caustique, et y -, versant du nitrate d’argent, il s’est (orme peu à peu un précipité jaune . qui a augmenté lorsque nous avons soumis le liquide à l’ébullition ;
7° Nous avons pris une nouvelle quantité des matières que nous avions trouvées dans le tube digestif, cl nous avons projeté sur un charbon incandescent quelques uns des grains blanchâtres dont nous avons précédemment parlé. Ils se sont volatilisés sous forme d’une fumée blanchâtre , qui répandait une odeur alliacée ; celte fumée, reçue sur une lame de cuivre, tenue à trois ou quatre pouces de distance , y adhérait sous forme de poudre blanche très fine ;
8° Ces essais avaient suffi pour nous faire reconnaître l’acide arsénieux (oxide blanc d’arsénic), mais voulant obtenir l'arsénic métallique, nous avons fait dessécher au bain-marie les matières retirées de l’intestin , et les ayant mêlées à de la poudre de charbon , et un peu de potasse caustique, nous les avons calcinées dans un petit tube de verre , sur les parois duquel nous avons vu l’arsénic métallique venir se déposer dans le cours de l’opération ;
9° Il nous restait à savoir si ce poison se trouvait combiné et adhérent à la membrane muqueuse ; pour nous en assurer, nous en avons pris une portion , et après l’avoir desscchéoà une douce chaleur, nousl avons projetée par parcelles dans un malras à long co1, contei ant du nitrate de potasse fondu : il nous fut facile ai rès cette
«périence de nous assurer que le résidu contenait de
aacséniale de potasse.
Nous croyons pouvoir conclure, d’après ces observations bien circonstanciées :
1° Que la décomposition putride n'était pas assez saucée pour marquer les altérations que nous avons pu ieconnaître et signaler ;
2° Que la mort a été certainement causée par l'emploi ie l’acide arsénieux , qui est une substance vénéneuse îès énergique, et dont l’analyse chimique nous a démntré la présence en assez grande quantité.
En foi de quoi nous avons délivré le présent rapport, ue nous certifions conforme à la vérité et aux principes e l’art.
A Paris, ce . . .
XIXe Rapport.
Empoisonnement simulé par une hernie étranglée.
Nous, soussigné, docteur en médecine de la Faculté ce . . . , etc. , demeurant à . . . , rue . . . , n° . . . , ur la réquisition de M. le procureur du roi, nous ommes transporté chez M. B*** , pour constater le*
causes de la mort de Marguerite M***, domestique, décédée la veille , après une maladie aiguë de vingt-quatre heures, dont l’invasion avait été brusque et subite.
Arrivé chez M. B*** , on nous raconta que Marguerite M***, âgée de trente-quatre ans, était depuis longtemps sujette à des coliques violentes et passagères, à des troubles dans la digestion , dont la durée n’était que momentanée , et qui ne paraissait pas exercer d’influence nuisible sur l’économie ; car cette fille jouissait en apparence d’une forte santé , et avait assez d’embonpoint. Rentrée deux jours auparavant, après une longue course pendant laquelle elle avait glissé sur le pavé, et serait tombée si on ne l’avait retenue, elle s’était couchée bien portante, après avoir pris son repas du soir, mais n’avait pu trouver de sommeil ; elle se plaignait le matin d’éprouver une chaleur brûlante dans l’abdomen , avec des maux de cœur et des envies de vomir; le faciès était paie et abattu , bientôt il était survenu des vomissemens répétés, des sueurs froides et visqueuses, et de fréquentes lipothymies. Le docteur B***, appelé près d'elle , l’avait pressée de questions , pour découvrir le siège et la nature de ses douleurs, qu’elle avait constamment rapportées à l’épigastre et a la poitrine, en refusant de se laisser palper l’abdomen. Enfin le soir elle avait succombé après avoir montré par ses plaintes et ses cris que ses souffrances étaient horribles, et avoir rejeté par la bouche de véritables matières fécales.
Nous procédâmes aussitôt à l'examen du corps , qui était étendu en supination sur le lit ; des témoins en con-
sstatèrent l’identité, et il n’offrait aucun indice de sévices nni de violences. Il existait dans l’aine du côté droit une Humeur rouge , saillante , se prolongeant vers la grande lèvre correspondante ,'et ressemblant extérieurement à uun phlegmon dans son plus haut degré inflammatoire. (Comprimée entre les mains, cette tumeur était molle et pâteuse, et il nous vint sur-le-champ à l’esprit que la ■maladie n’était qu’une hernie étranglée que la malade savait refusé de déclarer, et qui avait occasioné tous les aaccidens. Le corps fut alors ouvert, et le cerveau, non plus que les organes thoraciques, n’offrirent aucune altération : la cavité abdominale renfermait un peu de sérosité rougeâtre , et une anse d’intestin grêle était en- . gagée dans l’anneau inguinal du côté droit, où elle avait contracté de très fortes adhérences. Une dissection minutieuse démontra que l’anneau inguinal était fort dilaté, et se prolongeait jusque dans la grande lèvre droite, ce qui indiquait une altération ancienne ; l’anse intestinale herniée était étranglée à sa base, où elle avait contracté des adhérences toutes récentes. L’intestin était d’un rouge brun, renfermant peu de matières fécales, mais paraissant déjà sphacelé par plaques, au moins offrait-il une très grande mollesse , et pouvait-on le déchirer facilement ; les vaisseaux étaient gorgés de sang, ainsique le tissu cellulaire environnant dont l’inflammation était manifeste. Toute la partie supérieure du tube digestif était vide, et le siège d'une légère phlogose manifestée par de la rougeur , tandis que les gros intestins blanchâtres contenaient quelques matières fécales.
La matière des vomissemeus fut soumise à l’ébullition dans de l'eau distillée, et le mélange , jeté sur un filtre : ni la potasse, ni l’ammoniaque, ni les hydro-sulfates ne firent naître de précipité dans la liqueur, qui ne rougissait que très faiblement la teinture de tournesol. Le dépôt calciné avec du charbon et de la potasse ue fit découvrir aucune trace de substance vénéneuse.
Nous croyons pouvoir conclure de ces faits que les accidens éprouvés par la demoiselle Marguerite M*** sont clairemeul expliqués par la présence d une hernie étranglée, qui est certainement la cause de sa mort.
En foi de quoi, etc., etc.
Rapport administratif
OU DE rODICE MÉDICALE,
Lettre du Bourgmestre de la ville de Bruges à M. le professeur Orfila.
Sophistication du pain par le sulfate de cuivre.
Les bourgmestre et échcvins de la ville de Bruges, à M. le professeur Orfila.
Quoique nous soyons redevenus étrangers à la France, persuadés que les sciences sont cosmopolites, et que les savans de tous les pays appartiennent à leurs conlem-