CHAPITRE V
DES NAISSANCES TARDIVES
C’est une des questions qui ont été le plus agitées , parce qu’elle entraîne des conséquences très graves. « Si à toutes les ressources que les femmes ont pour ii donner des héritiers à leurs maris (s’écriait Louis), a s’ajoutait la facilité de faire des posthumes à telles épo- « ques qu’elles le jugeraient à propos , les héritiers cola latéraux n’auraient plus d’espérances réelles que dans a la stérilité des épouses de leurs parens. »
Malgré ce jugement sévère, il est maintenant mis hors de doute, par une foule d’exemples authentiques, que la grossesse a pu se prolonger de plusieurs mois au delà du terme ordinaire , et dépasser l’année, quoiqu’un pareil retard soit fort rare.
Thomas Bartholin rapporte qu’une fille de Leipsick , ayant déclaré qu’un jeune homme fort riche l'avait rendue enceinte , fut enfermée et gardée à vue , et qu’elle n’accoucha que le seizième mois, d'un enfant qui vécut deux jours. Si l'on peut élever quelques soupçons sur ce fait, on ne le peut sur les suivans.
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Dulignac, long-temps cliirurgien-major, certifia que deux de ses enfans étaient nés à treize mois et demi , et le troisième à onze mois, et qu'il avait constaté les grossesses à quatre mois et demi . par le mouvement de l’enfant. M. Fodéré cite l’exemple de sa propre épouse, qui n’accoucha qu’à dix mois et demi. Dans toutes les grossesses prolongées, on observe les signes d’un accouchement imminent vers le terme ordinaire ; mais les contractions utérines n’amènent que la sortie des eaux, et le travail cesse. Les enfans qui ont eu une vie intrautérine plus longue ne sont ni plus forts, ni plus développés; ce qui fait admettre à M. Fodéré que les retards tiennent souvent à la lenteur des opérations de la nature chez des femmes faibles, délicates, ou soumises à des maladies ou autres causes qui peuvent retarder le développement fœtal; les eaux sont alors d’autant plus abondantes, que le fœtus est plus petit ; et comme une partie s’en écoule à la suite des premières contractions, qui sont légères parce que l’utérus a participé à la faiblesse, ce mouvement cesse, l’enfant se développe, et ce n’est plus qu’à une époque que l’on ne peut exactement déterminer, qu'il vient au monde. M. Teissier, membre de l’Académie des Sciences, a soumis à un examen attentif les femelles de plusieurs animaux , et il a trouvé une latitude de gestation de quatre-vingt-trois jours. Au reste , la loi a prononcé sur cette question en établissant que (s la légitimité de l’enfant de trois cents jours après la dissolution du mariage pourra être contestée. )) ( Code civil, art. 313. )
AVORTEMENT